RCV : régime méditerranéen +/- vin

 
 
 
 
 
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Martínez-González MA, Bes-Rastrollo M, Sayon-Orea C, Ruiz-Canela M, Timiraos J, Toledo E, Sorlí JV, Salas-Salvado J, Gómez-Gracia E, Fiol M, Shröeder H, Lapetra J, Serra-Majem L, Pintó X, Barbería-Latasa M, Ros E, Babio N, Ortega C, de la Torre R, Lamuela-Raventos RM, Estruch R. Wine consumption, Mediterranean diet, and cardiovascular risk in two Spanish cohorts.

Consommation de vin, régime méditerranéen et risque cardiovasculaire dans deux cohortes espagnoles

Eur Heart J. 2026 Feb 11:ehaf1081. doi: 10.1093/eurheartj/ehaf1081. Epub ahead of print. PMID: 41667089.

Contexte et objectifs 

Les bienfaits du régime méditerranéen sont bien établis. Cependant, l’un de ses composants, le vin, reste controversé. Cette étude a évalué l’association entre le régime méditerranéen (avec ou sans consommation de vin) et les principales maladies cardiovasculaires ou la mortalité toutes causes confondues.

Méthodes 

L’étude PREDIMED a inclus 7 447 participants à haut risque. L’adhésion au régime méditerranéen a été mesurée à l’aide d’un questionnaire validé de 14 items, dont un sur la consommation de vin (seuil : sept verres par semaine). Les événements cardiovasculaires ont été enregistrés sur une période de suivi de 4,8 ans, tandis que la mortalité toutes causes confondues a été suivie pendant 17 ans. Une cohorte espagnole plus jeune (projet SUN), comprenant 23 133 participants suivis pendant 22 ans, a également été évaluée.

Résultats 

Dans l’étude PREDIMED, comparativement aux participants ayant
* une faible observance du régime méditerranéen (sans vin), ceux ayant une bonne observance (sans vin) présentaient un rapport de risque (RR) ajusté multivarié de 0,84 [intervalle de confiance (IC) à 95 % : 0,61-1,15] pour les maladies cardiovasculaires.
* Chez les participants ayant une bonne observance du régime méditerranéen (avec vin), le RR pour les maladies cardiovasculaires était de 0,55 (IC à 95 % : 0,36-0,83). Concernant la mortalité toutes causes confondues, le RR était de 0,77 (IC à 95 % : 0,68-0,87)
* chez les participants ayant une bonne observance du régime méditerranéen (sans vin) et de 0,67 (IC à 95 % : 0,57-0,78) chez ceux ayant une bonne observance (avec vin). Les analyses exploratoires dose-réponse n’ont pas mis en évidence de réduction du risque de décès chez les participants à l’étude PREDIMED qui consommaient trois verres de vin ou plus par jour. De plus, les analyses les moins susceptibles d'être affectées par un biais d'abstinence n'ont pas révélé de résultats significatifs, de même que les termes d'interaction multiplicative pour la question relative au vin dans le questionnaire. Dans la cohorte SUN, aucune association significative n'a été observée entre l'observance du régime méditerranéen, la consommation de vin, et les maladies cardiovasculaires. Cependant, pour la mortalité toutes causes confondues, le rapport de risque (RR) était de 0,94 (IC à 95 % : 0,71-1,26) chez les personnes suivant le régime méditerranéen (sans consommation de vin) et de 0,54 (IC à 95 % : 0,28-1,04) chez celles qui le suivaient (avec consommation de vin). En regroupant les deux cohortes, la consommation de vin dans le cadre du régime méditerranéen était associée à une mortalité toutes causes confondues plus faible (p = 0,01).


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Courbes de Nelson-Aalen pondérées par la probabilité inverse pour le critère d'évaluation principal de l'essai PREDIMED (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral ou décès cardiovasculaire) selon la classification conjointe de l'adhésion au régime méditerranéen avec ou sans les composantes liées au vin du questionnaire d'adhésion au régime méditerranéen pendant la période d'intervention (2003-2010). Les estimations ont été ajustées en fonction de l'âge, du sexe, du tabagisme, du diabète, de l'hypertension, de la dyslipidémie, de l'activité physique, du rapport taille/hauteur, de l'indice de masse corporelle, de l'apport énergétique total, de la consommation de fruits, de la consommation de légumes et de l'apport en fibres alimentaires.

