" Partout où l'art de la médecine est aimé, il y a aussi un amour pour l'humanité " Hippocrate.


La médecine se meurt.
La médecine s'enfonce dans la médiocrité administrative.
La médecine : c'est ça :

La médecine telle qu'elle est et sera ,est à l'origine du renoncement des patients aux soins.
La médecine "loupe" les dépistages, ce qui entraîne des retards dans les soins et provoque des catastrophes en cascade.
La médecine de demain sera rationalisée.
La médecine, qui était jadis considérée comme l'une des meilleures au monde, rétrograde régulièrement.
Les hôpitaux souffrent à tous les étages.
Les mutuelles voient la vie en rose !
Pourtant les soignants ont toujours la foi mais ne peuvent exercer dans de bonnes conditions.
Certains médicaments deviennent un luxe.
Déserts médicaux : Vaucluse, 20 à 25% des patients n'ont plus de médecins traitants
Pour les rdv auprès d'un spécialistes c'est la granbde vadrouille, à la recherche d'un spécialiste souvent loin de leur domicile, 100, 300, 500 km, c'est la réalité médicale actuelle ......
Nos syndicats font tout leur possible.
La décôte des actes d'écho-Doppler, en particulier, est une hérésie et une décision purement comptable qui nuit à la fois aux médecins et aux patients.
La médecine vasculaire souffre.


Un énarque tue la médecine.
« le PLFSS 2026, une politique contre la santé des Français ? » Pr David Smadja
Mais, quel politique se soucie de la santé des Français ?
Et qu'en pense une IA (PERPLEXITY) ?
La grève des médecins prévue le 3 décembre 2026 est une mobilisation contre plusieurs articles du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026, notamment l'article 24. CL'article 24 permettrait à l'Assurance Maladie de baisser unilatéralement certains tarifs médicaux dans des secteurs jugés à « rentabilité manifestement excessive », ce que les médecins dénoncent comme une attaque grave contre leur liberté d'exercice et la viabilité de la médecine libérale.IIls craignent que ces mesures entraînent une dégradation de l'accès aux soins ainsi qu'une diminution de la qualité médicale.
Ce mouvement, initié essentiellement dans le Sud-Est, regroupe des praticiens hospitaliers, des médecins libéraux, des internes et des spécialistes de diverses disciplines. Les médecins revendiquent aussi le retrait de l'article 26, qui concerne les dépassements d'honoraires, ainsi que la réforme des dispositifs liés aux tarifs et aux obligations numériques, perçus comme des entraves supplémentaires à leur exercice professionnel. La grève se présente comme un "coup de semonce" avant une mobilisation plus large dont une possible grève massive et à durée indéterminée en janvier 2026.
Les syndicats et collectifs à l'origine de la grève soulignent que la sécurité et la continuité des soins seront assurées malgré la cessation d'activité programmée, qui touche surtout les consultations et actes médico-chirurgicaux en secteur privé. CLe refus collectif vise à alerter les pouvoirs publics sur une politique perçue comme purement comptable, qui met en péril le pacte social de confiance autour du système de santé.
Ainsi, cette grève rappelle la forte tension entre les professionnels de santé et les décideurs face aux transformations imposées dans le système de financement et de tarification des soins en France. Elle témoigne des craintes liées à l’avenir de la médecine libérale, de l’attractivité des métiers médicaux et, in fine, de l’accès aux soins pour tous les patients.

A LIRE
Professeur David Smadja : « le PLFSS 2026, une politique contre la santé des Français ? »
https://www.opinion-
"Il y a cinq ans à peine, la France applaudissait ses soignants chaque soir à 20 heures. Aujourd’hui, ces mêmes professionnels sont désavoués par des décisions budgétaires que l’on pourrait facilement définir comme… absurdes.
Le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2026, tel qu’il se profile avant passage au Sénat, marque une nouvelle étape dans la dégradation du système de santé français — une dégradation technique, mais aux conséquences bien réelles.
À l’heure où la lutte contre les déserts médicaux devrait être la priorité nationale, le PLFSS 2026 risque d’affaiblir les acteurs qui font encore tenir debout les territoires fragiles : la médecine de ville, les laboratoires, les professionnels de proximité…
Nous savons tous que l’endettement de l’État provient en grande partie de dépenses de santé et des retraites. Revenir à l’âge de départ à la retraite à 62 ans – contrairement à ce qu’ont fait nombre de nos voisins européens, y compris socialistes – conduit mécaniquement à faire des économies ailleurs. Et quoi de plus discret que de raboter les budgets de la santé ?
