Le triple objectif des Américains "better health, better care, better cost" et enfin "LESS is MORE" !
"L'attitude est un choix. Le bonheur est un choix. L'optimisme est un choix. La gentillesse est un choix. Donner est un choix. Le respect est un choix. Quel que soit le choix que vous faites, choisissez sagement. Roy T. Benne

Müskens JLJM, Kool RB, van Dulmen SA, et al Overuse of diagnostic testing in healthcare: a systematic review Surutilisation des tests diagnostiques dans les soins de santé : une revue systématique BMJ Quality & Safety 2022;31:54-63.
https://qualitysafety.bmj.com/content/31/1/54
Article en libre accès
Le recours excessif aux examens diagnostiques contribue de manière significative aux dépenses de santé et expose potentiellement les patients à des risques inutiles. Notre objectif était d'identifier et d'examiner systématiquement les études évaluant la prévalence de ce recours excessif dans différents contextes de soins afin d'estimer la prévalence globale des examens diagnostiques superflus.
Les bases de données
PubMed, Web of Science et Embase ont été consultées depuis leur création jusqu'au 18 février 2020 afin d'identifier les articles publiés en anglais examinant la prévalence du surdiagnostic à partir de données de bases de données. Chaque évaluation a été classée selon trois perspectives : indication pour le patient, population de patients ou service.
Les résultats de cette étude portent sur 118 évaluations de la surutilisation des examens diagnostiques, extraites de 35 études.
La plupart des évaluations incluses adoptaient une perspective centrée sur l'indication pour le patient (n=67, 57 %), suivie par celle centrée sur le service (n=27, 23 %) et celle centrée sur la population (n=24, 20 %). Les estimations de prévalence de la surutilisation des examens diagnostiques variaient de 0,09 % à 97,5 % (prévalence médiane des évaluations centrées sur l'indication pour le patient : 11,0 %, celle centrée sur la population : 2,0 % et celle centrée sur le service : 30,7 %). La majorité des évaluations (n=85) rapportaient une surutilisation des examens diagnostiques inférieure à 25 %. La surutilisation des examens d'imagerie diagnostique était la plus fréquemment évaluée (n=96). Parmi les 33 évaluations rapportant des niveaux élevés de surutilisation (≥ 25 %), les examens préopératoires (n=7) et l'imagerie pour les lombalgies non compliquées (n=6) étaient les plus fréquemment examinés. Lors de l'évaluation de tests diagnostiques similaires, une variation importante de la prévalence de leur surutilisation a été observée. Les différences dans les définitions des tests à faible valeur ajoutée, leur mise en œuvre et les méthodes d'évaluation utilisées ont probablement contribué à cette variation.
Conclusion
Nos résultats suggèrent un recours excessif aux examens diagnostiques, avec une grande variabilité dans leur utilisation. Les examens préopératoires et l’imagerie pour les lombalgies non spécifiques sont les examens diagnostiques à faible valeur ajoutée les plus fréquemment identifiés. Des définitions et des évaluations uniformes sont nécessaires pour mieux appréhender l’ampleur de ce recours excessif aux examens diagnostiques.
Cet article, c'est aussi l'IMPERTINENCE des SOINS !
SYNTHESE NOTE BOOK LM
Ce document invite le corps médical à passer d'une surmédicalisation systématique à une sobriété heureuse en replaçant la pertinence des soins au cœur de la décision. L'auteur critique une « médecine millefeuille » qui empile les examens coûteux et polluants par automatisme ou sous la pression sociale, au lieu de privilégier le sens clinique et le dialogue avec le patient. En s'appuyant sur des principes éthiques et hippocratiques, le texte propose d'évaluer chaque prescription selon son utilité réelle, son impact carbone et sa conformité aux recommandations actuelles. Cette démarche vise à garantir le bon traitement pour la bonne personne et au moment opportun, tout en luttant contre l'inertie intellectuelle qui délaisse l'examen physique au profit de la technologie.

Nous allons enchaîner par le PERTINENCE des SOINS en médecine vasculaire ou la lutte contre la médecine millefeuille.
SYNTHESE NOTEBOOKLM
Ce document, rédigé par le Collège national professionnel de Médecine Vasculaire, adapte l'initiative internationale « Choose Wisely » au contexte médical français. Son objectif principal est d'améliorer la pertinence des soins en limitant les examens écho-Doppler et les traitements superflus ou injustifiés. Le texte détaille des protocoles de suivi précis pour des pathologies variées, telles que l'artériopathie des membres inférieurs, les anévrismes de l'aorte et les thromboses veineuses. En clarifiant les délais et les indications nécessaires, ces recommandations visent à instaurer un dialogue constructif entre praticiens et patients. Cette démarche cherche ainsi à optimiser les ressources de santé tout en garantissant une qualité de prise en charge optimale et sécurisée.












