Les propos qui sont tenus ici n’engagent que leur auteur. Les textes sont actualisés régulièrement et corrigés en cas d'erreur. Bonne visite

Flash CANCER

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

 
 iconographie : 3D


“Quand il lut quelque part que fumer pouvait provoquer le cancer, il arrêta de lire.”
A Kirwan

“Moi, j’ai pas de cancer, j’en n’aurai jamais, je suis contre.”
  et " “La recherche a besoin d’argent dans deux domaines prioritaires : le cancer et les missiles antimissiles. Pour les missiles antimissiles, il y a les impôts. Pour le cancer, on fait la quête.” Pierre Desproges
The global burden of cancer attributable to risk factors, 2010–19: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2019 , GBD 2019 Cancer Risk Factors Collaborators* Lancet 2022; 400: 563–91
Le fardeau mondial du cancer attribuable aux facteurs de risque, 2010-2019 : une analyse systématique pour l'étude sur la charge mondiale de morbidité 2019
https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(22)01438-6/fulltext?utm_campaign=lancet&utm_content=218206134&utm_medium=social&utm_source=twitter&hss_channel=tw-27013292
Article libre d'accès

Contexte

Comprendre l'ampleur du fardeau du cancer attribuable aux facteurs de risque potentiellement modifiables est crucial pour l'élaboration de stratégies efficaces de prévention et d'atténuation. Nous avons analysé les résultats de l'étude Global Burden of Diseases, Injuries, and Risk Factors Study (GBD) 2019 pour éclairer les efforts de planification de la lutte contre le cancer à l'échelle mondiale.

Méthodes

Le cadre d'évaluation comparative des risques GBD 2019 a été utilisé pour estimer le fardeau du cancer attribuable aux facteurs de risque comportementaux, environnementaux, professionnels et métaboliques. Au total, 82 paires risque-résultat ont été incluses sur la base des critères du Fonds mondial de recherche sur le cancer. Les décès par cancer estimés et les années de vie ajustées sur l'incapacité (DALY) en 2019 et l'évolution de ces mesures entre 2010 et 2019 sont présentés.

Résultats

Globalement, en 2019, les facteurs de risque inclus dans cette analyse représentaient 4,45 millions (intervalle d'incertitude à 95 % 4,01–4,94) décès et 105 millions (95,0–116) AVCI pour les deux sexes combinés, soit 44 ·4 % (41·3–48·4) de tous les décès par cancer et 42·0 % (39·1–45·6) de tous les DALY. Il y a eu 2·88 millions (2·60–3·18) de décès par cancer attribuables au risque chez les hommes (50·6 % [47·8–54·1] de tous les décès par cancer chez les hommes) et 1·58 millions (1· 36–1·84) décès par cancer attribuables au risque chez les femmes (36·3 % [32·5–41·3] de tous les décès par cancer chez les femmes). Les principaux facteurs de risque au niveau le plus détaillé à l'échelle mondiale pour les décès par cancer attribuables au risque et les DALY en 2019 pour les deux sexes combinés étaient le tabagisme, suivi de la consommation d'alcool et d'un IMC élevé. Le fardeau du cancer attribuable au risque variait selon la région du monde et l'indice sociodémographique (SDI), avec le tabagisme, les rapports sexuels non protégés, et la consommation d'alcool étant les trois principaux facteurs de risque pour les DALY de cancer attribuables au risque dans les sites à faible SDI en 2019, tandis que les DALY dans les sites à SDI élevé reflétaient les trois principaux classements mondiaux des facteurs de risque. De 2010 à 2019, les décès par cancer attribuables au risque dans le monde ont augmenté de 20·4 % (12·6–28·4) et les DALY de 16·8 % (8·8–25·0), avec la plus forte augmentation en pourcentage des maladies métaboliques. risques (34·7% [27·9–42·8] et 33·3% [25·8–42·0]).

Interprétation

Les principaux facteurs de risque contribuant au fardeau mondial du cancer en 2019 étaient comportementaux, tandis que les facteurs de risque métaboliques ont connu les augmentations les plus importantes entre 2010 et 2019. La réduction de l'exposition à ces facteurs de risque modifiables réduirait la mortalité par cancer et les taux de DALY dans le monde, et les politiques devraient être adaptées de manière appropriée pour fardeau local des facteurs de risque de cancer.

Financement
Fondation Bill & Melinda Gates.

“Le succès est un mauvais professeur. Il pousse les gens intelligents à croire qu’ils sont infaillibles.” Bill Gates

 
Des  tableaux qui résument TOUT

DALYLAN
Rappel DALY
lancetcacacaac

DALY du cancer attribuables à 11 facteurs de risque de niveau 2 dans le monde en 2019
cancerlancetLes dix principaux facteurs de risque pour les taux de DALY du cancer normalisés selon l'âge et les facteurs de risque entrant ou sortant du top dix entre 2010 et 2019 sont affichés au niveau mondial. Les lignes pointillées indiquent une diminution du rang. Les lignes pleines indiquent une augmentation ou aucun changement de rang. Les données entre parenthèses sont des intervalles d'incertitude à 95 %. Les facteurs de risque au niveau le plus détaillé reflètent la hiérarchie GBD dans laquelle se situent ces catégories de risques, allant des niveaux 2 à 4 (voir annexe p 152 pour plus d'informations sur les niveaux de facteurs de risque dans la hiérarchie GBD). Voir l'annexe (pp 175–80) pour une version élargie de cette figure, qui contient les dix principaux facteurs de risque pour les taux d'AVCI standardisés selon l'âge du cancer attribuable au risque chez les hommes, les femmes et les deux sexes combinés à l'échelle mondiale et par quintile SDI. Voirannexe (pp 181–87) pour plus de détails sur les dix principaux facteurs de risque des taux de mortalité par cancer attribuables au risque et normalisés selon l'âge pour les hommes, les femmes et les deux sexes combinés à l'échelle mondiale et par quintile IDS. DALY = années de vie ajustées sur l'incapacité. GBD=Étude mondiale sur la charge de morbidité, les blessures et les facteurs de risque. IDS=Indice Socio-démographique.

