"Les pays riches vaccinent une grande partie de leur population tandis que de nombreux pays et communautés vulnérables sont toujours en train d’attendre au bout de la file d’attente des vaccins, ce qui met en danger leur vie et leurs moyens de subsistance. M. Sanjayan
"Il n'y a pas de vaccin contre la stupidité." Albert Einstein
Près de 300 personnalités défendent la vaccination : une vie sauvée toutes les huit secondes.
À l’occasion de la semaine de la vaccination, et à l’initiative de l’Institut Pasteur, près de 300 personnalités se mobilisent pour affirmer l’importance de la vaccination et appeler à un sursaut collectif face à la désinformation et aux attaques contre la science et la rationalité. Ces femmes et ces hommes viennent des secteurs de la recherche scientifique, de la médecine, de la culture et des médias, de la politique (dont de nombreux ministres de la santé) et de grandes fondations et entreprises de ce même secteur. Ils évoluent aussi dans la prévoyance et de l’assurance.
Lire ci-dessous la tribune publiée dans Le Parisien le 26 avril 2026, à l’occasion de la semaine mondiale de la vaccination.
Le temps d'une respiration profonde. C'est le temps qu'il faut, quelque part dans le monde, pour vacciner et qu'un vaccin sauve une vie.
En 1796, Edward Jenner pratiquait la première vaccination contre la variole. En 1885, Louis Pasteur sauvait le jeune Joseph Meister de la rage. Depuis, l'humanité n'a cessé de perfectionner ce geste , et certains voudraient aujourd'hui le remettre en cause.
Quatre cent cinquante par heure. Onze mille par jour. Près de quatre millions par an1 : c’est le nombre de vies sauvées par la vaccination, soit près du double de la population de Paris chaque année.
Qui se souvient de la poliomyélite ? Les plages fermées l'été , les piscines vidées, les salles remplies de patients sous poumon d’acier, les mères qui scrutaient chaque faux pas de leur enfant comme l'annonce d'une catastrophe. Qui se souvient de la variole, les visages ravagés, les villages décimés, les trois cents millions de morts au cours du vingtième siècle ? En France, qui se souvient de la diphtérie, qu'on appelait alors le « croup », et qui étouffait les nourrissons dans leur berceau ?
Plus personne. Parce que la vaccination a fait son travail. Et le propre d'un travail bien fait, c'est de devenir invisible. Au cours des 50 dernières années, la vaccination a permis de réduire de 40 % la mortalité chez les nourrissons dans le monde, devenant ainsi l’un des facteurs de survie de l’enfant les plus puissants2. D’après l’OMS, au moins 1,4 million de vies ont été sauvées en Europe grâce à des vaccins sûrs et efficaces contre la Covid-19. Et demain, le vaccin contre le papillomavirus humain ouvre la perspective historique d'éliminer le cancer du col de l'utérus, une des principales causes de mortalité par cancer chez les femmes dans le monde.
Cent cinquante-quatre millions de vies sauvées en cinquante ans3. Ces résultats sont le fruit de décennies de travaux de recherche fondamentale et d'investigations cliniques, d'investissements publics considérables et d'une coopération internationale sans précédent. Ils représentent l'un des acquis les plus précieux de la médecine moderne et l'un des succès les plus marquants de la santé publique.
Car le silence des maladies vaincues est un piège. Nous en avons oublié les ravages. C'est le privilège ingrat des victoires silencieuses.
Dans ce silence, d'autres voix se sont engouffrées. Des voix qui ne parlent pas au nom de la science, mais au nom d'idéologies qui manipulent les peurs. Des voix qui, pour la première fois dans l'histoire moderne, émanent de certains des centres de pouvoir les plus influents de la planète.
Nous assistons, sidérés, a un phénomène que nous aurions cru impossible : la remise en cause de ce que la science a de plus solidement établi. Des programmes de vaccination infantile qui protégeaient des millions d'enfants sont abandonnés. L'allégation d'un lien entre vaccination et autisme, réfuté par l'ensemble de la communauté scientifique internationale de façon répétée, rigoureuse, sans aucune ambiguïté, est présentée au public comme une hypothèse crédible.
Ce risque n'est pas théorique. La rougeole connaît une recrudescence dans plusieurs régions du monde, du fait d'une baisse de la couverture vaccinale ces dernières années. Les infections invasives à méningocoque rebondissent. Le risque de résurgence est désormais réel et documenté.