L’augmentation de l’ONDAM (Objectif national de dépenses d’assurance maladie) ne couvre même pas l’inflation. Comment, dans ces conditions, maintenir un niveau de soins digne ? Comment répondre aux progrès scientifiques – immunothérapies, innovations en oncologie ou en cardiologie interventionnelle – qui transforment des maladies autrefois fatales en pathologies chroniques ?
Les baisses de nomenclature, après avoir touché la radiologie, s’apprêtent à frapper la biologie médicale. Pourtant, depuis vingt ans, les laboratoires subissent des réformes règlementaires coûteuses comme le COFRAC, qui imposent une qualité maximale à prix minimal. Ces coupes empêcheront l’innovation, l’investissement dans du matériel moderne, et même la transition écologique – pourtant vitale – de notre secteur. Rendre la biologie médicale plus verte a un coût. Et la santé environnementale concerne tous les citoyens.
À l’heure où tout le monde parle de prévention, les actes ne suivent pas. Où sont les réformes ambitieuses sur la santé scolaire ou la santé au travail ? Pourquoi les biologistes médicaux, en première ligne et proches des patients, ne peuvent-ils toujours pas vacciner contre la grippe ou le Covid ? Ces décisions de bon sens restent ignorées. Plus grave encore, l’Assemblée nationale n’a même pas réussi à faire voter l’obligation vaccinale pour certains soignants ou résidents d’EHPAD – un échec permis par l’absentéisme massif et le jeu d’alliances entre extrême droite et extrême gauche…
Ce contexte délétère décourage toute une génération. De plus en plus d’étudiants en médecine ou pharmacie se détournent du soin. Peut-on vraiment s’en étonner ? On applaudit les soignants en temps de crise, mais on les sacrifie ensuite sur l’autel budgétaire car ils sont moins bruyants dans l’arène médiatique. La mise à mort du secteur 2 (et du secteur 3) annoncée par le PLFSS 2026, combinée à l’emprise grandissante des complémentaires santé — déjà renforcées par les réformes de Marisol Touraine — fragilisera durablement l’attractivité de la médecine libérale et installera une médecine à deux, voire dix vitesses, où les logiques assurantielles primeront sur l’intérêt du patient.
Un collectif de 500 médecins des Alpes-Maritimes se mettra en grève le 3 décembre. Ces professionnels de santé cesseront leur activité pour faire entendre les revendications du secteur libéral.
Si rien ne change, nous laisserons derrière nous un champ de ruines.
Il est urgent de repenser notre paradigme. La République de la santé ne peut survivre sans une refonte structurelle. Dans ce contexte, les récentes annonces du Premier ministre — visant à transférer certaines missions des agences régionales de santé (ARS) vers les départements et les préfets — suscitent de légitimes inquiétudes. Un collectif de 11 anciens ministres de la Santé a d’ailleurs alerté cette semaine sur le risque d’affaiblissement de la qualité de l’offre de soins. Oui, notre millefeuille administratif dans le domaine de la santé mérite d’être repensé. Mais faut-il pour autant s’en prendre frontalement aux ARS ? Une décentralisation mal maîtrisée risquerait de fragiliser davantage un système déjà sous tension. Les ARS sont souvent perçues comme technocratiques et éloignées des réalités de terrain, mais elles jouent un rôle fondamental : garantir un équilibre entre coordination régionale et égalité d’accès aux soins à l’échelle nationale. Elles doivent rester des leviers stratégiques, à la fois pour organiser, soutenir et harmoniser l’action sanitaire. Dans un contexte post-pandémique marqué par une montée de la désinformation, le secteur de la santé réclame une gouvernance fondée sur l’efficacité et l’expertise technique et scientifique, plutôt qu’une gestion purement administrative et politique.
La véritable question est peut-être ailleurs : comment garantir un pilotage territorial plus solidaire, plus équitable et plus lisible pour les acteurs de terrain comme pour les citoyens ? Plutôt que de détricoter les structures existantes ou d’empiler de nouvelles strates administratives, il faut surtout fluidifier les circuits de décision. À l’approche des élections municipales, n’est-il pas temps de redonner toute leur place aux maires dans la conduite des politiques de santé de proximité ? Qui mieux qu’eux connaît les réalités locales et les besoins de leurs administrés ? Centres de prévention, actions de santé publique, coordination locale des soins : les maires doivent redevenir des acteurs centraux de la santé publique territoriale. Il est temps de retisser du lien, de décloisonner les niveaux de décision et de redonner du pouvoir d’agir localement. Moins d’intermédiaires, plus de lisibilité, un pilotage plus direct : telle devrait être l’ambition d’une réforme véritablement utile à la population.