Commentaire
Un ancien de mes articles : Au secours Hippocrate , ils sont devenus fous !
Compliquée par le manque de médecins
Compliquée par des délais de RDV "APOCALYPTIQUES" qui entraînent le RENONCEMENT aux SOINS !
Compliquée par le manque de lits
Compliquée par les arrivées concomitantes de l'IA et des multiples scores en tout genre et pour n'importe quelle question clinique
Compliquée par une avalanche de nouveaux médicaments dont peu remplacent les médicaments princeps
Compliquée par une médecine millefeuille qui empile les examens inutiles
Compliquée aussi par une surinformation médicale par les réseaux sociaux, les chaînes TV INFOS, qui racontent tout et n'importe quoi.
Compliquée par la désinformation médicale "chronique"
Compliquée par la suralimentation en compléments alimentaires, ce que les patients adorent mais ils ne savent pas qu'il existe des interactions avec leurs médicaments, et q'ils sont potentiellement dangereux et d'un coût excessif.
Compliquée parce que la voisine ou la cousine ont des avis différents des avis des médecins.
Compliquée lorsque des médecins ne font pas l'effort de se former régulièrement
Compliquée par l'abondance excessive de recommandations médicales qui ne sont pas toujours d'accord entre elles ou qui changent deux virgules pour les actualiser
Compliquée parce que la précarité est de plus en plus importante, que certains patients ne se soignent plus, et que nos patients ne se sentent plus en sécurité sanitaire, déserts médicaux obligent . Le renoncement aux soins est désormais une réalité en France !
L'exercice de la médecine , c'est d'abord un patient et un médecin, le colloque singulier.
Ce colloque devient un colloque à trois, le patient, le médecin et l'ordinateur qui trône sur le bureau du médecin, et bientôt à quatre avec l'IA.
Cet intrus vient compliquer les choses, ce pianotage incessant , de plus en plus long, qui associe des données médicales et des données contactuelles, fait oublier la clinique , l'examen clinique.
Cet intrus empêche bon nombre de médecins d'examiner le patient "en slip " comme disait mon maître Charles Janbon"
Cet intrus va nous apporter (devrait nous apporter) de plus en plus des données "fantastiques", l'IA devrait accélérer et nous faciliter la tâche, mais ça , c'est en théorie......l'IA en cabinet oui, mais une IA utile qui nous apporte réellement quelque chose et non une IA gadget......
Cet intrus est un obstacle entre le patient et le médecin qu'on le veuille ou non

C'est effarant le nombre de patients qui me disent spontanément sans que je leur demande : "On ne m'examine plus", "On ne prend plus la TA ", "On ne m'écoute plus " ,"On ne me questionne pas " , "on ne me fait plus déshabiller" etc.
La consultation médicale , toute spécialité confondue, doit s'achever par une décision médicale (ci-dessus), décision qui sera la synthèse des différents paramétres cités.........
Cette décision médicale est une décision partagée entre le patient et le médecin. Mais pour aboutir à cette décision partagée, il faut : EXAMINER, ÉCOUTER, DIALOGUER, ÉCHANGER, PARTAGER, avoir de la COMPASSION et de l'EMPATHIE avec une attitude toujours ÉTHIQUE.
L'IA sera-t-elle un facteur limitant vis-à-vis des examens médicaux inutiles ? Why not ? Ce serait une démarche dans le bon sens clinique, mais l'IA a-t-elle du bon sens, voilà une bonne question .
De la décision médicale ...en profondeur
D'après René Amalberti
Éléments d'histoire et situation actuelle
"La décision médicale a suscité de très nombreux travaux, sous des éclairages variés et selon des modèles sensiblement différents qui mettent en jeu le processus cognitif de la décision, la participation du patient et l’aide à la décision. Ce champ d’études est emblématique de l’un des
deux piliers historiques de la médecine : celui du diagnostic médical – la thérapeutique constituant le second pilier. La décision médicale se prête de fait à une littérature importante, en alliant trois caractéristiques qui contribuent à augmenter sa difficulté : le doute du décideur, l’incertitude du domaine concerné, et la relation d’asymétrie particulière qui prévaut entre les acteurs (médecin et patient)."
"Pourquoi est-il si important de prendre, auprès des patients, le temps de l’écoute et de l’explication ? La réponse est simple : tout le monde ne dispose pas du même bagage intellectuel ou scolaire. Plus de 30 % des Français ont au mieux le certificat d’étude, 36 % ne savent pas utiliser des données simples, 58 % sont perdus dans les comparaisons de pourcentages. Ces difficultés peuvent être aggravées par des facteurs généraux comme l’émotion ressentie face à une nouvelle inquiétante, le vieillissement, la dégradation des capacités sensorielles … et plus encore par le manque d’écoute des médecins." … et le manque de médecins, moins de médecins = moins d'écoute = moins de temps de consultation…
"La décision partagée…
Une prise en compte croissante des préférences du patient .
La problématique de la prise de décision partagée (PDP), et plus largement du poids des préférences du patient dans la décision médicale, fait l’objet d’une abondante littérature internationale depuis les années 1980 . De fait, les bénéfices potentiels de la participation du patient à la prise de décision apparaissent multiples : amélioration de la sécurité, motivation renforcée des malades (avec une meilleure prise en charge personnelle), diminution des litiges, amélioration des résultats objectifs de santé, amélioration du ratio coût/efficacité…
Mais en pratique, la notion de décision partagée recouvre un continuum de postures d’information et de prise en compte des préférences du patient par le médecin. Même si le terme « prise de décision partagée » est le plus fréquemment utilisé, la réalité de la clinique est donc plutôt celle d’un processus de décision plus ou moins négocié. Ainsi, une égalité d’information entre médecin et patient sur le diagnostic et ses conséquences médicales est souvent considérée comme une condition préalable à l’installation d’une discussion équilibrée sur l’objectif du soin et ses modalités.
Le risque de déresponsabiliser les médecins ?
Cette transformation technologique rapide pose également des questions assez similaires à celles déjà rencontrées dans l'industrie, et particulièrement dans l'aviation , avec l'arrivée massive de l'automatisation – questions partiellement résolues par la diminution du rôle des acteurs de première ligne. L’art technique se déplace vers les bureaux d’études qui conçoivent les machines et règlent leur emploi, et l’acteur de front – le médecin en l’occurrence – devient un exécutant dont les marges de compréhension et de vérification apparaissent limitées, eu égard à la rapidité des machines et à la complexité des tests fournis (dont il est bien incapable de dénier la valeur).
file:///E:/Downloads/LAE_144_0014.pdf

