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Savoir à péage et savoir désorienté

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"Le savoir est la seule matière qui s’accroît quand on la partage." Socrate

"La connaissance, c’est partager le savoir qui nous fait grandir." Olivier Lockert

"Le savoir est le patrimoine de l’humanité, le flambeau qui éclaire le monde. "Louis Pasteur


L'accession à un article d'une revue scientifique médicale référencée nécessite un code d'accès obtenu par un abonnement à la revue le plus souvent fort coûteux. Un abonnement à une maison d'édition médicale n'y pensez pas, cela coûte une fortune.Si vous travaillez  à l'Université, en Faculté , la bibliothèque médicale de votre établissement est là pour vous aider à vous procurer les articles surtout en période de thèse.
edition numerisation massive springer L sdQa6TLes éditeurs de revues scientifiques font un très gros business, avec 2 majors (ELSEVIER RELX et SPRINGER). Le chiffre d'affaires d'Elsevier (RELX) en 2018 plus de 7 milliards 500 000 Euros.  Cerise sur la gâteau , la devise d'Elsevier 'NON SOLUS" , vous n'êtes pas  seul nous sommes là pour vous ....."racketter." Comparé à l'industrie pharmaceutique c'est peu. Par exemple le chiffre d'affaire de Bayer Pharma en 2018 est de 40 milliards d'Euros. Dans un cas comme dans l'autre les actionnaires engrangent les dividendes. Les revues scientifiques tout comme Big Pharma ont des clients , nous médecins prenons soin de patients, c'est toujours important à rappeler. Elsevier (RELX)  possède 2500 revues scientifiques. La France a dépensé en 2018, 105,5 millions d'Euros pour l'accès aux revues et aux bases de données scientifiques. Le site pirate russe gratuit "Sci-Hub" possède plus de 80 millions de publications accessibles. Bien entendu nous nous échangeons les quelques codes d'accès que nous possédons mais cela ne va  pas loin.  Mais le business scientifique des grands éditeurs c'est le racket du savoir ou le péage du savoir. Rappelons  que le 27° article des droits de l'homme stipule  : t
oute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifiques et aux bienfaits qui en résultent (1)  . De plus  chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur.(2)  Ceci est l'argumentaire d' Alexandra Elbakyan (originaire du Kazakhstan,),fondatrice du site "Sci-Hub"lors de ses procès.D'après elle, puisque Elsevier n'est pas l'auteur des articles, le deuxième article  ne s'applique pas à l'éditeur, mais bien à l'auteur de l'article original. Cela dit, Elbakyan reconnaît elle-même avoir peu de chances de remporter le procès, puisque l'infraction au copyright est avérée.Mais aux Pays-Bas, où le gouvernement s'est engagé de manière forte pour l'accès ouvert aux articles financés par l'argent public, la communauté scientifique a entamé un boycott de l'éditeur Elsevier.

A noter qu'il faut dire merci au Covid-19 car depuis le début de la pandémie tous les articles de toutes les revues qui  parlent du Covid-19 sont gratuites d'accès. Une première mondiale qu'il faut saluer. De plus saluons les revues qui publient en accès libre de plus en plus  les recommandations et les guidelines.
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C'est là que se posent deux problèmes : le partage du savoir et la pertinence scientifique de toutes ces revues. 

