La GLUE colle....tout !

 
 
"Moi, les hommes politiques, j’appelle ça des timbres. De face, ils vous sourient, ils sont figés. Mais si jamais vous leur passez la main dans le dos, alors-là, ça colle !” Coluche
 
"Je ne ferai jamais de chirurgie esthétique. Les marques de l'âge sont très importantes pour moi. Célébrer un anniversaire est toujours une fête." Pénélope Cruz

 
Parsi K, Zhang L, Whiteley MS, Vuong S, Kang M, Naidu N, Grace J, Connor DE. 899 événements indésirables graves, dont 13 décès, 7 accidents vasculaires cérébraux, 211 événements thromboemboliques et 482 réactions immunitaires : l’histoire inédite de la fermeture adhésive au cyanoacrylate. Phlébologie. 2023 octobre 30 : 2683555231211086. DOI : 10.1177/02683555231211086. Epub avant impression. PMID : 37902099.
 
 
Objectif
 
L’objectif était de récupérer et d’analyser les effets indésirables graves des systèmes d’occlusion veineuse utilisés dans les fermetures adhésives cyanoacrylates (CAC) soumises aux agences réglementaires.
 
Méthode
 
La base de données sur le cycle de vie total des produits (TPLC) de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis, la base de données des notifications d’événements indésirables (DAEN) de la Therapeutic Goods Administration (TGA) australienne et la base de données des cartes jaunes de l’Agence britannique de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) ont été examinées. Trois demandes d’accès à l’information (FOI) ont dû être soumises à la MHRA pour obtenir des données.
 
Résultats
 
Le TPLC contenait 899 rapports qui comprenaient 13 cas de décès, 7 accidents vasculaires cérébraux, 211 événements thromboemboliques et 482 réactions immunitaires. Le DAEN a enregistré trois événements indésirables à signaler, et la MHRA a enregistré sept incidents indésirables, dont un décès.
 
GLUE1
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Conclusion
 
Le CAC est associé à des événements indésirables graves, y compris la mort. Ces événements sont sous-déclarés dans la littérature médicale et ne sont signalés que de manière sous-optimale aux organismes de réglementation.

Commentaire

La GLUE n'est pas remboursée  en France
 
Peux-t-on l'utiliser pour le traitement des varices : OUI

Dois t-on recenser les incidents et accidents avec la glue : OUI, évidemment, les ommettre appartient à la faute médicale .

Faut-il être formé à cette technique : OUI, évidemment , rien n'est inné en médecine.

A qui s'adresse cette technique ? Au stade C2 de la CEAP

Mise au Point SFMV (Olivier Pichot)
UTILISATION DE LA GLUE (CYANOACRYLATE) DANS LE TRAITEMENT DES REFLUX DE LA GRANDE VEINE SAPHENE
 :
The European multicenter cohort study on cyanoacrylate embolization of refluxing great saphenous veins. :
UTILISATION DE LA GLUE (CYANOACRYLATE) DANS LE TRAITEMENT DES REFLUX DE LA GRANDE VEINE SAPHENE
Proebstle TM, Alm J, Dimitri S, Rasmussen L, Whiteley M, Lawson J, Cher D, Davies A.
J Vasc Surg Venous Lymphat Disord. 2015 Jan;3(1):2-7.
 
Traductions & commentaires :
Olivier PICHOT

Thomas Proebstle rapporte dans cet article les résultats de la première étude européenne sur l’utilisation du cyanoacrylate (glue) pour le traitement des reflux de la grande veine saphène (GVS) . Il s’agit d’une étude prospective multicentrique conduite dans 7 centres européens rompus à la pratique des traitements endo-veineux thermiques. Cette étude avait comme objectifs d’évaluer le taux d’occlusion des GVS, et les effets secondaires. Les patients ont bénéficié d’un examen clinique et écho-Doppler 2 jours après la procédure, puis à 1, 3, 6, et 12 mois avec mesure du score de sévérité clinique et de scores de qualité de vie. Entre décembre 2011 et juillet 2012, 70 patients ont été inclus avec une prédominance féminine (78,6%) et un âge moyen de 48.4 (22-72) ans. Le diamètre de la GVS mesuré à la jonction saphéno-fémorale (JSF) était de 7.8 ± 2.1 (6.6-14) mm. Le traitement a consisté en la seule embolisation de la GVS sans geste associé (ni phlébectomie, ni sclérose) sur les veines tributaires incontinentes. La durée de la procédure a été en moyenne de 18.6 (18-74) minutes.
 
