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De la soumission

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"La disparition de la notion de responsabilité est la plus lourde conséquence de la soumission à l'autorité". Stanley Milgram

« J’observai un homme d’affaires équilibré et sûr de lui entrer dans le laboratoire, souriant et confiant. En moins de vingt minutes il fut réduit à l’état de loque parcourue de tics, au bord de la crise de nerfs. Il tirait sans arrêt sur le lobe de ses oreilles et se tordait les mains. À un moment il posa sa tête sur son poing et murmura : “Oh mon Dieu, faites qu’on arrête !” Et pourtant il continua à exécuter toutes les instructions de l’expérimentateur et obéit jusqu’à la fin » (Milgram, 1963, p. 377).

« On se fatigue de voir la bêtise triompher sans combat. » Albert Camus

« La soif de connaître fait partie de la nature humaine et que toute borne imposée à la poursuite du savoir est irrecevable. » Jean Jacques Salomon

 
 
Le point de départ : Expérience de Milgram 
 
L’expérience de Milgram est une expérience de psychologie publiée en 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram. Cette expérience évalue le degré d'obéissance d'un habitant des Etats-Unis du tout début des années 1960 devant une autorité qu'il juge légitime et permet d'analyser le processus de soumission à l'autorité, notamment quand elle induit des actions posant des problèmes de conscience au sujet

Rappel (https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram)

Déroulement de l'expérience
 
Expérience de Milgram
L’expérimentateur (E) amène le sujet (S) à infliger des chocs électriques à un autre participant, l’apprenant (A), qui est en fait un acteur. La majorité des participants continuent à infliger les prétendus chocs jusqu'au maximum prévu (450 V) en dépit des plaintes de l'acteur.

Entre 1960 et 1963, l'équipe du professeur Milgram fait paraître des annonces dans un journal local pour recruter les sujets d'une apparente expérience sur l'apprentissage. La participation dure 1 heure et est rémunérée 4 dollars, plus 50 cents pour les frais de déplacement, ce qui représente à l'époque une bonne somme, étant donné que le revenu mensuel moyen en 1960 est de 100 dollars. L'expérience est présentée comme une étude scientifique de l'efficacité de la punition sur la mémorisation.

La majorité des variantes de l'expérience a lieu dans les locaux de l'université Yale (New Haven, Connecticut) . Les participants sont des hommes et des femmes de 20 à 50 ans, issus de tous les milieux et avec différents niveaux d'éducation. L'expérience telle que présentée met en jeu trois personnages :

un élève (learner), qui s'efforce de mémoriser des listes de mots et reçoit une décharge électrique en cas d'erreur ;
un enseignant (teacher), qui dicte les mots à l'élève et vérifie les réponses. En cas d'erreur, il envoie une décharge électrique destinée à faire souffrir l'élève ;
un expérimentateur (experimenter), qui représente l'autorité officielle, vêtu d'une blouse grise du technicien, et sûr de lui.

L'expérimentateur et l'élève sont en réalité deux comédiens

L'enseignant, qui est le seul sujet de l'expérience réelle visant à étudier le niveau d'obéissance, ou encore la "soumission à l'autorité" se voit décrire les conditions de l'expérience portant prétendument sur la mémoire. On l'informe qu'un tirage au sort avec l'autre participant leur attribuera le rôle d'élève ou d'enseignant. On le soumet à un léger choc électrique de 45 volts pour lui montrer quel type de souffrance l'élève peut recevoir, et pour renforcer sa confiance sur la véracité de l'expérience. Une fois que le cobaye a accepté le protocole, un tirage au sort truqué est effectué, qui le désigne systématiquement comme enseignant.

L'élève est placé dans une pièce distincte, séparée par une fine cloison, et attaché sur une chaise électrique (en apparence). L'enseignant-cobaye est installé devant un pupitre muni d'une rangée de manettes et reçoit la mission de faire mémoriser à l'élève des listes de mots. À chaque erreur, l'enseignant doit enclencher une manette qui, croit-il, envoie un choc électrique de tension croissante à l'apprenant (15 volts supplémentaires à chaque décharge, selon ce qui est écrit sur le pupitre). Le sujet est prié d'annoncer à haute voix la tension correspondante avant de l'appliquer. Naturellement, les chocs électriques sont fictifs.