Ce tableau permet de connaître plus en détail les facteurs de risques selon les régions du monde même si, dans l'ensemble, ses conclusions confirment ce qui était déjà connu :
le tabac est de loin le principal élément ayant favorisé un cancer (33,9%), suivi par l'alcool (7,4%) puis le poids . A noter en 6° position la pollution 

"Surtout, ces conclusions plaident pour accorder une grande place à la prévention en matière de santé publique, puisque nombre de ces facteurs de risques se rapportent à des comportements qui peuvent être changés ou évités. Toutefois, une grosse moitié de cancers ne sont pas attribuables à un facteur de risque donné, ce qui montre que la prévention ne suffit pas. Celle-ci, selon les auteurs, doit donc s'accompagner de deux autres piliers: un diagnostic suffisamment précoce (par la prévention)  et des traitements efficaces." 
Commentaire de l'article sus cité : Prévenir le cancer : la seule voie à suivre par Diana Sarfati et Jason Gurney www.thelancet.com Vol 400 August 20, 2022

Le fardeau mondial croissant du cancer dépasse rapidement la capacité actuelle de lutte contre le cancer. Plus de 19 millions de nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués en 2020 dans le monde et 10 millions de personnes sont décédées du cancer. 

D'ici 2040, ce fardeau devrait passer à environ 30 millions de nouveaux cas de cancer par an et 16 millions de décès par cancer selon l'Observatoire mondial du cancer.

Dans The Lancet , les collaborateurs de l'étude Global Burden of Disease Study rendent compte de leurs efforts pour examiner la relation entre les indicateurs de facteurs de risque métaboliques, professionnels, environnementaux et comportementaux et les cancers à l'échelle mondiale.

En utilisant des estimations de l'incidence du cancer, de la mortalité et des données sur les facteurs de risque de 204 pays, et couvrant les facteurs de risque allant du tabagisme à l'exposition aux agents cancérigènes sur le lieu de travail, les auteurs ont trouvé 4,45 millions de décès (intervalle d'incertitude à 95 % 4·01–4·94) et 105 millions d'années de vie ajustées sur l'incapacité (DALY ; 95·0–116) ont été perdues à cause de ces facteurs de risque, représentant 44·4 % des décès par cancer (41·3–48·4) et 42·0 % des DALY du cancer (39·1–45·6).

Consommation de tabac (36,3 % des décès par cancer chez les hommes et 12,3 % chez les femmes), consommation d'alcool (6,9 % des décès par cancer chez les hommes et 2,3 % chez les femmes), et un IMC élevé (4,2 % des décès par cancer chez les hommes et 5,2 % chez les femmes) représentaient la plus forte proportion de décès par cancer dans le monde.
 
Les rapports sexuels non protégés (6,5 % des décès par cancer chez les femmes) étant également parmi les trois premiers facteurs de risque dans les pays à indice sociodémographique (IDS) faible et moyen. Ils ont également constaté une augmentation alarmante de 20,4 % (12,6–28,4) des décès par cancer attribuables à ces causes évitables entre 2010 et 2019.
 
Toute étude qui rassemble des données provenant de diverses sources mondiales comporte des défis méthodologiques inhérents.

La mesure des expositions à vie à des facteurs de risque complexes, tels que les facteurs alimentaires et leurs relations avec le cancer, sera inévitablement incomplète, même avec les meilleures données disponibles.

Dans une étude mondiale, ce problème est aggravé par une variabilité substantielle de la disponibilité et de l'exhaustivité des données entre les pays et les régions. En plus de ces défis, il y a la question fondamentale relative à la fiabilité variable des preuves, en particulier celles des études observationnelles, sur les associations putatives entre les facteurs de risque, tels que les facteurs alimentaires, et les types de cancer particuliers. 3Ces facteurs de risque nécessitent une estimation de l'exposition à vie avec la complexité inhérente du moment, de la dose, des interactions avec d'autres expositions, la rareté des données recueillies simultanément et la confusion résiduelle rendant difficile l'inférence causale. Même la mesure de l'incidence du cancer elle-même est très problématique dans de nombreuses régions du monde en raison de l'absence de données de santé recueillies en routine, y compris l'enregistrement du cancer. 4 L'équipe de l'étude Global Burden of Diseases, Injuries, and Risk Factors Study (GBD) est bien expérimentée dans la gestion de ces complexités et a intégré des estimations d'incertitude pour y remédier en partie. Mais le degré d'erreur de mesure est impossible à estimer et, inévitablement, toutes les estimations ne seront pas exactes.

L'étude GBD comprend une gamme impressionnante de facteurs de risque. Mais certains facteurs de risque importants pour le cancer ne sont pas inclus, en particulier les agents infectieux et l'exposition aux ultraviolets. Le fardeau mondial des cancers attribuables aux maladies infectieuses est considérable et en augmentation.  En 2018, plus de 2 millions de nouveaux cas de cancer, soit environ 10 % de tous les nouveaux cancers dans le monde, étaient attribuables à des infections, notamment à Helicobacter pylori , à l'hépatite virale et au virus du papillome humain (VPH), ce fardeau étant réparti de manière inégale entre les régions du monde. 

Cependant, mis à part les défis méthodologiques, le message primordial de cette recherche est clair : une proportion substantielle des cancers, probablement la majorité lorsque l'on considère les maladies infectieuses, est évitable.

Les inégalités en matière d'incidence du cancer, tant entre les pays qu'au sein des pays, sont considérables et persistantes, et largement dues aux cancers évitables. Ces inégalités ne sont ni inévitables ni statiques. Dans les pays à faible IDS, les infections chroniques, telles que les hépatites B et C, le VIH et le VPH, sont responsables d'une proportion plus élevée de décès par cancer. Mais l'importance du cancer associé aux cancers alimentaires et hormonaux, y compris le cancer du sein et de la prostate, est en augmentation. L'incidence des cancers associés au tabagisme suit une tendance prévisible au cours des décennies suivant l'introduction du tabac et lorsque des politiques sont mises en place pour réduire l'exposition qui en résulte. 

Ce n'est pas un hasard si les comportements associés à un risque plus élevé de cancer sont modelés en fonction de la pauvreté, en particulier au sein des pays. La pauvreté influence les environnements dans lesquels les gens vivent, et ces environnements façonnent les décisions de style de vie que les gens sont capables de prendre. 

