“ On ne peut pas combattre la pandémie par le mensonge et la désinformation, pas plus qu'on ne saurait combattre par la haine ou l'incitation à celle-ci. Les limites du populisme et de la négation des vérités fondamentales sont mises à nu. ” Angela Merkel
" Bruits, rumeurs et fausses nouvelles sont donc différentes facettes d’un même phénomène qui est celui de la circulation d’une information dans l’espace public dont on peine à cerner les contours, mais dont l’objectif est – directement ou indirectement, volontairement ou non, pour escroquer ou poursuivre un but honorable – celui de désinformer. " Stéphane Le Bras,
" L’information est bien sûr limitée par la réalité de l’incertitude médicale, même si celle-ci est mouvante, et qu’elle évolue sans cesse. Mais, face aux fake news, se pose une vraie difficulté, c’est la question de la frontière entre l’information et l’infox. " Sylvie Fainzan


https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_information.pdf

Un rapport majeur
Synthèse
La France subit, comme de nombreux autres pays dans le monde, une intensification de la
désinformation en santé.
Les crises sanitaires récentes, comme la pandémie de Covid-19, ainsi que l’émergence de
menaces infectieuses récurrentes, ont eu pour effet paradoxal d’accroître la circulation de
fausses informations, d’interprétations scientifiquement infondées et de contenus manipulés.
Cette désinformation est aujourd’hui devenue massive, jusqu’à menacer l’existence même
des systèmes de santé tels que nous les connaissons. Avec comme corollaire, le retour de
maladies que l’on pensait éradiquées, une augmentation de la mortalité infantile et un
abaissement de l’espérance de vie.
Notre mission sur l’information en santé a été conduite entre les mois d’août et de novembre
2025, auprès de 270 personnes, membres d’agences sanitaires, d’associations, de
l’Assurance maladie, d’établissements de santé, de journalistes, de médias, de mutuelles,
d’organismes nationaux de recherche, de partis politiques, de personnes de la société civile,
de plateformes, de professionnels de santé, de scientifiques, de services de l’État, de sociétés savantes et d’universités.
Un diagnostic partagé : fragilité structurelle et vulnérabilité collective.
La population n’est pas assez armée pour résister à la désinformation.
Trois fragilités ressortent nettement :
* une éducation (une littératie) scientifique et en santé insuffisante
* une difficulté réelle à juger la fiabilité des sources d’information disponibles
* un rapport à l’information bouleversé par le numérique.
Les réseaux sociaux constituent la principale source d’information pour la moitié des 15-30
ans (53 %), en particulier Instagram, TikTok, et YouTube, où les contenus arrivent sans filtre,
portés par des algorithmes qui privilégient l’émotion et la rapidité de réaction, au détriment des faits et de la réflexion.
Face à ce phénomène sans précédent, les enseignants, les professionnels de santé, les
scientifiques, les journalistes et les institutions sont démunis. Ils ne sont pas formés pour aider
le public à s’orienter.
Les scientifiques, les professionnels de santé et les institutions
communiquent peu, ou avec difficulté.
Les journalistes généralistes nous expliquent manquer.
de culture sanitaire.
Les journalistes scientifiques sont rares.
Si notre système scientifique, pris dans son ensemble, est solide, la parole publique en santé
est trop dispersée, trop lente face à la viralité. Elle repose sur des formats de communication
qui ne correspondent plus aux usages de la population. La multiplication de sources de qualité
é très hétérogène pollue l’espace informationnel et détruit les repères.
La désinformation touche tous les domaines : vaccination, cancer, alimentation, santé
mentale, santé des femmes, pratiques de soins non conventionnelles ou risques
environnementaux. Les acteurs de la désinformation en santé en France ont des profils variés.
Ce sont des influenceurs, des groupes militants, des professionnels de santé ou des scientifiques. dévoyés. Ils obéissent à des motivations économiques, idéologiques ou identitaires. Ils savent exploiter la moindre faille dans le discours des autorités publiques. Les industriels, qu’ils commercialisent des produits de santé ou des produits impactant la santé, peuvent aussi être à l’origine de désinformation en santé. Les autorités publiques ou personnalités politiques peuvent avoir des prises de position scientifiquement infondées ou sous l’influence de lobby (alcool, alimentation, médicaments, vaccins, etc.). Ces prises de position ont un impact majeur en termes de crédibilité de la parole publique et de santé publique.
À l’inverse, la détection et la réponse à la désinformation restent inorganisées.
la pérennité de leur action. L’asymétrie est totale entre les acteurs de la désinformation en
santé et ceux qui s'expriment pour défendre les faits. Les scientifiques qui défendent les faits
sont harcelés, poursuivis dans leur vie privée, visés par des procédures-bâillons. Alors que
les désinformateurs, eux, ne sont que rarement sanctionnés. L’argent que les désinformateurs
en santé engrangent, au détriment du bien-être et de la santé de leurs victimes, accroît leur
potentiel de nuisance.
Enfin, si la désinformation est aujourd’hui un vrai facteur de risque en santé, elle altère
également la confiance dans les institutions et met en danger la cohésion sociale. Elle
contribue à polariser le débat public au bénéfice des extrêmes et à fragiliser la démocratie.
Notre mission propose une stratégie cohérente et opérationnelle pour renforcer la qualité de
l’information en santé et lutter contre la désinformation.
Cette stratégie repose sur 6 piliers :
Éducation, formation, information, détection, sanctions et recherche.