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Risques relatifs de mortalité toutes causes confondues dans l’essai PREDIMED selon la combinaison de trois expositions dichotomiques : (i) répartition aléatoire dans l’essai (fusion des deux groupes suivant un régime méditerranéen par rapport au groupe témoin) ; (ii) adhésion réelle au régime méditerranéen selon l’échelle d’adhésion au régime méditerranéen (0 à 13 points, après exclusion du vin) : faible adhésion, ≤ 9 points vs forte adhésion, > 9 points ; et (iii) atteinte ou non du critère relatif au vin dans l’intervention (≥ 7 verres/semaine).


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Conclusions 

Toutefois, certaines associations et interactions non significatives incitent à être prudents lors de l'interprétation de ces résultats. Toutefois, certaines associations et interactions non significatives incitent à la prudence lors de l'interprétation de ces résultats.

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Cette étude clinique examine le lien entre le régime méditerranéen, la consommation de vin et la santé cardiovasculaire à travers les données des projets PREDIMED et SUN. Les chercheurs analysent comment une forte adhésion à ce mode alimentaire, incluant souvent un usage modéré d'alcool, influence les taux de mortalité et l'incidence des maladies cardiaques sur le long terme. Le texte confronte ces résultats aux recommandations de santé publique récentes, tout en détaillant les méthodes de suivi et les critères nutritionnels précis utilisés pour évaluer les participants. En s'appuyant sur des décennies de suivi en Espagne, l'article souligne les bénéfices potentiels d'une alimentation riche en huile d'olive, fruits et légumes pour réduire les risques de décès prématuré. Ces travaux offrent une perspective nuancée sur la place des habitudes de vie dans la prévention des pathologies chroniques majeures.

 


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Comment le vin influence-t-il la mortalité dans le régime méditerranéen ?

D'après les sources fournies, qui se basent principalement sur l'étude PREDIMED et la cohorte SUN, la consommation modérée de vin, lorsqu'elle est intégrée au régime méditerranéen, est associée à une réduction significative de la mortalité toutes causes confondues.
Voici les détails de cette influence selon les données de l'étude :
 
1. Un effet additif sur la survie (étude PREDIMED) Dans l'essai PREDIMED (participants âgés à haut risque cardiovasculaire), le respect du régime méditerranéen a montré des bénéfices distincts selon la consommation de vin :
Régime sans vin : une forte adhésion au régime méditerranéen sans la consommation de vin a réduit la mortalité de 23 % (hazard ratio [HR] de 0,77) par rapport à une faible adhésion.
Régime avec vin : L'adhésion au régime incluant une consommation modérée de vin (définie comme ≥ 7 verres/semaine) a entraîné une réduction de la mortalité de 33 % (HR de 0,67).
Comparaison directe : parmi les personnes qui suivaient déjà bien le régime méditerranéen, celles qui consommaient du vin avaient un risque de mortalité 17 % plus faible que celles qui n'en consommaient pas.
 
2. Résultats confirmés par l'analyse combinée Bien que les résultats dans la cohorte SUN (participants plus jeunes et en meilleure santé) n'aient pas été statistiquement significatifs isolément, ils montraient une tendance similaire vers une réduction de la mortalité. Cependant, lorsque les données des deux cohortes (PREDIMED et SUN) ont été combinées, la consommation de vin dans le cadre du régime méditerranéen a été associée de manière significative à une baisse de la mortalité toutes causes confondues (P = 0,01)
 
3. L'importance de la modération L'étude souligne que le bénéfice est strictement lié à une consommation faible à modérée :
• Les analyses exploratoires n'ont montré aucune réduction du risque de décès chez les participants consommant trois verres de vin ou plus par jour.
• La relation entre la consommation d'alcool (ou de vin) et la mortalité suit généralement une courbe en forme de « J » ou de « L », indiquant que les bénéfices disparaissent avec une consommation excessive.

4. Contexte alimentaire et cardiovasculaire L'influence positive du vin semble dépendre de son inclusion dans le régime méditerranéen global. L'étude note que la consommation modérée d'alcool est associée à une réduction de la mortalité uniquement lorsqu'elle est incluse dans le régime méditerranéen.   De plus, outre la mortalité générale, l'ajout de vin au régime méditerranéen a également été associé à une réduction du risque d'événements cardiovasculaires majeurs (infarctus, AVC).
 