Les actions de prévention du cancer nécessitent des efforts concertés à l'intérieur et à l'extérieur du secteur de la santé. Cette action comprend des politiques spécifiques axées sur la réduction de l'exposition aux facteurs de risque cancérigènes, tels que la consommation de tabac et d'alcool, et l'accès aux vaccins qui préviennent les infections cancérigènes, notamment l'hépatite B et le VPH.

La prévention du cancer est extrêmement rentable, avec une estimation selon laquelle investir 100 millions de dollars américains dans la prévention pourrait entraîner des économies de 100 milliards de dollars américains en coûts de traitement. Mais des initiatives politiques plus larges, telles que celles axées sur l'éducation, la santé des enfants, l'égalité des sexes et la répartition des richesses, jouent un rôle important dans la création d'environnements qui non seulement préviennent le cancer, mais favorisent également le bien-être et la santé en général. 

La prévention primaire du cancer par l'éradication ou l'atténuation des facteurs de risque modifiables est notre meilleur espoir de réduire le futur fardeau du cancer. La réduction de ce fardeau améliorera la santé et le bien-être, et atténuera les effets cumulatifs sur les humains et la pression des ressources budgétaires au sein des services de cancérologie et du secteur de la santé au sens large.

La vie RELLE sur la prévention du cancer en France
 
réalitécancer1
 
Celles et ceux  qui pourraient faire l'objet d'une prévention du cancer

vraieviecccCommentaire

Toutes ces données sur le cancer sont impressionantes et si utiles. En médecine vasculaire nous sommes confrontés avec le cancer dans deux circonstances : soit le cancer connu se complique de MTEV , soit une MTEV sans facteur déclenchant chez un sujet de 50 ans et plus font rechercher et découvrir  un cancer dans 5% des cas. Comptre tenu des données de ces 2 articles, en cas de MTEV sans facteur déclenchant la recherche d'un cancer doit passser d'abord par une mise à jour des dépistages conseillés et non effectués. De plus l'hérédité, le tabac , les atteintes hépatiques, la surcharge pondérale,l'âge, la pollution , le diabète,doivent nous inciter à "pousser" les investigations. Une fois de plus la PREVENTION des cancers, leur DEPISTAGE doivent être les maîtres mots ce ces maux que sont les cancers. Entre 2010 et 2019 on doit constater notre inefficacité dans la lutte contre le tabac (en général), notre inefficacité vis à vis de l'alccol et du poids. On doit aussi constater que la pollution est un FDR de même que certaines habitudes alimentaires "excessives" .Attention aux compléments alimentaires le plus souvent inutiles et aux régimes en tout genre potentiellement dangereux, le régime méditérranéen étant le plus efficace dans la prévention des cancers.

L'activité physique réduit la mortalité

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

iconographie : action

« Si tu veux courir, cours un kilomètre. Si tu veux changer ta vie, cours un marathon. »
Emile Zatopek

« Il faut se fixer des buts avant de pouvoir les atteindre. »
Michael Jordan

« Tout ce qui ne tue pas rend plus fort » Nietzsche


Lee DH, Rezende LFM, Joh HK, Keum N, Ferrari G, Rey-Lopez JP, Rimm EB, Tabung FK, Giovannucci EL
. Long-Term Leisure-Time Physical Activity Intensity and All-Cause and Cause-Specific Mortality: A Prospective Cohort of US Adults.
Circulation. 2022 Aug 16;146(7):523-534. doi: 10.1161/CIRCULATIONAHA.121.058162. Epub 2022 Jul 25. PMID: 35876019; PMCID: PMC9378548.
Intensité de l'activité physique pendant les loisirs à long terme et mortalité toutes causes confondues et par cause : une cohorte prospective d'adultes américains

Contexte :

Les recommanadations d'activité physique de 2018 pour les Américains recommandent un minimum de 150 à 300 min/semaine d'activité physique modérée (MPA), de 75 à 150 min/semaine d'activité physique vigoureuse (VPA), ou une combinaison équivalente des deux.

Cependant, on ne sait toujours pas si des niveaux plus élevés de VPA et de MPA à long terme sont, indépendamment et conjointement, associés à une mortalité plus faible.

Méthodes :

Un total de 116 221 adultes de 2 grandes cohortes prospectives américaines (Nurses' Health Study et Health Professionals Follow-up Study, 1988-2018) ont été analysés. L'activité physique de loisir autodéclarée détaillée a été évaluée à l'aide d'un questionnaire validé, répété jusqu'à 15 fois au cours du suivi. La régression de Cox a été utilisée pour estimer le rapport de risque et l'IC à 95 % de l'association entre l'intensité de l'activité physique pendant les loisirs à long terme et la mortalité toutes causes confondues et par cause.

Résultats:

Pendant 30 ans de suivi, nous avons identifié 47 596 décès. Dans les analyses mutuellement ajustées pour l'AMP et l'APV, les rapports de risque comparant les individus respectant la ligne directrice de l'APV pour les loisirs à long terme (75-149 min/semaine) par rapport à l'absence d'APV étaient de 0,81 (IC à 95 %, 0,76-0,87) pour la mortalité toutes causes confondues , 0,69 (IC à 95 %, 0,60-0,78) pour la mortalité par maladie cardiovasculaire (MCV) et 0,85 (IC à 95 %, 0,79-0,92) pour la mortalité non cardiovasculaire. Le respect de la directive MPA sur les loisirs à long terme (150-299 min/semaine) était également associé à une mortalité plus faible : 19 % à 25 % de risque en moins de mortalité toutes causes confondues, cardiovasculaire et non cardiovasculaire. Comparativement à ceux qui respectent les lignes directrices en matière d'activité physique pendant les loisirs à long terme, les participants qui ont déclaré 2 à 4 fois au-dessus du minimum recommandé de temps de loisir à long terme VPA (150-299 min/semaine) ou MPA (300-599 min/ sem) a montré une mortalité inférieure de 2 % à 4 % et de 3 % à 13 %, respectivement.