Comme le rappelle souvent Jean-Michel Blanquer nous devons revenir à une politique du bon sens. Il ne s’agit pas de renier l’État-providence. Il faut au contraire le réinventer pour qu’il continue à protéger les plus fragiles, sans tomber dans la facilité populiste qui a hystérisé le débat sur les retraites. Les Français pourront continuer à partir à la retraite à 62 ans : mais à quoi bon, s’ils ne peuvent plus se soigner ? Est-ce vraiment cela, le progrès social ?
Le combat pour la santé publique ne se mène pas à coup de slogans, mais avec de la pédagogie, de la lucidité, et une vision claire. Ce combat, nous devons le mener maintenant, pour ne pas laisser mourir un modèle qui fut l’un des plus admirés au monde."
David SMADJA
Professeur d’Hématologie à l’Hôpital européen Georges Pompidou et à l’Université Paris Cité
Responsable de la commission santé du think tank « Le laboratoire de la république ».
Dr Jérôme Barrière.
Le 3 décembre 2025, sous l’impulsion inédite d’un collectif apolitique et asyndical, plus de 500 médecins libéraux des Alpes-Maritimes, issus de six communautés médicales d’établissement différentes, cesseront leur activité, avec fermeture annoncée de plusieurs services d’urgences.
"Nous espérons un effet « boule de neige » et appelons nos jeunes collègues internes ainsi que nos confrères hospitaliers, eux aussi concernés, dans tous les départements, à nous rejoindre.
Un syndicat d’infirmiers libéraux, Convergence infirmière 06, a également appelé à la grève ce jour-là : ce front commun n’a rien d’anodin. Il dit une chose simple : une unité est en train de naître entre soignants, parce que notre système de santé et l’accès aux soins sont, plus que jamais, réellement menacés par une succession de mesures fiscales et coercitives, associées à des coupes budgétaires conduisant de manière inéluctable à la dégradation de l’offre de soins, à la fermeture de services ou de cabinets médicaux et, à terme, à une médecine à deux vitesses.
« La santé coûte objectivement plus cher qu'hier »
Pourquoi maintenant ?
Parce que la santé coûte objectivement plus cher qu’hier : nous vivons plus longtemps, la population augmente et vieillit, les malades chroniques sont plus nombreux ; les traitements sont plus innovants mais aussi plus coûteux ; les exigences de sécurité, de traçabilité, de permanence des soins 24h/24, le numérique, la robotique, l’IA, tout cela a un prix.
Or, chaque année, l’État décide de ce qu’il acceptera de rembourser à travers une enveloppe fermée, l’ONDAM, l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie, qui fixe un plafond de dépenses pour l’hôpital et pour la médecine de ville.
Pour 2026, cette enveloppe est fixée à environ 270 milliards d’euros, avec une hausse prévue de seulement 1,6 %, là où il faudrait plus de 3 % rien que pour suivre l’évolution des besoins et des coûts.
Elle est donc d’ores et déjà insuffisante : il manque plus d’un milliard d’euros pour les établissements, l’équivalent d’environ 20 000 postes d’infirmiers qui ne pourront pas être pourvus. Cela signifie concrètement des équipes qui ne recrutent pas, des services qui ferment, des patients qui attendent sur des brancards.
On part d’un chiffre que l’on sait dès le départ trop bas : c’est un pari budgétaire à haut risque sur le dos des malades.
« Plusieurs spécialités dites « techniques » ont vu leurs actes diminuer de 5 à plus de 12 %, parfois jusqu’à 15 %, par simple décision administrative, sans accord syndical »
Face à ce décalage entre le coût réel de la santé et ce que la collectivité accepte de rembourser, le gouvernement et l’Assurance maladie ont choisi une voie dangereuse, que nous n’accepterons pas : faire des soignants les boucs émissaires de cette équation impossible.
Depuis le 1ᵉʳ novembre, plusieurs spécialités dites « techniques » — radiologie, cardiologie, médecine vasculaire, néphrologie, radiothérapie… — ont vu leurs actes diminuer de 5 à plus de 12 %, parfois jusqu’à 15 %, par simple décision administrative, sans accord syndical.
Du jour au lendemain, un acte est décoté, sans négociation, au motif que certains praticiens seraient des « rentiers ». C’est faux et c’est insultant. Un rentier est, par définition, une personne qui touche des revenus de son héritage ou de ses placements, pas de son travail.
