Prévention CV primaire et statine :STOP ou ENCORE ?

Une question de biseness !
 
 
 " Interrompre son traitement par statines est une aberration"  Pr Albert Hagège,
Nouveau projet 44

ARTICLE 1

Bonnet F, Poulizac P, Rousselot N, Couffinhal T, Galli G, Berdaï D, Vandenhende MA, Rousset M, Coueron R, Bénard A, Joseph JP; SAGA/SITE Study Group. Discontinuation of statins for primary prevention of atherosclerotic cardiovascular disease in adults aged 75 years or older (SAGA/SITE): a multicenter, open-label, pragmatic, non-inferiority randomised trial. Lancet Healthy Longev. 2026 Jul;7(7):100884. doi: 10.1016/j.lanhl.2026.100884. Epub 2026 Aug 11. PMID: 42580354.

Contexte 

Les statines figurent parmi les médicaments les plus prescrits ; toutefois, leur bénéfice en prévention primaire des maladies cardiovasculaires athéroscléreuses (MCVA) chez les personnes de 75 ans et plus ne présentant pas cette maladie reste incertain. Nous souhaitions évaluer la non-infériorité de l’arrêt des statines en termes de mortalité toutes causes confondues, en conditions réelles, chez les personnes de 75 ans et plus auxquelles des statines avaient été prescrites en prévention primaire des MCVA.

Méthodes

Nous avons mené un essai contrôlé randomisé multicentrique, ouvert, en groupes parallèles, de phase 3, dans 297 cabinets de médecine générale. Les personnes âgées de 75 ans et plus, sous statine depuis au moins un an en prévention primaire des maladies cardiovasculaires athéroscléreuses (MCVA), sans antécédent de MCVA et capables de donner leur consentement éclairé, ont été randomisées (selon un ratio non équilibré de 5:4) pour poursuivre ou interrompre leur traitement par statine et suivies pendant 36 mois. Les participants ont été exclus s’ils présentaient une maladie évolutive avec une espérance de vie de trois mois ou moins, un diagnostic de démence, une hypercholestérolémie familiale homozygote ou double hétérozygote connue, ou s’ils étaient incapables de donner leur consentement éclairé. La randomisation a été générée par ordinateur et mise en œuvre via un système électronique centralisé ; l’étude n’était pas menée en aveugle. Le critère d'évaluation principal était la mortalité toutes causes confondues à 3 ans, analysée chez les sujets selon l'estimateur principal (participants répondant à tous les critères d'inclusion clés et randomisés pour l'arrêt ou la poursuite du traitement par statine moins de 90 jours après leur inclusion). Les données manquantes ont été traitées par imputation multiple. La marge de non-infériorité était de 5 % pour la différence absolue de mortalité entre les groupes. Cet essai est enregistré sur ClinicalTrials.gov sous le numéro NCT02547883 (clôturé).

Résultats 

Entre le 15 juin 2016 et le 7 janvier 2020, 1 180 participants ont été randomisés, et 1 160 ont été inclus dans l’analyse de l’objectif principale. 639 participants ont été randomisés dans le groupe de poursuite du traitement par statines, et 521 dans le groupe d’arrêt du traitement.

L’âge médian était de 80 ans (intervalle interquartile : 78-84), et 775 (66,8 %) des 1 160 participants étaient des femmes ; 342 (29,5 %) des 1 160 participants étaient diabétiques, et 896 (77,2 %) souffraient d’hypertension. À 36 mois, 48 ​​(7,9 %) des 604 participants du groupe de poursuite du traitement par statines et 35 (7,2 %) des 484 participants du groupe d’arrêt du traitement étaient décédés. La différence absolue de mortalité toutes causes confondues entre les groupes était de -0,68 % (IC à 95 % : -3,95 à 2,60). L’arrêt du traitement par statines était au moins aussi efficace que sa poursuite en termes de mortalité toutes causes confondues à 3 ans, la limite supérieure de l’IC à 95 % de la différence entre les groupes étant inférieure à la marge de non-infériorité prédéfinie. Des événements indésirables sont survenus chez 461 (73,1 %) des 631 participants du groupe de poursuite et chez 390 (74,0 %) des 527 participants du groupe d’arrêt. Des événements indésirables non cardiovasculaires sont survenus chez 456 (72,3 %) des 631 participants du groupe de poursuite et chez 383 (72,7 %) des 527 participants du groupe d’arrêt.

Interprétation 

Chez les personnes âgées de 75 ans et plus recevant des statines en prévention primaire et sans antécédents de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse (MCVA), l’arrêt des statines n’était pas inférieur à leur poursuite en termes de mortalité toutes causes confondues sur une période de 3 ans. Ces résultats appuient une prise de décision individualisée concernant l’arrêt des statines chez les personnes âgées.

SYNTHÈSE CHATGPT

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Étude SITE arrêt des statines

Commentaire

Un bémol dans cette étude , la Lp(a) n 'a pas été évalué ni le score calcique artériel périphérique.

Mais d'accord avec les conclusion avec un arrêt des statines au de là de 75 ans  après explication avec le patient et si on est  bien n en prévention primaire.

Prescrire une statine c'est compliquée puis l'arrêter ensuite à 75 ans et plus entraine beaucoup de questions des patients.

 

Si le patient est polymédicamenté c'est facile. En fait c'est une gestion au cas par cas, la base de médecine actuelle.

