Ménopause et thérapie hormonale

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"Il y a une sorte de pouvoir féroce qui naît chez les femmes lorsqu'elles traversent le milieu de leur vie. Un feu intérieur qui ne demande plus l'permission de brûler "Isabel Allende

 

" La vieillesse des femmes a été longtemps occultée. Pourtant, c'est un âge d'or de la conscience, libéré des injonctions de la séduction reproductive." Élisabeth Badinter


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Berggreen J, Pourhadi N, Wood-Kurland H, Løkkegaard E, Torp-Pedersen C, Meaidi A.
Contemporary menopausal hormone therapy and thrombotic disease: nationwide nested case-control study.

Traitement hormonal de la ménopause contemporain et maladies thrombotiques : étude cas-témoins nichée à l’échelle nationale

BMJ. 2026 Sep 23;394:e100688. doi: 10.1136/bmj-2026-100688. PMID: 42778212.
En libre accès 

Objectifs : étudier les liens entre l'utilisation actuelle d'un traitement hormonal de la ménopause et le développement d'une thromboembolie veineuse, d'un accident vasculaire cérébral ischémique et d'un infarctus du myocarde.

Conception : étude cas-témoins nichée à l'échelle nationale.

Contexte : registres nationaux de santé danois.

Parmi une cohorte de femmes âgées de 50 à 69 ans résidant au Danemark entre 2003 et 2021, sans antécédents de thrombose veineuse, de thrombose artérielle, de cancer, de maladie hépatique, de thrombophilie, d'ovariectomie, de traitement de l'infertilité, d'endométriose ou de syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMP, anciennement appelé syndrome des ovaires polykystiques), 9 807 femmes atteintes de thromboembolie veineuse, 18 460 femmes ayant subi un accident vasculaire cérébral ischémique et 11 974 femmes ayant subi un infarctus du myocarde ont été identifiées. Ces cas ont été appariés, selon l'année de naissance, à des groupes témoins de 49 035, 92 300 et 59 870 femmes respectivement, sans maladie thrombotique.

Principaux critères d’évaluation : recevoir un premier diagnostic de thromboembolie veineuse, d’accident vasculaire cérébral ischémique ou d’infarctus du myocarde.

Résultats : Chez les femmes n’ayant jamais utilisé de traitement hormonal de la ménopause, les taux d’incidence de thromboembolie veineuse, d’accident vasculaire cérébral ischémique et d’infarctus du myocarde pour 10 000 personnes-années étaient respectivement de 15,8, 20,3 et 13,0. Comparativement à l’absence d’utilisation, l’utilisation actuelle d’un traitement œstrogénique oral (seul ou associé à un progestatif) était associée à une augmentation des taux de thromboembolie veineuse (risque relatif : 1,6 ; IC à 95 % : 1,5 à 1,8), d’accident vasculaire cérébral ischémique (1,3 ; 1,2 à 1,4) et d’infarctus du myocarde (1,2 ; 1,1 à 1,3). L’augmentation absolue du risque par an était de 0,09 % (intervalle de confiance [IC] à 95 % : 0,08 à 0,13 %) pour la thromboembolie veineuse, de 0,06 % (0,04 à 0,08 %) pour l’accident vasculaire cérébral ischémique et de 0,03 % (0,01 à 0,04 %) pour l’infarctus du myocarde, ce qui correspond à un nombre de sujets à traiter pour observer un effet indésirable après un an d’utilisation de 1 055 (IC à 95 % : 791 à 1 266), 1 642 (1 232 à 2 463) et 3 846 (2 564 à 7 692), respectivement. L’utilisation de formes orales d’œstradiol était systématiquement associée à une augmentation du risque de thromboembolie veineuse par rapport à l’absence d’utilisation. L'administration orale d'œstradiol à des doses supérieures à 1 mg/jour pendant plus d'un an a été associée à une augmentation du risque d'accident vasculaire cérébral ischémique et d'infarctus du myocarde, ce risque augmentant avec la durée du traitement (risque relatif d'AVC : 1,8 ; IC à 95 % : 1,4 à 2,2 ; risque relatif d'infarctus du myocarde : 1,8 ; IC à 95 % : 1,4 à 2,4 pour une durée d'utilisation supérieure à 5 ans, comparativement à l'absence de traitement). Le traitement transdermique n'a pas été associé à une augmentation du taux de thrombose comparativement à l'absence de traitement, à l'exception d'une augmentation du risque d'infarctus du myocarde avec le traitement cyclique combiné transdermique (risque relatif : 2,1 ; IC à 95 % : 1,1 à 4,1).