Nos revenus, eux, n’ont rien d’une rente : les chiffres de notre caisse de retraite montrent par exemple une baisse de 4,1 % entre 2021 et 2022, pendant que nos charges explosaient, que nous augmentions les salaires de nos secrétaires, infirmières, manipulateurs radio, et que le tarif des actes techniques restait gelé depuis près de vingt ans.
Nous contestons aussi la façon dont l’Assurance maladie présente les revenus des médecins, en communiquant sur des montants d’« honoraires » qui ne sont en réalité que du chiffre d’affaires et n’ont rien à voir avec nos revenus nets, une fois déduits les charges, les salaires et les investissements. C’est trompeur et cela biaise toute discussion honnête.
« La spirale est connue : asphyxier la ville et les plateaux techniques, c’est saturer l’hôpital, puis restreindre encore l’accès aux soins »
Plus grave encore, un article de loi (l’article 24 du PLFSS 2026) déjà adopté en première lecture permettrait au ministre de la Santé, chaque année, de baisser unilatéralement les tarifs de secteurs jugés trop coûteux.
Comment investir dans un scanner, une IRM, une échographie de pointe ou une machine de radiothérapie, qui se financent sur 5 à 10 ans, si l’on peut vous couper vos recettes du jour au lendemain parce qu’un tableau Excel juge votre activité « trop rentable » ?
Les premiers à en pâtir seraient les patients : moins d’investissements, moins d’innovations, des délais plus longs, des fermetures de cabinets. La spirale est connue : asphyxier la ville et les plateaux techniques, c’est saturer l’hôpital, puis restreindre encore l’accès aux soins.
« Les compléments d’honoraires ne sont pas du luxe, mais la seule manière de compenser des tarifs de base qui n’ont pas été revalorisés depuis 1999 »
On parle aussi beaucoup des « dépassements d’honoraires » comme d’un scandale français. Il faut dire les choses clairement : pour une partie des spécialistes, ces compléments d’honoraires ne sont pas du luxe, mais la seule manière de compenser des tarifs de base qui n’ont pas été revalorisés depuis 1999, alors que l’inflation cumulée dépasse 40 % et que la consultation de base en France est l’une des plus basses de l’OCDE.
C’est aussi, pour nos confrères hospitaliers autorisés à exercer en secteur 2, un moyen de compléter des salaires fixes qui restent largement figés et n’évoluent presque pas en fonction de leur activité réelle, mais essentiellement avec l’ancienneté. Ces compléments viennent s’ajouter à un remboursement Sécurité sociale qui, lui, n’a pas bougé (ou à une marge très faible pour certaines consultations).
Dans de très nombreux cabinets, sans ces compléments pratiqués avec tact et mesure, l’équilibre économique ne tiendrait pas, là où certaines spécialités de secteur 1 disposent de primes sur objectifs qui n’existent pas pour nous.
Et de nouvelles menaces apparaissent : il est même prévu que les tarifs des séjours d’hospitalisation soient diminués si le praticien demande des compléments d’honoraires, transformant de fait les établissements de soins en gendarmes financiers chargés de surveiller et sanctionner leurs propres médecins.
Le véritable angle mort se trouve pourtant ailleurs : du côté des complémentaires santé. Leurs frais de fonctionnement sont très élevés, seules environ 80 % des cotisations reviennent sous forme de prestations, les marges sont confortables (plus de 3 %), et à peine une petite partie des cotisations (de l’ordre de 4 %) sert réellement à couvrir les compléments d’honoraires, quand près de 20 % partent en frais de gestion et de publicité.
Depuis 2018, le coût des mutuelles a bondi d’environ 40 %. Qui sont les véritables « rentiers » du système ? Certainement pas les soignants qu’on voudrait en plus surtaxer lorsqu’ils recourent à des compléments d’honoraires, ce qui ne ferait qu’augmenter le reste à charge des patients.
« On demande aux médecins de remplir toujours plus de cases, sous peine d’être pénalisés, dans une logique de suspicion permanente plutôt que d’accompagnement »
À ces coupes tarifaires s’ajoutent des mesures de contrôle de plus en plus punitives. Le développement de la « mise sous objectifs » (MSO) instaure une logique de contrôle plutôt qu’une logique d’accompagnement, en particulier sur les arrêts de travail : des sanctions sont désormais prévues pour les médecins qui prescriraient « trop » d’arrêts, sans tenir compte du type de patientèle qu’ils suivent, notamment lorsqu’ils exercent dans des zones défavorisées, auprès de travailleurs précaires ou de patients atteints de pathologies lourdes.