Des maladies que nous pensions maîtrisées frappent à nouveau. L’antibiorésistance va mener à des drames.
Nous qui signons cette tribune sommes chercheurs, médecins, écrivains, journalistes, dirigeants d'institutions scientifiques, parlementaires et acteurs de la société civile;
Nous venons de France, du Sénégal, de Corée et d’ailleurs. Nos parcours sont différents. Nos voix sont plurielles. Mais notre conviction est la même : la vaccination est un bien commun de l'humanité, et nous ne laisserons personne la remettre en cause.
Car la vaccination est aussi un acte de responsabilité collective. En se protégeant, chaque individu contribue à protéger ceux qui ne peuvent pas l'être : nourrissons trop jeunes pour être vaccinés, personnes immunodéprimées, personnes âgées. Se vacciner, c'est prendre soin des autres autant que de soi-même.
Cette responsabilité ne s'arrête pas aux frontières de l'espèce humaine. Parce que 75 % des maladies infectieuses émergentes sont d'origine animale, la santé humaine et la santé animale sont indissociables : vacciner les animaux, c'est aussi protéger les hommes. C'est le sens de l'approche « One Health » - une seule santé - que nous défendons.
Si nous signons cette tribune aujourd'hui, c'est pour tous les parents qui s'interrogent, les citoyens troublés par le bruit ambiant, tous ceux qui cherchent le signal de la vérité dans la cacophonie des opinions. Ce signal, le voici : la vaccination fonctionne. Elle est sûre. Elle sauve des vies. Une vie toutes les huit secondes.
Nous appelons les professionnels de santé, médecins, pharmaciens, sages-femmes, infirmiers, vétérinaires à continuer de porter la parole de la science. Vous êtes, pour les patients, le visage de la confiance. Chaque vaccination administrée est un geste d'espoir. Chaque explication donnée est une victoire contre le doute. Chaque réfutation d'arguments fallacieux peut convaincre.
Le temps que vous venez de consacrer à lire ces lignes, la vaccination a sauvé vingt-cinq vies. Vingt-cinq personnes qui ne le sauront jamais. Vingt-cinq personnes qui ne feront pas la une des journaux. Vingt-cinq personnes qui ce soir rentreront chez elles, embrasseront leurs proches, et ne sauront probablement jamais ce qu'elles doivent à un geste inventé il y a plus de deux cents ans. C'est la beauté terrible de la prévention : elle n'a pas de visage, pas de nom, pas de récit. Elle a seulement des chiffres, et derrière ces chiffres, l'immensité de tout ce qui n'est pas arrivé.
Toutes les huit secondes, un être humain échappe à la mort grâce à un vaccin. Ne laissons jamais ce compteur s'arrêter.
Se faire vacciner : il s'agit d'un enjeu de santé publique majeur, surtout à une époque où la vaccination est remise en question par les antivax, une dérive sectaire dangereuse, une dérive d'inconscients , de pseudo-scientifiques stupides.
La vaccination s'adresse à tous les patients "vasculaires" : AIT, AVC, atteinte coronaire, HTA, anévrisme aorte, artériopathie des MI, maladie thromboembolique veineuse et aussi et surtout les cancers.
La vaccination s'adresse à tous.
Il faut donc reprendre son bâton de pèlerin pour aider les patients à reconsidérer la vaccination, à mieux la comprendre, et donc les inciter à se faire vacciner.
Ne pas se faire vacciner alors que l'on est un "cardiovasculaire" asymptomatique et symptomatique , c'est prendre le risque d'aggravation de son état, notamment en cas de grippe, tout simplement.
Mais il faut aller au-delà du simple vaccin contre la grippe . La Covid-19 a été à l'origine d'une aggravation des pathologies CV en l'absence de vaccination ; il faut le rappeler et ne pas oublier les femmes enceintes, les diabétiques, les insuffisants rénaux, etc., liste non limitative…
Se faire vacciner n'est pas synonyme de vaccin contre la grippe, grave erreur , c'est revoir tous les vaccins.
Prévenir en médecine , c'est le rôle de tous les vaccins. Prévenir en médecine, c'est la médecine la plus gratifiante.
La vaccination, exhaustive appartient à la prévention PRIMAIRE et SECONDAIRE de toutes les affections.
Ne pas se faire vacciner est une faute grave vis-à-vis de vous-même et aussi et surtout des autres !