La fascinante saga de la Lp(a) continue...
Le généticien norvégien Kåre Berg découvre l'antigène Lp(a) en étudiant les variations génétiques des bêta-lipoprotéines. À l'époque, la communauté scientifique la considère comme un simple polymorphisme sans implication clinique évidente.
Le séquençage du gène LPA crée une onde de choc scientifique. Les chercheurs découvrent une homologie frappante entre les structures en boucle (les domaines Kringle) de l'apolipoprotéine(a) et celles du plasminogène. La science comprend alors le double potentiel pathogène de la molécule : elle favorise la plaque (athérogène) tout en inhibant la destruction des caillots (antifibrinolytique).
L'avènement des grandes études de randomisation mendélienne bouleverse le paradigme clinique. En démontrant que les variants génétiques dictant des taux élevés de Lp(a) sont directement et proportionnellement corrélés aux événements ischémiques, la science épidémiologique prouve qu'elle est une cause directe, et non un simple biomarqueur."
By GEMINI
ARTICLE 1/2022/LP(a) et CANCER de la PROSTATE
Ioannidou A, Watts EL, Perez-Cornago A, Platz EA, Mills IG, Key TJ, Travis RC; PRACTICAL consortium, CRUK, BPC3, CAPS, PEGASUS; Tsilidis KK, Zuber V. The relationship between lipoprotein A and other lipids with prostate cancer risk: A multivariable Mendelian randomisation study.
Relation entre la lipoprotéine A et d'autres lipides et le risque de cancer de la prostate : une étude de randomisation mendélienne multivariée
PLoS Med. 2022 Jan 27;19(1):e1003859. doi: 10.1371/journal.pmed.1003859. PMID: 35085228; PMCID: PMC8794090.
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8794090/
En libre accès
Contexte
De nombreuses études épidémiologiques ont examiné le rôle des lipides sanguins dans le risque de cancer de la prostate, mais leurs résultats restent à ce jour non concluants. Les recherches en cours reposent principalement sur des études observationnelles, souvent sujettes à des biais de confusion. Cette étude visait à identifier la relation entre les concentrations de lipides sanguins prédites génétiquement et le cancer de la prostate.
Méthodes et résultats
Les données relatives au cholestérol LDL, au cholestérol HDL, aux triglycérides (TG), aux apolipoprotéines A (apoA) et B (apoB), à la lipoprotéine A (Lp(a)) et au cancer de la prostate (PCa) ont été obtenues à partir d’études d’association pangénomiques menées respectivement dans la UK Biobank et le consortium PRACTICAL. Nous avons utilisé une approche de randomisation mendélienne (RM) à deux échantillons, au niveau agrégé, avec des modèles univariés et multivariés (RMVM), et avons eu recours à diverses méthodes robustes et analyses de sensibilité afin d’évaluer le risque de violation des hypothèses de la RM. Aucune association n’a été observée entre les concentrations génétiquement prédites de HDL, de TG, d’apoA et d’apoB et le risque de PCa. La concentration de LDL prédite génétiquement était positivement associée au PCa total dans l’analyse univariée, mais après ajustement pour le HDL, les TG et la Lp(a), cette association est devenue nulle. La concentration de Lp(a) prédite génétiquement était associée à un risque accru de cancer de la prostate (PCa) en analyse univariée (OR médian pondéré par écart-type [ET] = 1,091 ; IC à 95 % : 1,028 à 1,157 ; p = 0,004) et en analyse multivariée (MVMR) après ajustement pour les autres caractéristiques lipidiques (OR médian pondéré par ET = 1,068 ; IC à 95 % : 1,005 à 1,134 ; p = 0,034). La concentration de Lp(a) prédite génétiquement était également associée à un cancer de la prostate avancé (OR médian pondéré par ET en analyse MVMR = 1,078 ; IC à 95 % : 0,999 à 1,163 ; p = 0,055) et à un cancer de la prostate d’apparition précoce (OR médian pondéré par ET en analyse MVMR = 1,150 ; IC à 95 % : 1,015 à 1,303 ; p = 0,028). Bien que plusieurs méthodes d'estimation aient été utilisées pour minimiser l'effet de la pléiotropie, la présence d'une quelconque pléiotropie non mesurée ne peut être exclue et pourrait limiter nos conclusions.
Conclusions
Nous avons observé que les concentrations de Lp(a) prédites génétiquement étaient associées à un risque accru de cancer de la prostate. Des études complémentaires sont nécessaires pour comprendre les mécanismes biologiques sous-jacents à cette observation, car cela pourrait éclairer la prévention du cancer de la prostate par des stratégies visant à réduire les taux de Lp(a).