 

 ARTICLE 2 

Anderson TS, Wilson LM, Sussman JB. Implications of the 2026 Dyslipidemia Guideline for Primary Prevention Statin Therapy. JAMA. 2026 Aug 18;336(7):557-564. doi: 10.1001/jama.2026.11246. PMID: 42475062; PMCID: PMC13386295.

Importance : Les recommandations 2026 de l'American Heart Association/American College of Cardiology/multisociétés sur la prise en charge de la dyslipidémie ont émis de nouvelles recommandations sur l'estimation du risque de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse (ASCVD) et sur les populations éligibles aux statines pour la prévention primaire.

Objectif : évaluer l’impact sur la santé publique des recommandations de 2026 concernant le traitement par statines en prévention primaire.

Conception, cadre et participants Échantillon transversal représentatif à l’échelle nationale d’adultes non enceintes âgés de 30 à 79 ans sans ASCVD connu, ayant participé à l’Enquête nationale sur la santé et la nutrition de 2017 à 2023. Les données ont été analysées de mars à mai 2026.

Principaux résultats et mesures : Évolution des critères d’éligibilité au traitement par statines en prévention primaire, en comparant les recommandations lipidiques de 2026 et de 2018.

Résultats : L’échantillon pondéré comprenait 4 366 participants à l’étude NHANES, représentatifs de 154,5 millions d’adultes américains (âge moyen pondéré : 51 ans ; 52,0 % de femmes). Parmi eux, 5,5 % (IC à 95 % : 4,7 %–6,6 %) présentaient un taux de cholestérol LDL non traité inférieur à 70 mg/dL, 17,8 % (IC à 95 % : 16,3 %–19,5 %) déclaraient prendre actuellement des statines et 8,6 % (IC à 95 % : 7,6 %–9,8 %) répondaient aux critères d’éligibilité aux statines, indépendamment de l’estimation du risque d’ASCVD basée sur un taux de cholestérol LDL ≥ 190 mg/dL, le diabète ou une insuffisance rénale chronique. Les 68,0 % restants (IC à 95 % : 65,9 %–70,0 %) répondaient aux critères des recommandations préconisant l’utilisation de l’estimation du risque d’ASCVD pour orienter la décision de prescrire des statines. Au total, on estime qu'environ 87,5 millions d'adultes américains non enceintes âgés de 30 à 79 ans (56,6 % [IC à 95 %, 54,2 %-58,9 %]) étaient éligibles à un traitement par statines selon les recommandations de 2026, dont 21,5 millions (13,9 % [IC à 95 %, 12,5 %-15,5 %]) nouvellement éligibles. Plus de 93 % des adultes âgés de 70 à 79 ans et 85 % des adultes âgés de 60 à 69 ans sont éligibles à un traitement préventif primaire par statines, contre seulement 11 % des adultes âgés de 30 à 39 ans. Les populations nouvellement éligibles aux statines étaient en grande partie plus jeunes et présentaient un risque plus faible que les populations auxquelles un traitement par statines avait été précédemment recommandé (risque moyen estimé d'ASCVD à 10 ans, 3,1 % [IC à 95 %, 2,7 %-3,5 %] pour les personnes nouvellement éligibles aux statines contre 6,1 % [IC à 95 %, 5,8 %-6,4 %] pour les personnes précédemment éligibles au traitement par statines).

Conclusions et pertinence : Les recommandations de 2026 sur la dyslipidémie élargissent considérablement la population américaine pour laquelle un traitement par statines en prévention primaire est recommandé, principalement chez les personnes à faible risque.

SUNTHESE NOTEBOOKLM

Cette étude analyse les répercussions des nouvelles directives cliniques de 2026 sur la gestion du cholestérol, qui élargissent considérablement les critères d'accès aux statines en prévention primaire. En utilisant des données représentatives de la population américaine, les chercheurs démontrent que ces recommandations pourraient rendre 21,5 millions d'adultes supplémentaires éligibles à un traitement préventif. Ce changement s'explique par l'abaissement des seuils de risque et l'inclusion de populations plus jeunes ou à risque modéré, portant à plus de la moitié la proportion d'adultes de 30 à 79 ans concernés. L'objectif de cette évolution est de favoriser une intervention médicale précoce pour réduire l'exposition prolongée au cholestérol, bien que cela implique de traiter des individus dont le risque d'accident cardiaque à court terme est statistiquement plus faible.

Directives 2026 sur la dyslipidémie

 

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Commentaire


Le premier article souhaite stopper les statines  après 75 ans  et celui ci élargir les indications des statines en prévention CV primaire.

L'élargissement de la prescription des statines en prévention primaire sous prétexte que l'on change de score , et bien  ça me gêne  beaucoup.

On sent le biseness sous jacent des groupes pharmaceutiques qui vendent les statines.

Ce qui est made in USA n'est pas made in Europe.

D'un coté le score PREVENT et de l'autre le SCORE 2......

On ne peut formater ainsi les patients au gré des scores. Chaque patient est particulier, l'éthique médicale va dans le sens d'une prise en charge qui doit respecter les règles hippocratiques et non céder à des études contestables au demeurant.

Ce n'est pas ça la médecine,  elle doit respecter les patients, prendre leurs avis, et accepter la discussion. Revenons à une médecine plus humaine et non une médecine guidée par l'appât du gain et  par des scores dont la pertinence est loin d'être optimale.

Revenons à la PERTINENCE DES SOINS et c'est tout . 


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