Les médecins généralistes risquent aussi des sanctions inédites s’ils n’alimentent pas correctement le Dossier Médical Partagé, alors même que certains organismes d’assurance, comme la MGEN, ne sont pas capables, en 2025, de gérer de façon fluide certaines procédures numériques simples, par exemple la déclaration d’une maladie prise en charge à 100 %.
On nous demande de remplir toujours plus de cases, sous peine d’être pénalisés, dans une logique de suspicion permanente plutôt que d’accompagnement. On veut aussi transformer les médecins en percepteurs d’impôts, en leur confiant la collecte de franchises médicales que le gouvernement envisage d’augmenter encore, alors que la réalité, que l’on cherche à masquer, est simple : le coût réel de la santé est supérieur à ce que l’État est prêt à financer.
Dans le même temps, le mécanisme de sous-tarification et de décote ne touche pas que les médecins : il frappe aussi nos collègues infirmiers libéraux, en première ligne du maintien à domicile. À titre d’exemple, le forfait pansement est toujours rémunéré 6,30 € en 2025, strictement inchangé depuis 2009, alors même que le coût du matériel, des protections, des déplacements ou des assurances a explosé.
À cela s’ajoute, pour eux comme pour les médecins, la décote des actes multiples — 50 % seulement pour un deuxième acte réalisé le même jour, puis 0 % à partir du troisième — qui pénalise particulièrement les prises en charge complexes nécessitant plusieurs gestes lors d’une même visite, souvent auprès de patients âgés, polypathologiques ou en situation de grande fragilité.
Enfin, on menace de mise à mort professionnelle les praticiens du secteur 3, dont les prescriptions ne seraient plus remboursées : c’est ouvrir, à terme, la porte à une médecine à deux vitesses, comme en Italie, où certains actes chirurgicaux sont facturés des dizaines de milliers d’euros, intégralement à la charge des patients les plus aisés.
« Ce que nous refusons, c’est un contrat léonin où l’Assurance maladie pourrait décider seule, chaque année, de ce que vaut notre travail, en dehors de toute convention »
Ce que nous refusons, c’est un contrat léonin où l’Assurance maladie pourrait décider seule, chaque année, de ce que vaut notre travail, en dehors de toute convention, en nous désignant comme responsables d’un déficit dont les causes sont bien plus larges.
Nous demandons l’annulation des baisses tarifaires unilatérales récentes, le retrait de l’article 24, l’ouverture d’une véritable discussion sur la pertinence des soins, l’investissement nécessaire dans la santé, le rôle réel des complémentaires, la répartition du reste à charge.
Maîtriser la dépense, oui ; punir ceux qui soignent, non.
« Nous ne voulons pas d’une médecine réservée à ceux qui peuvent payer comptant »
Le 3 décembre, nous ferons grève pour défendre la liberté d’exercice, l’attractivité de nos métiers et, surtout, l’accès aux soins de tous.
Nous ne voulons pas d’une médecine réservée à ceux qui peuvent payer comptant, ni d’un système où l’on décourage les vocations et où l’on fait fuir les jeunes médecins. Nous résisterons à cette attaque inédite contre la médecine libérale et contre l’équilibre déjà fragile de notre système de santé.
Mais nous refusons de prendre les patients en otage : cette journée sera un coup de semonce, une façon de dire stop et d’expliquer, calmement, pourquoi nous en sommes arrivés là.
Nous appelons tous les départements de France à nous rejoindre, ainsi que les syndicats, dans ce mouvement spontané, apolitique, qui se situe en parallèle des mobilisations syndicales prévues en janvier.
Il est encore temps de restaurer la confiance rompue entre l’État et les soignants, de reconnaître que nous ne sommes pas le problème mais une partie de la solution. Si nous nous mobilisons aujourd’hui, c’est pour que demain, chacun puisse continuer à être soigné en France, quels que soient ses moyens, avec des médecins libres et respectés."
Dr Jérôme Barrière, oncologue médical libéral, Président de la Communauté Médicale de la Polyclinique Saint-Jean de Cagnes-sur-Mer. Membre du Collectif Médical du Sud-Est (CMSE)
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/tribune-du-dr-jerome-barriere-membre-du-collectif-medical-du-sud-est-le-3-decembre-nous
Médecine Vasculaire en danger, lettre ouverte à Mr Thomas Fatôme.

https://medvasc.info/archives-blog/m%C3%A9decine-vasculaire-en-danger,-lettre-ouverte-%C3%A0-mr-thomas-fat%C3%B4me
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