Les réactions aux chocs électriques sont simulées par l'apprenant. Le comédien qui simule la souffrance a reçu les consignes suivantes : à partir de 75 V, il gémit; à 120 V, il se plaint à l'expérimentateur qu'il souffre; à 135 V, il hurle; à 150 V, il supplie d'être libéré; à 270 V, il lance un cri violent; à 300 V, il annonce qu'il ne répondra plus. Lorsque l'apprenant ne répond plus, l'expérimentateur indique qu'une absence de réponse est considérée comme une erreur. Au stade de 150 volts, la majorité des enseignants-sujets manifestent des doutes et interrogent l'expérimentateur qui est à leur côté. L’expérimentateur est chargé de les rassurer en leur affirmant qu'ils ne sont pas tenus pour responsables des conséquences. Si un sujet hésite, l'expérimentateur a pour consigne de lui demander d'agir.

L'apprenant s'écrie « Je ne veux pas continuer ! » en s'adressant au sujet (simulation).
Si un sujet exprime le désir d'arrêter l'expérience, l'expérimentateur lui adresse, dans l'ordre, ces réponses:
« Veuillez continuer s'il vous plaît. »
« L'expérience exige que vous continuiez. »
« Il est absolument indispensable que vous continuiez. »
« Vous n'avez pas le choix, vous devez continuer. »

Si le sujet souhaite toujours s'arrêter après ces quatre interventions, l'expérience est interrompue. Sinon, elle prend fin quand le sujet a administré trois décharges maximales (450 volts) à l'aide des manettes intitulées « XXX » situées après celles faisant mention de « Attention, choc dangereux »

À l'issue de chaque expérience, un questionnaire et un entretien avec le cobaye jouant l'enseignant permet de recueillir ses sentiments et d'écouter les explications qu'il donne de son comportement. Cet entretien vise aussi à le réconforter en lui révélant qu'aucune décharge électrique n'a été appliquée, en le réconciliant avec l'apprenant, et en lui disant que son comportement n'a rien de sadique et est tout à fait normal.

Un an plus tard, le cobaye recevait enfin un dernier questionnaire sur son sentiment à l'égard de l'expérience, ainsi qu'un compte-rendu détaillé des résultats de cette expérience

wattmilgramGraphique montrant que 65% des sujets de l'expérience infligent des souffrances maximales si on le leur ordonne
Commentaire
 
