Les propos qui sont tenus ici n’engagent que leur auteur. Les textes sont actualisés régulièrement et corrigés en cas d'erreur. Bonne visite

Bienvenue sur le BLOG MEDVASC, c'est la guerre ?

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

Qu'est-ce que le Blog MEDVASC ?

Je suis le Dr Jean Pierre Laroche , Médecin Vasculaire, exerçant en Avignon, 80 semestres d'exercice, ancien Président de nombreuses Sociétés et Associations au sein de la Médecine Vasculaire


SOUTIEN au PEUPLE UKRAINIEN

what do colors and symbols of flag of ukraine mean
" Notre âme ne peut pas mourir, la liberté ne meurt jamais."
Taras Chevtchenko (Ukraine)

Taras Hryhorovytch Chevtchenko (en ukrainien : Тара́с Григо́рович Шевче́нко), surnommé Kobzar, né le 25 février 1814 (9 mars 1814 dans le calendrier grégorien) à Moryntsi (en), gouvernement de Kiev, et mort le 26 février 1861 (10 mars 1861 dans le calendrier grégorien) à Saint-Pétersbourg (Empire russe), est un poète, peintre et humaniste ukrainien.

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@Echoraljpangio

Plus de 462 000 visiteurs,  15 000  à 25 000 par mois, 29 650 en Mars 2022, 31 000. en Avril 2022 

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" Ce qui peut être affirmé sans preuve, peut être nié sans preuve" Euclide

"L'écriture est une mémoire dans un tissu d'oubli." Eric Fottorino

"La science n'a pas de patrie parce que le savoir est le patrimoine de l'humanité, le flambeau qui éclaire le monde" Pasteur

Merci à toutes celles et à  tous ceux qui prennent le temps de visiter ce blog, confinement aidant....puis déconfinement aidant , et reconfinement .....restez PRUDENT et faites vous vacciner .

Masquez-vous ! 

C'est un blog sans filtre et pragmatique qui parle aussi bien de Médecine Vasculaire que de l'actualité (COVID-19) surtout de la COVID-19, aucun non dit, et les pieds dans le plat mais ce n'est pas obligatoire. Le partage du savoir est ma devise. J'ai en horreur celles et ceux qui murmurent à l'oreille des décideuses et décideurs. L'actualité fait aussi partie de la démarche éditoriale de ce Blog qui est à 80% médical et 20% "ailleurs" .
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" L'art de la guerre,c'est de soumettre l'ennemi sans combat " Sun Tzu

Aujourd'hui parlons de la guerre,notre Président a été clair nous sommes en guerre contre le COVID-19. Afin d'en savoir plus sur la guerre, une référence, "L'art de la Guerre" de SunTsu (544-496 av JC). Il faut toujours remonter à la source. Un grand principe : "dans les temps anciens les guerriers habiles commençaient par se rendre invincibles puis ils attendaient que l'ennemi fût vulnérable.

Donc nous ne sommes pas en guerre selon Sun Tsu car nous ne sommes pas invincibles (pas de traitement et pas de vaccin contre le virus), et donc très vulnérables 

Nous sommes le 18 Mars 2020 confinés pour éviter la contamination, c'est une tactique adoptée aussi par la Chine et l'Italie et on en sent au bout de quelques semaines des effets minimes mais positifs pour les Chinois et les Italiens .

Sun Tsu toujours :" Rien n’est plus difficile que l’art de la manœuvre, la difficulté en cette manière consiste à faire d’une voie tortueuse la route la plus directe et à changer la malchance en avantage". Le Général VERAN est chargé des manoeuvres. La garnison c'est l'hôpital, sous doté, c'est vrai que les Princesses de la Santé  ont tout fait depuis des années pour supprimer des lits et des moyens, deux armes importantes en cas d'atteinte virale. 

Le terme de guerre ne me semble pas le bon terme, la notion de guerre est agressive, je préfère le combat ou la lutte contre le virus, la notion de guerre s'accompagne d'un catastrophisme anxiogène subliminal.

Au total notre combat est pour l'instant inégal entre le virus et nos forces vives. Ch'en Hao insiste lorsque le général établit des plans inutiles ",chacun est fatigué". Les plans actuels ne sont pas inutiles, le confinement, une de nos armes, n'est facile pour personne mais on ne peut faire sans. Alors restons confinés, sans état d'âme, pour l'instant c'est le seul moyen d'être moins vulnérable , voire non vulnérable.C'est ainsi que nous avancerons vers l'invincibilité à terme vis à vis du virus.

Malheureusement nous ne nous soumettrons pas au virus  sans combat ......

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Petit lexique illustré : 
Fiche identité COVID19 540px

 IMPORTANT : tous les articles sont mis à jour quotidiennement en fonction des nouvelles données qui nous parviennent et des éventuelles imprécisions qui me sont signalées.

Veni Vidi Vaccin

"Il est aussi raisonnable de représenter une espèce d’emprisonnement par une autre que de représenter n’importe quelle chose qui existe réellement par quelque chose qui n’existe pas". DANIEL DE FOE,  La Peste d'Albert Camus

"En additionnant des obscurités individuelles, on obtient rarement une lumière collective" H Le Tellier in "l'Anomalie"

« J’ai beau faire, tout m’intéresse ». Paul Valéry

     #1MASQUEPOURTOUS  #JESUISVACCINE 

touscov

SMS et Santé

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .


"On a oublié qu'il fut un temps, avant l'ordinateur, avant Internet, avant les mails, avant le téléphone portable, avant les SMS, où l'on s'écrivait des lettres, de longues lettres, régulièrement comme un bonheur, comme un plaisir. On appelait ça une correspondance. On disait entretenir une correspondance. Et c'est un mot tellement beau, tellement juste : on correspond parce qu'on se correspond." Celui qui n'est pas venu d'Alain Rémond 


Text Messages to Improve Medication Adherence and Secondary Prevention After Acute Coronary Syndrome: The TEXTMEDS Randomized Clinical
Trial  Circulation,  Chow, Clara K et CollVolume 145(19), 10 May 2022, p 1443-1455
Messages texte pour améliorer l'adhésion aux médicaments et la prévention secondaire après un syndrome coronarien aigu : l'essai clinique randomisé TEXTMEDS
 
Contexte :
TEXTMEDS (Text Messages to Improve Medication Adherence and Secondary Prevention After Acute Coronary Syndrome) a examiné les effets de l'éducation cardiaque et du soutien par SMS sur l'observance médicamenteuse après un syndrome coronarien aigu.

Méthodes :
TEXTMEDS était un essai contrôlé randomisé, multicentrique et en simple aveugle de patients après un syndrome coronarien aigu. Le groupe témoin a reçu les soins habituels (prévention secondaire déterminée par le clinicien traitant); le groupe d'intervention a également reçu plusieurs SMS hebdomadaires de motivation et de soutien sur les médicaments et un mode de vie sain avec la possibilité d'une communication bidirectionnelle (texte ou téléphone). Le critère principal d'évaluation de l'observance médicamenteuse autodéclarée était le pourcentage de patients qui étaient adhérents, définis comme > 80 % d'adhésion à chacun des 5 médicaments cardioprotecteurs indiqués, à la fois à 6 et à 12 mois.

Résultats :
Un total de 1424 patients (âge moyen, 58 ans [ET, 11] ; 79 % d'hommes) ont été randomisés dans 18 hôpitaux universitaires publics australiens. Il n'y avait pas de différence significative dans le critère d'évaluation principal de l'observance médicamenteuse autodéclarée entre les groupes d'intervention et de contrôle (risque relatif, 0,93 [IC à 95 %, 0,84-1,03] ; P = 0,15). Il n'y avait aucune différence entre les groupes d'intervention et de contrôle à 12 mois en ce qui concerne l'adhésion aux médicaments individuels (aspirine, 96 % contre 96 % ; [bêta]-bloquant, 84 % contre 84 % ; inhibiteur de l'enzyme de conversion de l'angiotensine/bloqueur des récepteurs de l'angiotensine, 77 % vs 80 % ; statine, 95 % vs 95 % ; deuxième antiplaquettaire, 84 % vs 84 % [tout P > 0,05]), pression artérielle systolique (130 vs 129 mm Hg ; P = 0,26), cholestérol à lipoprotéines de basse densité (2,0 vs 1,9 mmol/L ; P=0,34), fumer ( P =0,59) ou faire de l'exercice régulièrement (71 % contre 68 % ; P =0,52). Il y avait de petites différences dans les facteurs de risque liés au mode de vie en faveur de l'intervention sur l'indice de masse corporelle <25 kg/m 2 (21 % contre 18 % ; P = 0,01), la consommation de >= 5 portions par jour de légumes (9 % contre 5 % ; P = 0,03) et manger >= 2 portions de fruits par jour (44 % contre 39 % ; P = 0,01).

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Conclusions :Un programme basé sur des messages texte n'a eu aucun effet sur l'observance médicale, mais de faibles effets sur les facteurs de risque liés au mode de vie.

Commentaire
 
Le patient connecté pour sa santé , le point de départ est louable . L'observance des patients au traitement , quelque soit le motif est difficile, on le voit chaque jour. De nombreuses études montent qu'en cas d'affection chronique, au bout de 1 an , 50% des patients ne prennent plus leur traitement. Il ne faut pas occulter ce problème bizn  au contraire, il faut trouver les moyens d'améliorer cette situation.L'inertie clinique du médecin associé à la non observance des patients, voici le noeud du problème et nous en avons dèjà parlé.Les plateformes de rdv comme DOCTOLIB et d'autres , envoient des sms aux patient pour un rappel de rdv, ça fonctionne assez bien mais un rdv et l'incitation pour mieux suivre son traitement c'est très différent. La non observance, l'inertie médicale, le rôle du Dr Google, autant de raisons qui expliquent  les difficultés à faire en sorte que le patient "écoute" et suive nos conseils. Le COLLOQUE SINGULIER régulier, voilà la solution.......Hippocrate , toujours Hippocrate même à l'heure des SMS !!!!!

A relire deux textes de Lé Lepoix sur les objets connectés
 
 

Régime Méditerranéen

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

iconographie : régime


Trois quatrains du poète persan Omar Khayyâm  pouvant s’appliquer aux inquisiteurs de tous temps, concluront ce voyage diététique, gastronomique et vinicole initié à partir du « régime crétois ».

"On nous assure d’un paradis qui sera peuplé de houris
Elles nous offriront leur miel et le vin des meilleures vignes Il nous est donc permis d’aimer, dès ici-bas, le vin, l’amour puisque tel est notre destin, et qu’il est écrit dans le Livre...
Du vrai croyant à l’incrédule, je te le dis, il n’est qu’un souffle
Du dogmatique à l’incertain, il n’est en vérité qu’un souffle
Dans cet espace si précieux, entre deux souffles, vis heureux, La vie s’en va, la mort s’en vient, notre passage n’est qu’un souffle...
O toi qui ne bois pas de vin, ne blâme pas ceux qui s’enivrent. Entre l’orgueil et l’imposture, pourquoi vouloir tricher sans fin ? Tu ne bois pas, et puis après ? Ne sois pas fier de l’abstinence et regarde en toi tes péchés. Ils sont bien pires que le vin." 

https://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2007-1-page-177.htm

Long-term secondary prevention of cardiovascular disease with a Mediterranean diet and a low-fat diet (CORDIOPREV): a randomised controlled trial,
JavierDelgado-Lista et Coll, The Lancet 2022 Published Online May 4, 2022 https://doi.org/10.1016/ S0140-6736(22)00122-2

Fundacion Patrimonio Comunal Olivarero; Fundacion Centro para la Excelencia en Investigacion sobre Aceite de Oliva y Salud; local, regional, and national Spanish Governments; European Union.

Prévention secondaire à long terme des maladies cardiovasculaires avec un régime méditerranéen et un régime pauvre en graisses (CORDIOPREV) : un essai contrôlé randomisé

Contexte

Les régimes méditerranéens et faibles en gras sont efficaces dans la prévention primaire des maladies cardiovasculaires. Nous avons réalisé un essai randomisé à long terme pour comparer les effets de ces deux régimes dans la prévention secondaire des maladies cardiovasculaires.

Méthodes

L'étude CORDIOPREV était un essai clinique randomisé monocentrique réalisé à l'hôpital universitaire Reina Sofia de Cordoue, en Espagne. Les patients atteints de maladie coronarienne établie (âgés de 20 à 75 ans) ont été assignés au hasard dans un rapport 1: 1 par l'École andalouse de santé publique pour recevoir un régime méditerranéen ou une intervention diététique faible en gras, avec un suivi de 7 ans . Les investigateurs cliniques (médecins, investigateurs et membres du comité des paramètres cliniques ) ont été masqués pour l'attribution du traitement ; les participants ne l'étaient pas. Une équipe de diététistes a effectué les interventions diététiques. Le critère de jugement principal (évalué en intention de traiter) était un composite d'événements cardiovasculaires majeurs, y compris l'infarctus du myocarde, la revascularisation ,accident vasculaire cérébral ischémique , maladie artérielle périphérique et décès cardiovasculaire. Cette étude est enregistrée auprès de
ClinicalTrials.gov
 , NCT00924937 .

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Résultats

Du 1er octobre 2009 au 28 février 2012, 1 002 patients au total ont été recrutés, 500 (49,9 %) dans le groupe régime faible en gras et 502 (50,1 %) dans le groupe régime méditerranéen. L'âge moyen était de 59,5 ans (ET 8,7) et 827 (82,5 %) des 1002 patients étaient des hommes. Le critère d'évaluation principal s'est produit chez 198 participants : 87 dans le groupe régime méditerranéen et 111 dans le groupe faible en gras (taux brut pour 1 000 années-personnes : 28·1 [IC à 95 % 27·9–28·3] dans le groupe régime méditerranéen groupe contre37·7 [37·5–37·9] dans le groupe allégé, log-rank p=0·039). Les rapports de risque (RR) ajustés à plusieurs variables des différents modèles variaient de 0,719 (IC à 95 % 0,541–0,957) à 0,753 (0,568–0,998) en faveur du régime méditerranéen. Ces effets étaient plus évidents chez les hommes, les principaux critères d'évaluation étant survenus chez 67 (16,2 %) des 414 hommes du groupe régime méditerranéen contre 94 (22,8 %) des 413 hommes du groupe régime faible en gras (HR multiajusté 0 ·669 [IC 95% 0·489–0·915], log-rank p=0·013), que chez 175 femmes pour lesquelles aucune différence n'a été trouvée entre les groupes.

