La coeur des femmes : l'infarctus


"Tant qu'il y aura des femmes discriminées en raison de leur sexe, je serai féministe." Leïla Slimani

“Je ne suis pas une militante dans l'âme, mais je me sens féministe, très solidaire des femmes quelles qu'elles soient… Je me sens plus en sécurité avec des femmes, peut-être est-ce dû à la déportation ? Au camp, leur aide était désintéressée, généreuse, pas celle des hommes. Et la résistance du sexe dit faible y était aussi plus grande.”
Simone Veil


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Un rapport exprime une prise de position officielle de l’Académie nationale de médecine.

L’Académie dans sa séance du mardi 14 janvier 2025, a adopté le texte de ce rapport par 72 voix pour, 2 voix contre et 2 abstentions.
 
L’Inégalité de prise en charge de l'infarctus du myocarde chez les femmes en France
Inequality in the management of myocardial infarction in Women in France

Martine GILARD (rapporteur), au nom d’un groupe de travail rattaché à la commission 8.
Membres du groupe de travail : Michel Komajda, Michel Desnos, Christian Spaulding, Stéphane
Manzo- Silberman, Sandrine Charpentier, Hakim Benamer.

https://www.academie-medecine.fr/linegalite-de-prise-en-charge-de-linfarctus-du-myocarde-chez-les-femmes-en-france/
Rapport libre d'accès

Résumé

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde.
 
Des registres nationaux ont démontré une inégalité dans la prise en charge de l’infarctus du myocarde chez la femme entrainant une surmortalité.
 
L’objectif de ce rapport est de sensibiliser la population et l’ensemble des acteurs de santé à cette problématique cruciale et de formuler 4 recommandations concrètes pour améliorer la prévention, le diagnostic, la gestion et surtout le pronostic de cette maladie chez la femme

Introduction

Les maladies cardiovasculaires constituent la deuxième cause de mortalité en France mais elles restent la première cause chez les femmes, loin devant le cancer du sein. L’infarctus du myocarde est la complication la plus grave de l’athérosclérose coronaire et nécessite une prise en charge urgente dans des centres spécialisés.

Des registres nationaux ont démontré une inégalité dans la prise en charge de l’infarctus chez la femme entrainant une surmortalité . Alors que le cancer du sein a longtemps été au centre des préoccupations en matière de santé féminine, il est impératif de mieux comprendre les raisons de cette inégalité pour proposer des solutions.

Dans ce rapport, nous avons exploré les multiples facettes de cette situation. Pour ce faire, nous
avons organisé des auditions d'experts, et analysé les données disponibles. Nous avons examiné
les facteurs contribuant à ces inégalités, depuis le diagnostic précoce jusqu’à la gestion du
traitement et la recherche .

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Notre objectif premier est de sensibiliser la population et l’ensemble des acteurs de santé à cette
problématique cruciale et de formuler des recommandations concrètes pour améliorer la
prévention, le diagnostic et la gestion de cette maladie chez la femme.
 
Etats des lieux

En France

Le traitemlent l’infarctus du myocarde est la revascularisation coronaire en urgence appelé
l’angioplastie primaire. Les recommandations européennes définissent des délais très précis .
En effet, à chaque minute d’occlusion coronaire des cellules myocardiques sont détruites.

Lorsqu’un infarctus du myocarde survient, les registres français ont montré un retard de 30 min
dans la prise en charge de la femme par rapport à l’homme . Ce délai correspond principalement au temps écoulé entre le début d’apparition des symptômes et le contact médical, dit « délai patient ». Par ailleurs, 20% des femmes vont aller dans un service d’accueil des urgences ou chez leur généraliste car l’appel aux services d’urgences n'a pas été suivi d’effet .

Une fois la prise en charge décidée, on constate que le délai entre cette prise en charge et la revascularisation coronaire est plus long chez la femme que chez l’homme . Enfin, la mortalité
hospitalière globale est de 9.6% chez la femme contre 3.9% chez l’homme (p<0,001). En analyse
multivariée, le sexe est un facteur prédictif de mortalité au même titre que l’âge et le diabèt.

La femme bénéficie significativement moins du traitement optimal post infarctus indiqué
recommandé par les recommandations européennes et américaines incluant statines et
bétabloquants ainsi que de l’accès à la réadaptation par rapport à l’homme .