Cette expérience de la soumission à l'ordre supérieur est magnifiquement décrite dans le film d'Henri Verneuil : I comme Icare. Aujourd'hui l'actualité nous fait rebondir à la soumission, par exemple quand on parle de vaccination obligatoire ou le concept du douzième vaccin, je suis pou  sans réserve. .L'obéissance à une autorité et l'intégration de l'individu au sein d'une hiérarchie est l'un des fondements de toute société. Une société a des règles, et par voie de conséquence il existe une autorité, qui permet aux individus de vivre ensemble et empêche que leurs besoins et désirs entrent en conflit et mettent à mal la structure de la société. Ayant posé cela, Stanley Milgram ne considère pas l'obéissance comme un mal. Pour résumer sa pensée, ce qui est dangereux, c'est l'obéissance aveugle.Or dans une société démocratique la soumission à un ordre supérieur délimite le champ de cette soumission. D'après Milgram : Un moteur de l'obéissance est selon lui le conformisme. Lorsque l'individu obéit à une autorité, il est conscient de réaliser les désirs de cette autorité. Avec le conformisme, l'individu est persuadé que ses motivations lui sont propres et qu'il n'imite pas le comportement du groupe. Ce mimétisme est une façon pour l'individu de ne pas se démarquer du groupe. Les variantes de l'expérience de Milgram avec plusieurs pairs "désobéissants" ont montré que le sujet se range alors le plus souvent du côté du groupe et n'obéit plus lui non plus. Ainsi, si l'obéissance d'un groupe veut être assurée, il faut faire en sorte que la majorité de ses membres adhère aux buts de l'autorité (seulement 40% des français payent l'impôt sur le revevu et peut être un peu moins, le saviez-vous ?) . L'impôt est une forme de soummssion, le respect des droits des citoyens aussi, le code de la route en fait partie, l'obligation vaccinale aussi. Mais on peut étendre la soumision aux activistes de tout bords, aux sectes, aux révolutionnaires etc. D'un côté la soumission en faveur du bien de l'autre en faveur du mal. Le point commun c'est l'adhésion du plus grand nombre dans les deux cas. Attention comme le montre l'expérience de Milgram, 65% des sujets de l'expérience infligent des souffrances maximales si on le leur ordonne l'ordre.....ça laisse rêveur et inquiétant. La soumission à l'ordre supérieur d'une minorité est donc toujours potentiellement dangereuse, la vraie vie renforce cette inquiétude. Mais si l'adhésion à la vaccination née de la majorité, la soumission à cette vaccination ne posera plus de problème, car ce que font les autres reste le paramètre déterminant. Pour la vaccination "obligatoire" on assiste à la rencontre  une fois de plus entre la science et la politique. Une fois de plus le politique va s'appuyer sur la science pour décider d'une vaccination obligatoire pour toute la population.

Donc retour vers la science afin que la soumission au vaccin reste strictement scientifique.
 La scientification de la politique : des moyens offerts aux pouvoirs politiques de légitimer leurs décisions. Durant cette pandémie , le politique  en a beaucoup usé comme il va le faire avec la vaccination obligatoire  recommandée par l'Académie de Médecine et de Pharmacie en des termes très clairs : 

Pour l’Académie nationale de médecine et l’Académie nationale de pharmacie (9/07/2021)  
  • la Covid-19 réunit toutes les caractéristiques justifiant l’obligation vaccinale ;
  • le « passe vaccinal » devrait pouvoir attester du respect de cette obligation ;
  • la mise en œuvre de l’obligation vaccinale devrait s’accompagner d’une campagne nationale de communication favorisant une pédagogie ciblée de la responsabilité partagée, évitant toute stigmatisation, dans le cadre d’un engagement démocratique
  • la solidarité vaccinale s’impose au plan international.

La soumission à l'ordre supérieur n'est pas forcément le bon terme quand on fait référence à la science mais il va de soit et très logiquement que l'obligation vaccinale soit une réalité. Mais la question essentielle est celle de la relation entre Science et Pouvoir. Qui se soumet ?  A qui ? Quand ? Pourquoi ? La pouvoir se sert de la science comme un bouclier et implicitement si ça ne marche pas c'est la faute de la science . La Science elle doit être indépendante du pouvoir . Mais quand le pouvoir veut faire de la science il y a confusion des genres....le plus souvent pour le pire. Car le pouvoir n'est soumis qu'à lui-même.......la Science n'est soumise qu'à la science, ses règles, les faits, les preuves, les études, la réflexion, la communication entre scientifique, le doute avant les certitudes. Le pouvoir jupitérien n'écoute que lui même, pour le meilleur et pour le pire....pour le pire. Que le pouvoir se soumette à le science pour toutes les questions de Santé  et surtout au cours d'une pandémie. Comme l'a dit David Simard  dans une article : Le politique contre le savant, ou l’ignorance au pouvoir qui fait perdre du temps"..... on a plus le temps de donner du temps au temps........c'est du gaspillage...de Santé
https://ducotedelascience.org/le-politique-contre-le-savant-ou-lignorance-au-pouvoir-qui-fait-perdre-du-temps/

“The saddest aspect of life right now is that science gathers knowledge faster than society gathers wisdom.” ISAAC ASIMOV https://ducotedelascience.org/)
 
Source 
 
#VACCINE2.0 

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