Une stratégie nationale autour de 9 recommandations structurantes
Recommandation 1 – Promouvoir l’éducation à l’esprit critique, à la science, à la santé et aux médias
Il s’agit dès le plus jeune âge et tout au long de la vie de :
• développer une éducation à l’esprit critique,
• développer une culture scientifique partagée,
• développer une culture citoyenne en santé,
• renforcer l’éducation aux médias appliquée à la santé.
Recommandation 2 – Renforcer la formation à la science, à l’esprit critique,
à la littératie numérique et à la communication
Il s’agit de :
• renforcer la formation scientifique, l’esprit critique et la littératie numérique,
• former des professionnels de santé et scientifiques à la communication,
• renforcer les compétences des futurs professionnels de santé,
• moderniser la formation continue des professionnels de santé,
• renforcer la formation des journalistes,
• former les cadres publics et les élus à la désinformation et à la communication de crise,
• développer de nouvelles formations universitaires,
• bannir la labélisation académique de pratiques de soins non validées.
Recommandation 3 – Élaborer un plan public d’information et de lutte contre
la désinformation dans chaque institution
Mobiliser chaque acteur – agences, ministères, universités, organismes nationaux de
recherche, établissements de santé, académies, sociétés savantes, associations et
organismes impliqués en santé – en mettant en place et en rendant public son propre plan
d’information et de lutte contre la désinformation.
Recommandation 4 – Développer et déployer un Info-Score Santé
Créer un Info-Score Santé, sur le modèle du Nutri-Score dans l’alimentation, permettant
d’évaluer la qualité éditoriale des sources d’information (traçabilité, validation scientifique,
actualisation, gestion des erreurs, liens d’intérêt…). Il offrira au public un repère lisible pour
s’orienter dans un paysage informationnel saturé.
Recommandation 5 – Créer un observatoire de l’information en santé
L’Observatoire de l’information en santé doit devenir le point d’entrée public de l’information
de santé fiable en France. Il est coordonné par un Comité de pilotage qui s’appuie sur un
Conseil scientifique. Il est doté d'une plateforme d’information en santé accessible par le
portail Santé.fr modernisé, d’une IA générative conversationnelle, d’un annuaire d’experts et
d'un système d’infovigilance (signalement des nouveaux cas de désinformation en santé, voir
ci-dessous).
Recommandation 6 – Développer un système d’infovigilance au sein de
l’Observatoire de l’information en santé
Le système d’infovigilance a pour mission de :
• repérer : structurer une organisation de signalement et de détection,
• vérifier : qualifier et analyser les contenus trompeurs,
• informer : organiser une réponse graduée, rapide et coordonnée.
Recommandation 7 – Inverser le risque : sanctionner les désinformateurs et
protéger les scientifiques
• Faire appliquer avec rigueur les textes existants par les autorités administratives,
disciplinaires et judiciaires, plutôt que de créer de nouveaux délits.
• Communiquer sur les sanctions appliquées pour dissuader.
• Contrôler les associations qui orchestrent des campagnes de harcèlement.
• Renforcer la régulation des médias.
• Protéger les scientifiques qui informent.
Recommandation 8 – Faire de l’infodémiologie une priorité de recherche via
un PEPR
Mieux comprendre les récits, les mécanismes algorithmiques, les comportements de santé,
les coûts économiques et les stratégies de communication efficaces, en faisant de la lutte
pour l’information en santé l’objet d’un Programme et Équipement Prioritaire de Recherche
(PEPR).
Recommandation 9 – Agir au niveau européen
• Repenser la régulation des plateformes, qui apparaissent désormais comme des médias
dotés d’une véritable politique éditoriale et doivent être traitées comme tels.
• Agir auprès des instances européennes pour favoriser l’intégration de l’infodémiologie
dans les appels d’offres de recherche, afin de renforcer les collaborations internationales.