Autres pays

Cette différence a été retrouvée dans différents registres et de manière concordante dans
différents pays. Par ailleurs le Pr Roxana Mehran a confirmé que ces inégalités de prise en
charge entre l’homme et la femme dans le cadre de l’infarctus étaient également retrouvées dans
les mêmes proportions aux États-Unis.

Le Pr Mirvat Alasnag a fait le même constat en ce qui concerne le moyen Orient, avec les meme
differences de delais . La mortalité post infarctus est le double chez la femme. Ce n’est que
partiellement expliqué par le fait que la femme est plus âgée avec plus de facteurs de risques. En
effet les inégalités de prise en charge expliquent également cette surmortalité .

* Points clefs de cette disparité de prise en charge :
  • * Retard de l’appel de la femme aux services d’urgence
  • * Retard de diagnostic des services d’urgences
  • * Les femmes ne bénéficient pas du traitement optimal post infarctus.
  • * Très peu de femmes bénéficient de la réadaptation post infarctus.

    Particularités anatomiques et causes particulières de l'infarctus chez les femmes

    L’infarctus du myocarde est lié dans la majorité des cas à l’occlusion d’une artère coronaire par un thrombus au contact d’une plaque d’athérosclérose. Son traitement repose sur la réalisation
    en urgence d’une angioplastie coronaire de désocclusion dans des centres spécialisés.
    Les femmes peuvent présentent des particularités anatomiques de leurs artères coronaires et
    dans environ 4 à 8% des cas des causes particulières d’infarctus du myocarde qui peuvent avoir
    un impact la présentation clinique et sur le traitement .

    Particularités anatomiques

    Les artères coronaires des femmes sont généralement plus petites et plus sinueuses que celles

    des hommes. Ces différences anatomiques peuvent rendre les procédures d’angioplastie
    coronaire en urgence plus difficiles et augmenter le taux de complication per et post-procédure
    En revanche, elles présentent moins fréquemment d’atteinte obstructives et l’analyse des
    plaques coronaires révèlent des caractéristiques moins péjoratives .

    Causes particulières de l'infarctus chez les femmes

    Certaines causes de l'infarctus sont plus fréquentes chez les femmes, ce qui nécessite une
    attention spéciale :

    Syndrome de Takotsubo : Également connu sous le nom de "syndrome du coeur brisé", le
    syndrome de Takotsubo est plus fréquent chez les femmes. Il se caractérise par une dysfonction
    temporaire du muscle cardiaque en réponse à un stress émotionnel aigu, souvent déclenché par
    des événements traumatiques ou stressants. [14]. Les coronaires sont le plus souvent normales,
    et l’évolution est favorable dans la majorité des cas. Le traitement consiste en une surveillance
    en soins intensif sans avoir recours à une revascularisation car le réseau coronaire n’est pas en
    cause.

    Dissection coronaire spontanée : Cette condition rare se produit lorsqu’un hématome se
    développe au sein de la média de la paroi des artères coronaires. On observe alors la séparation
    de la média ou de l’intima-média dont la conséquence est la compression de la lumière de cette
    artère coronaire. L’infarctus survient lorsque cette compression est complète. La majorité des
    cas de dissection coronaire spontanée survient chez des femmes, ce qui suggère une
    prédisposition potentielle. Leur diagnostic et leur traitement sont plus complexes [9, 15]. En
    particulier la réalisation d’une angioplastie coronaire en urgence doit être proposée uniquement
    si l’occlusion est complète en raison du risque de diffusion de la dissection lors de l’introduction
    de matériel dans l’artère coronaire. Devant cette complexité une stratégie la plus conservatrice
    possible est préconisée si le flux coronaire est suffisant.

    Infarctus sans obstruction coronaire (MINOCA des Anglo saxons), pouvant être liée à différentes
    étiologies. Cette situation est 5 fois plus fréquente chez les femmes et représente jusqu’à 20%
    des syndromes coronaires aigu [9]. Seule une démarche diagnostique précise associant imagerie
    endo-coronaire et imagerie en coupe permet de préciser le diagnostic assurant ainsi un traitement
    adapté. Les causes très variées englobant les hématomes, dissections coronaires, le Takotsubo
    et peuvent être aussi embolique, lié à un spasme coronaire épicardique ou anomalie
    microvasculaire ou dysfonction microvasculaire.