En résumé, les résultats de cette étude suggèrent une association positive entre les concentrations de Lp(a) prédites génétiquement et le risque de cancer de la prostate (CaP) total, avancé et précoce. Le dépistage des concentrations élevées de Lp(a) pourrait être envisagé à l'avenir afin d'identifier les groupes à haut risque de CaP. Étant donné que les concentrations de Lp(a) dépendent fortement de la génétique [ 59 ], une modification des taux de Lp(a) pourrait être obtenue par le développement de médicaments hypolipémiants, dont la commercialisation est imminente. Une approche personnalisée consistant à réorienter les médicaments hypolipémiants ciblant directement la Lp(a) vers les individus à haut risque pourrait donc être envisagée, après confirmation de nos résultats, afin d'étudier leur efficacité dans la prévention du CaP. Les mécanismes sous-jacents à l'association observée restent cependant obscurs, compte tenu des incertitudes qui entourent les fonctions physiologiques pléiotropiques du gène LPA lui-même, qui contrôle environ 70 à 90 % de la variabilité de la Lp(a) [ 40 , 59 ]. Des recherches supplémentaires sur ce gène complexe, telles que l'analyse de colocalisation, seraient nécessaires pour mieux comprendre sa fonctionnalité et, par conséquent, son rôle dans le risque de cancer de la prostate.
SYNTHESE /NOTEBOOKLM
Cette étude scientifique utilise la randomisation mendélienne pour explorer le lien causal entre les lipides sanguins et le risque de cancer de la prostate. Contrairement aux recherches observationnelles classiques souvent biaisées, cette méthode s'appuie sur des variantes génétiques pour démontrer que des concentrations élevées de lipoprotéine A (Lp(a)) augmentent significativement la probabilité de développer la maladie, notamment ses formes précoces et avancées. Alors que les autres lipides comme le cholestérol LDL ou HDL ne présentent pas de lien direct après ajustement, ces résultats suggèrent que la Lp(a) constitue une cible thérapeutique prometteuse. L'objectif final est d'orienter de nouvelles stratégies de prévention personnalisée en utilisant des médicaments capables de réduire spécifiquement ce biomarqueur chez les patients à haut risque.









ARTICLE 2 /2025
L’interaction complexe entre la lipoprotéine(a) et le cancer à l’ère des thérapies émergentes
Bianconi V, Mannarino MR, Figorilli F, Pirro M, Sahebkar A. The complex interplay of lipoprotein(a) and cancer in the era of emerging therapeutics.
L’interaction complexe entre la lipoprotéine(a) et le cancer à l’ère des thérapies émergentes
Semin Cancer Biol. 2025 Nov;116:96-107. doi: 10.1016/j.semcancer.2025.09.008. Epub 2025 Sep 26. PMID: 41016504.
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1044579X25001245?via%3Dihub
Ces dernières décennies, les propriétés biologiques de la Lp(a) ont suscité un intérêt croissant en raison de leur implication potentielle dans un large éventail de pathologies, outre les maladies cardiovasculaires athéroscléreuses. À ce jour, l'existence d'une interaction pathogène entre la Lp(a) et le cancer demeure incertaine. En effet, les études expérimentales montrent principalement un effet protecteur de la Lp(a) contre le cancer, tandis que les résultats des études cliniques sont très contradictoires. Néanmoins, la confirmation d'un lien quelconque entre le métabolisme de la Lp(a) et le cancer pourrait avoir des implications majeures en termes de recherche translationnelle, à l'heure où l'intérêt scientifique pour cette lipoprotéine connaît un regain. De fait, la disponibilité croissante de tests de laboratoire pour l'évaluation de routine des taux plasmatiques de Lp(a) pourrait être proposée comme un outil supplémentaire pour le diagnostic du cancer et la stratification pronostique. Par ailleurs, le développement rapide de thérapies anti-Lp(a), si une activité pro-cancéreuse de la Lp(a) est confirmée, pourrait avoir un impact sur l'histoire naturelle du cancer et sa prise en charge pharmacologique. Cette revue résume les connaissances actuelles sur la relation entre Lp(a) et le cancer ainsi que sur son impact possible sur le domaine oncologique.
SYNTHESE NOTEBOOKLM
Cet article de revue scientifique explore la relation complexe et souvent contradictoire entre la lipoprotéine(a) [Lp(a)] et le cancer, une interaction qui demeure énigmatique par rapport à son rôle déjà établi dans les maladies cardiovasculaires. Les auteurs structurent leur analyse autour d'une tension fondamentale : alors que les études précliniques suggèrent un effet protecteur de la Lp(a) — notamment via des propriétés anti-angiogéniques qui freinent la croissance tumorale — les données cliniques et épidémiologiques sont très divergentes, affichant des résultats tantôt neutres, protecteurs ou pro-cancérigènes selon le type de cancer. Le texte examine également comment les thérapies oncologiques influencent les niveaux de Lp(a), soulignant une interaction bidirectionnelle où la maladie et ses traitements modifient le métabolisme lipidique. En conclusion, l'étude souligne l'importance cruciale de clarifier ce lien dans l'optique d'utiliser la Lp(a) comme biomarqueur diagnostique ou cible thérapeutique, tout en rappelant la nécessité d'une surveillance cardiovasculaire rigoureuse chez les patients atteints de cancer.