Des niveaux plus élevés de VPA à long terme pendant les loisirs (≥300 min/semaine) ou de MPA (≥600 min/semaine) n'ont pas clairement montré une mortalité ou des dommages toutes causes confondues, cardiovasculaires et non cardiovasculaires plus faibles.

Dans les analyses conjointes, pour les personnes qui ont déclaré <300 min/semaine d'AMP de loisirs à long terme, une APV de loisirs supplémentaire était associée à une mortalité plus faible ; cependant, parmi ceux qui ont déclaré ≥ 300 min/semaine d'AMP de loisirs à long terme, l'APV de loisirs supplémentaire ne semblait pas être associée à une mortalité plus faible au-delà de l'AMP.

Conclusions

L'association presque maximale avec une mortalité plus faible a été obtenue en effectuant ≈150 à 300 min/semaine d'APV de loisirs à long terme, 300 à 600 min/semaine d'AMP de loisirs à long terme, ou une combinaison équivalente des deux. 
 
Pour faire simple

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Comentaire

Quand on recommande à nos patients de faire 6000 pas / jour de marche active, ce qui fait 1 h de marche on est dans le vrai quant à  l'efficacité de l'activité MARCHE.Les smartphones ont dynamisé la marche. Compter les pas est une activité ludique qui est pratique et qui incite à marcher et à augmenter le nombre de pas. Bine entendu ceci est à moduler en fonction des FDR du patients notamment orthopédiques, respiratoires ou autres incapacité.La marche supervisée recommandée pour l'AOMI est un plus mais peu de centres s'en occupent. Alors le smartphone joue pleinement son rôle , il "supervise "les activités de marche du patients.
 
 

Rosuvastatine et IRCT

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .


iconographie : IRCT

“Comprendre est le commencement d'approuver.”
Baruch Spinoza


Association of Rosuvastatin Use with Risk of Hematuria and Proteinuria
Association de l'utilisation de la rosuvastatine avec le risque d'hématurie et de protéinurie

Jung Im Shin , Derek M Fine , Yingying Sang , Aditya Surapaneni , Stephan C. Dunning  , Thomas D. Nolin, Alex R Chang , Morgan E 
J Am Soc Nephrol 2022 Jul 19;ASN.2022020135. doi: 10.1681/ASN.2022020135.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35853713/


Contexte

Malgré les rapports d'hématurie et de protéinurie associés à l'utilisation de la rosuvastatine au moment de son approbation par la Food and Drug Association (FDA) des États-Unis, il existe peu de surveillance post-commercialisation pour évaluer le risque dans le monde réel. L'étiquetage actuel suggère une réduction de la dose (dose quotidienne maximale de 10 mg) pour les patients atteints d'IRC sévère.

Méthodes

À l'aide de données anonymisées de dossiers de santé électroniques, nous avons analysé 152 101 et 795 799 nouveaux utilisateurs de rosuvastatine et d'atorvastatine, respectivement, de 2011 à 2019. Nous avons estimé la probabilité inverse des rapports de risque (RR) pondérés par le traitement d'hématurie, de protéinurie et d'insuffisance rénale avec thérapie substitutive (KFRT) associée à la rosuvastatine. Nous avons rapporté la dose initiale de rosuvastatine dans toutes les catégories d'eGFR et évalué l'effet de la dose sur l'hématurie et la protéinurie.

IRCTCRESYT
rosusususu
Résultats 

Dans l'ensemble, nous avons identifié 2,9 % de patients atteints d'hématurie et 1,0 % de protéinurie au cours d'un suivi médian de 3,1 ans. Comparativement à l'atorvastatine, la rosuvastatine était associée à un risque accru d'hématurie (HR, 1,08 ; intervalle de confiance à 95 % [IC à 95 %], 1,04-1,11), de protéinurie (HR, 1,17 ; IC à 95 %, 1,10-1,25) et de KFRT ( HR, 1,15 ; 1,02-1,30). Une part importante (44 %) des patients avec un DFGe < 30 mL/min par 1,73 m 2 s'est vu prescrire de la rosuvastatine à haute dose (20 ou 40 mg par jour). Le risque était plus élevé avec une dose plus élevée de rosuvastatine.

Conclusions

Par rapport à l'atorvastatine, la rosuvastatine était associée à un risque accru d'hématurie, de protéinurie et de KFRT. Parmi les patients avec un DFGe < 30 ml/min par 1,73 m 2 , 44 % se sont vu prescrire une dose quotidienne de rosuvastatine supérieure à la dose quotidienne recommandée de 10 mg par la FDA. Nos résultats suggèrent la nécessité d'une plus grande prudence dans la prescription et le suivi de la rosuvastatine, en particulier chez les patients qui reçoivent des doses élevées ou qui souffrent d'IRC sévère.

On TWEETER : Stéphane Burtey, CHU Marseille, Néphrologie
@SBurtey : Augmentation du risque d'apparition d'une hématurie, d'une protéinurie et d'une faillite rénale. Vraiment oubliez la rosuvastatine, pour le cholestérol on a bien d'autres molécules aussi efficace et avec moins de risque même si il est faible...réponse claire sans ambiguité.
 

INAPTOCRATIE

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

"C'est pas dur la politique comme métier ! Tu fais cinq ans de droit et tout le reste c'est de travers." Coluche

"C'est très difficile de jongler avec le second degré, dans un monde où tout est pris au premier." Charb

"Pour prendre une décision, il faut être un nombre impair de personnes et trois c'est déjà trop.” Georges Clemenceau

" Les cons ça osent tout, c'est à ça qu'on les reconnaît" Les tontons flingueurs, Michel Audiard


Défintion
 
Aujourd’hui la France est une « inaptocratie » qui selon Jean d’Ormesson est un « système de gouvernement où les moins capables de gouverner sont élus par les moins capables de produire et où les autres membres de la société les moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir, sont récompensés par des biens et des services qui ont été payés par la confiscation de la richesse et du travail d’un nombre de producteurs en diminution continuelle ». — (François Saint-Cast, « La France : “inaptocratie versus ineptocratie” », Les Échos.fr, 8 octobre 2013)

" Sans être méchant et pour apprécier pleinement l'humour, il serait bon de signaler que la définition regroupe non seulement le socialisme (que l'auteur décrit sans le dire ouvertement) mais aussi un bon nombre de gouvernements issus des peuples qui ont élu des hommes qu'ils ont estimés aptes à gouverner.