    Ces causes particulières de l'infarctus nécessitent une reconnaissance précoce et une approche adaptée.

    Il est essentiel que les cardiologues soient informés de ces aspects afin d'améliorer la
    prise en charge. Ces particularités ont en effet un impact sur la revascularisation à la phase aigüe.
    En effet, les particularités anatomiques peuvent rendre plus difficile la réouverture de l’artère
    occluse responsable de l’infarctus. Les causes particulières tel que les dissections spontanées
    vont modifier la façon de réaliser l’angioplastie, les MINOCA ne nécessiteront aucune angioplastie
    mais un suivi adapté

    Impact sociétal

    L'impact sociétal sur l'inégalité de prise en charge de l'infarctus chez les femmes est significatif.
    Plusieurs facteurs sociétaux contribuent à cette inégalité :

    Une perception différente des douleurs : Les femmes sont susceptibles de ressentir des
    douleurs qui sont dites « normales » (dysménorrhées, douleur de l’accouchement...) à différents
    moments de leur vie en raison de facteurs hormonaux et d'autres conditions médicales. Cela peut
    entraîner une sous-estimation des symptômes liés à l'infarctus. C’est pourquoi les patientes victimes d’un infarctus vont minimiser les douleurs thoraciques bien que celles-ci soient présentes dans 92% des cas comme chez l’homme et avec la même intensité. Elles insisteront plutôt sur les signes d’accompagnement comme la dyspnée, la fatigue, les nausées qui sont aussi présents chez l’homme. Cette attitude diffère de celle de l’homme qui va décrire en premier lieu la survenue d’une douleur thoracique, et seulement secondairement les autres signes. Il est donc important que les services SAMU et d’urgence recherchent cette douleur chez la femme par un
    interrogatoire précis.

  • En ce qui concerne les symptômes atypiques, leur fréquence augmente avec l’âge aussi bien
    chez l’homme que chez la femme.


    Perception de l'infarctus comme maladie de l'homme

    L'infarctus a longtemps été perçu comme une maladie principalement masculine et non féminine surtout chez la femme jeune non ménopausée. Cette perception erronée peut influencer la manière dont les femmes victimes d’un infarctus du myocarde sont diagnostiquées et traitées entrainant des retards dans la prise en charge. C’est ainsi que les femmes vont faire appel aux services médicaux d’urgence plus tardivement que les hommes, avec souvent l’idée préconçue de ne pas être exposées au risque de faire un infarctus 

    Réseaux de prise en charge

     Il est essentiel d'intégrer une sensibilisation spécifique au genre dans les réseaux de prise en charge médicale, tels que le SAMU et les services médicaux d’urgences pour améliorer la prise en charge. Ces services ne tiennent pas toujours compte des particularités de la présentation clinique de l'infarctus chez les femmes. Ils ne recherchent pas les facteurs de risques spécifiques aux femmes et ne pense pas à la possibilité qu’une femme non ménopausée puissent être victime d’un infarctus.

    Fabien Coisy et al ont réalisé auprès d’un échantillon européen et francophone d’urgentistes
    une étude analysant la décision de soins d’urgence chez des patients avec un contexte clinique
    de syndrome coronaire aigu mais représentés seulement par des photos. Cette étude a montré
    que la décision de réaliser une prise en charge en urgence était significativement moins
    importante chez la femme

    Impact des violences physiques sur les maladies cardiovasculaires

    Les femmes ayant subi des violences physiques ont une augmentation significative de maladie
    cardiovasculaire .

    Le mode d’action est multiple :

    Stress et Activation du Système Nerveux Sympathique : Les situations de violence physique
    provoquent un stress intense qui active le système nerveux sympathique, augmentant la
    fréquence cardiaque et la pression artérielle.

    Inflammation Chronique : Le stress chronique lié à la violence physique peut déclencher une
    inflammation systémique persistante, un facteur de risque clé pour le développement de
    l'athérosclérose et d'autres maladies cardiovasculaires.