SYNTHÈSE/NOTEBOOKLM

Ce rapport de janvier 2026, remis au ministre de la Santé, propose une stratégie nationale pour protéger l'information médicale et combattre la désinformation. Les auteurs dressent un constat de vulnérabilité collective face à la prolifération de contenus trompeurs sur les réseaux sociaux, qui menacent la santé publique et la cohésion sociale. Pour remédier à cette fragilité, le document formule neuf recommandations centrées sur l'éducation à l'esprit critique, le renforcement de la formation des professionnels et la création d'un Observatoire de l’information en santé. L'initiative prévoit également des outils innovants comme un Info-Score Santé pour évaluer la fiabilité des sources et un système d'infovigilance pour détecter les rumeurs virales. Enfin, le rapport préconise d'inverser le risque en protégeant les scientifiques tout en appliquant plus rigoureusement les sanctions contre les désinformateurs.
DIAPORAMA / NOTEBOOKLM








Commentaire
Bravo aux 3 auteurs pour ce travail.
Une lecture attentive de ce rapport est conseillée vivement.
Deux références majeures : "RESTAURER LA CONFIANCE POUR SAUVER DES VIES" et "LA DÉSINFORMATION TUE : "
Par ailleurs, une idée revient dans tous les entretiens : seule une mobilisation collective et structurée, qui associe des actions d’éducation, de formation, d’information, de détection, de sanctions et de recherche, permettra de répondre à la désinformation.
sanctions et de recherche – permettra de répondre à la désinformation qui fragilise la
confiance, met en danger la santé des citoyens, et participe à la polarisation de notre société."
Ajoutons que les réseaux sociaux sont plus que délétères en matière de santé ; ils sont dangereux, ils sont à éradiquer. Les coupables sont partout.
L'Éducation nationale a un rôle majeur à jouer de même que les parents.
Il faut expliquer aux adolescents "qui gobent tout" , qu'ils ont un sens critique qui ne demande qu'à se développer. S'ils restent passifs devant l'avalanche de "fakenews", leur sens critique va s'étioler progressivement avec leur cerveau.
Mais, il n'y a pas que les adolescents qui sont concernés, en fait toute la population qui croit à tout et n'importe quoi et à tout âge.
Affaire à suivre......
A LIRE
Désinformation, mésinformation et communication scientifique
https://medvasc.info/archives-blog/d%C3%A9sinformation,-m%C3%A9sinformation-et-communication-scientifique
Désinformation médicale : àa suffit !
https://medvasc.info/archives-blog/d%C3%A9sinformations-m%C3%A9dicale-%C3%A7a-suffit
Combattre la désinformation médicale par l'IA
https://medvasc.info/archives-blog/combattre-la-d%C3%A9sinformation-m%C3%A9dicale-par-l-ia
Désinformation médicale : un exemple
https://medvasc.info/archives-blog/d%C3%A9sinforamation-m%C3%A9dicale-un-exemple

" Désinformation : Mot se prêtant à un usage abusif, surtout lorsqu’il finit par désigner toute opinion diffusée par les médias et que l’on croit fausse ou biaisée. La désinformation consiste à propager délibérément des informations fausses pour influencer une opinion et affaiblir un adversaire. " François-Bernard Huyghe
" Le journalisme n’est qu’une prodigieuse entreprise de falsification, voire d’éradication de la réalité, sous couvert d’informer et d’analyser, l’information ne parlant en vérité que d’elle-même et l’analyse servant des intérêts propres à renforcer l’ignorance et la déchéance spirituelle des hommes. De là mon souci, qui irait croissant, de n’être plus informé"Richard Millet
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