5. Mécanismes et limites Les chercheurs suggèrent que les effets bénéfiques pourraient être liés aux propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes des polyphénols présents dans le vin, ainsi qu'à des améliorations du cholestérol HDL et de la sensibilité à l'insuline.  Toutefois, les auteurs appellent à la prudence car il s'agit d'analyses observationnelles. Bien qu'ils aient ajusté leurs modèles pour tenir compte de facteurs comme le tabagisme, l'éducation et l'activité physique, on ne peut exclure totalement des biais résiduels.

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Commentaire 

ICCPUD


Du CALME ! 

NON, cet article ne valide pas réellement un effet protecteur du vin.
 
Quand on lit attentivement la déclaration des liens  d'intérêts des auteurs  il y a un savant "cocktail" de sciences et de viticulture et  nous sommes sur un article d'une revue scientifique prestigieuse, l'European Heart Journal, revue de l'ESC ! 

En somme, on peut retenir que le régime méditerranéen sans vin réduit le RCV et le risque de cancer. La consommation très modérée de vin n'est pas sans risque, mais pourrait avoir un effet bénéfique, ce qui reste à démontrer.

RAPPEL / LE RÉGIME MÉDITERRANÉEN intègre l'activité physique, véritable médicament au quotidien, ne pas l'oublier.

Par contre l'excès de vin et de tout alcool est plus que nuisible, en termes de risque cardiovasculaire et de cancer.
 
DE LA MODÉRATION "EN TOUT" !

Je bois du vin le WE et pas toujours, jamais quand je travaille, un bon "vin de plaisir"

Reprenons la conclusion des auteurs.   
"En conclusion, lors d'un suivi à long terme d'individus à risque cardiovasculaire élevé dans l'étude PREDIMED, une consommation modérée de vin, dans le cadre du régime méditerranéen, était associée à une réduction du risque d'incidence totale des maladies cardiovasculaires et de mortalité toutes causes confondues. Ces résultats n'ont pas été reproduits dans une cohorte plus jeune (SUN). De plus, des analyses exploratoires dose-réponse n'ont pas mis en évidence de réduction du risque de décès chez les participants à l'étude PREDIMED qui consommaient trois verres de vin ou plus par jour (ce qui suggère que les associations favorables ne s'appliquent qu'à une consommation faible à modérée et non à une consommation élevée). Afin de confirmer ces observations, des essais contrôlés randomisés à grande échelle, spécifiquement conçus pour comparer une consommation modérée de vin à l'abstinence, sont nécessaires."

Pour faire simple, le vin à dose  modérée ne serait pas dangereux, mais de là à parler de réduction du risque cardiovasculaire et de cancer : pas réellement. Cela fait partie des plaisirs de la vie , qui ont beaucoup d'interdits à respecter, type boire ou conduire, etc.

À LIRE, le débat

Vin et maladies cardiovasculaires: un nouveau marqueur confirme la réduction du risque
La mesure des taux urinaires d’acide tartrique, une molécule présente préférentiellement dans les raisins, confirme qu’une consommation modérée de vin est associée à une réduction significative du risque de maladies cardiovasculaires.

https://observatoireprevention.org/2025/04/23/vin-et-maladies-cardiovasculaires-un-nouveau-marqueur-confirme-la-reduction-du-risque/


 

Boire un verre de vin par jour est-il bon pour la santé ? Voici ce que dit la science sur le « French paradox »

Par Philippe AVERS, médecin addictologue et tabacologue, Université Grenoble Alpes (UGA).

 

Absence d’effet confirmée

Les résultats révèlent que la tension artérielle et le risque d’accident vasculaire cérébral augmentent de concert avec l’augmentation de la consommation d’alcool. Pour les AVC et les hémorragies intracérébrales, la consommation moyenne d’alcool prédite par le génotype est associée au risque de maladie de manière continue. les affirmations antérieures selon lesquelles une ou deux consommations par jour pourraient protéger contre les accidents vasculaires cérébraux sont donc fausses.

Pour les infarctus du myocarde, la situation est à nouveau un peu différente, puisque la consommation moyenne d’alcool prédite par le génotype n’est pas associée significativement au risque de maladie.

Ladite consommation semble avoir un effet minime net positif sur le risque d’infarctus du myocarde, lié peut-être, selon les auteurs, à une augmentation du HDL-cholestérol (un effet constaté chez les personnes dont l’alcoolisation est chronique). Cependant, comme l’ont souligné Alain Braillon et Gérard Dubois dans La Presse Médicale, s’il existe un effet protecteur coronaire, il n’est que très faible et ne concerne pas tout le monde.