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Interprétation

En prévention secondaire, le régime méditerranéen était supérieur au régime pauvre en graisses pour prévenir les événements cardiovasculaires majeurs. Nos résultats sont pertinents pour la pratique clinique, soutenant l'utilisation du régime méditerranéen en prévention secondaire. Le régime méditérranéen multiplie par 3 ses effets protecteurs par rapport au régime pauvre en graisse, alors aucune hésitatiion.

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Petite histoire
Le régime crétois appelé par extension régime méditerranéen, ces choix alimentaires remontent à la nuit des temps et caractérisent le style de vie des riverains de cette mer-mère, même s’il ne faut pas généraliser. Il constitue aussi, depuis l’essor du tourisme au milieu du 20e siècle, un des attraits de mare nostrum classée en tête de la planète avec 35 % en 2005. Les États-Unis ont paradoxalement contribué à cet essor depuis qu’ils ont découvert ce régime le 5 novembre 1991. En effet, une émission télévisée de la CBS, Sixty minutes, « Soixante minutes », avait pour thème The French Paradox, titre d’un ouvrage collectif devenu un best seller alors que la France était déjà la première destination touristique du monde. Elle révélait aux Américains ébahis que si les Français, réputés pour faire bombance, avaient moins d’AVC (accidents vasculaires cérébraux) qu’eux, c’est parce qu’ils buvaient du vin à table. Elle mettait l’accent sur le régime méditerranéen, résumé en ces termes : vin, huile d’olive, poisson de préférence à la viande, légumes, céréales, fruits, longs repas et petites siestes.
https://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2007-1-page-177.htm


Le régime méditerranéen
La diète méditerranéenne est caractéristique de l’alimentation des populations du bassin méditerranéen. L'Etude des Sept Pays, conduite par l'Américain Ancel Keys e a montré que les populations du pourtour méditerranéen avaient une bonne santé cardiovasculaire bien que les graisses y apportent près de 40% des calories. Depuis, de nombreux bénéfices santé du régime méditerranéen ont été mises en évidence (déclin cognitif, syndrome métabolique, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, longévité…). Les bienfaits du régime méditerranéen sont collectivement attribués à l'huile d'olive, aux nombreux végétaux, aux noix, aux poissons gras et fruits de mer, au vin rouge, à la faible place des produits ultra-transformés ainsi qu'à un mode de vie particulier (activités de plein air, convivialité, etc.).

Le régime méditerranéen : bon pour la planète ?
D’après des chercheurs espagnols qui ont publié un article dans Journal of Health Services Research & Policy, l’alimentation méditerranéenne limiterait les émissions de gaz à effet de serre, étant donné qu’elle est riche en végétaux. L’objectif de cette étude était de faire le bilan carbone de menus servis à l’hôpital Juan Ramón Jiménez (Huelva) pour le comparer à celui d’autres alimentations occidentales. Des centaines de repas ont été analysés sur quatre saisons de l’année, pour des apports énergétiques de 2000 calories par jour. Ces repas étaient généralement de type méditerranéen.

pyramide regime mediterr 01600https://www.lanutrition.fr/le-regime-mediterraneen-en-pratique

Commentaire 

cuisien proivecal
En Provence le régime méditérranéen est largement suivi par tradition.Pour auant est ce que la prévention CV secondaire est - ell de meilleur qualité....difficile à percevoir. Les patients vasculaires nous posent souvent la question : qu'est ce que je peux manger ?  Tout d'abord bouger, marcher...puis on attaque par l'huile d'olive etc et généralement tout va bien. La notion de régime méditerranéen est vite comprise, proche de la cuisine provençale ...ce régime est-il bien suivi ? 

cuipppCuisine Provençale

"Le "régime crétois" est fait pour celles et ceux qui respectent leur corps et font raisonnablement attention à leur santé. Mais il est aussi fait pour celles et ceux qui apprécient les bonnes choses de la vie et savent savourer les plaisirs de la table." Philippe Chavanne

MICI : Consensus International prévention des événements thrombotiques

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

iconographie MICI

“Le monde est inexplicablement mystérieux et plein de souffrance.” Albert Schweitzer

"De deux douleurs simultanées, la plus forte obscurcit l'autre." Hippocrate

Olivera, PA, Zuily, S., Kotze, PG et alConsensus international sur la prévention des événements thrombotiques veineux et artériels chez les patients atteints de maladies inflammatoires de l'intestin. Nat Rev Gastroenterol Hepatol 18, 857–873 (2021). https://doi.org/10.1038/s41575-021-00492-  Article libre d'accès

Remarque préliminaire

Merci à l'équipe RECOMMANDATION de la SFMV, managée avec brio par Joëlle Laffont , Médecine Vasculaire, Toulouse,vous retrouverez leur travail sur https://www.portailvasculaire.fr/

https://www.portailvasculaire.fr/sites/default/files/docs/corecos_fiches_consensus_international_prev_even_thromb_va_mici._2021_vd.pdf

Merci aux auteurs de ce travail important dans lequel l'école de Nancy brille 

Rappel 

QU’EST-CE QUE LA MALADIE DE CROHN ?
La maladie de Crohn (MC) est une inflammation chronique qui peut toucher les parois de tout le tube digestif, de la bouche à l’anus. Le plus souvent, la maladie de Crohn atteint la partie terminale de l’intestin grêle qui relie l’estomac au côlon, le côlon (ou "gros intestin") et l'anus.
L'inflammation chronique d'une partie du tube digestif dans la maladie de Crohn s'aggrave par périodes, ce qui se traduit par une alternance : de phases d'activité (ou "poussées"), d'intensité et de durée variables,et de phases sans symptôme dites de rémission.(AMELI).

QU’EST-CE QUE LA RECTOCOLITE HÉMORRAGIQUE ?
La rectocolite hémorragique (ou "RCH") est une inflammation chronique de la muqueuse intestinale (paroi interne de l’intestin) : 
toujours présente au niveau du rectum, et qui s'étend, fréquemment, de façon continue sur une partie ou sur la totalié du colon.

Quelle que soit l’extension de l’inflammation, l'anus et l'intestin grêle ne sont jamais atteints par la RCH.

La RCH est une affection qui se caractérise par une alternance de phases d'activité (ou "poussées"), d'intensité et de durée variables, et de phases sans symptôme dites de rémission.

Au moment du diagnostic de RCH :
dans environ 50 % des cas, l'atteinte ne concerne que le rectum (rectite) ;
dans environ 30 % des cas, il s'agit d'une forme intermédiaire de la RCH avec des lésions étendues jusqu'au colon gauche ;
dans 20 % des cas, la RCH est étendue (pancolite) du rectum à la totalité du côlon. (AMELI) 

La rectocolite hémorragique fait partie du groupe des pathologies dites "MICI" (maladies inflammatoires chroniques intestinales) comme, par exemple, la maladie de Crohn.

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INFOGRAPHIE 2020MICIhttps://www.afa.asso.fr/maladie-inflammatoire-chronique-de-linstestin/comprendre-la-maladie/mici-maladie-inflammatoire-chronique-intestin/ Pour en savoir plus +++
https://www.youtube.com/watch?v=86TsHZOmh-8&t=6s&ab_channel=WhyDoc

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https://cdhf.ca/digestive-disorders/crohns-disease/ulcerative-colitis-vs-crohns-disease-whats-the-difference-infographic/
 
 
Présentation 
 
Les patients atteints de maladies inflammatoires de l'intestin (MICI) présentent un risque accru d'événements thrombotiques. Les thérapies pour les MICI ont le potentiel de moduler ce risque. Les objectifs de ces recommandations ligne fondée sur des preuves étaient de résumer les preuves disponibles et de fournir des recommandations pratiques concernant les aspects épidémiologiques, la prévention et les risques liés aux médicaments d'événements thrombotiques veineux et artériels chez les patients atteints de MICI. Une réunion virtuelle a eu lieu en mai 2020 impliquant 14 experts internationaux des MICI et 3 experts en thrombose de 12 pays. Les déclarations proposées ont été votées de manière anonyme. L'accord a été défini comme au moins 75 % des participants votant comme « entièrement d'accord » ou « plutôt d'accord » avec chaque énoncé. Pour chaque énoncé, le niveau de preuve a été noté selon le système de notation du Scottish Intercollegiate Guidelines Network (SIGN). Un consensus a été atteint pour 19 déclarations. Les patients atteints de MICI présentent un risque accru d'événements thrombotiques veineux et artériels.

La thromboprophylaxie est indiquée lors d'une hospitalisation quelle qu'en soit la cause chez les patients atteints de MICI. L'activité de la maladie est un facteur de risque modifiable chez les patients atteints de MICI, et les médecins doivent viser à obtenir une rémission profonde pour réduire le risque. L'exposition aux stéroïdes doit être limitée. Les agents anti-facteur de nécrose tumorale pourraient être associés à un risque réduit d'événements thrombotiques. L'exposition aux stéroïdes doit être limitée. 

Les maladies inflammatoires de l'intestin (MICI), à savoir la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse, sont un groupe d'affections systémiques caractérisées par une inflammation intestinale prédominante. À l'instar d'autres maladies inflammatoires à médiation immunitaire (IMID), telles que le psoriasis et la polyarthrite rhumatoïde, les MII peuvent être associées à différentes comorbidités, dont la thrombose  . Les patients atteints de MII sont connus pour présenter un risque accru de développer une thrombose artérielle et veineuse

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Sites artériels et veineux de thrombose chez les patients atteints de MICI.

41575 2021 492 Fig2 HTML
Physiopathologie de la thrombose dans les MICI.
Cette figure décrit les altérations impliquées dans le risque accru de thrombose chez les patients atteints de maladies inflammatoires de l'intestin (MICI) : altérations plaquettaires conduisant à l'activation ; altérations procoagulantes conduisant à l'activation de la cascade de la coagulation ; fibrinolyse dérégulée. ADAMTS13, une désintégrine et une métalloprotéinase avec un motif thrombospondine de type 1, membre 13 ; GPIIb/GPIIIA, glycoprotéine IIb/IIIa; PAI1, inhibiteur de l'activateur du plasminogène 1 ; PAR, récepteur activé par la protéase; PF4, facteur plaquettaire 4 ; TAFI, inhibiteur de fibrinolyse activable par la thrombine ; TF, facteur tissulaire ; TFPI, inhibiteur de la voie du facteur tissulaire ; tPA, activateur tissulaire du plasminogène ; uPA, activateur du plasminogène de type urokinase ; VWF, facteur de von Willebrand. Éléments de la Fig. 2 adaptés avec l'autorisation Elsevier.

MICI1Risque de MTEV dans différentes situations cliniques

MICIIIIIFacteurs de risque d'événements thromembolique veineux

LES RECOMMANDATIONS
 
MICI2
MICI3
 MICI4
"Le but ultime de cette réunion de consensus était de donner des recommandations pour améliorer la qualité des soins des patients atteints de MICI et prévenir les complications potentiellement mortelles de la thrombose. Cette réunion de consensus a conduit à l'élaboration d'une série de déclarations étayées par les preuves disponibles concernant le risque de fond d'événements thrombotiques chez les patients atteints de MICI, ainsi que la façon dont ce risque est modulé par les thérapies médicamenteuses couramment utilisées dans les MICI (c'est-à-dire , 5-ASA, thiopurines, méthotrexate, stéroïdes, agents biologiques et tofacitinib). De plus, chaque fois que des recommandations consensuelles appropriées pour la prévention des thromboses veineuses, artérielles et liées aux médicaments sont faites . Les stratégies de traitement des événements thrombotiques avérés chez les patients atteints de MICI dépassaient la portée de ce consensus, et les médecins devraient se référer aux lignes directrices disponibles 32 .
Des preuves supplémentaires sont nécecsaires concernant le risque de thrombose lié au médicament avec les nouveaux traitements dans la population des MICI, en particulier le risque de MACE avec l'ustekinumab et le risque de MTEV avec le tofacitinib et d'autres inhibiteurs de JAK. Des études en conditions réelles ainsi que des études contrôlées spécifiquement conçues pour résoudre ce problème important sont justifiées. Le développement d'outils spécifiques d'évaluation des risques de complications thrombotiques chez les patients atteints de MICI est nécessaire, car ils pourraient influencer la prise en charge dans certains scénarios cliniques (comme la thromboprophylaxie lors de poussées ambulatoires).

Les auteurs 

MICI AUTEURS
534225432926eb0a5d33ead20dafe042https://www.pinterest.fr/pin/376754325061217444/

Thrombose et espace !

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

"L’homme a toujours eu besoin de se confronter à des choses qui le dépassent. C’est en sortant de sa zone de confort qu’on apprend. "Thomas Pesquet

Vaisseaux , THROMBOSE et espaces en 5 articles

1. Surveillance for jugular venous thrombosis in astronauts,
Pavela J et Coll,  Vasc Mev .3 mai 2022, https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/1358863X221086619?url_ver=Z39.88-2003&rfr_id=ori:rid:crossref.org&rfr_dat=cr_pub%20%200pubmed

 
Contexte : Une thrombose de la veine jugulaire interne gauche chez un astronaute à bord de la Station spatiale internationale a été récemment décrite, découverte par hasard lors d'une étude de recherche sur le flux sanguin dans les veines du cou en microgravité. Compte tenu de cet événement et de la forte incidence d'anomalies de flux, la National Aeronautics and Space Administration (NASA) a institué un programme de surveillance professionnelle pour évaluer les astronautes pour la thrombose veineuse.

