L'ICEBERG de l'IA

Hold-up des médecins sur l'IA
 "Si les icebergs sont tellement dangereux, c'est parce que la plus grande partie de leur hauteur totale (90%) se trouve sous le niveau de la mer et est de ce fait invisible. Pour rendre un iceberg inoffensif, il suffit donc de le retourner. Cavanna

 
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Health Systems Govern Only the Tip of the AI Iceberg

Les systèmes de santé ne maîtrisent que la partie émergée de l'iceberg de l'IA.

Erkin Ötleş , M.D., Ph.D. Sara G. Murray , M.D., M.A.S. Ashley N. Beecy , M.D. Alexander A. Khalessi , M.D., M.B.A. and Karandeep Singh , M.D., M.M.Sc.
Received: February 21, 2026; Accepted: February 24, 2026; Published: March 26, 2026
https://ai.nejm.org/doi/pdf/10.1056/AIe2600236
 
 
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Abstract

L'intelligence artificielle générative destinée aux médecins est désormais omniprésente en médecine : plus des deux tiers des médecins l'utilisent quotidiennement dans leur pratique.

Nombre d'entre eux étant insatisfaits de la rapidité d'adoption de l'IA par leur système de santé, il n'est pas surprenant que la plupart des utilisations se fassent en dehors de tout contrôle institutionnel.

La gouvernance de l'IA au sein des systèmes de santé est généralement conçue pour évaluer les outils d'IA orientés vers des cas d'utilisation spécifiques, ce qui permet de quantifier les risques potentiels de ces outils afin de les atténuer.

Cette approche de gouvernance est inadaptée aux plateformes d'IA génératives généralistes, car l'éventail des risques et des bénéfices varie selon l'usage qu'en font les médecins.

De ce fait, la supervision directe d'outils d'IA spécialisés coexiste avec une utilisation largement et discrète de plateformes d'IA grand public, dont les pratiques en matière de confidentialité et de sécurité des données sont incertaines.

Le manque d'implication des systèmes de santé vis-à-vis des outils d'IA grand public aggrave les risques en supprimant la visibilité et les protections institutionnelles. Nous décrivons l'ampleur de ce problème et expliquons pourquoi les systèmes de santé doivent réformer leur approche de la gouvernance de l'IA.
 
 
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L’iceberg de la gouvernance de l’IA : démonstration de l’utilisation visible et cachée de l’IA dans les soins de santé.
Les systèmes de santé encadrent généralement un nombre restreint d'outils d'IA prédictifs approuvés (la partie visible), tandis qu'une part beaucoup plus importante de l'utilisation de l'IA par les médecins se fait via des plateformes externes, hors de leur contrôle (la partie invisible). De ce fait, la majorité des activités cliniques utilisant l'IA ne sont pas supervisées et présentent un risque accru. DSE signifie dossier médical électronique.
 
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Cet éditorial examine la déconnexion croissante entre l'usage massif de l'intelligence artificielle par les médecins et les cadres réglementaires obsolètes des institutions de santé. Les auteurs parlent de l’iceberg de l’IA, pour montrer que l’essentiel de l’utilisation clinique actuelle se fait de façon invisible, à travers des plateformes grand public, hors de tout contrôle institutionnel, au risque de compromettre la confidentialité des données des patients. Le texte plaide pour une réforme urgente de la gouvernance de l'IA, suggérant que les hôpitaux abandonnent les processus d'approbation lents et rigides au profit d'une intégration sécurisée des outils génératifs. En fin de compte, l'objectif est de transformer cette pratique clandestine en un usage officiel et encadré afin de protéger le système de santé tout en répondant aux besoins d'efficacité des praticiens.
 
 
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 OPEN EVIDENCE IAA
 
 
 

Les systèmes de santé ne contrôlent qu'une fraction des outils d'intelligence artificielle utilisés dans le domaine de la santé, laissant une vaste zone d'applications non réglementées qui échappe à leur surveillance. Cette métaphore de l'iceberg reflète une réalité préoccupante : alors que les systèmes de santé peuvent gouverner certains outils cliniques intégrés dans leurs infrastructures, de nombreuses applications d'IA fonctionnent en dehors de tout cadre de supervision formelle. [1]

La partie visible de l'iceberg comprend les outils d'IA que les systèmes de santé peuvent théoriquement contrôler. Il s'agit notamment des algorithmes intégrés dans les dossiers de santé électroniques, des logiciels de diagnostic d'imagerie médicale approuvés par la FDA, et de certains systèmes d'aide à la décision clinique. [1] 

 

Cependant, la partie immergée est considérablement plus vaste et inclut les applications directes aux consommateurs (chatbots de santé mentale, applications de diagnostic cutané), les outils d'opérations commerciales (optimisation de la facturation, gestion de la chaîne d'approvisionnement), et les applications hybrides (transcription ambiante, réponses automatisées aux messages des patients). [1]