- Le partage du savoir, le coût du savoir, le péage du savoir  : une notion qui m'est chère. Il me semble tout à fait évident que le savoir doit se partager , et si possible sans l'entremise d'Euros et de Dollars. De même que tous les 
documents , les cours, les diaporamas se partagent. La règle est simple toujours citer la source , le nom de celui qui a fait la diapositive si vous l'utilisez en publique, idem pour un article cité etc. En 2020 ce n'est pas encore un réflexe pavlovien mais disons que l'on progresse. Le site pirate Sci- Hub fonctionne à plein régime car il est gratuit et que l'on peut obtenir presque tout ce que l'on recherche mais il est hors la loi, rappelons-le.  
scihubSci-hub (ou Scihub) est un site web fournissant un accès libre à des articles scientifiques obtenus par web scraping en contournant les paywalls (« péages ») classiques des éditeurs académiques. Et oui les grands éditeurs sont des autoroutes du savoir à péage. Des publications sont ajoutées quotidiennement après avoir été téléchargées via des proxies d'établissements universitaires.Début 2020, il permet ainsi de consulter gratuitement plus de 80 millions d'articles  dont l'accès coûterait sinon plus de 30 dollars environ par article. Il a été attaqué en justice par la maison d'édition scientifique Elsevier, car il s'agit d'une atteinte au droit d'auteur. En novembre 2015, l'adresse originale, sci-hub.org, est fermée. Des domaines alternatifs sont alors mis en place, tels que sci-hub.io (qui ferme en avril 2016), sci-hub.cc, sci-hub.bz, sci-hub.ac et ainsi de suite. Pour de nombreux chercheurs, il s'agit d'un outil incontournable pour la recherche scientifique, des connexions au site ont lieu partout dans le monde. En France, le tribunal de grande instance de Paris ordonne le 7 mars 2019 aux fournisseurs d’accès à internet Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom de bloquer l’accès à Sci-Hub. Si le partage du savoir était une LOI sacrée, Sci-Hub n'existerait pas. Mais comme vous l'avez vu le business du savoir est tellement lucratif que les grands éditeurs attaquent en justice légitimement Sci-hub, tant que chacun reste sur ses positions. A noter que les auteurs ne sont pas rémunérés sauf s'il s'agit d'un article "sponsorisé par Big Pharma".Je n'ai pas de solution mais une loi "partage du savoir " au niveau mondial devrait être discutée afin de rendre plus accessible le savoir et la science. Les péages du savoir doivent fermer.

Avez-vous cher lecteur une idée à ce sujet ? Je sais que c'est UTOPIQUE, l'utopisme du savoir en 2020, qui l'eût cru ? Le coût du savoir, je ne parle pas de la formation initiale, mais du coût du savoir "de l'entretien du savoir". A combien estime -t -on le coût du savoir ?

- La pertinence scientifique des revues n'est pas toujours au rendez - vous. La Covid-19 qui est  à l'origine de plus de 20 000 articles en moins de 6 mois nous a éclairé sur l"impertinence scientifique"  Pour de nombreux chercheurs, scientifiques, médecins, la Covid-19 est l'occasion rêvée pour publier....sur n'importe quoi, parfois avec de fausses données ,de faux calculs etc. Pourquoi cette frénésie de publications ? " Publier ou périr" est une malédiction pour la recherche. Les scientifiques ont une obsession  : publier leurs résultats. Cette pression induit des effets pervers qui minent la recherche et les chercheurs.Le cercle se veut vertueux mais la machine connaît de sérieux ratés. Parmi les 2,5 millions d’articles écrits tous les ans, il n’est pas rare de trouver des « diamants » défectueux, c’est-à-dire des articles faux, y compris produits par les meilleures équipes et publiés dans l’élite des ­revues scientifiques. Il est aussi fréquent de tomber sur des articles aux conclusions peu fiables, qui mettent en cause la rigueur du contrôle qualité qui consiste à faire évaluer les travaux des chercheurs par d’autres (peer review). L' histoire récente du Lancet en est la démonstration parfaite. Pour comprendre ce qui se passe en France un rappel sur "les points  SIGAPS" : Le projet SIGAPS (Système d’Interrogation, de Gestion et d’Analyse des Publications Scientifiques) a pour objectif le recensement des publications scientifiques issues d’un établissement de Santé ayant des activités de recherche médicale . Xavier Bertrand, alors Ministre de la Santé, avait confié en mai 2006 ce projet au CHRU de Lille.
A partir d'une liste de chercheurs affiliés à un établissement, le logiciel interroge le serveur PubMed et télécharge leurs références bibliographiques . Elles doivent régulièrement être validées par les chercheurs eux-mêmes. Le logiciel permet aussi l’analyse des données collectées pour les transformer en points SIGAPS. Ils sont utilisés par le Ministère de la Santé pour définir une partie de l’enveloppe budgétaire des établissements, d'où l'importance de publier, cela va se transformer en argent, en sesterces, n'est ce pas fantastique ?  Et en plus si vous avez un projet de carrière universitaire en médecine par exemple, la course à la publication dans des revues dites de qualité est obligatoire, .