Méthodes : Une échographie duplex des veines jugulaires internes bilatérales a été réalisée sur tous les astronautes de la NASA au sol et en trois points pendant les vols spatiaux. Des manœuvres respiratoires ont été réalisées. Les images ont été analysées pour la thrombose et certaines caractéristiques hémodynamiques, y compris la vitesse maximale et le degré d'échogénicité.

Résultats : Onze astronautes ont été évalués avec des ultrasons terrestres et en vol correspondants. Aucune thrombose n'a été détectée. Par rapport aux mesures ultrasonores terrestres, la vitesse maximale en vol était réduite et la plus faible à gauche. Six des 11 astronautes avaient une échogénicité légère à modérée dans la veine jugulaire interne gauche pendant le vol spatial, mais aucun n'avait plus qu'une échogénicité légère dans la veine jugulaire interne droite. Deux astronautes ont développé un flux sanguin rétrograde dans la veine jugulaire interne gauche.

Conclusions : des caractéristiques de flux anormales en microgravité, plus importantes dans la veine jugulaire interne gauche, peuvent signaler un risque accru de formation de thrombus chez certains individus.

Ces flux correspondent à une hyper échogénicité spontanée du sans veineux circulant  qui n'est pas un facteur de pré thrombose veineuse,  developpement dans la suite

2. Rappel : en 2020 a été publié un article dans le New England Journal of Medicine : Venous Thrombosis during Spaceflight par James M. Pattarini, M.D., M.P.H., National Aeronautics and Space Administration Johnson Space Center, Houston, TX, Stephan Moll, M.D. University of North Carolina School of Medicine, Chapel Hill, NC, Ashot Sargsyan, M.D.
KBR, Houston, TX N Engl J Med 2020; 382: 89-90

Environ 2 mois après le début d'une mission de la Station spatiale internationale, une thrombose veineuse jugulaire interne gauche obstructive a été suspectée chez un astronaute lors d'un examen échographique effectué dans le cadre d'une étude de recherche vasculaire. L'astronaute n'a signalé aucun mal de tête ou aggravation de la pléthore faciale qui est courante dans des conditions d'apesanteur. L'astronaute n'avait aucun antécédent personnel ou familial de thromboembolie veineuse. L'examen physique a révélé une veine jugulaire externe ipsilatérale dilatée. Un examen échographique de suivi réalisé par l'astronaute, guidé en temps réel et interprété par deux radiologues sur Terre, a confirmé la présence d'une thrombose veineuse aux caractéristiques subaiguës ; la veine jugulaire interne controlatérale et les veines bilatérales sous-clavière, axillaire, poplitée et fémorale étaient libres.

 
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Des discussions multi-spécialités s'ensuivirent, évaluant les risques inconnus d'embolie par thrombus et d'extension rétrograde dans les sinus et les veines cérébrales par rapport à ceux de l'anticoagulation. Vingt flacons contenant 300 mg d'énoxaparine chacun étaient disponibles dans la pharmacie de la station spatiale, mais aucun agent d'inversion de l'anticoagulation n'était disponible. Un traitement par énoxaparine à une dose de 1,5 mg par kilogramme de poids corporel une fois par jour a été instauré, la dose a été réduite à 1 mg par kilogramme une fois par jour après 33 jours pour prolonger le traitement jusqu'à ce que l'apixaban oral puisse être administré à la station spatiale avec un vaisseau spatial de ravitaillement. Des concentrés de protamine et de complexe prothrombique ont également été envoyés à la station spatiale. Le passage à l'apixaban à une dose de 5 mg deux fois par jour a eu lieu 42 jours après le diagnostic de thrombose veineuse et la dose a été réduite à 2.5 mg X 2.

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La surveillance échographique à des intervalles de 7 à 21 jours a montré une organisation progressive et une réduction du volume du thrombus .

Le traitement par Apixaban a été arrêté 4 jours avant le retour sur Terre. À l'atterrissage, un examen échographique au point de service a révélé un flux spontané en position couchée avec un thrombus résiduel aplati aux parois du vaisseau ,une constatation cohérente avec les images prises sur la station spatiale pendant la manœuvre de Müller. Une anticoagulation supplémentaire a été jugée inutile. Les examens de suivi ont révélé un petit volume de thrombus résiduel 24 heures après l'atterrissage et aucun thrombus 10 jours après l'atterrissage. Un bilan de thrombophilie ultérieur était normal. Lors du suivi 6 mois après le retour sur Terre, l'astronaute a continué à être asymptomatique. Rappelons tout de même qu'une thrombose spontanée d'une veine jugulaire même asymptomatque a le plus souvent une étiologie : cancer ou thrombophilie. Ce n'est pas le cas ici.C'est pour cela que l'on doit envisager une autre hypothèse.

« L’apesanteur est associée à une stagnation de la circulation sanguine dans la veine jugulaire interne, qui peut à son tour entraîner une thrombose chez des astronautes qui sont par ailleurs en bonne santé » De plus L'absence de gravité produit une série de changements physiologiques, dont une modification du débit veineux. Des chercheurs ont ainsi observé une quasi-stagnation de la circulation chez un astronaute sur deux lors de leur séjour dans la Station spatiale internationale (ISS) et même l'inversion du débit chez certains d'entre eux,

Rappel : l'hyperéchogénécité veineuse détectée en échographie est une anomalie physiologique qui est la conséquence de la stase veineuse.
 L'hyperéchogénicité veineuse est mobile, elle est à mettre en relation avec des agrégats érythrocytaires. La veine dans ce contexte est compressible. Il ne s'agit en aucun cas d'un stade que l'on pourrait appeler « préthrombotique ». Cette stase est le plus souvent induite par l'immobilisation, l'insuffisance cardiaque et/ou respiratoire, un état infectieux ou inflammatoire, la grossesse avec une majoration de l'hyperéchogénicité à partir des 2e et 3e trimestres, qui disparaît progressivement dans le post-partum. L'augmentation du calibre veineux lors de la manoeuvre de Valsalva ou dans le cas de varices, en aval d'un thrombus ou en aval d'une compression veineuse, est aussi à l'origine de cette hyperéchogénicité spontanée du sang veineux

hyperhyperin : La maladie thrombo-embolique veineuse, Ed Esevier Masson, 2015

Si j'ai repris cet article c'est parce que cette thrombose reste douteuse pour la raison suivante . Les images échographiques peuvent évoquer une thrombose, oui, mais aussi un phénomène de stase, qui correspond à une hyperéchogénicité du sang veineux circulant. Ce phénomène bien connu correspond à des agrégats érythrocytaires et plaquettaires.On le retrouve en cas de stase. Dans le cas qui nous intéresse il s'agissait d'un phénomène uniltatéral, asymptomatique sur le plan clinique et sur un sujet sain. L'apesanteur peur expliquer l'hyperéchogénicié du sang veineux. Une anticoagulatioon a été décidée ce qui dans le contexte était une évidence. Mais en y réfléchissant, l'hypothèse de l'hypéréchognécité est à discuter. Attention ce n'est
jamais un état pré thrombotique. Enfin au retour à terre une batterie d'examens ont été réalisé chez cet astronaute , bilan totalement négatif.

Nous avions avec Michel Dauzat décrit cette hyperéchogéncité en 1984,

3. Un article récent "made in USA" va beaucoup plus loin en attribuant une caractère pré thrombotique à ce phénomène chez les patients Covid-19 ."Presence of Spontaneous Echo Contrast on Point-of-Care Vascular Ultrasound and the Development of Major Clotting Events in Coronavirus Disease 2019 Patients" Crit Care Explor . 2021 Jan 8;3(1) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33458687/

La conclusion de cette étude : l' échographie veineues est facilement réalisée et interprétée de manière fiable pour la visualisation du contraste d'écho spontané. La présence d'un contraste d'écho spontané chez les patients atteints de maladie à coronavirus 2019 est associée à une hyperviscosité et à une augmentation des taux d'événements thrombotiques et de complications....chez 39 patients en réanimation. C'est à mon sens faux. L'hyperéchogénicité veineuse spontanée est retrouvée chez les patients alités, en réanimation et fébrile. L'augmentation de la température du corps de 1 degré , augmentent  ce phénomène notamment. Le raccourci hyperéchogénicité et risque thrombotique veineux au décours de la Covid-19 n'est pas à retenir. De plus la quantification de ce phénomène est très subjective, fréquence de sonde et machine dépendantes.

Il serait intéressant que dans une prochaine mission spatiale une étude échographique des axes veineux sur plusieurs sites soit réalisée :  veines jugulaires, veine cave inférieure , veines fémorales et veines grandes saphènes, veines jumelles. De plus existe-t-il une activation des facteurs de la thrombose dans l'espace

Thomas Pesquet EVA training pillars
https://www.esa.int/Space_in_Member_States/France/Exercice_en_plongee , entrainement en plongée, Thomas Pesquet

4. How spaceflight challenges human cardiovascular health, Comment les vols spatiaux défient la santé cardiovasculaire humaine, Peter Jirak, MD, PhD, Moritz Mirna, MD, PhD, Richard Rezar, MD, Lukas J Motloch, MD, PhD, Michael Lichtenauer, MD, PhD, Jens Jordan, MD, Stephan Binneboessel, MD, Jens Tank, MD, Ulrich Limper, MD, Christian Jung, MD, PhD, How spaceflight challenges human cardiovascular health, European Journal of Preventive Cardiology, 2022;, zwac029, https://doi.org/10.1093/eurjpc/zwac029


Les conditions environnementales difficiles dans l'espace, en particulier l'apesanteur et l'exposition aux radiations, peuvent affecter négativement la fonction et la structure cardiovasculaires.

À l'avenir, la cardiologie préventive sera cruciale pour permettre des voyages spatiaux en toute sécurité. En effet, les futures missions spatiales à destination de la Lune et de là vers Mars créeront de nouveaux défis pour la santé cardiovasculaire tout en limitant la prise en charge médicale.

De plus, les vols spatiaux commerciaux évoluent rapidement de sorte que les personnes âgées présentant des facteurs de risque cardiovasculaire seront exposées aux conditions spatiales.

Cette revue donne un aperçu des études menées dans l'espace et dans des modèles terrestres, en particulier les études d'alitement tête en bas.

Ces études ont montré que l'apesanteur provoque un déplacement de liquide vers la tête, ce qui prédispose probablement au syndrome neuro-oculaire associé aux vols spatiaux, à la thrombose veineuse du cou, et intolérance orthostatique après le retour sur Terre.

De plus, la décharge cardiovasculaire produit un déconditionnement cardiopulmonaire qui peut être associé à une atrophie cardiaque. En plus de limiter les performances physiques, le mécanisme aggrave encore la tolérance orthostatique après le retour sur Terre.

Enfin, les conditions d'espace peuvent affecter directement la santé vasculaire, cependant, la pertinence clinique de ces résultats en termes de morbidité et de mortalité est inconnue.

Des mesures préventives ciblées, appelées contre-mesures en médecine aérospatiale, et des technologies permettant d'identifier rapidement les risques vasculaires seront nécessaires pour maintenir les performances et la santé cardiovasculaires lors des futures missions spatiales.

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Les cardiologues et les médecins vasculaire apportent leur expertise sur la médecine spatiale. Le prochain congrès de la Socité Française de Médecine Vasculaire aura lieu à Toulouse du 28 Septembre au 1 Octobre 2022. 
 


toulouse2022
Le fond de l'affiche est une invitation galactique, la thématique médecine vasculaire innovante aussi. Il ne faut donc pas rater l'occasion, ou tout au moins essayer de ne pas la rater. Merci aux orgnaisateurs et au comité scientifique d'oeuvrer dans ce sens. C'est une occasion inespérée.

La médecine spatiale est une branche de la médecine concernée par la santé de l'homme dans l'espace. Les spécialistes de la médecine spatiale s'intéressent aux effets d'un vol sur le corps humain, au même titre que les spécialistes de la médecine aéronautique, mais hors de l’atmosphère deux problèmes supplémentaires se posent : l'apesanteur et le niveau élevé des radiations cosmiques auxquels sont soumis les astronautes.(https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9decine_spatiale)

5.The thrombotic risk of spaceflight: has a serious problem been overlooked for more than half of a century?  Le risque thrombotique des vols spatiaux : un problème grave passé sous silence depuis plus d'un demi-siècle, Ulrich Limper, Jens Tank, Tobias Ahnert, Marc Maegele, Oliver Grottke, Marc Hein, Jens Jordan, Le risque thrombotique des vols spatiaux : un problème grave a-t-il été négligé pendant plus d'un demi-siècle ?, European Heart Journal , Volume 42, Numéro 1, 1er janvier 2021, pages 97 à 100, .https://doi.org/10.1093/eurheartj/ehaa359

ehaa359f1La toute première thrombose veineuse associée aux vols spatiaux, un thrombus de la veine jugulaire interne nécessitant une anticoagulation, a récemment été rapportée. Aucune enquête systématique sur le risque thrombotique associé aux voyages dans l'espace n'a été menée. Des études cellulaires, animales et humaines réalisées dans des modèles au sol et en apesanteur réelle ont révélé des influences de l'apesanteur et de la gravité sur le système de coagulation sanguine. Cependant, les populations humaines étudiées étaient petites et limitées à des participants hautement sélectionnés. Les preuves chez les personnes ayant des problèmes de santé et les personnes âgées font défaut. Les preuves du risque thrombotique dans les vols spatiaux ne sont pas satisfaisantes. Cette question mérite une étude plus approfondie dans des populations hétérogènes à haut risque afin de trouver des stratégies de prévention et de permettre des vols spatiaux habités gouvernementaux et touristiques en toute sécurité.
 