68 patients (97.1%) ont été suivis jusqu’à 1 an. Pendant toute la durée du suivi, 5 patients ont présenté une recanalisation partielle (définie comme toute zone traitée et perméable sur une longueur supérieure à 10 cm), soit un taux d’occlusion à 1 an de 92.9%. Les scores de sévérité clinique et de qualité de vie ont tous démontré une amélioration significative par rapport à l’état clinique préopératoire des patients.Les effets secondaires ont été très limités avec des réactions inflammatoires sur le trajet des veines traitées chez 11.4% des patients. Ces manifestations ont été observées en moyenne 6 jours après le traitement. Elles ont duré entre 2 et 12 jours et n’ont nécessité le recours à un traitement anti-inflammatoire que dans 25% des cas. Cinq patients (8.6%) ont présenté dans les 3 premiers jours après l’intervention une douleur sans réaction inflammatoire résolutive en moyenne en 1 (0-12) jour. Aucun patient n’a présenté de thrombose veineuse profonde ni d’embolie pulmonaire. Un cas de migration de la glue 6 mm au-delà de la jonction saphéno-fémorale et sans conséquence a été dépisté.
 
L’application de glue entraine une occlusion immédiate de la veine. Le contact de la glue avec les cellules sanguines, le plasma et l’endothélium veineux déclenche sa polymérisation, qui induit au niveau de toute la paroi veineuse une forte réaction inflammatoire de type granulomateuse à corps étranger, qui conduit à terme à une transformation fibreuse de la veine. La glue est utilisée depuis plusieurs années dans d’autres applications médicales, notamment en ophtalmologie et en dermatologie, mais aussi pour l’hémostase chirurgicale, pour le traitement de certaines fistules artério-veineuses viscérales ainsi que pour le traitement des varices œsophagiennes et des varicocèles. Cette étude sur l’utilisation du cyanoacrylate dans le domaine de l’insuffisance veineuse superficielle fait suite à la première publication en 2012 de Min qui a évalué cette technique chez l’animal, puis d’Almeida qui a rapporté en 2013 les résultats initiaux de la première application chez l’homme et l’année suivante les résultats du suivi des patients à 2 ans . Les caractéristiques de la glue utilisée ici ont été optimisées pour l’usage veineux avec : une polymérisation rapide au contact du sang et des tissus, la conservation d’une souplesse après polymérisation pour éviter toute sensation des patients, et une haute viscosité pour éviter tout risque d’embolisation. Il s’agit ici de la formule de cyanoacrylate (Venaseal™) commercialisée par la société Medtronic. Une autre formule de cyanoacrylate offrant une polymérisation très rapide et une moindre viscosité, (Variclose ®) commercialisée par la société Biolas, est aussi actuellement disponible .

