DIALYSE et AOMI (ESC 2026)

Dialyse = danger vasculaire

 

 

  •  
  • " Le courage n'est pas de ne pas avoir peur, mais de savoir que quelque chose d'autre est plus important que la peur"  Ambrose Redmoon. (Idéal pour rappeler que chaque séance, même redoutée, est un pas vers la vie).

  •  
  • " La force ne vient pas des capacités physiques ; elle vient d'une volonté indomptable." Mahatma Gandhi.

HEMO3

Modalités de dialyse et risque d'événements indésirables majeurs au niveau des membres : une étude de cohorte nationale

31 août 2026 (13h15 - 14h00)
Organisé par : Logo
A Guedon  , GG Guillaume Goudot  , CC Cécile Couchoud  , SR Stéphane Roueff  , HL Helene Lazareth  , 1 Sorbonne Université - Paris - France , Université Paris Cité, HEGP - Paris - France ,  Agence de la biomédecine - Saint-Denis - France ,
 
 
Communication Dr Alexis Guedon, ESC 2026 , Munich
 
ESC 2026 Affiche
 
 

Introduction

Les patients débutant une dialyse présentent un risque cardiovasculaire très élevé, pourtant la prévalence et les facteurs déterminants des événements indésirables majeurs affectant les membres (EIM) restent mal caractérisés à l'échelle nationale 1,2 .

Comprendre l'évolution des membres dans cette population est essentiel pour améliorer la stratification des risques et les stratégies de prévention.

But

Estimer l'incidence des MALE chez les patients débutant une dialyse en France, identifier les facteurs de risque associés et évaluer l'impact de la modalité de dialyse sur les résultats au niveau des membres.

Méthodes

Nous avons mené une étude de cohorte nationale à partir du registre du Réseau français d'épidémiologie et d'information rénale (REIN), couplé au Système national de données de santé (SNDS). Tous les adultes ayant débuté une dialyse de maintenance entre 2009 et 2021 ont été inclus et suivis jusqu'à leur décès ou jusqu'au 31 décembre 2021.

Les événements indésirables majeurs liés à la dialyse (EIMD) ont été définis comme la survenue d'une amputation majeure, d'une revascularisation endovasculaire ou d'une revascularisation chirurgicale.

Les incidences cumulées ont été estimées par la méthode de Kaplan-Meier. Des modèles de Cox multivariés ont été utilisés pour identifier les facteurs associés aux EIMD. L'association entre la modalité de dialyse (dialyse péritonéale vs hémodialyse) et les événements a été évaluée par pondération par la probabilité inverse du traitement.

Résultats

Parmi 108 620 patients (âge médian : 71 ans ; 64,4 % d’hommes), 15 513 ont présenté un événement indésirable cardiovasculaire majeur (EICM) au cours du suivi.

L’incidence cumulée de l’EICM était de 6,2 % (IC à 95 % : 6,1–6,4) à 1 an, de 10,3 % (IC à 95 % : 10,1–10,5) à 2 ans, de 20,2 % (IC à 95 % : 19,9–20,5) à 5 ans et de 32,4 % (IC à 95 % : 31,7–33,1) à 10 ans.

 

L’incidence était systématiquement plus élevée chez les hommes que chez les femmes (à 10 ans : 37,4 % [IC à 95 % : 36,4–38,4] contre 24,4 % [IC à 95 % : 23,4–25,5]). Une amputation majeure est survenue dans 10,0 % des cas (IC 95 % : 9,5–10,5) à 10 ans.

Les facteurs prédictifs indépendants d’une amputation majeure incluaient
* le sexe masculin (HR 1,37, IC à 95 % : 1,32–1,42),
* le tabagisme (HR 1,32, IC à 95 % : 1,27–1,38),
* l’hypertension (HR 2,34, IC à 95 % : 2,09–2,61),
* la dyslipidémie (HR 1,38, IC à 95 % : 1,32–1,43),
* les antécédents de maladie cardiovasculaire (HR 1,56, IC à 95 % : 1,49–1,62)
* une artériopathie périphérique préexistante (HR 2,49, IC à 95 % : 2,38–2,59).