En fin de compte dans l'espace : THROMBOSE ou hyperéchogénécité du sang veineux
circulant ? Je pencherai pour la deuxième hypothèse. Faux problème ou vrai problème ? 
 

de l'INERTIE MEDICALE : en 4 actes

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .


"Première loi du mouvement, pu principe d'inertie : 
Tout corps pésévère dans l'état de repos
ou de mouvement uniforme en ligne droite
dans lequel il se trouve, à moins qu'une force
n'agisse sur lui, et ne le contraigne à changer d'état"

Sir Issac Nexton, Principes mathématiques de la philiosophie naturelle (1687), taduction par Emmile du Châtelet (1756), citation retrouvée dans le livre de Gérard Reach 'l'Intertie clinique"

 ACTE 1 :
Guideline-Concordant Statin Therapy, Use in Secondary Prevention Should the Medical Community Wait for Divine Intervention?,
Utilisation de la thérapie aux statines conforme aux directives dans la prévention secondaire : la communauté médicale devrait-elle attendre l'intervention divine ?
∗Salim S. Virani,Christie M. Ballantyne, etLaura A. Petersen J Am Coll Cardiol . 2022 mai , 79 (18) 1814–1817
https://www.jacc.org/doi/10.1016/j.jacc.2022.02.042 Libre d'accès

Cet éditorial est conscré à cet article : 
 
 ACTE 2 : High-Intensity Statin Use Among Patients With Atherosclerosis in the U.S.Adam J. Nelson, Kevin Haynes, Sonali Shambhu, Zubin Eapen, Mark J. Cziraky, Michael G. Nanna, Sara B. Calvert, Kerrin Gallagher, Neha J. Pagidipati, Christopher B. Granger, .,Journal of the American College of Cardiology, Volume 79, Issue 18, 2022,
https://www.jacc.org/doi/10.1016/j.jacc.2022.02.048
Utilisation de statines à haute intensité chez les patients atteints d'athérosclérose aux États-Unis

Contexte
Le traitement préventif chez les patients atteints d' une maladie cardiovasculaire athéroscléreuse (ASCVD) établie est généralement sous-utilisé. On ne sait pas si les nouvelles recommandations des lignes directrices et l'accent mis sur la mise en œuvre ont amélioré l'utilisation des statines à haute intensité .

Objectifs
Cette étude visait à évaluer les modèles et les prédicteurs de l'utilisation des statines chez les patients atteints d'ASCVD.

Méthodes
Dans cette étude de cohorte rétrospective , les données pharmaceutiques et médicales d'un plan de santé commercial ont été interrogées pour les patients atteints d'une ASCV établie entre le 31 janvier 2018 et le 31 janvier 2019. L'utilisation de statines à une date index du 31 janvier 2019 a été évaluée, tout comme l'observance et l'arrêt sur 12 mois. Une régression logistique multivariable a été utilisée pour déterminer les associations indépendantes avec l'utilisation de statines d'intensités variables.

Résultats
Sur les 601 934 patients atteints d'une ASCV établie, 41,7 % étaient des femmes et l'âge moyen était de 67,5 ± 13,3 ans. Dans l'ensemble, 22,5 % de la cohorte prenaient une statine à haute intensité, 27,6 % prenaient une statine à intensité faible ou modérée et 49,9 % ne prenaient aucune statine. Dans l'analyse multivariée, les patients plus jeunes, les femmes et ceux ayant un score de comorbidité de Charlson plus élevé étaient moins susceptibles de se voir prescrire une statine. Parmi les utilisateurs de statines, les patientes, les patients âgés et ceux atteints de maladie artérielle périphérique étaient moins susceptibles de prendre une formulation à haute intensité, alors qu'une consultation en cardiologie l'année précédente augmentait les chances. La majorité des utilisateurs de teintures à haute intensité ont atteint des niveaux élevés d'adhérence.

Conclusion
Une sous-utilisation substantielle des statines persiste dans une vaste cohorte assurée et contemporaine de patients atteints d'ASCVD aux États-Unis. En particulier, des lacunes préoccupantes dans l'utilisation appropriée des statines subsistent chez les patients plus jeunes, les femmes et les personnes atteintes d'ASCVD non coronarienne.

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1 s2.0 S0735109722009421 gr1 lrg1 s2.0 S0735109722009421 gr2 lrg
Utilisation de statines parmi les sous-groupes clés
Patients présentés par utilisation initiale de statines (haute intensité = vert , autre statine = jaune et pas de statine = orange ) dans des sous-groupes clés d'âge, de sexe et de phénotype ASCVD . ASCVD = maladie cardiovasculaire athéroscléreuse ; CAD = maladie coronarienne ; CeVD = maladie cérébrovasculaire ; MAP = artériopathie périphérique.

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Diagramme de Sankey illustrant la dynamique de l' utilisation des statines dans le suivi
La proportion de patients recevant des statines à haute intensité est ombrée en vert , ceux qui reçoivent des statines à faible intensité sont en jaune et ceux qui ne reçoivent pas de statine sont en orange . Les nombres noirs représentent la proportion ombrée en pourcentage de la population globale. Les lignes verticales représentent des intervalles de 3 mois.


Cette  étude portant sur plus de 600 000 patients américains atteints d' ASCVD avérée révèle une sous-utilisation substantielle des statines et de leurs formulations à haute intensité, ce qui est probablement un facteur majeur de décès et d'invalidité évitables. En particulier, les lacunes dans la prise en charge des patients plus jeunes, des femmes et des personnes atteintes d'ASCVD non coronarienne ne montrent aucun signe d'amélioration par rapport à la littérature antérieure. 

Les médicaments à base de statines, en particulier les formulations à haute intensité, sont sous-utilisés chez les patients atteints d' athérosclérose établie aux États-Unis., en fait partout, France aussi Les patients plus jeunes, les femmes et les personnes souffrant de comorbidités sont moins susceptibles de suivre un traitement par statines, et les utilisateurs de statines qui sont plus âgés, de sexe féminin ou qui souffrent d' une maladie artérielle périphérique sont moins susceptibles de recevoir des formulations à haute intensit

Commentaire

"Plus de 30 ans de preuves montrent que le traitement par statines (en particulier les statines à haute intensité) réduit les événements vasculaires majeurs chez les patients atteints de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse (ASCVD). Cet avantage est obtenu avec un excellent profil de sécurité. Dans une remarquable démonstration d'unanimité, toutes les recommandations, y compris celles de l'American College of Cardiology et de l'American Heart Association, recommandent un traitement par statines à haute intensité comme recommandation de classe I chez les patients atteints d'ASCVD. Il est donc surprenant que l'utilisation des statines et des statines de haute intensité reste faible chez ces patients.

Commentaire


Reprenons le tableau de synthèse.
Parmisles 601 934 patients de cette études, il faut noter 69,2% de coronariens, 35.2 % d'AOMI et 19.5% d'atteintes cérébro vasculaires.


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Chez quels patients une statine à haute dose n'est pas prescriptes : les femmes, age > 45 ans, les atteintres crébrales et l'AOMI, une augmemention du score de comorbitié de Charlson. Deplus seullement 22.5% ont uen statine à forte dose. Enfin et surtout 50% fde la population n'était pas sous statine danbs un contextre de ^prévention secondaire CV

Si je me réfère à moçn expérience je retouve des données similaires en cas notramment d'AOMI. Les doses fortes sont très peu prescrites et sont très peu suivies par les patients, il exciste vchez les médevcins une "hésitation fortre dose de statine". Cette hésitation expoliquele nombre faible de patiuents qui sont dans la cible du LDL< 0.55. De plus toujours poir l'AOMI il existge un nombre significatif de patients sans statine du tout, souvent c'est le patient qui a refusé la statine. Dans ce cas la levure de riz rouge est encore prescrite ! Les femmes sont sous traités en général et notamment pour les stétines, phénomène récurrent que l'on, souligne chaque jourr. Enfin les atients avrec plusieurs facteurs de co morbidité + la fragilié sont aussi un obstacle aux statiune. L'effet NOCEBO des statines reste un obstacle important à leur prescription,

Les auteurs de cer aticle on fait un focus sur l'AOMI

 "Cette étude confirme que les patients atteints d' AOMI continuent de représenter un sous-groupe d'ASCVD négligé en ce qui concerne l'utilisation des statines. L'AOMI est reconnue depuis longtemps comme une manifestation à haut risque d'ASCVD pour la mortalité cardiovasculaire et non cardiovasculaire, et pourtant un sous-traitement relatif a été documenté pendant plus de 20 ans, avec <20 % recevant une statine aussi récemment qu'en 2013. Dans des données plus récentes de 2017, Colantonio et al a évalué une cohorte harmonisée de Medicare et MarketScan de plus de 900 000 patients américains atteints d'ASCVD établie et a constaté qu'entre 33,9 % et 56,0 % des patients atteints d'AOMI prenaient une dose et une formulation de statine, avec entre 15,6 % et 29,1 % de ceux signalant un traitement de haute intensité utiliser. Ceci est remarquablement cohérent avec notre propre découverte selon laquelle 44,5 % des patients atteints de PAD ont reçu une statine, dont seulement 37,5 % ont reçu une formulation à haute intensité, réaffirmant non seulement l'écart persistant dans les soins de l'AOMI, mais également l'absence de progrès. Pour une maladie affectant plus de 200 millions de personnes dans le monde qui comporte un risque élevé de mortalité et de morbidité et pour laquelle les statines ont prouvé leur efficacité (et les statines à haute intensité ont des avantages supplémentaires ) est une préoccupation constante"

ACTE 3 : Les presptions médicamenteuse dans l'AOMI ont été analyseés par Alessandra Bura-Rivière dans un article "Outcomes and management costs of peripheral arterial disease in France"  JVS, 2018 Jun;67(6):1834-1843.https://www.jvascsurg.org/article/S0741-5214(17)32504-1/fulltext

Une cohorte de patients diagnostiqués avec une AOMI entre 2007 et 2011 a été extraite de la base de données des réclamations de l' Echantillon Généraliste des Bénéficiaires (EGB). Les patients ont été suivis à partir de la date du diagnostic de l'AOMI. Leurs caractéristiques, l'incidence des décès et d'autres événements, les traitements et les coûts ont été analysés par comparaison avec des témoins sans AOMI appariés selon l'âge et le sexe.

Il y avait 5889 patients avec une AOMI identifiés. L'âge moyen était de 70,8 ans et 68,1 % des patients étaient de sexe masculin. Le diabète était présent chez 28,9 % des patients (13,2 % des témoins), l'hypercholestérolémie chez 52,9 % (28,7 %) et l'hypertension chez 46,6 % (12,3 %) ; 4,9 % des patients avaient des antécédents d'angor instable ou d'infarctus du myocarde (0,5 %) et 6,0 % avaient des antécédents d'accident vasculaire cérébral ou d'accident ischémique transitoire (1,4 %). A l'inclusion, 69,3% des patients recevaient des antiagrégants plaquettaires (17,3%), 52,3% des statines (21,9%), 26,7% des inhibiteurs de l'enzyme de conversion (13,7%) et 24,2% des antagonistes des récepteurs de l'angiotensine (16,6%). Les taux de mortalité cumulés étaient de 13,2 % à 1 an et de 19,4 % à 2 ans (3,2 % et 6,5 % chez les témoins). Les taux d'incidence cumulés de décès et d'événements cardiovasculaires majeurs (infarctus du myocarde et AVC ischémique) étaient de 15,7 % (intervalle de confiance [IC] à 95 %, 14,8 %-16. 6 %) à 1 an et 22,9 % (IC à 95 %, 21,9 %-24,0 %) à 2 ans vs 3,9 % (IC à 95 %, 3,4 %-4,4 %) et 7,8 % (IC à 95 %, 7,1 %-8,5 % ) dans les contrôles. Toutes les différences étaient statistiquement significatives (P < 0,05). Les frais de gestion annuels totaux étaient de 14 949 € dans le groupe PAD et de 3 812 € dans le groupe témoin.

La mortalité est élevée et les événements cardiovasculaires sont fréquents chez les patients français atteints d'AOMI. Les recommandations de traitement médicamenteux de la MAP ne sont pas pleinement mises en œuvre en France.

ACTE 4 : Rappelez vous en 2003 , il ya 19 ans !
Critical Issues in Peripheral Arterial Disease Detection and Management
A Call to Action

Jill J. F. Belch,
MD; Eric J. Topol, MD; Giancarlo Agnelli, MD; Michel Bertrand, MD; Robert M. Califf, MD; Denis L. Clement, MD; Mark A. Creager, MD; J. Donald Easton, MD; James R. Gavin III, MD, PhD; Philip Greenland, MD; Graeme Hankey, MD; Peter Hanrath, MD; Alan T. Hirsch, MD; Jürgen Meyer, MD; Sidney C. Smith, MD; Frank Sullivan, PhD; Michael A. Weber, MD; for the Prevention of Atherothrombotic Disease Network Arch Intern Med. 2003;163(8):884-892.
https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/215379

CE DOCUMENT D'APPEL À L'ACTION étaiut  une initiative du Réseau de prévention des maladies athérothrombotiques, un réseau international multidisciplinaire, rejoint par l'objectif commun d'accroître la sensibilisation, la détection et les taux de traitement de la maladie artérielle périphérique (AOMI) et d'accroître la sensibilisation à la relation entre l'AOMI et le risque d'événements ischémiques. Bien que la prévalence de l'AOMI en Europe et en Amérique du Nord soit estimée à environ 27 millions de personnes (2003), dans le monde en 2015 : 237 millions de patients présentent une AOMI 

L'AOMI reste une maladie largement sous-diagnostiquée et sous-traitée. Plusieurs études épidémiologiques récentes ont révélé des taux de détection de l'AOMI de 20 % à 30 % lorsque des populations à risque spécifiques étaient dépistées. Dans un effort pour guider les protocoles de diagnostic et de traitement, le Réseau de prévention des maladies athérothrombotiques a recommandé les  actions suivantes 

1. Accroître la sensibilisation à l'AOMI et à ses conséquences
2. Améliorer l'identification des patients atteints d'AOMI symptomatique
3. Initier un protocole de dépistage pour les patients à haut risque d'AOMI
4. Aaméliorer les taux de traitement chez les patients qui ont reçu un diagnostic d'AOMI symptomatique
5. Augmenter les taux de détection précoce parmi la population asymptomatique.