La Covid-19 a été un accélérateur de publications dans l'urgence ce qui explique la qualité discutable de nombreux articles.Le scoop, le sensationnel ne font pas partie de la culture des revues scientifiques ce qui est tout à fait normal. La science qui se fait en moins d'une semaine ou en 48 h est toujours suspecte, le médecin qui est en plus impliqué totalement dans les soins n'a pas la possibilité de publier régulièrement. Mais il y a un métier qu'il faut connaître,  les "médicals writers". Il s'agit de rédacteurs scientifques non médecins qui sont capables d'écrire votre article à partir de vos données, de le maquetter pour une revue précise etc. J'ai une amie qui est" médical writer" aux USA dans un grand centre anti cancéreux. Elle m'a raconté son expérience, elles et ils sont une vingtaine, formation bac + 5.Cette équipe collabore avec des médecins à l'origine des études. Le "medical writer" peut aussi assurer les études statistiques. Nous avons en France des attachés de recherche clinique qui managent les études mais à ma connaissance qui ne rédigent pas les articles, mais il existe en France des médicals writers mais ils ont un coût. 

Les articles scientifiques doivent s'élaborer dans la sérénité, la réflexion, l'honnêteté. La science est aujourd'hui fracturée ce qui explique certains de ses errements actuels.
 

Ce qui se passe avec la Covid-19, c'est un dérapage en règle de tous les côtés. C'est inadmissible. On assiste à la prolifération des PREPRINTS, articles non contrôlés, non reviewés, qui se retrouvent immédiatement sur les réseaux sociaux .......donc méfiance .

Il faut remettre de l'ordre dans la "Maison SCIENCE", Il faut faire en sorte que le péage du savoir disparaisse
"...to remove all barriers in the way of science" , le péage  commence à disparaître, de plus en plus de revues OPEN d'accès gratuit.  Il faut être plus exigeant sur la qualité des articles, publier moins mais publier mieux et publier des travaux innovants qui sont à l'origine d'une amélioration des pratiques médicales et non des articles inutiles , ceux qui font partie du "Publier ou Périr". Saluons enfin les auteurs qui travaillent dans l'excellence et heureusement il y en a beaucoup dans tous les pays. La Covid-19 accélère tout, le mauvais mais aussi le bon. C'est l'équivalent d'un coup de poing sur la table dont il faudra absolument tenir compte, la SCIENCE en avait bien besoin.
fetescue
SOURCE : 
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sci-Hub
https://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/09/26/publier-ou-perir-une-malediction-pour-la-recherche_5191761_1650684.html
https://www.labcom-risca.com/single-post/Points-SIGAPS-comment-sont-valorises-vos-publications-scientifiques-
https://www.actualitte.com/article/monde-edition/au-tribunal-de-new-york-un-proces-oppose-elsevier-et-l-open-access/60593
https://www.lefigaro.fr/sciences/revues-scientifiques-medecine-mensonges-et-video-20200612
https://www.exlibrisgroup.com/blog/three-key-hurdles-to-open-access-publishing-and-how-to-overcome-them/?utm_campaign=HQ_EXLResearch_Blog&utm_content=131125875&utm_medium=social&utm_source=twitter&hss_channel=tw-1078298744456732672
La bible pour comprendre les revues scientifiques "de l'intérieur" : https://www.h2mw.eu/, site Rédaction Médicale et Scientifique d'Hervé Maisonneuve

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1MASQUEPOURTOUS une donnée scientifique solide

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