    L’existence de ces violences physiques doit donc être considérée comme un facteur de risque
    supplémentaire à rechercher à l’interrogatoire comme les autres facteurs de risque, et pouvant
    expliquer la survenue d’un infarctus chez la femme.

    Comprendre l'impact sociétal de cette maladie, est essentiel pour améliorer la prise en charge et
    réduire les disparités dans le diagnostic et le traitement de l'infarctus. Cette compréhension peut
    contribuer à une meilleure sensibilisation et à des protocoles de soins adaptés.

Facteurs de risque spécifiques et sensibilité accrue
Facteurs de risque spécifiques chez les femmes

Les facteurs de risque spécifiques aux femmes vont entrainer une augmentation du risque
cardiovasculaire.

Parmi ces facteurs de risque, nous pouvons citer :

Hypertension Gravidique : L'hypertension artérielle développée pendant la grossesse, appelée
hypertension gravidique, est un facteur de risque spécifique chez les femmes. Les femmes qui
ont eu une hypertension gravidique présentent un risque accru d'infarctus du myocarde à long
terme

Pré-Éclampsie : La pré-éclampsie, une complication de la grossesse caractérisée par une
pression artérielle élevée et une fonction rénale altérée, est un facteur de risque majeur d'infarctus
chez les femmes. Les femmes qui ont souffert de pré-éclampsie ont 2 fois plus de risque de
développer une cardiopathie ischémique après la grossesse 

Ovaire polykystique : Le syndrome des ovaires polykystiques touche 5 à 13 % des femmes et est
associé à une prévalence accrue de surpoids, d'insulinorésistance, de diabète, de dyslipidémie
et d'HTA. Le risque cardiovasculaire global est également accru de 30 % 

Diabète Gestationnel : Le diabète gestationnel, qui survient pendant la grossesse, est un facteur
de risque spécifique chez les femmes. Les femmes ayant eu un diabète gestationnel sont plus
susceptibles de développer un diabète de type 2 et 2 fois plus de risque de faire un infarctus par
la suite.

Sensibilité accrue aux facteurs de risque classiques

En plus des facteurs de risque spécifiques, les femmes présentent une sensibilité accrue aux
facteurs de risque classiques tels que l'hypertension artérielle, le diabète, le tabagisme et
l'hypercholestérolémie. Plusieurs études ont montré que, pour un niveau de facteur de risque
similaire, les femmes ont tendance à présenter un risque plus élevé d'infarctus par rapport aux
hommes. Cette observation souligne la nécessité de prendre en compte cette sensibilité accrue
dans les protocoles de prévention et de diagnostic .

Augmentation de l'incidence chez les femmes jeunes

La femme est normalement moins exposée à la survenue d’un infarctus avant la ménopause du
fait de la protection hormonale. En conséquence, les femmes qui font un infarctus sont plus âgée
que les hommes (73 vs 64 ans p<0,001) et ont plus de facteurs de risque. Dans 46%, les femmes
qui font un infarctus ont plus de 4 facteurs de risque contre 19% chez l’homme

Ces dernières années, une préoccupation majeure est l'augmentation de 25% de l'incidence de
l'infarctus chez les femmes jeunes non ménopausées en France , surtout dans la
tranche d’âge de 45-64 ans. On retrouve la même tendance dans le registre des AVC de Dijon

 Cette tendance est également observée dans d’autres pays et soulève des questions
sur les facteurs de risque spécifiques ou les changements de mode de vie qui peuvent contribuer
à cette hausse. En effet, on constate une augmentation chez la femme jeune du tabagisme, de
l’obésité. Les femmes de moins de 55 ans qui font un infarctus présentent au moins 3 facteurs
de risque dans 44 à 54% des cas et 2 ou plus dans 70 à 80%

Dans l’étude WAMIF, 75% de femmes présentant un infarctus avant l’âge de 50 ans sont
fumeuses, 46% sont en situation de précarité . Mais d’autres causes peuvent être incriminées
et seule une recherche dédiée pourra permettre d’y répondre.

La compréhension des facteurs de risque spécifiques aux femmes et de leur sensibilité accrue aux facteurs de risque classiques est essentielle pour mieux cibler la prévention, le diagnostic
précoce et la gestion de l'infarctus chez les femmes en France. L'intégration de ces éléments
dans l’interrogatoire des services d’urgences, dans les protocoles de soins, et la sensibilisation
du public peuvent contribuer à réduire l'inégalité de prise en charge.