2003 / 2022 : qu'est ce qui a changé, malheureusement pas grand chose, l'article sur les statines le confirme
On revient à l'acte 1

L'éditorial de Salim S. Virani

Dans ce numéro du Journal of the American College of Cardiology , Nelson et al ont étudié une population commercialement assurée de plus de 600 000 patients atteints d'ASCVD aux États-Unis. 

Les résultats comprennent les éléments suivants :
1) un traitement par statine n'a été prescrit que chez la moitié des patients ; 
2) environ 1 patient sur 5 a reçu des statines à haute intensité ;
3) les patients plus jeunes, les femmes et les patients atteints d'athérosclérose dans des sites  non coronariens (maladie artérielle périphérique ou maladie cérébrovasculaire) étaient beaucoup moins susceptibles de recevoir des statines conformes aux recommandations 
4) l'adhésion aux statines, mesurée par les taux de renouvellement des ordonnances, est restée faible. 

Les taux d'utilisation de statines et de statines à haute intensité sont considérablement plus faibles dans cette étude par rapport à certaines des autres études contemporaines, où environ 80 % et 50 % des patients atteints d'ASCVD reçoivent respectivement des statines et des statines à haute intensité

Cette constatation pourrait s'expliquer par l'utilisation de codes d'exclusion, l'utilisation d'une courte fenêtre de remplissage de médicaments à partir de la date d'indexation ou des problèmes de capture de médicaments dans l'étude en cours. Néanmoins, les résultats de cette étude sont largement cohérents avec d'autres travaux mettant en évidence une faible utilisation du traitement par statines (en particulier les statines à haute intensité), avec une utilisation disproportionnellement faible chez les femmes et les jeunes patients atteints d'ASCVD et les patients atteints de maladie artérielle périphérique ou maladie cérébrovasculaire, ainsi qu'une faible adhésion aux statines chez ces patients. 

Qu'est-ce qui pourrait expliquer une utilisation aussi faible de l'une des thérapies les plus étudiées et d'un traitement recommandé en classe I depuis plus d'une décennie ? Il existe probablement de multiples obstacles ( figure 1 ) au niveau des cliniciens individuels, des patients et de leur réseau social, ainsi que du système de soins de santé. 

En termes d'obstacles au niveau des cliniciens, l'inertie thérapeutique (c'est-à-dire l'incapacité à initier ou à intensifier une thérapie lorsqu'elle est cliniquement indiquée) a été bien décrite. 

Les effets secondaires associés aux statines (SASE), observés à une fréquence beaucoup plus faible dans les essais cliniques, sont beaucoup plus fréquents en pratique courante, et ils jouent aussi un rôle. 

Cependant, malgré l'utilisation de données structurées et non structurées, les SASE ne représentent pas plus de  10 % à 20 % des patients atteints d'ASCVD qui ne sont pas capables de tolérer une statine ou une statine de haute intensité. 

De plus, la plupart de ces patients sont capables de tolérer une certaine forme de thérapie aux statines. 

Fait intéressant, dans l'étude de Nelson et al, une utilisation relativement plus élevée d'ézétimibe et d'inhibiteurs de la proprotéine convertase subtilisine/kexine 9 (PCSK9) a été observée chez les patients recevant des statines à haute intensité. 

Cette constatation indique que l'utilisation de thérapies autres que les statines représente un groupe traité de manière plus agressive, et la présence de SASE n'explique pas la plupart des utilisations de statines non conformes aux lignes directrices. Si les SASE jouaient un rôle majeur, alors l'utilisation d'ézétimibe et d'inhibiteurs de PCSK9 aurait été plus élevée chez les patients ne recevant pas de statine ou recevant une statine d'intensité faible à modérée

Les sources de médias sociaux qui mettent en évidence les SASE sans mettre correctement en évidence les avantages des statines et le cercle social d'un patient sont parfois les déterminants les plus importants de l'acceptation et de l'adhésion aux statines. Parmi 19,2 % des patients qui ont subi un changement de régime de traitement par statine dans l'étude de Nelson et al, près de la moitié (9,2 %) ont soit arrêté, soit diminué le traitement par statine, ce qui met davantage en évidence les défis associés aux interventions. ciblant l'initiation d'un traitement par statine conforme aux directives. 

Enfin, environ 30 % à 40 % des patients atteints d'ASCVD ne respectent pas leur traitement par statine. Il est préoccupant de constater que cette non-observance est plus prononcée chez les patients atteints d'ASCVD prématurée et extrêmement prématurée. 
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De quelles manières ces lacunes peuvent-elles être comblées  ? 

Premièrement, la mise en œuvre efficace des lignes RECOMMANDATIONS est essentielle. La diffusion passive des re
ommandations à partir de leur publication sur papier ou de leur diffusion via les médias en ligne ne suffit pas ;des efforts de diffusion et de mise en œuvre actives des recommnadtionssont nécessaires. 

Des recommandations pratiques et succinctes avec des messages concis à retenir sont essentielles pour une mise en œuvre efficace des recommandations  dans la pratique. 

Le contenu pédagogique basé sur des cas peut être préféré à la didactique traditionnelle. 

Deuxièmement, les cliniciens ont plusieurs recommandations à lire et à mettre en pratique.

Le simple volume de cesrecommandations crée une surcharge cognitive, et ce phénomène pourrait lui-même conduire à une prestation de soins non conforme 

 
Des outils de recherche permettant aux cliniciens de rechercher des recommandations pour répondre à une question pratique au point de service seraient utiles.

Des efforts d'harmonisation des recommandations sur des sujets similaires par diverses organisations, bien que difficiles, sont nécessaires. 

Troisièmement,
compte tenu de la nature algorithmique des recommandations pour le contrôle des facteurs de risque cardiovasculaire courants, les cliniciens et les systèmes de soins de santé pourraient tirer parti des soins en équipe pour s'assurer que tous les membres de l'équipe, y compris les intervenants-pivots, les infirmières, les pharmaciens, les diététistes et les adjoints au médecin, participent à l'instauration d'un mode de vie sain et de thérapies fondées sur des données probantes, y compris les statines .

Cette approche pourrait être extrêmement efficace dans une pratique clinique étayée par des preuves.

Les systèmes de soins de santé devraient faire un effort conscient pour fournir des outils intelligents d'aide à la décision aux cliniciens : la bonne information, à la ou aux bonnes personnes, dans le(s) bon(s) format(s), via le bon canal et au bon moment pendant le workflow

Ces outils de soutien doivent être développés en examinant attentivement les flux de travail existants, en obtenant la participation des utilisateurs cliniques et en utilisant les meilleures pratiques en matière de facteurs humains, car les cliniciens sont déjà surchargés d'informations, ce qui les amène à ignorer l'aide à la décision. 

Les résultats chez les patients atteints d'ASCVD prématurée soulignent que la discussion sur les risques pour les statines n'est pas un phénomène ponctuel et devrait se produire sur une base continue pour améliorer l'observance et pour empêcher l'arrêt de ce traitement salvateur chez les patients atteints d'ASCVD. Les médicaments à action prolongée qui nécessitent une injection mensuelle ou semestrielle peuvent également améliorer l'observance d'un régime hypolipémiant.

En conclusion, l'étude de Nelson et al  nous invite à intensifier nos efforts pour améliorer la fourniture d'une thérapie vitale à nos patients à haut risque. 

Nous ne pouvons qu'espérer que le sort du traitement par statine ne se reproduira pas avec les inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose-2 ou les agonistes du récepteur du peptide-1 de type glucagon dans 30 ans, ou pire encore, que les lacunes persistantes dans l'utilisation du traitement par statine chez les patients atteints d'ASCVD persister dans 30 ans."


Commentaires 

SYNTHESE

Acte 1 : un éditorial remarquable "qui appuie où ça fait mal" de Salim S Verani
Acte 2 : un article sur la sous utilisation des statinee en pathologie CV de Nelson AJ
Acte 3 : les données des prescriptions pour l'AOMI en France d'A Bura Rivière
Acte 4 : Un appel à l'action pour l'AOMI  de
Jill Belch

Accelerating carhttps://www.wikiwand.com/fr/Force_d%27inertie

 
Je retiendrai deux point importants l'INERTIE CLINIQUE (MEDICALE ) des médecins et la NON OBSERVANCE des patients. L'inertie clinique d'après Gérard REACH se résume par la reconnaissance d'un problème médical donné , mais pas de passage à l'acte, par exemple augmenter une dose de statine car la cible LDL n'est pas atteinte.A l'inertie clinique s'additionne aussi  l'inertie thérapeutique. Récemment dans un staff en cardiologie des cas cliniques sont présentés avec comme thématique la cible LDL chez des polyvasculaires. Sur 10 médecins , 8 n'augmentent pas la dose de la statine alors que les patients sont largement au-dessous de la cible et supportent la statine. Cette décision  n'était pas âge dépendante des médecins. En médecine vasculaire c'est la même chose et c'est la même chose dans toutes les spécialités médicales  Il semble que le médecin ne peut  donner du temps au présent. La non obsrvance des patients vient en plus compliquer la situation et on peut ajouter les recherches sur Google des patients qui vient renforcer cette non observance comme le monte le tableau ci dessus. Enfin l'entourage  "éclairé " du patient , apporte la cerise sur le gâteau de la non observance.La multiplicité des recommandations améne aussi son lot d'incertitude. Trop de recommandations sur le même sujet tue la recommandation la plus pertinente. Je vous conseille pour réfléchir sur ce sujet oh combien important de lire les livre de Gérard Reach : l'INERTIE CLINIQUE, une critique de la raison médicale de 2012 et plus récemment du même auteur POUR UNE MEDECINE HUMANAINE de 2022. On y trouve toutes les bonnes solutions pour une médecine plsu raisonnée.

La formation médicale existe bien sûr ,mais elle a des lacunes et des manquements. Les séances classique diapos etc ne sont pas un format adapté pour ces questions. Idéalement le jeu de rôle , ou des scénettes en situation théâtrale.

Il serait intéressant d'aller au delà d'une mise à jour "para clinique et thérapetique".

Cette formation, quelque soit sa forme doit intégrer simplemnt l'exercice de la médecine qui évolue sans cesse.....
* Comment passe t-on des études scientifiques  à la vraie vie et vise versa? 
* Qu'est ce que la raison médicale ?
* Comment renverser cette intertie clinique , médicale ?
* Comment la raison humaine doit-elle être interprétrée et vécue par le médecin ?
* Quelle est la place du facteur humain en médecine ?
* Comment ne pas les sous estimer ?
* Qu'est ce que le biais de décision médiacle ? 
* Comment revenir à la RAISON MEDICALE ? 

Attention , l'INERTIE FMC existe aussi !!!


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USA : AVORTEMENT

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

iconographie
"Je le dis avec toute ma conviction : l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue. Mais comment le tolérer sans qu'il perde ce caractère d'exception, sans que la société paraisse l'encourager ? Je voudrais tout d'abord vous faire partager une conviction de femme - Je m'excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d'hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. Il suffit d'écouter les femmes." Simone Veil

"Face au milieu au conservatisme très marqué, je présentais le triple défaut d'être une femme, d'être favorable à la légalisation de l'avortement et, enfin, d'être juive." Simone
Veil

La loi en France  sur l’interruption volontaire de grossesse (article L.2212-1 du Code de la santé publique) permet à toute femme enceinte, majeure ou mineure, qui ne veut pas poursuivre une grossesse de demander à un médecin l’interruption de sa grossesse.

Why Roe v. Wade must be defended ?
 EDITORIAL| VOLUME 399, ISSUE 10338, P1845, MAY 14, 2022, THE LANCET  

https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(22)00870-4/fulltext ARTICLE libre d'accès 


Rappel : ROE , d'après LIBERATION (ROE)

"Le 22 janvier 1973, la Cour suprême américaine décidait que le droit au respect de la vie privée, garanti par la Constitution, s’appliquait à l’avortement. «Libération» vous explique le «Roe versus Wade», arrêt historique désormais en péril.

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Près d’un demi-siècle de jurisprudence en faveur de l’accès à l’IVG piétiné. Un document de travail de la Cour suprême, publié ce mardi matin par le média américain Politico, fait craindre un colossal rétropédalage pour les droits des femmes aux Etats-Unis. La plus haute juridiction du pays s’apprêterait à revenir sur son arrêt «Roe versus Wade», du 22 janvier 1973, qui garantit le droit à l’avortement aux Etats-Unis. Retour sur ce texte fondateur.

Qui est Jane Roe, l’Américaine à l’origine de cette décision ?

En 1970, Norma McCorvey, plus connue sous le pseudonyme Jane Roe, a 21 ans lorsqu’elle tombe enceinte pour la troisième fois. Mais ne souhaite pas un nouvel enfant. Or, au Texas où elle vit, la loi considère l’avortement comme

Après une longue attente, pendant l’élection présidentielle américain de 1972, la Cour suprême rend sa décision le 22 janvier 1973. Sept juges sur neuf donnent raison à Jane Roe. Ceux-ci estiment que le droit à la vie privée, garantie par le quatorzième amendement de la Constitution des Etats-Unis, s’applique aux femmes qui souhaitent avorter. «Ce droit à la vie privée, qu’il soit fondé sur le concept de liberté personnelle du quatorzième amendement et sur les restrictions à l’action de l’Etat, comme nous le pensons, ou [….] dans la réserve des droits du peuple du neuvième amendement, est suffisamment large pour englober la décision d’une femme d’interrompre ou non sa grossesse», dispose l’arrêt rédigé par Harry Blackmun au nom des neuf «sages» américains. «A un certain stade, les intérêts de l’Etat et la protection de la santé, des critères médicaux et de la vie prénatale deviennent dominants.»