ARTICLE 3 /2026/: Lp(a) et cancers par OPEN EVIDENCE
La relation entre la lipoprotéine(a) [Lp(a)] et le cancer reste controversée et complexe, avec des résultats contradictoires entre les études expérimentales et cliniques. Les données actuelles suggèrent des associations variables selon le type de cancer, sans consensus explicite sur le rôle pathogénique de la Lp(a).
État actuel des connaissances
Les études expérimentales montrent principalement un effet protecteur de la Lp(a) contre le cancer, avec des propriétés antiangiogéniques et antitumorales démontrées in vitro et in vivo. [1-2] Les hydrolysats protéiques de Lp(a) présentent des effets antitumoraux dans les modèles animaux. [3]
Cependant, les études cliniques rapportent des résultats hautement contradictoires: [1]
Associations positives (Lp(a) élevée = risque accru):
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Cancer colorectal : une étude rétrospective de 2822 patients a montré une association linéaire positive, avec des odds ratios ajustés de 1,41 à 1,84 pour les quartiles supérieurs de Lp(a) (≥300 mg/L) comparés au quartile inférieur (<79,6 mg/L) [4]
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Cancers des voies biliaires : la Lp(a) préopératoire élevée (>24,35 mg/dL) est identifiée comme facteur de risque indépendant de mauvais pronostic [3]
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Cancer de la prostate et colorectal : des niveaux élevés de Lp(a) ont été associés à des formes plus agressives. [3]
Associations inverses (Lp(a) basse = risque accru):
- Une étude de cohorte japonaise portant sur 10 413 participants a démontré qu'une Lp(a) basse (<80 mg/L) était associée à une mortalité accrue par cancer (hazard ratio 1,48; IC 95%: 1,15-1,92) et toutes causes confondues [5]
Absence d'association:
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L'étude PRIME (5237 hommes, 10 ans de suivi) n'a trouvé aucune association significative entre les niveaux de Lp(a) et l'incidence globale de cancer ou les cancers spécifiques par site [6]
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Aucune association observée avec le cancer du sein [3]
Mécanismes hypothétiques
Les mécanismes potentiels expliquant ces associations contradictoires incluent:
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Pro-cancéreux : formation de thrombi et réseaux de fibrine favorisant l'adhésion, l'invasion et la métastase des cellules cancéreuses [3]
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Anticancéreux : propriétés antiangiogéniques et antitumorales de l'apo(a), possiblement comme réponse compensatoire à l'inflammation chronique systémique causée par les tumeurs malignes. [3]
Implications cliniques et perspectives
L'intérêt pour cette relation s'intensifie dans le contexte actuel de:
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Disponibilité accrue des dosages de Lp(a) en routine, qui pourraient potentiellement servir d'outil additionnel pour le diagnostic et la stratification pronostique du cancer [1]
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Développement de thérapeutiques anti-Lp(a) (inhibiteurs d'ARN antisens, siRNA), dont l'impact sur l'histoire naturelle du cancer reste à déterminer si une activité pro-cancérigène de la Lp(a) est confirmée [1]
Les orientations futures nécessitent des études épidémiologiques supplémentaires et une exploration du polymorphisme de l'apolipoprotéine(a) pour clarifier cette relation complexe. [2][6]
INFOGRAPHIE : IA des IA
INFOGRAPHIES CHATGPT


Commentaire
Cancer et Lp(a), des pistes mais aucune certitude. La plus sûre, dosage de la Lp(a) chez les patients en chimiothérapie afin de mieux renforcer la prévention cardiovasculaire dans le cadre des traitements du cancer . L'arrivée prochaine des traitements qui abaisseront la Lp(a) sera intéressante ? Mais, le dosage de la Lp(a) doit être universel et sans tarder. Les études à venir sur la Lp(a) devront intégrer le cancer rapidement .
Les traitements à venir
À LIRE
Allez sur GOOGLE, tapez MEDVASC.INFO et Lp(a) , vous découvrirez de nombreux articles dédiés à la Lp(a)
Lp(a) : demain un traitement
https://medvasc.info/archives-blog/lp-a-demain-,-un-traitement