Mais ne nous plongeons pas dans des critiques politico-sociales absurdes et dont la finalité est une impasse. Nous allons de discussions stériles en débats vains et, au final, ce sont toujours les mêmes qui paient les pots cassés. Nous vivons, c'est le principal ! Après tout, pour reprendre une citation quelque peu ironique, une vie ne vaut rien mais rien ne vaut une vie (Malraux). C'est la réalité des choses. Que sommes-nous devant l'immensité du monde ? Que représentons-nous face aux fléaux qui terrassent notre univers ? Mais la vie continue et nous sommes heureux de la vivre."
https://www.lorientlejour.com/article/882167/inaptocratie.html

"La droite a gagné les élections. La gauche a gagné les élections. Quand est-ce que ce sera la France qui gagnera les élections ?" Coluche

L'inaptocratie est un mal général, pas uniquement franco-français. La base est simple, ne pas s'entourer de collaborateurs plus intelligents que le chef pour continuer à régner. S'entourer d'incapables est un procédé très ancien , afin de se protéger. L'inaptocratie est le contraire de la méritocratie, en effet l'ascenseur social est bloqué au rez de chaussée.

L'inaptocratie ne se résume pas à la politique, elle est présente partout, dès lors qu'il existe une chaine de décision. La Santé est elle aussi atteinte de ce mal qu'est l'inaptocratie, comme le sont les gouvervements, les banques, les moyens de transports etc. Cette maladie est à débusquer afin de la supprimer. Le seul vaccin qui pourrait être efficace c'est l'échec d'une série de décisions majeures. Mais la politique de l'échec est une absurdité, elle est contre productive, c'est la négation de la politique.

"Les hommes politiques, c'est comme les trous dans le gruyère : plus y a de gruyère, plus il y a de trous, et malheureusement, plus il y a de trous, eh bien moins il y a de gruyère." Coluche



L'anti thèse de l 'inaptocratie , l'adhocratie

Le terme "adhocratie" est un néologisme qui désigne un mode de travail dans une entreprise ou une organisation qui utilise des compétences pluridisciplinaires, spécialisées et transversales, pour conduire des missions précises ou réaliser des projets :
résolution de problèmes, recherche d'efficience en matière de gestion, développement d'un nouveau produit, etc.

Le terme "adhocratie" (adhocracy en anglais) a été créé dans les années 1960 par Warren Bennis et Phillip Slater. Ses principes ont été formulés par Alvin Toffler en 1970 dans "Future Shock" (Le choc du futur). Pour lui, "l'essor de l'adhocratie est une conséquence directe de l'accélération de l'évolution de la société dans son ensemble".

"On se console assez vite de ne pas être un génie quand on réalise le nombre de cons auxquels on aurait à faire." Jean Yanne

L'adhocratie a été popularisée par Robert Waterman Jr. en 1990 dans "Adhocracy, The power to change". Il la définit comme "toute forme d'organisation qui dépasse les frontières bureaucratiques habituelles pour saisir les opportunités, résoudre des problèmes, et obtenir des résultats".

https://www.toupie.org/Dictionnaire/Adhocratie.htm

"La politique est le dernier refuge des aventuriers." Georges Wolinski


Et puis il ya l'expertocratie

L'expert est une personne qui maîtrise parfaitement son domaine de compétence, qui dispose de connaissances approfondies et une solide expérience.

C'est un spécialiste reconnu qui réalise des études et des constatations et à qui l'on demande conseil.

L'expertocratie désigne, avec une connotation péjorative, le pouvoir et l'influence des experts dans les systèmes politiques ou dans les grandes organisations nationales ou internationales. Le pouvoir des experts résulte de nominations et non d'élections.

L'expertocratie sous-entend une tendance à la réduction du champ de la démocratie et à la confiscation de la souveraineté du peuple par l'influence grandissante des experts et des technocrates. L'approche technicienne ou gestionnaire des problèmes sociaux prend le pas sur la vision politique du bien commun. Pour chaque problème, il est présenté une seule solution rationnelle possible. La politique cède la place à une sorte de fatalisme économique et scientifique.

https://www.toupie.org/Dictionnaire/Expertocratie.htm

"Quand on ne sait rien faire, il faut avoir de l'ambition." Georges Wolinski

Ne pas oublier la bureaucratie

La bureaucratie est l'ensemble des fonctionnaires ou plus largement des employés affectés à des tâches administratives. Le fonctionnement de la bureaucratie est caractérisé par une hiérarchie claire, des postes de travail bien définis, une division des responsabilités, des procédures strictes, une gestion précise des dossiers..

Le mot bureaucratie a été vulgarisé par Max Weber (1864-1920) et s'applique à toutes les formes d'organisation, même s'il est souvent associé aux pouvoirs publics.

Le terme bureaucratie désigne  aussi de manière péjorative une influence ou un pouvoir excessif de l'administration dans les affaires publiques ou dans la politique. La bureaucratie est alors caractérisée par sa lenteur, sa lourdeur, son manque de flexibilité, son incapacité à traiter les cas particuliers. Les décisions bureaucratiques sont difficilement compréhensibles, peu conformes au bon sens ou à la démocratie.

https://www.toupie.org/Dictionnaire/Bureaucratie.htm

Alors maintenant vous additionnez : démocratie, expertocratie, adhocratie et inaptocratie vous obtenez ce qui fait la politique et les politiciens de tout bord et de merveilleuses usines à gaz. 

En France on cumule le maximum d'obstacle pour raisonner simplement, très simplement. Que faire contre ces "CRATIES" ? Les démanteler une à une, la "DECRATIE" mais ça va pendre du temps, beaucoup de temps et d'énergie. La DECRATIE, c'est décrasser tout ce qui peut l'être....en vérité

Alors la solution : la FEMME ou l'HOMME providentiels  (plutôt une femme ) n'appartenant pas à un parti politque,  qui remettront tous les compteurs à zéro ! 