La Cour interdit alors aux Etats d’imposer des limites au droit à l’avortement au cours du premier trimestre de grossesse. Elle leur permet ensuite d’édicter des restrictions médicales pour le deuxième trimestre, et enfin interdit l’IVG au troisième trimestre sauf lorsque cela est nécessaire pour protéger la vie ou la santé de la mère. Le droit constitutionnel à l’avortement aux Etats-Unis a été ensuite confirmé par d’autres décisions de justice."

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23 septembre 2020
Balance ironique de la justiceLe décès de Ruth Bader Ginsburg, militante de l'avortement et juge de la Cour suprême, entraînera probablement l'annulation de la loi controversée sur l'avortement Roe v Wade.


"L'avortement présente un problème moral profond sur lequel les Américains ont des opinions très divergentes." Ainsi commence un projet d'avis du juge associé Samuel Alito, divulgué par la Cour suprême des États-Unis le 2 mai 2022.


S'il est confirmé, ce jugement annulerait les décisions antérieures de la Cour pour établir le droit d'accéder à l'avortement. Selon les termes d'Alito, « le pouvoir de réglementer l'avortement doit être rendu au peuple et à ses représentants élus ». L'avis de la Cour repose sur une interprétation strictement historique de la Constitution des États-Unis : « La Constitution ne fait aucune référence à l'avortement, et aucun droit de ce type n'est implicitement protégé par une disposition constitutionnelle. » Son texte extraordinaire assimile à plusieurs reprises l'avortement au meurtre.

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"Si la cour suprême américaine confirme son projet de décision, des femmes mourront. Les juges qui votent pour annuler Roe ne réussiront pas à mettre fin à l'avortement, ils ne réussiront qu'à mettre fin à l'avortement sécurisé d'Alito et ses partisans auront du sang de femme sur les mains"

La une de THE LANCET, sans ambiguité 

La clause de procédure régulière du 14e amendement à la Constitution a été le principal fondement du droit des femmes américaines à l'avortement. Cet amendement de 1868 a été adopté pendant la période de reconstruction américaine, lorsque les pouvoirs des États étaient soumis à certaines limitations. L'objectif de l'amendement était d'empêcher les États de restreindre indûment les libertés de leurs citoyens. Cette garantie de liberté personnelle, ainsi que la Cour suprême l'avait précédemment jugé, s'étendait aux femmes enceintes, avec des qualifications, qui décidaient de se faire avorter. Alito a rejeté ce raisonnement. Il a fait valoir que pour qu'un droit non mentionné dans la Constitution soit protégé, il doit être démontré qu'il a des racines profondes dans l'histoire et la tradition de la nation. L'avortement ne remplit pas ce critère. Pire, Roe était un exercice de "pouvoir judiciaire brut", il "a court-circuité le processus démocratique", et c'était "extrêmement faux" dès le début. Il était maintenant temps, selon Alito, « de remettre les pendules à l'heure ».

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Ce qui est si choquant, inhumain et irrationnel dans ce projet d'avis, c'est que la Cour fonde sa décision sur un document du XVIIIe siècle ignorant les réalités des femmes au XXIe siècle. L'histoire et la tradition peuvent être respectées, mais elles ne doivent être que des guides partiels. La loi devrait être capable de s'adapter à des défis et à des difficultés nouveaux et imprévus. Bien qu'Alito donne une histoire légale exhaustive de l'avortement, il ne tient absolument pas compte de la santé des femmes d'aujourd'hui qui demandent l'avortement. Les grossesses non désirées et l'avortement sont des phénomènes universels. Dans le monde, environ 120 millions de grossesses non désirées surviennent chaque année. Parmi ceux-ci, les trois cinquièmes se terminent par un avortement. Et parmi ceux-ci, environ 55% sont estimés être sûrs, c'est-à-dire complétés en utilisant une méthode médicalement recommandée et effectués par un prestataire qualifié.

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Aux États-Unis, les femmes noires ont un taux de grossesses non désirées le double de celui des femmes blanches non hispaniques. Et le taux de mortalité maternelle des femmes noires, auquel l'avortement à risque contribue de manière importante, est presque trois fois plus élevé que celui des femmes blanches. Ces fortes disparités raciales et de classe nécessitent des solutions urgentes, et non plus de barrières juridiques. Le fait est que si la Cour suprême des États-Unis confirme son projet de décision, des femmes mourront. Les juges qui votent pour invalider Roe ne réussiront pas à mettre fin à l'avortement, ils ne réussiront qu'à mettre fin à l'avortement sécurisé. Alito et ses partisans auront du sang de femmes sur les mains.

Le Guttmacher– Lancet 2018 : La Commission sur la santé et les droits sexuels et reproductifs pour tous a conclu que ces droits, qui comprenaient le droit à des services d'avortement sans risque et le traitement des complications d'un avortement à risque, étaient au cœur de toute conception du bien-être de la femme et de l'égalité des sexes. La disponibilité d'un ensemble essentiel d'interventions en matière de santé sexuelle et reproductive devrait être un droit fondamental pour toutes les femmes, y compris une éducation sexuelle complète ; l'accès aux contraceptifs modernes ; des services d'avortement sécurisés ; la prévention et le traitement du VIH et d'autres maladies sexuellement transmissibles ; la prévention et le traitement de la violence sexiste ; conseils en matière de santé sexuelle; et des services pour l'infertilité. Quel genre de société les États-Unis sont-ils devenus lorsqu'un petit groupe de juges est autorisé à nuire aux femmes, à leurs familles,

La voie à suivre est obscure et périlleuse. L'argument de cette Cour suggère d'éventuelles attaques futures contre une série d'autres droits civils, de l'égalité du mariage à la contraception. Malgré les appels urgents de certains membres du Congrès, l'encodage attendu depuis longtemps de Roe dans la loi par l'administration Biden est hautement improbable. Qu'un tribunal soit sur le point d'imposer une politique de santé soutenue par seulement 39% des Américains est dysfonctionnel. 

En effet, si la Cour refuse aux femmes le droit à un avortement sécurisé, ce sera une approbation judiciaire du contrôle de l'État sur les femmes - un revers à couper le souffle pour la santé et les droits des femmes, qui aura des répercussions mondiale

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Suite
Droit à l’avortement aux Etats-Unis : les élus démocrates appellent à la mobilisation — via
@lemondefr

The Cartoon Movement et autres

@cartoonmovement


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Le texte fondateur de l'IVG
Le 26 novembre 1974, Simone Veil se présente à l'Assemblée nationale pour défendre une loi qui fera histoire. Face à un hémicycle essentiellement composé d'hommes, elle porte le texte ouvrant l'accès à l'IVG. BFMTV.com vous propose de relire son discours.

IVG
 

Une loi historique et un discours qui a marqué les esprits. En 1974, Simone Veil prononce l'un des discours les plus marquants de l'Assemblée nationale, un discours, un texte fondateur !

(FILES) This file photo taken on November 26, 1974 shows Simone Veil, health minister since May 1974 under the presidency of Valery Giscard d'Estaing, delivering a speech asking a law allowing abortion, at the French parliament house in Paris.French abortion pioneer Simone Veil died aged 89 announced her family on June 30, 2017. / AFP PHOTO / -

Voici ce qu'elle disait. 

"Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, si j’interviens aujourd’hui à cette tribune, Ministre de la Santé, femme et non-parlementaire, pour proposer aux élus de la nation une profonde modification de la législation sur l’avortement, croyez bien que c’est avec un profond sentiment d’humilité devant la difficulté du problème, comme devant l’ampleur des résonances qu’il suscite au plus intime de chacun des Françaises, et en pleine conscience de la gravité des responsabilités que nous allons assumer ensemble.

Mais c’est aussi avec la plus grande conviction que je défendrai un projet longuement réfléchi et délibéré pour l’ensemble du gouvernement, un projet qui, selon les termes même du président de la République, a pour objet de «mettre fin à une situation de désordre et d’injustice et d’apporter une solution mesurée et humaine à un des problèmes les plus difficiles de notre temps».

Si le gouvernement peut aujourd’hui vous présenter un tel projet, c’est grâce à tous ceux d’entre vous – et ils sont nombreux et de tous horizons – qui, depuis plusieurs années, se sont efforcés de proposer une nouvelle législation, mieux adaptée au consensus social et à la situation de fait que connaît notre pays. C’est aussi parce que le gouvernement de M. Messmer avait pris la responsabilité de vous soumettre un projet novateur et courageux. Chacun d’entre nous garde en mémoire la très remarquable et émouvante présentation qu’en avait fait M. Jean Taittinger. C’est enfin parce que, au sein d’une commission spéciale présidée par M. Berger, nombreux sont les députés qui ont entendu, pendant de longues heures, les représentants de toutes les familles d’esprit, ainsi que les principales personnalités compétentes en la matière.

Pourtant, d’aucuns s’interrogent encore : une nouvelle loi est-elle vraiment nécessaire ?

Pour quelques-uns, les choses sont simples : il existe une loi répressive, il n’y a qu’à l’appliquer.

D’autres se demandent pourquoi le Parlement devrait trancher maintenant ces problèmes : nul n’ignore que depuis l’origine, et particulièrement depuis le début du siècle, la loi a toujours été rigoureuse, mais qu’elle n’a été que peu appliquée.

En quoi les choses ont-elles donc changé, qui oblige à intervenir ? Pourquoi ne pas maintenir le principe et continuer à ne l’appliquer qu’à titre exceptionnel ? Pourquoi consacrer une pratique délictueuse et, ainsi, risquer de l’encourager ? Pourquoi légiférer et couvrir ainsi le laxisme de notre société, favoriser les égoïsmes individuels au lieu de faire revivre une morale de civisme et de rigueur ? Pourquoi risquer d’aggraver une mouvement de dénatalité dangereusement amorcé au lieu de promouvoir une politique familiale généreuse et constructive qui permette à toutes les mères de mettre au monde et d’élever des enfants qu’elles ont conçus ?

Parce que tout nous montre que la question ne se pose pas en ces termes. Croyez-vous que ce gouvernement et celui qui l’a précédé se seraient résolus à élaborer un texte et à vous le proposer s’ils avaient pensé qu’une autre solution était encore possible ? Nous sommes arrivés à un point où, en ce domaine, les pouvoirs publics ne peuvent plus éluder leurs responsabilités. Tout le démontre : les études et les travaux menés depuis plusieurs années, les auditions de votre commission, l’expérience des autres pays européens.Et la plupart d’entre vous le sentent, qui savent qu’on ne peut empêcher les avortements clandestins et qu’on ne peut non plus appliquer la loi pénale à toutes les femmes qui seraient passibles de ses rigueurs.

Pourquoi donc ne pas continuer à fermer les yeux ? Parce que la situation actuelle est mauvaise.

Je dirai même qu’elle est déplorable et dramatique. Elle est mauvaise parce que la loi est ouvertement bafouée, pire même, ridiculisée. Lorsque l’écart entre les infractions commises et celles qui sont poursuivies est tel qu’il n’y a plus à proprement parler de répression, c’est le respect des citoyens pour la loi, et donc l’autorité de l’État, qui sont mis en cause. Lorsque des médecins, dans leurs cabinets, enfreignent la loi et le font connaître publiquement, lorsque les parquets, avant de poursuivre, sont invités à en référer dans chaque cas au ministère de la Justice, lorsque des services sociaux d’organismes publics fournissent à des femmes en détresse les renseignements susceptibles de faciliter une interruption de grossesse, lorsque, aux mêmes fins, sont organisés ouvertement et même par charters des voyages à l’étranger, alors je dis que nous sommes dans une situation de désordre et d’anarchie qui ne peut plus continuer.


Mais, me direz-vous, pourquoi avoir laissé la situation se dégrader ainsi et pourquoi la tolérer ?

Pourquoi ne pas faire respecter la loi ? Parce que si des médecins, si des personnels sociaux, si même un certain nombre de citoyens participent à ces actions illégales, c’est bien qu’ils s’y sentent contraintes ; en opposition parfois avec leurs convictions personnelles, ils se trouvent confrontés à des situations de fait qu’ils ne peuvent méconnaître. Parce qu’en face décidée à interrompre sa grossesse, ils savent qu’en refusant leur conseil et leur soutien ils la rejettent dans la solitude et l’angoisse d’un acte perpétré dans les pires conditions, qui risque de la laisser mutilée à jamais. Ils savent que la même femme, si elle a de l’argent, si elle sait s’informer, se rendra dans un pays voisin ou même en France dans certaines cliniques et poura, sans encourir aucun risque ni aucune pénalité, mettre fin à sa grossesse.

Et ces femmes, ce ne sont pas nécessairement les plus immorales ou les plus inconscientes. Elles sont trois cent mille chaque année. Ce sont celles que nous côtoyons chaque jour et dont nous ignorons la plupart du temps la détresse et les drames. C’est à ce désordre qu’il faut mettre fin. C’est cette injustice qu’il convient de faire cesser. Mais comment y parvenir? Je le dis avec toute ma conviction: l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue. Mais comment le tolérer sans qu’il perde ce caractère d’exception, sans que la société paraisse l’encourager?


Je voudrais tout d’abord vous faire partager une conviction de femme - je m’excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d’hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement.

Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame.. C’est pourquoi, si le projet qui vous est présenté tient compte de la situation de fait existante, s’il admet la possibilité d’une interruption de grossesse, c’est pour la contrôler et, autant que possible, en dissuader la femme.

Nous pensons ainsi répondre au désir conscient ou inconscient de toutes les femmes qu se trouvent dans cette situation d’angoisse, si bien décrite et analysée par certaines des personnalités que votre commission spéciale a entendues au cours de l’automne 1973.