Le cadre réglementaire américain présente des lacunes importantes. La loi 21st Century Cures Act exclut de la définition de dispositif médical les logiciels d'IA destinés au support administratif, au bien-être général, à certains types de support décisionnel clinique, et à de nombreuses fonctions de gestion des données. [1] Par conséquent, de nombreux outils d'IA discutés dans la pratique clinique sont exemptés de la réglementation de la FDA. [1] Les outils directs aux consommateurs relèvent de la Federal Trade Commission, dont la surveillance se limite à la protection de la vie privée et à la publicité mensongère, sans évaluation des effets sur la santé. [1]

 Examples of Challenges to AI Adoption in Health Care Delivery Organizations.

Used under license from The New England Journal of Medicine.

Cette situation crée des défis majeurs pour les systèmes de santé.

 

Comme l'a récemment déclaré l'ancien commissaire de la FDA Robert Califf : "Je ne crois pas qu'il existe un seul système de santé aux États-Unis capable de valider un algorithme d'IA mis en place dans un système de soins cliniques." Les systèmes de santé manquent souvent de l'infrastructure, de l'expertise et des ressources nécessaires pour assurer une formation appropriée des utilisateurs, surveiller la performance continue, détecter les biais, et déterminer si un outil reste bénéfique au fil du temps. [1]

Les recommandations récentes de la Joint Commission et de la Coalition for Health AI proposent des structures de gouvernance comprenant une expertise multidisciplinaire, des politiques de confidentialité des patients, une surveillance continue de la qualité, des évaluations des risques et des biais, ainsi qu'une formation spécifique au rôle. [3] Cependant, ces directives restent volontaires et ne s'appliquent qu'aux outils déployés au sein des systèmes de santé, laissant la majorité de l'écosystème d'IA en santé sans supervision adéquate. [4-5]

 Typology of Factors Influencing Liability Risk of Health Care Artificial Intelligence Tools.

Used under license from The New England Journal of Medicine.

Les enjeux éthiques et juridiques se complexifient davantage avec l'IA générative et les agents d'IA, qui peuvent accomplir tellement de tâches qu'ils défient le cadre traditionnel de réglementation basé sur l'usage prévu, ressemblant davantage à des professionnels de santé qu'à des dispositifs médicaux. [1] Cette évolution soulève même la possibilité que les États puissent un jour délivrer des licences aux agents d'IA comme "médecins numériques". [1]

 

Les systèmes de santé devraient mettre en œuvre une surveillance continue et multidimensionnelle des algorithmes d'IA, comprenant la détection de la dérive des données et des performances, l'évaluation des biais, le signalement des événements indésirables, et la validation locale régulière. [1-2] Cette approche, appelée "algorithmovigilance" par analogie avec la pharmacovigilance, nécessite une infrastructure de gouvernance robuste et des méthodes d'évaluation adaptées au cycle de vie complet des outils d'IA. [3]

Surveillance de la performance et détection de la dérive

La surveillance postdéploiement doit inclure une détection précoce de la dégradation des performances causée par des changements dans les distributions de données, les caractéristiques des patients, les protocoles cliniques ou la qualité des données. [4] Les systèmes de santé devraient établir des pipelines de surveillance automatisés capables de détecter les changements significatifs dans les données d'entrée et les performances du modèle.

1.
AI, Health, and Health Care Today and Tomorrow.
The Journal of the American Medical Association. 2025. Angus DC, Khera R, Lieu T, et al.New
2.
Artificial Intelligence in U.S. Health Care Delivery.
The New England Journal of Medicine. 2023. Sahni NR, Carrus B.
3.
New Guidance on Responsible Use of AI.
The Journal of the American Medical Association. 2026. Palmieri S, Robertson CT, Cohen IG.New
4.
Economic, Ethical, and Regulatory Dimensions of Artificial Intelligence in Healthcare: An Integrative Review.
Frontiers in Public Health. 2025. El Arab RA, Al Moosa OA, Sagbakken M.New
5.
Toward Responsible AI Governance: Balancing Multi-Stakeholder Perspectives on AI in Healthcare.
International Journal of Medical Informatics. 2025. Rozenblit L, Price A, Solomonides A, et al.New
6.
Understanding Liability Risk from Using Health Care Artificial Intelligence Tools.
The New England Journal of Medicine. 2024. Mello MM, Guha N.


Commentaire

Pour faire simple, il existe un hold-up de l'IA par la médecine, qui s'approprie cette technologie en free-lance, ce qui crée des "hors-la-loi" de l'IA médicale en dehors de tout contrôle institutionnel.  Un nouveau 
Far West !  Rappelons que l'éthique en matière d'IA est primordiale, que les dossiers patients doivent être préservés comme la confidentialité, etc.
 
Le syndrome de l'objet brillant a encore sévi.


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