"Ça fait beaucoup marrer les gens de voir qu'on peut se moquer de la politique, alors que, dans l'ensemble, c'est surtout la politique qui se moque de nous"
Coluche

"Ce sont les circonstances qui mettent un homme providentiel au pouvoir, jamais des élections." Georges Wolinski......


COVID-19 /Ischémie MI/Canicule

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

 iconographie : Covid/Thrombose
 
 "L'été, les vieux meurent de la canicule chaude et l'hiver de la canicule froide." Jérôme Duhamel

Clinical course of patients with chronic limb-threatening ischemia developing COVID-19, Takayuki Ishihara et Coll, July 2022Journal of Cardiology DOI:10.1016/j.jjcc.2022.07.010,
 https://www.journal-of-cardiology.com/article/S0914-5087(22)00180-0/fulltext
Évolution clinique des patients atteints d'ischémie chronique menaçant les membres développant le COVID-19
Article libre d'accès

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La pandémie de COVID-19, provoquée par le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère, a submergé les systèmes de santé.

Les patients atteints de maladie artérielle des membres inférieurs présentent un risque élevé d'événements cardiovasculaires, dont l'ischémie chronique menaçant les membres (CLTI) est la manifestation la plus grave de la maladie artérielle périphérique avec un risque accru de mortalité par rapport aux patients souffrant de claudication intermittente.

Cependant, l'évolution clinique des patients CLTI atteints de COVID-19 n'a pas été rapportée.

Méthodes

Nous avons étudié rétrospectivement l'évolution clinique de 25 patients CLTI qui ont développé le COVID-19 au cours de la "sixième vague" de la pandémie au Japon, qui a débuté en janvier 2022. Le critère de jugement principal était la mortalité à 30 jours après le diagnostic du COVID-19. Nous avons également comparé le risque de mortalité des 18 patients COVID-19 ayant bénéficié d'un traitement endovasculaire initial avec celui de 1867 patients CLTI ayant reçu un traitement endovasculaire initial avant décembre 2019 (c'est-à-dire avant la pandémie de COVID-19) (groupe contrôle).

Le modèle de régression à risque proportionnel de Cox a été utilisé pour évaluer l'effet du COVID-19 sur la mortalité. Pour confirmer la robustesse de ces résultats, nous avons ajouté l'analyse avec pondération de probabilité inverse (IPW) basée sur le score de propension au COVID-19.

Résultats

La mortalité à 30 jours après le diagnostic de COVID-19 a atteint 20 % ;
l'intervalle de confiance (IC) à 95 % de la proportion a été calculé comme étant de 7 % à 41 % par la méthode exacte de Clopper-Pearson. L'analyse de régression de Cox a démontré que le risque de mortalité était significativement plus élevé chez les patients développant la COVID-19 que dans le groupe témoin [risque relatif ajusté, 3,08 (IC à 95 %, 1,13–8,37) ; p  = 0,027]. L'analyse IPW a également confirmé l'association significative du COVID-19 avec le risque de mortalité [risque relatif, 3,97 (IC à 95 % 1,54–10,21, p  = 0,004)].

Conclusion

Chez les patients CLTI, la mortalité à 30 jours après le diagnostic de COVID-19 a atteint 20 % (IC 95 %, 7 % à 41 %) sous la pandémie en janvier 2022, et les patients développant COVID-19 avaient un risque de mortalité significativement plus élevé que ceux traités avant la pandémie.


Points forts

La mortalité à 30 jours après le diagnostic de COVID-19 a atteint 20% chez les patients atteints d'ischémie chronique menaçant les membres.

Nous avons comparé le risque de mortalité des patients COVID-19 avec ceux d'avant la pandémie.

Les patients développant le COVID-19 avaient un risque de mortalité significativement plus élevé.

Le risque relatif ajusté était de 3,08 (intervalle de confiance à 95 % 1,13-8,37).

Conséquences cliniques potentielles de la coagulopathie associée au COVID-19.

41577 2022 762 Fig1 HTMLhttps://www.nature.com/articles/s41577-022-00762-9


Commentaire


La Covid-19 par ses propriétés thrombosantes artérielles et veineuses, ne peut qu'aggraver un état artériel dèjà précaire. Le risque est multiplié par 3 , donc important. L'effet de la Covid-19 s'est manifesté de manière différente vis à vis des patients atteints d'artériopathie chronique oblitérante des MI. Le confinement a été un facteur aggravant du fait de la restriction à la marche et du délais augmenté de consultation et une reprise du tabac pendant les confinements. La Covid devenant un FDRC sur ajouté.

Mais ce qui est intéressant , si on peut faire un parallèle,  c'est l'impact de la canicule chez des artériopathies des MI évoluées. Les patients durant cette période ont réduit leurs activités physiques, ne sortent plus même pour consulter et sont très souvent déshydratés avec toutes sortes de conséquences.

Quel est l'impact réel de la canicule chez les patients et notamment les artériopathies ?
Question de circonstance
Question pour demain 


L'avis du Pr Martin Jueau, cardiologue à Montréal est très intéressante 
Cardiologue et Directeur de la prévention, Institut de Cardiologie de Montréal. Professeur titulaire de clinique, Faculté de médecine de l'Université de Montréal. / Cardiologist and Director of Prevention, Montreal Heart Institute. Clinical Professor, Faculty of Medicine, University of Montreal.

https://observatoireprevention.org/2018/08/03/les-dangers-des-coups-de-chaleur-durant-une-canicule/

"Le coup de chaleur est une condition sérieuse et potentiellement mortelle, et définie comme une température corporelle supérieure à 40 °C, accompagnée de signes neurologiques comme la confusion, des convulsions ou la perte de conscience.
Cinq mécanismes physiologiques perturbant sept organes vitaux ont été identifiés (cerveau, cœur, intestins, reins, foie, poumons, pancréas).
L’exposition de la population mondiale à des vagues de chaleur augmentera considérablement dans l’avenir, que nous réduisions ou non les émissions de gaz à effet de serre.

 Facteurs de risque pour les coups de chaleur. Traduit de Yeo, 2004.
 