Sous-représentation des femmes dans les études cardiovasculaires

Il est essentiel de noter que, malgré l'impact significatif des maladies cardiovasculaires sur les
femmes, celles-ci sont souvent sous-représentées dans les études cliniques et de recherche en
cardiologie . Cette sous-représentation a des répercussions profondes sur la compréhension
des maladies cardiovasculaires chez les femmes et la formulation de protocoles de traitement
adaptés.

Historiquement, les études cliniques se sont largement concentrées sur les hommes, ce qui a
conduit à des biais de genre dans les recommandations. Les différences biologiques, hormonales
et physiologiques entre les sexes ont été négligées. De même, les propriétés pharmaco
dynamiques et pharmaco cinétiques sont différentes selon le sexe . Aussi l’efficacité et la
sureté des traitements est également différentes mais malheureusement non objectivées en
raison de cette sous-représentation des femmes dans les essais cliniques. Par conséquent, les
femmes peuvent être exposées à un risque accru d'effets indésirables ou de traitement moins
optimaux. Par exemple, les traitements antithrombotiques génèrent plus de saignement chez la
femme, l’aspirine a une inhibition plaquettaire moins importante, les diurétiques entrainent plus
de désordres électrolytiques, les statines plus d’effets secondaires

La sous-représentation des femmes dans les étudesLa sous-représentation des femmes dans les études cardiovasculaires est un enjeu majeur à résoudre. Il est essentiel que les chercheurs et les professionnels de santé reconnaissent 
l'importance de l'inclusion équilibrée des femmes dans les études cliniques pour garantir une compréhension complète des maladies cardiovasculaires et l’efficacité de la prise en charge médicamenteuses chez les deux sexes. Il est également important de développer une recherchespécifique aux femmes dans le domaine des maladies cardiovasculaires.

Inégalité dans le traitement non interventionnel

Inégalité dans le traitement médicamenteux

L'inégalité dans le traitement médicamenteux après un infarctus du myocarde peut se manifester
de plusieurs manières, notamment :

Prescription de médicaments : Les études ont montré que les femmes ont moins de chances que
les hommes de se voir prescrire certains médicaments essentiels après un infarctus, tels que les
bêta-bloquants, les inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (IEC) et les statines.
Cette sous-prescription peut être liée à des préjugés de genre, à des différences de symptômes,
ou à un manque de sensibilisation des professionnels de santé 

Adhérence au traitement : Les femmes peuvent également être moins susceptibles de respecter
un traitement médicamenteux recommandé en raison de divers facteurs, y compris des
préoccupations liées à la sécurité, des effets secondaires perçus, et des contraintes sociales.
Cela peut entraîner une efficacité réduite du traitement et un risque accru de complications
cardiovasculaires 

Inégalité dans la rééducation post-infarctus

La rééducation cardiaque post-infarctus est une composante cruciale du traitement, visant à
favoriser la récupération, la prévention des récidives et l'amélioration de la qualité de vie.
Cependant, les femmes peuvent également être désavantagées dans ce domaine 

Accès limité : Les femmes ont souvent un accès limité aux programmes de rééducation cardiaque
en raison de facteurs tels que le manque de temps, les responsabilités familiales, ou le manque
de références médicales. Cela peut entraîner un sous-usage de ces programmes bénéfiques.

Adaptation inadéquate : Les programmes de rééducation cardiaque ne sont parfois pas
suffisamment adaptés aux besoins spécifiques des femmes. Les différences de condition
physique, de préoccupations psychosociales et de sensibilité aux facteurs de risque nécessitent
une approche personnalisée. En effet, les femmes sont plus âgées et ont d’avantage de
comorbidités. Il faut donc adapter les objectifs de la réadaptation 

Les inégalités dans le traitement médicamenteux et la rééducation post-infarctus ont des
conséquences potentiellement graves pour les femmes, notamment un risque accru de récidive
d'infarctus, de complications cardiovasculaires et de mortalité .
 Ce constat est identique
dans les autres pays selon les experts interrogés

Recommandations

Comprendre les particularités anatomiques, les causes spécifiques, la sensibilité accrue aux
facteurs de risque et l'impact sociétal est essentiel pour mieux cibler les efforts de prévention, de
diagnostic précoce et de traitement de l'infarctus chez les femmes en France. Une prise de
conscience accrue et une intégration efficace de ces éléments dans les protocoles de soins sont
essentielles pour réduire l'inégalité de prise en charge de cette maladie cardiaque, première
cause de mortalité chez les femmes. Il est fondamental de développer une recherche spécifique
aux femmes dans ce domaine.