Actuellement, celles qui se trouvent dans cette situation ce détresse, qui s’en préoccupe ? La loi les rejette non seulement dans l’opprobre, la honte et la solitude, mais aussi dans l’anonymat et l’angoisse des poursuites.

Contraintes de cacher leur état, trop souvent elles ne trouvent personne pour les écouter, les éclairer et leur apporter un appui et une protection. Parmi ceux qui combattent aujourd’hui une éventuelle modification de la loi répressive, combien sont-ils ceux qui se sont préoccupés d’aider ces femmes dans leur détresse ? Combien sont-ils ceux qui au-delà de ce qu’ils jugent comme une faute, ont su manifester aux jeunes mères célibataires la compréhension et l’appui moral dont elles avaient grand besoin ? Je sais qu’il en existe et je me garderai de généraliser. Je n’ignore pas l’action de ceux qui, profondément conscients de leurs responsabilités, font tout ce qui est à leur portée pour permettre à ces femmes d’assumer leur maternité. Nous aiderons leur entreprise ; nous ferons appel à eux pour nous aider à assurer les consultations sociales prévues par la loi. Mais la sollicitude et l’aide, lorsqu’elles existent, ne suffisent pas toujours à dissuader.

Certes, les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes sont parfois moins grave qu’elles ne les perçoivent. Certaines peuvent être dédramatisées et surmontées ; mais d’autres demeurent qui font que certaines femmes se sentent acculées à une situation sans autre issue que le suicide, la ruine de leur équilibre familial ou le malheur de leurs enfants. C’est là, hélas !, la plus fréquente des réalités, bien davantage que l’avortement dit « de convenance ». S’il n’en était pas ainsi, croyez-vous que tous les pays, les uns après les autres, auraient été conduits à réformer leur législation en la matière et à admettre que ce qui était hier sévèrement réprimé soit désormais légal ?

Ainsi, conscient d’une situation intolérable pour l’État et injuste aux yeux de la plupart, le gouvernement a renoncé à la voie de la facilité, celle qui aurait consisté à ne pas intervenir. C’eût été cela le laxisme. Assumant ses responsabilités, il vous soumet un projet de loi propre à apporter à ce problème une solution à la fois réaliste, humaine et juste. Certains penseront sans doute qu notre seule préoccupation a été l’intérêt de la femme, que c’est un texte qui a été élaboré dans cette seule perspective. Il n’y est guère question ni de la société ou plutôt de la nation, ni du père de l’enfant à naître et moins encore de cet enfant. Je me garde bien de croire qu’il s’agit d’une affaire individuelle ne concernant que la femme et que la nation n’est pas en cause. Ce problème la concerne au premier chef, mais sous des angles différents et qui ne requièrent pas nécessairement les mêmes solutions.

L’intérêt de la nation, c’est assurément que la France soit jeune, que sa population soit en pleine croissance. Un tel projet, adopté après une loi libéralisant la contraception, ne risque-t-il pas d’entraîner une chute importante de notre taux de natalité qui amorce déjà une baisse inquiétante ? Ce n’est là ni un fait nouveau, ni une évolution propre à la France : un mouvement de baisse asse régulier des taux de natalité et de fécondité est apparu depuis 1965 dans tous mes pays européens, quelle que soit leur législation en matière d’avortement ou même de contraception. Il serait hasardeux de chercher des causes simples à un phénomène aussi général. Aucune explication ne peut y être apporté au niveau national. Il s’agit d’un fait de civilisation révélateur de l’époque que nous vivons et qui obéit à des règles complexes que d’ailleurs nous connaissons mal.

Les observations faites dans de nombreux pays étrangers par les démographes ne permettent pas d’affirmer qu’il existe une corrélation démontrée entre une modification de la législation de l’avortement et l’évolution des taux de natalité et surtout de fécondité. Il est vrai que l’exemple de la Roumanie semble démentir cette constatation, puisque la décision prise par le gouvernement de ce pays, à la fin de l’année 1966, de revenir sur des dispositions non répressives adoptées dix ans plus tôt a été suivie d’une forte explosion de natalité. Cependant, ce qu’on omet de dire, c’est qu’une baisse non moins spectaculaire c’est produit ensuite et il est essentiel de remarquer que dans ce pays, où n’existait aucune forme de contraception moderne, l’avortement a été le mode principal de limitation des naissances.


L’intervention brutale d’une législation restrictive explique bien dans ce contexte un phénomène qui est demeuré exceptionnel et passager. Tout laisse à penser que l’adoption du projet de loi n’aura que peu d’effets sur le niveau de fatalité en France, les avortements légaux remplaçant en fait les avortements clandestins, une fois passée une période d’éventuelles oscillations à court terme. Il n’en reste pas moins que la baisse de notre natalité, si elle est indépendante de l’état de la législation sur l’avortement, est un phénomène inquiétant, à l’égard duquel les pouvoirs publics ont l’impérieux devoir de réagir.


Une des premières réunions du conseil de planification que présidera le président de la République va être consacrée à un examen d’ensemble des problèmes de la démographie française et des moyens de mettre un frein à une évolution inquiétante pour l’avenir du pays. Quant à la politique familiale, le gouvernement a estimé qu’il s’agissait d’un problème distinct de celui e la législation sur l’avortement et qu’il n’y avait pas lieu de lier ces deux problèmes dans la discussion législative. Cela ne signifie pas qu’il n’y attache pas une extrême importance. Dès vendredi, l’Assemblée aura à délibérer d’un projet de loi tendant à améliorer très sensiblement les allocations servies en matière des frais de garde et les allocations dites d’orphelin, qui sont notamment destinées aux enfants des mères célibataires.

Ce projet réformera, en outre, le régime de l’allocation maternité et les conditions d’attribution des prêts aux jeunes ménages. En ce qui me concerne, je m’apprête à proposer à l’Assemblée divers projets. L’un d’entre eux tend à favoriser l’action ces travailleuses familiales en prévoyant leur intervention éventuelle au titre de l’aide sociale. un autre a pour objet d’améliorer les conditions de fonctionnement et de financement des centres maternels, où sont accueillies les jeunes mères en difficulté pendant leur grossesse et les premiers mois de la vie de leur enfant. J’ai l’intention de faire un effort particulier pour la lutte contre la stérilité, par la suppression du ticket modérateur pour toutes les consultations en cette matière.

D’autre part, j’ai demandé à l’INSERM de lancer, dès 1975, une action thématique de recherche sur ce problème de la stérilité qui désespère tant de couples. Avec M. le garde des Sceaux, je me prépare à tirer les conclusions du rapport que votre collègue, M. Rivierez, parlementaire en mission, vient de rédiger sur l’adoption. Répondant aux vœux de tant de personnes qui souhaitent adopter un enfant, j’ai décidé d’instituer un Conseil supérieur de l’adoption qui sera chargé de soumettre aux pouvoirs publics toutes suggestions utiles sur ce problème. Enfin et surtout, le gouvernement s’est publiquement engagé, par la voix de M. Durafour, à entamer dès les toutes prochaines semaines avec les organisations familiales la négociation d’un contrat de progrès dont le contenu sera arrêté d’un commun accord avec les représentants des familles, sur la base de propositions qui seront soumises au Conseil consultatif de la famille que je préside.

En réalité, comme le soulignent tous les démographes, ce qui importe, c’est de modifier l’image que se font les Français du nombre idéal d’enfants par couple. Cet objectif est infiniment complexe et la discussion de l’avortement ne saurait se limiter à des mesures financières nécessairement ponctuelles. Le deuxième absent dans ce projet pour beaucoup d’entre vous sans doute, c’est le père. La décision de l’interruption de grossesse ne devrait pas, chacun le ressent, entreprise par la femme seule, mais aussi par son mari ou son compagnon. Je souhait, pour ma part, que dans les faits il en soit toujours ainsi et j’approuve la commission de nous avoir proposé une modification en ce sens ; mais, comme elle l’a fort bien compris, il n’est pas possible d’instituer en cette matière une obligation juridique. Enfin, le troisième absent, n’est-ce pas cette promesse de vie que porte en elle la femme ? Je me refuse à entrer dans les discussions scientifiques et philosophiques dont les auditions de la commission ont montré qu’elles posaient un problème insoluble. Plus personne ne contexte maintenant que, sur un plan strictement médical, l’embryon port en lui définitivement toutes les virtualités de l’être humain qu’il deviendra.

Mais il n’est encore qu’un devenir, qui aura à surmonter bien des aléas avant de venir à terme, un fragile chaînon de la transmission de la vie. Faut-il rappeler que, selon les études de l’Organisation mondiale de la santé, sur cent conceptions, quarante-cinq s’interrompent d’elles-mêmes au cours des deux premières semaines et que, sur cent grossesses au début de la troisième semaine, un quart n’arrivent pas à terme, du seul fait de phénomènes naturels ? La seule certitude sur laquelle nous puissions nous appuyer, c’est le fait qu’une femme ne prend pleine conscience qu’elle porte un être vivant qui sera un jour son enfant que lorsqu’elle ressent en elle les premières manifestations de cette vie.

Et c’est, sauf pour les femmes qu’anime une profonde conviction religieuse, ce décalage entre ce qui n’est qu’un devenir pour lequel la femme n’éprouve pas encore de sentiment profond et ce qu’est l’enfant dès l’instant de sa naissance qui explique que certaines, qui repousseraient avec horreur l’éventualité monstrueuse de l’infanticide, se résignent à envisager la perspective de l’avortement. Combien d’entre nous, devant le cas d’un être cher dont l’avenir serait irrémédiablement compromis, n’ont pas eu le sentiment que les principes devaient parfois céder le pas ! Il n’en serait pas de même – c’est évident – si cet acte était véritablement perçu comme un crime analogue aux autres.

Certains, parmi ceux qui ont les plus opposés au vote de ce projet, acceptent qu’en fait on n’exerce plus de poursuites et s’opposeraient même avec moins de vigueur au vote d’un texte qui se bornerait à prévoir la suspension des poursuites pénales. C’est donc qu’eux-mêmes perçoivent qu’il s’agit là d’un acte d’une nature particulière, ou, en tout cas, d’un acte qui appelle une solution spécifique. D’assemblée ne m’en voudra pas d’avoir abordé longuement cette question. Vous sentez tous que c’est là un point essentiel, sans doute, le fond même du débat. Il convenait de l’évoquer avant d’en venir à l’examen du contenu du projet.

En préparant le projet qu’il vous soumet aujourd’hui, le gouvernement s’est fixé un triple objectif : faire une loi réellement applicable ; faire une loi dissuasive ; faire une loi protectrice. Ce triple objectif explique l’économie du projet. Une loi applicable d’abord. Un examen rigoureux des modalités et des conséquences de la définition de cas dans lesquels serait autorisée l’interruption de grossesse révèle d’insurmontables contradictions. Si ces conditions sont définies en termes précis – par exemple, l’existence de graves menaces pour la santé physique ou mentale de la femme, ou encore, par exemple, les cas de viol ou d’inceste vérifiés par un magistrat -, il est clair que la modification de la législation n’atteindra pas son but quand ces critères seront réellement respectés, puisque la proportion d’interruptions de grossesse pour de tels motifs est faible.

Au surplus, l’appréciation de cas éventuels de viol ou d’inceste soulèverait des problèmes de preuve pratiquement insolubles dans un délai adapté à la situation. Si, au contraire, c’est une définition large qui est donnée – par exemple, le risque pour la santé physique ou l’équilibre psychologique ou la difficulté des conditions matérielles ou morales d’existence -, il est clair que les médecins ou les commissions qui seraient chargés de décider si ces conditions sont réunies auraient à prendre leur décision sur la base de critères insuffisamment précis pour être objectifs. Dans de tels systèmes, l’autorisation de pratiquer l’interruption de grossesse n’est en pratique donnée qu’en fonction des conceptions personnelles des médecins ou des commissions en matière d’avortement et ce sont les femmes les moins habiles à trouver le médecin le plus compréhensif ou la commission la plus indulgente qui se trouveront encore dans une situation sans issue.

Pour éviter cette injustice, l’autorisation est donnée dans bien des pays de façon quasi automatique, ce qui rend une telle procédure inutile, tout en laissant à elles-mêmes un certain nombre de femmes qui ne veulent pas encourir l’humiliation de se présenter devant une instance qu’elles ressentent comme un tribunal.

Or, si le législateur est appelé à modifier les textes en vigueur, c’est pour mettre fin aux avortements clandestins qui sont le plus souvent le fait de celles qui, pour des raisons sociales, économiques ou psychologiques, se sentent dans une telle situation de détresse qu’elles sont décidées à mettre fin à leur grossesse dans n’importe quelles conditions. C’est pourquoi, renonçant à une formule plus ou moins ambigüe ou plus ou moins vague, le gouvernement a estimé préférable d’affronter la réalité et de reconnaître qu’en définitive la décision ultime ne peut être prise que par la femme. Remettre la décision à la femme, n’est-ce pas contradictoire avec l’objectif de dissuasion, le deuxième des trois que s’assigne ce projet ?

Ce n’est pas un paradoxe que de soutenir qu’une femme sur laquelle pèse l’entière responsabilité de son geste hésitera davantage à l’accomplir que celle qui aurait le sentiment que la décision a été prise à sa place par d’autres.

Le gouvernement a choisi une solution marquant clairement la responsabilité de la femme parce qu’elle est plus dissuasive au fond qu’une autorisation émanant d’un tiers qui ne serait ou ne deviendrait vite qu’un faux-semblant.

Ce qu’il faut, c’est que cette responsabilité, la femme ne l’exerce pas dans la solitude ou dans l’angoisse.

Tout en évitant d’instituer une procédure qui puisse la détourner d’y avoir recours, le projet prévoit donc diverses consultations qui doivent la conduire à mesurer toute la gravité de la décision qu’elle se propose de prendre.