En définitive, il est surtout important de rappeler qu’il n’existe pas de consommation d’alcool « sans risque », comme l’avait montré une autre méta-analyse parue l’an dernier dans The Lancet. Mieux vaut donc plutôt parler de consommation d’alcool « à moindre risque ». Et relire les recommandations de Santé publique France.

La version originale de cet article a été initialement publiée en juin 2025.

La version originale de cet article a été publiée 
dans The Conversation.
https://theconversation.com/le-french-paradox-demonte-non-une-consommation-moderee-dalcool-na-pas-deffet-protecteur-114853
https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2025-12-29/boire-un-verre-de-vin-par-jour-est-il-bon-pour-la-sante-voici-ce-que-dit-la-science-sur-le-french-paradox-cdb84f4b-2146-4054-a32e-726534f3a127

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Cancer : l’étude qui tranche le mythe du vin rouge et alerte sur le vin blanc
https://www.doctissimo.fr/nutrition/alimentation-et-sante/bien-manger-pour-etre-en-bonne-sante/cancer-et-alimentation-quels-risques/cancer-letude-qui-tranche-le-mythe-du-vin-rouge-et-alerte-sur-le-vin-blanc-413771.htm

ALCOOL et RCV


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KCAL

 

 

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https://medvasc.info/archives-blog/alcool-et-rcv

REFLEXIONS sur le VIN   par PERPLEXITY IA

Le vin est avant tout un alcool : même si quelques effets protecteurs existent à très faible dose, le bilan global en santé publique penche clairement vers « produit à risque » plutôt que « produit bénéfique ».

Ce qu’on peut considérer comme « bienfaits »

 

En consommation modérée (typiquement ≤1 verre/j chez la femme, ≤2 chez l’homme, pas tous les jours) :

  • Effet cardioprotecteur modeste : plusieurs travaux associent le vin, surtout rouge, à une légère baisse de risque de maladie coronarienne et d’AVC ischémique, via augmentation du HDL et amélioration endothéliale.

  • Rôle des polyphénols (resvératrol, flavonoïdes, tanins) : propriétés antioxydantes et anti‑inflammatoires, réduction de l’oxydation du LDL, possible amélioration de la fonction vasculaire.

  • Ces effets apparaissent surtout intégrés dans un mode de vie de type méditerranéen (alimentation, activité physique, non‑tabagisme), le vin n’étant qu’un élément parmi d’autres.

Mais ces bénéfices restent modestes et observationnels, et les doses de resvératrol réellement ingérées via le vin sont largement inférieures à celles utilisées dans les études expérimentales.

Les risques clairement démontrés

 

Les risques augmentent avec la dose, sans seuil réellement « sûr » identifié :

  • Cancers : l’éthanol du vin augmente le risque de cancers ORL, œsophage, côlon, sein, même à faibles doses.

  • Foie : stéatose, hépatite alcoolique, cirrhose en cas de consommation chronique au‑delà de 1–2 verres/j.

  • Cœur et vaisseaux : HTA, cardiomyopathie alcoolique, majoration du risque de FA, accidents vasculaires à fortes consommations.

  • Neuropsychiatrique : troubles cognitifs, risque de dépendance, augmentation de la dépression et d’autres troubles à consommation excessive.

  • Autres : prise de poids (calories liquides), traumatismes, accidents, violences, interactions médicamenteuses.

Une étude publiée dans The Lancet retrouve qu’un verre par jour augmente déjà légèrement le risque d’événements liés à l’alcool, sans bénéfice net de mortalité toutes causes.

Position pratique

  • Ne jamais présenter le vin comme un « médicament » ou un facteur protecteur à promouvoir.

  • Pour quelqu’un qui ne boit pas : ne pas commencer « pour la santé ».

  • Pour quelqu’un qui boit : viser la plus faible consommation possible, garder des jours sans alcool, respecter strictement les contre‑indications (grossesse, antécédent de dépendance, pathologie hépatique, certains traitements, etc.).

En résumé : le vin peut s’intégrer, à très petites doses, dans un mode de vie globalement sain, mais du point de vue médical, c’est d’abord un produit à risque qu’il faut minimiser, ce n'est pas un outil de prévention cardiovasculaire.

Bien dit ! 


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