Ce constat est identique dans les autres pays selon les experts interrogés

Sur la base des éléments examinés dans ce rapport, nous formulons les recommandations
suivantes pour améliorer la prise en charge de l'infarctus chez les femmes en France :

1. Sensibilisation et formation : Mettre en place des programmes de sensibilisation et de
formation pour les professionnels de santé notamment au niveau des services d’accueil des
urgences et du SAMU afin de mieux reconnaître et comprendre les particularités de l'infarctus
chez les femmes, en mettant l'accent sur la description différente des symptômes par les femmes
et la recherche des facteurs de risque spécifiques.

2. Protocoles de soins : Élaborer des protocoles de soins qui tiennent compte des particularités
anatomiques et des causes spécifiques de l'infarctus chez les femmes, et améliorer les
techniques de prise en charge diagnostiques et thérapeutiques. Sensibiliser les professionnels
de santé aux différences de genre dans les besoins et les réponses aux traitements. Améliorer
l'accès à une rééducation cardiaque mieux adaptée aux femmes.

3. Sensibilisation du public : Lancer des campagnes de sensibilisation du public visant à
éduquer les femmes sur les facteurs de risque cardiovasculaire classiques et spécifiques et les
symptômes de l'infarctus, et changer la perception de cette maladie comme étant principalement
masculine. Il est important devant toute douleur thoracique d’appeler le 15 et non d’aller aux
urgences ou d’appeler son médecin.

4. Surveillance et recherche : Promouvoir la surveillance continue des tendances de l'infarctus
chez les femmes, en accordant une attention particulière aux femmes jeunes non ménopausées,
et soutenir la recherche visant à mieux comprendre les facteurs émergents de risque
cardiovasculaire. Réaliser des études cardiovasculaires dédiées aux femmes dans le domaine
diagnostic et thérapeutique.

ICONOGRAPHIE

FEM1

Dans le méta registre français on objective l’augmentation des délais dans la prise en charge de l’infarctus chez la femme ainsi qu’une différence dans le traitement initial, avec significativement moins de reperfusion.

FEM2

Dans le méta registre français, Stéphane manzo-Silberman et al sur l’infarctus montre
que la mortalité quel que soit l’âge, le délai de prise en charge et le traitement initial, la mortalité
significativement plus importante chez la femme et ceci après ajustement des facteurs de risque.

FEM3

Dans le registre parisien, CARDIO-ARHIF, Hakim Benamer et al [2] montre qu’en analyse
multivariée, le sexe est un facteur prédictif de mortalité au même titre que l’âge, le diabète le choc
cardiogénique ou la localisation anatomique

FEM4

Inégalité dans le traitement post infarctus chez la femme
 
FEM5

Aux moyen orient, dans 7 pays du golfe, 31 620 patients présentant un syndrome coronaire aigu ont été analysés . On constate des délais significativement plus longs chez la 
femme à tous les stades de sa prise en charge.

FEM6
Progression de l’infarctus chez les femmes de moins de 54 ans. On constate une augmentation du nombre d’infarctus de 3,6% par an d’infarctus soit une augmentation de 21,7% sur 10 ans


Commentaire

Un rapport parfait, clair exhaustif.

On pourrait faire le même rapport sur l'inégalié de la prise en charge de toutes les affections artérielles périphériques chez la femme.

A priori égalité vis à vis de la maladie thromboemboli que, "c'est une maladie des femmes" par opposition aux atteintes artérielles, " une maladie de l'homme".

La médecine genrée est une réalité en France et dans le monde.