Le médecin peut jouer ici un rôle capital, d’une part, en informant complètement la femme des risques médicaux de l’interruption de grossesse qui sont maintenant bien connus, et tout spécialement des risques de prématurité de ses enfants futurs, et, d’autre part, en la sensibilisant au problème de la contraception.

Cette tâche de dissuasion et de conseil revient au corps médical de façon privilégiée et je sais pouvoir compter sur l’expérience et le sens de l’humain des médecins pour qu’ils s’efforcent d’établir au cours de ce colloque singulier le dialogue confiant et attentif que les femmes recherchent, parfois même inconsciemment.

Le projet prévoit ensuite une consultation auprès d’un organisme social qui aura pour mission d’écouter la femme, ou le couple lorsqu’il y en a un, de lui laisser exprimer sa détresse, de l’aider à obtenir des aides si cette détresse est financière, de lui faire prendre conscience de la réalité des obstacles qui s’opposent ou semblent s’opposer à l’accueil d’un enfant. Bien des femmes apprendront ainsi à l’occasion de cette consultation qu’elles peuvent accoucher anonymement et gratuitement à l’hôpital et que l’adoption éventuelle de leur enfant peut constituer une solution.

Il va sans dire que nous souhaitons que ces consultations soient le plus diversifiées possible et que, notamment, les organismes qui se sont spécialisés pour aider les jeunes femmes en difficulté puissent continuer à les accueillir et à leur apporter l’aide qui les incite à renoncer à leur projet. Tous ces entretiens auront naturellement lieu seul à seule, et il est bien évident que l’expérience et la psychologie des personnes appelées à accueillir les femmes en détresse pourront contribuer de façon non négligeable à leur apporter un soutien de nature à les faire changer d’avis. Ce sera, en outre, une nouvelle occasion d’évoquer avec la femme le problème de la contraception et la nécessité, dans l’avenir, d’utiliser des moyens contraceptifs pour ne plus jamais avoir à prendre la décision d’interrompre une grossesse pour les cas où la femme ne désirerait pas avoir d’enfant.

Cette information en matière de régulation des naissances – qui est la meilleure des dissuasions à l’avortement – nous paraît si essentielle que nous avons prévu d’en faire une obligation, sous peine de fermeture administrative, à la charge des établissements où se feraient les interruptions de grossesse. Les deux entretiens qu’elle aura eus, ainsi que le délai de réflexion de huit jours qui lui sera imposé, ont paru indispensables pour faire prendre conscience à la femme de ce qu’il ne s’agit pas d’un acte normal ou banal, mais d’une décision grave qui ne peut être prise sans en avoir pesé les conséquences et qu’il convient d’éviter à tout prix. Ce n’est qu’après cette prise de conscience, et dans le cas où la femme n’aurait pas renoncé à sa décision, que l’interruption de grossesse pourrait avoir lieu.

Cette intervention ne doit toutefois pas être pratiquée sans de strictes garanties médicales pour la femme elle-même et c’est le troisième objectif du projet de loi : protéger la femme. Tout d’abord, l’interruption de grossesse ne peut être que précoce, parce que ses risques physiques et psychiques, qui ne sont jamais nuls, deviennent trop sérieux après la fin de la dixième semaine qui suit la conception pour que l’on permette aux femmes de s’y exposer.

Ensuite, l’interruption de grossesse ne peut être pratiquée que par un médecin, comme c’est la règle dans tous les pays qui ont modifié leur législation dans ce domaine. Mais il va de soi qu’aucun médecin ou auxiliaire médical ne sera jamais tenu d’y participer.

Enfin, pour donner plus de sécurité à la femme, l’intervention ne sera permise qu’en milieu hospitalier, public ou privé.

Il ne faut pas dissimuler que le gouvernement juge essentielles, et, et qui restent sanctionnées par les pénalités prévues à l’article 317 du code pénal maintenues en vigueur à cet égard, implique une sérieuse remise en ordre que le gouvernement entend mener à bien. Il sera mis fin à des pratiques qui ont reçu récemment une fâcheuse publicité et qui ne pourront plus être tolérées dès lors que les femmes auront la possibilité de recourir légalement à des interventions accomplies dans de réelles conditions de sécurité. De même, le gouvernement est décidé à appliquer fermement les dispositions nouvelles qui remplaceront celles de la loi de 1920 en matière de propagande et de publicité. Contrairement à ce qui est dit ici ou là, le projet n’interdit pas de donner des informations sur la loi et sur l’avortement ; il interdit l’incitation à l’avortement par quelque moyen que ce soit car cette incitation reste inadmissible.

Cette fermeté, le gouvernement la montrera encore en ne permettant pas que l’interruption de grossesse donne lieu à des profits choquants ; les honoraires et les frais d’hospitalisation ne devront pas dépasser des plafonds fixés par décision administrative en vertu de la législation relative aux prix. Dans le même souci, et pour éviter de tomber dans les abus constatés dans certains pays, les étrangères devront justifier de conditions de résidence pour que leur grossesse puisse être interrompue. Je voudrais enfin expliquer l’option prise par le gouvernement, qui a été critiquée par certains , sur le non-remboursement de l’interruption de grossesse par la Sécurité sociale.

Lorsque l’on sait que les soins dentaires, les vaccinations non obligatoires, les verres correcteurs ne sont pas ou sont encore très incomplètement remboursés par la Sécurité sociale, comment faire comprendre que l’interruption de grossesse soit, elle, remboursée ? Si l’on s’en tient aux principes généraux de la Sécurité sociale, l’interruption de grossesse, lorsqu’elle n’est pas thérapeutique, n’a pas à être prise en charge.

Faut-il faire exception à ce principe ? Nous ne le pensons pas, car il nous a paru nécessaire de souligner la gravité d’un acte qui doit rester exceptionnel, même s’il entraîne dans certains cas une charge financière pour les femmes. Ce qu’il faut, c’est que l’absence de ressources ne puisse pas empêcher une femme de demander une interruption de grossesse lorsque cela se révèle indispensable ; c’est pourquoi l’aide médicale a été prévue pour les plus démunies. Ce qu’il faut aussi, c’est bien marquer la différence entre la contraception qui, lorsque les femmes ne désirent pas un enfant, doit être encouragée par tous les moyens et dont le remboursement par la Sécurité sociale vient d’être décidé, et l’avortement que la société tolère mais qu’elle ne saurait ni prendre en charge ni encourager.

Rares sont les femmes qui ne désirent pas d’enfant ; la maternité fait partie de l’accomplissement de leur vie et celles qui n’ont pas connu ce bonheur en souffrent profondément.
Si l’enfant une fois né est rarement rejeté et donne à sa mère, avec son premier sourire, les plus grandes joies qu’elle puisse connaître, certaines femmes se sentent incapables, en raison de difficultés très graves qu’elles connaissent à un moment de leur existence, d’apporter à un enfant l’équilibre affectif et la sollicitude qu’elles lui doivent. A ce moment, elles feront tout pour l’éviter ou ne pas le garder. Et personne ne pourra les en empêcher. Mais les mêmes femmes, quelques mois plus tard, leur vie affective ou matérielle s’étant transformée, seront les premières à souhaiter un enfant et deviendront peut-être les mères les plus attentives. C’est pour celles-là que nous voulons mettre fin à l’avortement clandestin, auquel elles ne manqueraient pas de recourir, au risque de rester stériles ou atteintes au plus profond d’elles-mêmes.

J’en arrive au terme de mon exposé.

Volontairement, j’ai préféré m’expliquer sur la philosophie générale du projet plutôt que sur le détail de ses dispositions que nous examinerons à loisir au cours de la discussion des articles.

Je sais qu’un certain nombre d’entre vous estimeront en conscience qu’ils ne peuvent voter ce texte, pas davantage qu’aucune loi faisant sorti l’avortement de l’interdit et du clandestin. Ceux-là, j’espère les avoir au moins convaincus que ce projet est le fruit d’une réflexion honnête et approfondie sur tous les aspects du problème et que, si le gouvernement a pris la responsabilité de le soumettre au Parlement, ce n’est qu’après en avoir mesuré la portée immédiate aussi bien que les conséquences futures pour la nation Je ne leur donnerai qu’une preuve, c’est qu’usant d’une procédure tout à fait exceptionnelle en matière législative, le gouvernement vous propose d’en limiter l’application à cinq années. Ainsi dans l’hypothèse où il apparaîtrait au cours de ce laps de temps que la loi que vous auriez voté ne serait plus adaptée à l’évolution émographique ou au progrès médical, le Parlement aurait à se prononcer ) nouveau dans cinq ans en tenant compte de ces nouvelles données.

D’autres hésitent encore. Ils sont conscients de la détresse de trop de femmes et souhaitent leur venir en aide ; ils craignent toutefois les effets et les conséquences de la loi. A ceux-ci je veux dire que, si la loi est générale et donc abstraite, elle est faite pour s’appliquer à des situations individuelles souvent angoissantes ; que si elle n’interdit plus, elle ne crée aucun droit à l’avortement et que, comme le disait Montesquieu : « la nature des lois humaines est d’être soumise à tous les accidents qui arrivent et de varier à mesure que les volontés des hommes changent. Au contraire, la nature des lois de la religion est de ne varier jamais. Les lois humaines statuent sur le bien, la religion sur le meilleur ».

C’est bien dans cet esprit que depuis une dizaine d’années, grâce au président de votre commission des lois, avec lequel j’ai eu l’honneur de collaborer lorsqu’il était garde des Sceaux, a été rajeuni et transformé notre prestigieux code civil. Certains ont craint alors qu’en prenant acte d’une nouvelle image de la famille, on ne contribue à la détériorer. Il n’en a rien été et notre pays peut s’honorer d’une législation civile désormais plus juste, plus humaine, mieux adaptée à la société dans laquelle nous vivons. Je sais que le problème dont nous débattons aujourd’hui concerne des questions infiniment plus graves et qui troublent beaucoup plus la conscience de chacun. Mais en définitive il s’agit aussi d’un problème de société.

Je voudrais enfin vous dire ceci : au cours de la discussion, je défendrai ce texte, au nom du gouvernement, sans arrière-pensée, et avec toute ma conviction, mais il est vrai que personne ne peut éprouver une satisfaction profonde à défendre un tel texte – le meilleur possible à mon avis – sur un tel sujet : personne n’a jamais contesté, et le ministre de la Santé moins que quiconque, que l’avortement soit un échec quand il n’est pas un drame.

Mais nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les trois cent mille avortements qui, chaque année, mutilent les femmes de ce pays, qui bafouent nos lois et qui humilient ou traumatisent celles qui y ont recours.


L’histoire nous montre que les grands débats qui ont divisé un moment les Français apparaissent avec le recul du temps comme une étape nécessaire à la formation d’un nouveau consensus social, qui s’inscrit dans la tradition de tolérance et de mesure de notre pays.
Je ne suis pas de ceux et de celles qui redoutent l’avenir.

Les jeunes générations nous surprennent parfois en ce qu’elles diffèrent de nous ; nous les avons nous-mêmes élevées de façon différente de celle dont nous l’avons été. Mais cette jeunesse est courageuse, capable d’enthousiasme et de sacrifices comme les autres. Sachons lui faire confiance pour conserver à la vie sa valeur suprême. 

Nous sommes en 2022, les USA sont dans une démarche de rétropédalage sur l'avortement, l'extrême droite est derrière cette histoire que l'on doit qualifier d'extrême. Le puritanisme US quand il se manifeste, c'est rencontre du 4 ° type, Triump et d'autres ne sont pas loin. Revenir très en arrière sur le plan législatif ne présage jamais rien de bon.

Rappelez vous ! 

"Suite à l’élection de Donald J. Trump à la Maison Blanche en novembre 2016 et à la nomination du juge Neil Gorsuch à la Cour Suprême (approuvée par le Sénat le 7 avril 2017), la lutte pour la délégalisation fédérale de l’avortement aux USA a franchi une étape supplémentaire. Le 14 avril 2017, le Président Trump signait déjà en catimini, et sans la présence des caméras dont il raffole, un projet de loi autorisant les États à retirer toute subvention fédérale aux organisations offrant l’avortement parmi leurs services.  Était visé en premier lieu Planned Parenthood (le Planning familial américain), organisation contre laquelle les membres du Parti républicain et du Tea Party. populiste (à l’extrême-droite) redoublent leurs attaques ces dernières années. Les militants pro-life (ceux et celles qui sont, clament-ils, « pour la vie », contre l’avortement) soutiennent les procédures d’intimidation, de fabrication de preuves et de retraits de subvention auxquelles est soumis le Planning familial américain depuis des années. Dans le même temps, et sur le plan international, l’administration Trump s’est attaquée aux organisations de planning familial et d’aide humanitaire dans le monde, en confirmant l’entrée en vigueur d’une version élargie de la Mexico City Policy. Toute organisation internationale recevant une aide à la santé de la part des USA perdra ses subventions dès lors qu’elle offrira l’option de l’avortement ou
donnera des informations sur cette procédure à ses patientes ou à sa famille."

in Le terrorisme antiavortement aux États-Unis
Un état des lieux de la désunion sur le corps reproducteur à l’ère de Donald J. Trump/ Catherine Nesci/ Dans L'Homme & la Société 2017/1-2 (n° 203-204), pages 271 à 286

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Tout ce qui se passe actuellement aux USA n'est que le continuum débuté en 2017.
A titre pesrsonnel je sui pour la loi IVG actuelle en France.

Mais la prévention de l'IVG passe par une contraception comprise et sans tabou, l'école, très tôt, est là pour faire cet enseignement. La famille a son rôle à jouer ainsi que le médecin de famille.Trop de choses inexactes circulent sur la contraception, même en 2022.  Le message de la contraception  est à recadrer , à diffuser, à partager, à simplifier, à la rendre lisible et effective.

" Il faut que la contraception ait ses règles." Michel Debré

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