Après pondération par score de propension, la dialyse péritonéale était associée à un risque plus faible d'événements indésirables majeurs (EIM) par rapport à l'hémodialyse (HR 0,75, IC à 95 % 0,70–0,81). Elle était également associée à des risques plus faibles de revascularisation endovasculaire (HR 0,76, IC à 95 % 0,69–0,82), de revascularisation chirurgicale (HR 0,86, IC à 95 % 0,75–0,99) et d'amputation majeure (HR 0,69, IC à 95 % 0,58–0,81).

Conclusion

Les complications vasculaires des membres inférieurs (MALE) sont fréquentes et graves chez les patients débutant une dialyse, touchant près d'un tiers d'entre eux dans les 10 ans. Les facteurs de risque cardiovasculaires traditionnels et les antécédents d'artériopathie périphérique sont de puissants prédicteurs de l'évolution au niveau des membres. La dialyse péritonéale est associée à un risque de MALE plus faible que l'hémodialyse.

Ces résultats soulignent la nécessité d'une évaluation systématique du risque vasculaire et de stratégies de prévention ciblées chez cette population à haut risque.

ESC1

 ESC2
 
 
 
Aperçu IA /OPENEVIDENCE
 
L'étude intitulée "Modalités de dialyse et risque d'événements indésirables majeurs au niveau des membres : une étude de cohorte nationale" s'intéresse à l'impact des différentes techniques de suppléance rénale (comme l'hémodialyse en centre, à domicile ou la dialyse péritonéale) sur la survenue de complications vasculaires sévères touchant les membres inférieurs (ischémie aiguë, revascularisation arterielle ou amputation).
Dans le jargon médical international, ces complications graves au niveau des jambes et des pieds sont regroupées sous le terme de MALE (Major Adverse Limb Events). Elles s'inscrivent souvent dans le cadre d'une artériopathie périphérique sévère ou d'une ischémie critique menaçant le membre (CLTI). [1, 2, 3]
📊 Comparaison des risques selon les modalités
L'évaluation épidémiologique met généralement en évidence des profils de risques distincts selon la modalité de dialyse et le type d'accès vasculaire utilisé :
Modalité / Accès VasculaireRisque de Complications Majeures des Membres (MALE)Facteurs de Risque et Mécanismes Associés
Hémodialyse sur Fistule Artério-Veineuse (FAV) Modéré à Élevé (Référence) Calcifications vasculaires massives, variations brutales de la pression artérielle durant les séances, phénomène de vol vasculaire pouvant aggraver l'ischémie en aval.
Hémodialyse sur Pontage (Greffe / AVG) Plus élevé que la FAV Risque accru d'événements thromboemboliques périphériques systémiques et de complications infectieuses locales.
Dialyse Péritonéale (DP) Généralement plus faible au départ Moins de stress hémodynamique aigu, mais le profil métabolique (absorption du glucose) favorise à long terme l'athérosclérose accélérée.
🔍 Principaux enseignements de ce type d'étude de cohorte nationale
    • Le fardeau de l'artériopathie : Les patients atteints d'insuffisance rénale terminale (ESKD) ont un risque de MALE démultiplié par rapport à la population générale. L'ischémie critique des membres est fortement liée à la durée cumulative en dialyse et aux troubles du métabolisme phosphocalcique. [1, 2, 3]
      • Impact sur la survie : La survenue d'un événement indésirable majeur au niveau d'un membre fonctionne comme un marqueur pronostique sombre. Elle est statistiquement corrélée à un pic massif de la mortalité toutes causes confondues et cardiovasculaire. [1, 2, 3]
        • L'importance du suivi : Le dépistage précoce des lésions artérielles au niveau des pieds et des jambes est crucial dès l'initiation de la dialyse pour prévenir les amputations. [1]

        Complément d'enquête à partir de MEDVASC.INFO et NOTEBOOK GEMINI
         
        IRC1
         
        IRC2
         
         
        IRC3
        IRC4
         
        IRC5
         
        IRC6
         
        IRC7
         
        IRC8
        Nouvelles Recommandations Cardiorénales ESC 2026


        Commentaire

        Merci Alexis de ce travail passionnant, on attend avec impatience l'article qui est déjà soumis.
         
        A noter le moindre risque CV chez les patients en dialyse péritonéale .

        Tous les patients en IRCT doivent bénéficier obligatoirement d'un bilan cardiologique et vasculaire périphérique, dès l'IRCT et dès que la   question de la dialyse est posée.

        Suivi vasculaire indispensable .

        A LIRE

         
         
        COPY1