Il faut que cela change, c'est une urgence VITALE


agg

UN SITE qui résume tout sur cette questions : AGIR POUR LE COEUR des FEMMES
https://www.agirpourlecoeurdesfemmes.com/


Lors d’un arrêt cardiaque, les femmes ont un risque de décès 2 fois plus élevé par rapport aux hommes

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Dans un lieu public, les femmes ont moins de chances de recevoir un massage cardiaque d'un témoin que les hommes, ce qui entraine un plus grand nombre de décès chez elles.

https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(23)00875-9/abstract 

La première barrière est l’absence de reconnaissance de l'arrêt cardiaque en lui-même, considéré comme un évènement masculin. Pourtant, les femmes sont de plus en plus nombreuses à être touchées. Elles ont -malheureusement - adopté les mauvaises habitudes d’hygiène de vie des hommes : manque d’activité physique, alimentation déséquilibrée, tabac, alcool, stress…

Ce mode de vie diminue la protection naturelle qui leur est apportée par leurs hormones naturelles jusqu’à la ménopause. Les artères des femmes étant plus fines, elles sont donc plus sensibles que celles des hommes aux facteurs de risque classiques. D’autre part, leur situation hormonale peut exposer davantage certaines femmes à l’accident cardiaque (contraception avec oestrogènes, grossesse et post partum, ménopause).

La deuxième barrière est la crainte de masser une poitrine de femme. Certains passants sont embarrassés de toucher la poitrine d’une femme, d’autres pensent que les seins entravent un massage cardiaque efficace.

La meilleure solution pour mettre toutes les chances de son côté ? Eviter l’arrêt cardiaque ! Une bonne hygiène de vie et un suivi médical régulier permettent dans 8 cas sur 10 d’éviter d’entrer dans la maladie cardio-vasculaire.


https://www.agirpourlecoeurdesfemmes.com/alerter/L-arret-cardiaque-au-feminin-Et-si-c-etait-vous-?utm_source=prehome#haut


L'arrêt cardiaque au féminin : et si c’était vous ?

Agir : 5 maillons de survie !

L’arrêt cardiaque est une urgence vitale absolue. Il est donc très important d’agir immédiatement. Les gestes de premiers secours doivent être réalisés le plus tôt possible, pour augmenter les chances de survie de la personne, victime d’arrêt cardiaque.

5 maillons de survie sont essentiels pour augmenter les chances de la victime :

- 1. Reconnaitre l’arrêt cardiaque

- 2. Alerter les secours (le 15 pour le SAMU, le 18 pour les pompiers ou le 112 pour le numéro d’urgence dans l’ensemble de l’Union européenne) : au téléphone, expliquer la situation brièvement et communiquer le lieu. Rester en ligne avec les secours tout au long de la prise en charge.

- 3. Oser masser et de façon efficace : en se positionnant au-dessus de la victime, placée sur un plan dur. Les bras doivent toujours être tendus. Poser les paumes de mains l’une sur l’autre, au milieu de la poitrine et exercer des pressions sur la cage thoracique, puis relâcher. Il faut faire 100 pressions par minute (au rythme de Stayn’ Alive des Beegees). Il n’est absolument pas nécessaire de faire du bouche-à-bouche. Autre élément important : masser un cœur qui bat n’a pas de conséquence. Oser masser peut réellement faire la différence entre la vie et la mort.

- 4. Utiliser sans crainte le défibrillateur externe : s’il y en a un à proximité, il sera apporté par un autre témoin, en attendant l’arrivée des secours. Une fois le défibrillateur en main, ouvrir le boîtier et allumer l’appareil. Le défibrillateur transmet oralement des instructions : il n’y a qu’à les suivre.

- 
5. Passer le relais aux équipes de secours.

https://www.agirpourlecoeurdesfemmes.com/alerter/L-arret-cardiaque-au-feminin-Et-si-c-etait-vous-?utm_source=prehome#haut


Bravo mille fois à Claire Mounier Véhier et Thierry Drilhon


A LIRE pour TOUT COMPRENDRE

9791033915140
Et le must ! 
GlcdamLXYAEbraqChirurgie le sexe fort ! ................A LIRE et RELIRE ! 
https://medvasc.info/administrator/index.php?option=com_content&view=article&layout=edit&id=2192

NE PAS LES OUBLIER ! 
JAMAIS !

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Copyright : Dr Jean Pierre Laroche /2025


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