Facteur de risque
Alcoolisme
Maladie cardiovasculaire
Déshydratation
Âge (moins de 15 ans, plus de 65 ans)
Maladies de la peau (psoriasis, eczéma, brûlures)
Absence de climatisation à la maison
Résider dans un édifice à plusieurs étages
Faible statut socioéconomique
Obésité
Métiers qui demandent un effort prolongé et une exposition environnementale à des températures extrêmes (par exemple, athlètes, militaires, mineurs, ouvriers de l’acier, pompiers, ouvriers d’usine, secouristes)
Médicaments/drogues :
· Altération de la thermorégulation (diurétiques, bêtabloquants, anticholinergiques, phénothiazines, alcool, butyrophénones)
· Augmentation de la production de chaleur (benzotropine, trifluopérazine, suppléments contenant de l’éphédra, pilules pour maigrir, amphétamines, cocaïne, ecstasy)
Antécédents de maladie liée à la chaleur
Exposition prolongée au soleil
Porter des vêtements trop chaud

Mécanismes physiologiques

Dans une revue de la littérature sur les causes de la mort lors de vagues de chaleur, 5 mécanismes physiologiques perturbant 7 organes vitaux ont été identifiés (cerveau, cœur, intestins, reins, foie, poumons, pancréas). Les auteurs ont identifié 27 différentes façons par lesquelles les mécanismes physiologiques activés par la chaleur peuvent mener à la défaillance d’un organe et ultimement à la mort.

1- Ischémie
Lorsque le corps humain est exposé à la chaleur, l’hypothalamus amorce une réponse cardiovasculaire en dilatant les vaisseaux sanguins afin de redistribuer le sang vers la surface du corps (la peau) où la chaleur peut être dissipée dans l’environnement. Ce processus compensatoire peut mener à un approvisionnement insuffisant de sang aux organes internes (l’ischémie) et par conséquent à un manque d’oxygène (l’hypoxie).

2- Toxicité due au choc thermique
La température corporelle élevée provoque un stress contre lequel le corps réagit en produisant des protéines de stress et des radicaux libres qui endommagent les cellules. Ces dommages, combinés à ceux causés par l’ischémie, affectent le fonctionnement de plusieurs organes.

3- Réponse inflammatoire
L’érosion de la muqueuse intestinale permet à des bactéries et des endotoxines d’entrer dans la circulation sanguine, ce qui mène à un sepsis (ou septicémie) et à l’activation d’une réponse inflammatoire systémique. Si l’hyperthermie persiste, la réponse inflammatoire exagérée cause des lésions à différents organes.

4— Coagulation intravasculaire disséminée (CIVD)
L’inflammation systémique et les lésions à l’endothélium vasculaire causées par l’ischémie et le choc thermique peuvent initier ce mécanisme nocif. Les protéines responsables du contrôle de la coagulation deviennent suractivées et cela peut mener à la formation de caillots qui bloquent l’approvisionnement en sang aux organes vitaux. La déplétion en protéines de la coagulation sanguine peut mener ultérieurement à des hémorragies (même en l’absence de blessure) qui peuvent être fatales.

5- Rhabdomyolyse
C’est la dégradation rapide des cellules des muscles squelettiques provoquée par le choc thermique et l’ischémie. Des protéines musculaires telles la myoglobine sont alors relarguées dans la circulation sanguine et sont toxiques pour les reins et peuvent entraîner l’insuffisance rénale.

Le cœur durement touché

Dans le cœur, la combinaison de l’ischémie, de la cytotoxicité due au choc thermique et de l’hypokaliémie (carence en potassium causé par la sudation excessive) peut mener à la dégradation du muscle cardiaque. Cette atteinte au myocarde augmente les risques d’arrêt cardiaque à cause de la perte de myofibrilles et de la réduction de l’efficacité du corps à contrôler le rythme cardiaque et la pression artérielle. Le stress sur le cœur peut être exacerbé par la déshydratation qui épaissit le sang et cause une vasoconstriction, ce qui augmente le risque de thrombose des coronaires et d’accident vasculaire cérébral. Dans le pancréas, l’érosion de la paroi endothéliale permet aux leucocytes d’infiltrer le tissu, exacerbant l’inflammation. Dans le cerveau, la perméabilité de la barrière hémato encéphalique permet aux toxines et aux pathogènes d’entrer, ce qui augmente le risque de dommages neuronaux. Toutes ces réponses physiologiques sont interreliées de telle façon que la défaillance d’un seul organe peut entraîner des effets négatifs sur les autres, initiant un cycle vicieux de détérioration qui conduit souvent à des dommages permanents, à une longue convalescence, ou à la mort."

Si la Covid-19 de par ses propriétés, altère et complique l'AOMI,il en est de même du changement climatique et notamment de la CANICULE...aujourd'hui et demain.

La Covid-19 est une pandémie exceptionnelle à priori et que l'on maîtrise maintenant, quid de la chaleur, de la canicule ...... est-on prêt pour les affronter ? Il est urgence de prendre en considération tous les phénomènes climatiques à venir et leurs conséquénces sur TOUTES les PATHOLOGIES.

Anticipons !!!


Evaluation des risques cardiovasculaires pour la prévention primaire

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

“L'avenir a le don d'arriver sans prévenir.” George F Will

“La science des projets consiste à prévenir les difficultés de l'exécution.” Vauvenargues


New Cardiovascular Risk Assessment Techniques for Primary Prevention: JACC Review Topic of the Week
Nouvelles techniques d'évaluation des risques cardiovasculaires pour la prévention primaire : sujet de la semaine de la revue JACC

Verma KP, Inouye M, Meikle PJ, Nicholls SJ, Carrington MJ, Marwick TH.JACC Review Topic of the Week. J Am Coll Cardiol. 2022 Jul 26;80(4):373-387. doi: 10.1016/j.jacc.2022.05.015. PMID: 35863853.
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0735109722051026?via%3Dihub


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Prédiction des risques

La détection de CAD asymptomatique basée sur la présence de CAC (score calcique) facilite une intervention préventive intensive pour limiter la progression de la maladie précoce. Les recommandations  actuelles sont en faveur de l'utilisation des scores CAC chez les patients classés comme présentant un risque cardiovasculaire intermédiaire sur 10 ans. Les calculateurs de risque clinique ont tendance à classer les individus plus jeunes et les femmes comme à faible risque, lorsque la coronaropathie est clairement présente, sur la base de leur score CAC 10 ou même de la survenue d'un SCA. 
 