La méthodologie d’application de la glue est bien codifiée. Schématiquement, le cathéter applicateur introduit dans la GVS en percutané est positionné à 5 cm de la jonction saphéno-fémorale. Une compression de la terminaison de la GVS est exercée par la sonde échographique. La jambe est surélevée d’environ 15° et deux bolus de glue de 0.1 ml sont délivrés à 1 cm d’intervalle. Une compression manuelle de la veine au niveau de la zone d’embolisation est exercée pendant 3 minutes. Ensuite un nouveau bolus de 0.1 ml est délivré tous les 3 cm sur toute la longueur de la veine en maintenant après chaque application de glue une compression de 30 secondes.Le rationnel avancé pour justifier l’utilisation de la glue dans le traitement des varices est de pouvoir disposer d’une technique aussi efficace et sûre que les techniques thermiques, mais qui évite les désagréments de l’anesthésie par tumescence, et l’inconfort du port postopératoire de la contention élastique.Les inconvénients de l’anesthésie par tumescence sont bien réels, mais indiscutablement majorés par les auteurs de l’étude et les promoteurs de la technique. L’usage d’une aiguille de petit calibre (21G), d’une pompe, et la réalisation d’injections échoguidées bien ciblées permet de réduire très significativement la douleur et le nombre d’injections. De même, le risque d’ecchymoses et de paresthésies est en réalité tout à fait minime. En revanche, cette technique peut être d’un réel bénéfice chez les patients pusillanimes, et surtout, elle évite tout risque neurologique lié à l’usage de l’énergie thermique.Il a été décidé dans cette étude de se passer du port de toute contention élastique. Là encore, l’inconfort du port diurne d’une contention par un bas de classe 2 pendant 8 jours est assez négligeable, et qui plus est, le port d’une contention après traitement thermique n’est pas impératif. Enfin, les auteurs s’interrogent sur le fait que le port postopératoire d’une contention aurait peut-être pu éviter les recanalisations observées chez certains patients de l’étude, et sur son bénéfice potentiel pour le traitement de veines de gros calibre non inclues dans cette étude.
A ce titre, il est important de bien considérer les critères d’éligibilité des patients inclus dans cette étude. N’ont été inclus que les patients présentant une VGS d’un calibre maximum compris entre 3 et 10 mm avec une mesure réalisée le plus souvent au niveau de la JSF. Une fois de plus, se pose le problème du manque de standardisation des mesures ED qui idéalement devraient concerner le tronc de la VGS à l’union tiers moyen et tiers supérieur de cuisse. De fait, on peut penser que les veines traitées étaient en fait d’assez petit calibre. Les patients traités par anticoagulants, qui sont une cible privilégiée des traitements thermiques ont été exclus. A ce propos, Lane a depuis rapporté en 2013 un cas de reperméabilisation subtotale à 6 mois de la VGS chez une patiente traitée par Coumadine mais qui présentait aussi une veine d’assez gros calibre (7). Les patients aux antécédents de thrombose veineuse profonde ou superficielle ont aussi été exclus de même que ceux laissant présager un cathétérisme difficile où des introductions multiples. A ce titre, il faut souligner que la procédure d’embolisation est un peu plus complexe que celle des traitements thermiques, et que la réalisation d’introductions multiples rallongerait significativement la durée de la procédure. Par contre, l’usage du guide qui permet la mise en place du cathéter porteur puis de l’applicateur peut faciliter le franchissement des éventuels obstacles au cathétérisme (sinuosités, valvules, etc.).
Avec des résultats comparables à ceux des traitements thermiques, cette étude fait la preuve, à court terme (1 an) néanmoins, de l’efficacité de l’oblitération de la VGS obtenue avec cette technique. Cependant, les recanalisations sont définies ici comme un segment de veine perméable de plus de 10 cm, ce qui constitue un critère assez peu sensible en comparaison des 3 cm retenus dans l’étude multicentrique comparable sur la radiofréquence . Une recanalisation segmentaire a donc été observée chez 5 patients au contrôle à J2 (2 cas), à 2 mois (2 cas) et à 6 mois (1 cas), avec dans 4 cas un reflux issu de la JSF. Comme avec les techniques thermiques, les cas de reperméation surviennent donc précocement, avec un reflux essentiellement issu de la JSF. L’étude VeClose, qui a comparé glue et radiofréquence, confirme la non infériorité de la glue par rapport à la radiofréquence avec un court recul de 3 mois (9). Le suivi des patients à 2 ans de la cohorte de l’étude initiale d’Almeida montre la persistance d’un taux d’occlusion de 92% . Les auteurs rapportent une amélioration clinique des patients comparable, qu’ils présentent ou non une reperméation. Là encore, la même observation a déjà été faite avec les traitements thermiques .
Dans cette étude, le parti pris a été de différer d’un moins 3 mois tout geste de phlébectomie et de sclérothérapie qui aurait pu interférer avec les résultats de la seule embolisation de la GVS.Comme plusieurs autres publications l’avaient déjà montré, les auteurs ont observé une disparition des varices initialement présentes chez environ 40% des patients, effective à 3 mois et persistante à 1 an .

Ces résultats supportent la stratégie consistant à différer le traitement des veines tributaires variqueuses, d’autant que si l’embolisation à la glue permet d’éviter toute anesthésie locale, celle reste bien sûr nécessaire en cas de phlébectomies associées.
Les complications observées ont été très limitées, manifestement en rapport avec la réaction inflammatoire induite par l’application de glue, et rarement symptomatiques. Il semble en revanche que le traitement des veines tributaires supra-fasciales majore nettement le risque de ce type de complication . Il n’a pas été observé de complication thrombo-embolique mais les patients qui présentaient des antécédents de thrombose veineuse profonde ou superficielle ont été exclus de l’étude. Un seul cas d’extension thrombotique au-delà de la JSF a été observé, résolutif en 2 semaines. Il faut noter que ce type de complication avait été observé initialement dans 21% des cas, ce qui a conduit à réviser les modalités de la procédure et à éloigner la première application de la glue à 5 cm de la JSF.
 