Échographie artérielle

L'échographie artérielle a plusieurs atouts. L'évaluation de l'épaisseur intima-média carotidienne (cIMT) et de la plaque carotidienne par ultrasons est devenue de plus en plus réalisable en raison de la miniaturisation et de l'automatisation des appareils d'imagerie portatifs. La plaque carotidienne s'est avérée supérieure à la cIMT pour la détection des maladies coronariennes précoces. En outre, le fardeau de la plaque carotidienne est associé à l'incident CAC 30 et à l'incident CVD.  Lorsque les 2 sont comparés, bien que la plaque carotide soit performante, le CAC semble avoir la faveur.

Prédiction des risques

Il est de plus en plus reconnu que l'étiologie génétique de la coronaropathie est composée de nombreuses variantes génétiques plutôt que de quelques variantes génétiques. Plusieurs études d'association à l'échelle du génome  ont identifié des variants génétiques communs associés à la CAD (principalement des polymorphismes nucléotidiques simples) qui atteignent une signification à l'échelle du génome. La taille d'effet agrégée de chaque variante individuelle peut à la fois expliquer l'héritabilité substantielle  et peut informer PRS  ( 
Polygenic Risk Score) qui peut être utilisé à la fois pour la prédiction et la dissection de la biologie de la maladie.

Une suite en plein essor de marqueurs métaboliques (acides aminés, graisses et autres macromolécules) peut désormais être quantifiée efficacement à l'aide de la résonance magnétique nucléaire (RMN), de la technologie basée sur la spectrométrie de masse ou des immunodosages. Tout comme les facteurs de risque cliniques considérés globalement pour les scores de risque, les métabolites peuvent être additionnés pour créer des profils métaboliques pour la prédiction du risque de maladies métaboliques telles que le diabète et l'athérosclérose.  Contrairement à l'évaluation clinique standard des lipides

Approches combinées de la prévision des risques

Les différentes forces et faiblesses de ces outils sont un argument clé pour une utilisation combinatoire, plutôt que comme des évaluations mutuellement exclusives et concurrentes. 69 Par exemple, un patient avec CAC = 0 pourrait héberger simultanément un PRS élevé, et les 2 doivent être réconciliés lors de l'estimation du risque. CAC et PRS sont cliniquement plus matures que les stratégies multiomiques ; plusieurs efforts pour intégrer les 2 ont déjà été faits. Au fur et à mesure que les -omiques s'affinent et deviennent plus reproductibles, ces outils pourraient fournir de puissants

Conclusion


Un cadre pour aborder la prédiction des risques à l'ère des -omiques pourrait être basé sur l'âge. Le CAC pour tous les individus > 40 ans à risque intermédiaire sur 10 ans, ou une stratégie hybride PRS-CAC pourrait être plus efficace (illustration centrale).

Pour les personnes de moins de 40 ans, il est possible d'orienter le traitement préventif à l'aide d'un seuil PRS prédéfini. Une alternative est une voie axée sur les antécédents familiaux : le CAC pourrait être utilisé pour les personnes atteintes de coronaropathie prématurée familiale, les équations de risque standard étant réservées à tous les autres.

Commentaire

Jusqu'où peut on aller pour prévenir les affection CV , en prévention primaire  ? Le point de départ, l'histoire familiale, le patient avec ses FDRCV, son âge, sa démarche, ses souhaits, ses habitudes de vie. Passer les patients à partir de 40 ans, femmes et hommes dans une machine "magique" n'est pas une bonne solution. En effet démarche couteuse, avec une rentabilité médicale à démontrer. Multiplier les examens paracliniques en les empilant sans réflexion préalable est inutile. Il faut revenir encore et encore à une réfléxion clinique digne de ce nom, le systématique "sans mobile apparent" est délétère.....alors de la réflexion et de la validation sont nécessaires...nouveau Framingham avec les outils d'aujourd'hui ? A trop vouloir prévenir le risque CV, le préveint-on ? De plus en plus en consultation, "la vie réelle" on voit des patienys femmes et hommes de la quarantaine adressés par leur MG et ou sur les insistances des proches. Patients asympatomatiques, qui consulte pour un bilan vasculaire périphérique. Le point de départ le plus fréquent les atcds familiaux récents ou anciens (AVC, infartus, AOMI). C'est une bonne démarche qui se conclue par des recoimmandations d'hygiène de vie, quelques examens paracliniques simples. Mais on peut faire autrement. On voit aussi des médecins qui transforment l'acte médical de prévention primaire apr un scanner coronaire injecté, je ne parle pas de Score Calcique et ils trouvent des atteintes coronaires et tout s'enchaînent jusqu'à l'angioplastie.......Est-ce bien raisonnable ? Quel est le rapport coût efficacité de cette démarche ? Et que fait-on des tests de probabilité pré test ? Etr si on prescrivait un angioscanner des artères des MI pour tous les patients suspects d'AOMI ? Dans le délire tout est permis !!!!  Et pour compliquer les choses, nous avons des patients qui demandent maintenant à bénéficier d'un scanner coronaire injecté , "l'examen qui a sauvé mon cousin." Il faut revenir à une démarche clinique médicale, pensée et non pas à une débauche d'examens irraisonnés.

Hippocrate ils sont devenus fous ! 

L'état de la question : 
 
FabJ2LPWYAA0H0
 


Nouvelle rubrique

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

“Une des premières choses de l’homme, c’est sa fureur pour la nouveauté, deux grands mobiles font agir les hommes ; la peur et la nouveauté. ” Machiavel

“Aimons les nouveautés en novateurs prudents. ” Casimir Delavigne


Nouvelle rubrique
: les articles médicaux qui ont fait l'histoire et dont les resultats sont toujours valides aujourd'hui

 
Le but c'est de montrer qu'il ya eu des articles qui ont participé à l'histoire de la Médecine Vasculaire, 10, 20 , 30 ans d'âge et plus  et toujours d'actualité ......sachons prendre du recul ....
 

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