En conclusion, cette étude européenne contribue, avec l’étude américaine VeClose, à valider le traitement des varices de la GVS par l’embolisation au cyanoacrylate. Le suivi de cette étude est encore limité, mais comme avec les traitements thermiques, les cas de recanalisation sont survenus précocement et il est fort probable que les résultats observés à 1 an soient pérennes. Pour l’instant, cette technique s’est adressée à des veines d’assez petit calibre, pour lesquelles on peut objecter que l’échosclérose à la mousse reste une technique efficiente et qui dispense elle aussi de toute anesthésie par tumescence. Il reste aussi à valider cette technique avec des veines de gros calibre, à vérifier son efficacité chez les patients traités par anticoagulants, et son innocuité en cas d’antécédents thrombo-emboliques. Il semble aussi qu’il soit assez prudent d’éviter de traiter par cette technique les veines variqueuses supra-fasciales, pour éviter les réactions inflammatoires symptomatiques. Le bénéfice de cette technique reste quand même de se dispenser de l’anesthésie par tumescence, ce qui est confortable pour les patients pusillanimes et simplifie la procédure liée aux traitements thermiques. Le fait d’éviter tout risque neurologique est une avancée indiscutable en particulier pour le traitement de la petite veine saphène qui a aussi été investigué avec cette technique . Comme pour toute technique nouvelle, la validation initiale est assez restrictive. L’usage plus large de cette technique devrait nous permettre de mieux en définir les possibilités et les limites. Cette technique mérite indiscutablement d’être intégrée au panel des options thérapeutiques à offrir aux patients, qui toutefois sont assez souvent rebutés à se voir proposer l’injection d’une substance « étrangère ». Pour l’heure l’obstacle reste surtout, en France, le coût de cette technique et son absence de cotation.
 
https://www.portailvasculaire.fr/utilisation-de-la-glue-cyanoacrylate-dans-le-traitement-des-reflux-de-la-grande-veine-saphene

D
es articles plus récents montrent l'efficacité de la glue dans le traitement des varices, mais comme toute technique, une formation est absolument nécessaire, ne pas l'oublier.

Réfléxions sur la phlébologie interventionnelle : les techniques se multiplieent, la dernière étant "la meilleure"....à priori mais à posteriori non ! 
 
La varice a fait l'objet depuis près de 50 ans de multiples tentatives d'erradication : la ligature, l'éveinage, la CCHIVA  (le concepet le plus abouti)l,a cryo-ablation puis la vapeur, la sclérose, l'écho sclérose à la mousse, la radiofréquence, le Laser endoveineux, la destruction percutanée par les ultrasons, la colle et demain ? 

On peut être surpris d'une telle inventivité pour le traitement des varices.

POURQUOI ? 

Les varices appartiennent aux effections médicales chroniques évolutives dans le temps, le traitement parfait , à mon sens , n'existe pas encore, ceci explique cela......d'un autre côté on peut vivre jusqu'à 100 ans avec des varices.
 
De  plus le côté esthétique de cette affection entraîne toujours plus de traitements, la quête de l'absolument parfait n'a jamais de fin.......mais attention ne pas confondre esthétique et thérapeutique......, on traite une maladie chez un patient qui souffre.......quand on traite les varices, l'esthétisme c'est une autre activité....lucrative essentiellement sous le couvert d'un alibi et d'un vernis médical.......jusquà quand ?
 
Est-ce vraiment pertinent au sens de la pertinence des soins ? En partie oui / oui et en partie non / non. 

L'esthétisme , au prix de l'esthétisme !!!! .......on sort de la médecine pour entrer dans un autre monde, les varices sont une affection sérieuse mais en restant dans les limites  du nécessaire en 2023....car nous entrons dans une période où il faut faire des choix en matière de santé , en matière de santé publique, en matière de prévention......

Rappelons enfin que les saphènes représentent le matériel idéal pour réaliser un PONTAGE, alors préservons les , lorsqu'elles peuvent être utiles et salvatrices.
 
Les patients avec un profil "VASCULAIRE", les diabétiques, les insuffisants rénaux, les patients qui présentent un cancer, une maladie auto immune, une maladie rare, dans la mesure du possible doivent conserver leurs saphènes.

Pitié pour les saphènes ++++++