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Différences de risque absolu et nombre de sujets à traiter pour observer un effet indésirable sur un an, en comparant l'utilisation actuelle d'un traitement hormonal de la ménopause par voie orale à l'absence d'utilisation d'un quelconque traitement hormonal, concernant la thromboembolie veineuse, l'accident vasculaire cérébral ischémique et l'infarctus du myocarde. Les risques absolus ont été calculés à partir des taux d'incidence, spécifiques à l'âge, de la première survenue d'une thromboembolie veineuse, d'un accident vasculaire cérébral ischémique et d'un infarctus du myocarde chez des femmes danoises non exposées (2003-2021), combinés aux rapports de risque (HR) spécifiques à l'âge et aux intervalles de confiance à 95 % pour le traitement hormonal de la ménopause par voie orale, issus de modèles de régression conditionnelle. Les modèles ont été ajustés en fonction du revenu annuel, du niveau d'études, de la cohabitation, de l'hypertension, de la fibrillation auriculaire, de la cardiomyopathie, de l'insuffisance cardiaque, des valvulopathies, du diabète, des maladies thyroïdiennes, des maladies rénales, de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), de la migraine, de l'hystérectomie et de la prise de statines, de bisphosphonates, d'anticoagulants, d'aspirine, d'antidépresseurs et d'antipsychotiques. Le groupe de référence était composé de femmes ne prenant pas d'œstrogènes, de progestatifs ou de testostérone par voie systémique ou locale. Chaque symbole féminin représente environ 100 femmes. NNH = nombre de sujets à traiter pour observer un effet indésirable ; IC = intervalle de confiance

Conclusions : comparé à l’absence de traitement hormonal, le traitement hormonal oral de la ménopause était associé à un risque accru de thromboembolie veineuse, indépendamment de la posologie et de la durée du traitement. L’utilisation prolongée d’œstradiol oral à forte dose (> 1 mg/jour) a par ailleurs révélé des risques accrus d’accident vasculaire cérébral ischémique et d’infarctus du myocarde. Aucun risque thrombotique accru n’a été observé avec le traitement transdermique.


CE QUE L'ON SAIT DÉJÀ SUR CE SUJET

  • Le traitement estrogénique oral de la ménopause a été associé à un risque accru de thrombo-embolie veineuse et d'accident vasculaire cérébral, mais les données concernant un risque supplémentaire d'infarctus du myocarde restent contradictoires.

  • Les données suggèrent qu'il n'existe pas de risque accru de thrombose avec l'utilisation d'un traitement hormonal transdermique de la ménopause.

  • Les études comparant le risque de thrombose selon les méthodes d'utilisation actuelles, les schémas thérapeutiques, les principes actifs, les dosages, la durée du traitement et l'âge au début du traitement restent limitées.

CE QUE CETTE ÉTUDE APPORTE

  • Dans cette étude à l'échelle nationale, l'utilisation actuelle d'un traitement hormonal oral de la ménopause a été associée à un risque accru de thrombo-embolie veineuse quelles que soient les caractéristiques du traitement, tandis que les risques accrus d'accident vasculaire cérébral ischémique et d'infarctus du myocarde n'ont été observés qu'avec un traitement oral à forte dose utilisé pendant plus d'un an.

  • Le nombre de sujets à traiter pour observer un effet nocif (number needed to harm) pour une année de traitement oral était de 1 055 (intervalle de confiance à 95 % [IC] 791 à 1 266) pour la thrombo-embolie veineuse. Pour l'accident vasculaire cérébral ischémique, il était de 1 642 (1 232 à 2 463). Et pour l'infarctus du myocarde, il était de 3 846 (2 564 à 7 692).

  • Le traitement transdermique n'a pas été associé à un risque thrombotique élevé, indépendamment de la posologie et de la durée d'utilisation, ce qui confirme l'importance du mode d'administration pour minimiser le risque de thrombose.

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  •  
  • Cette étude nationale cas-témoignages menée au Danemark évalue les risques de maladies thrombotiques associés à l'utilisation contemporaine de la thérapie hormonale de la ménopause. Les chercheurs ont examiné les liens entre la prise de ces traitements et la survenue d'accidents vasculaires cérébraux ischémiques, d'infarctus du myocarde ainsi que de thrombo-embolies veineuses chez des femmes âgées de 50 à 69 ans. L'analyse démontre que la thérapie orale par œstrogènes augmente ces risques de manière générale, la méthode d'administration par voie transdermique ne présentant quant à elle aucune élévation significative de ces dangers vasculaires.

    Risques de thrombose du THM

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1763386630742Claire Mounier Véhier / LINKEDIN



Le point avec OPEN EVIDENCE
 

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) reste indiqué en 2026 avant tout pour les symptômes vasomoteurs modérés à sévères (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes) gênants, chez les femmes de moins de 60 ans ou dans les 10 ans suivant la ménopause, en l'absence de contre-indication. [1-4] C'est le traitement le plus efficace disponible, réduisant la fréquence des symptômes d'environ 75 % par rapport au placebo, supérieur aux alternatives non hormonales comme la venlafaxine ou la paroxétine. [1]

Indications principales

  • Symptômes vasomoteurs modérés à sévères retentissant sur le sommeil, les activités quotidiennes ou la qualité de vie — indication princeps, à utiliser à la dose minimale efficace et pour la durée la plus courte nécessaire, avec réévaluation périodique. [1][3]

  • Syndrome génito-urinaire de la ménopause (sécheresse vaginale, dyspareunie) : en première intention, les œstrogènes vaginaux à faible dose sont préférés en l'absence d'indication à un THM systémique ; la DHEA intravaginale et l'ospémifène oral (SERM) sont des alternatives validées. [4-7]

  • Prévention de l'ostéoporose/fractures chez les femmes à risque significatif de fracture pour qui les traitements non œstrogéniques sont mal tolérés ou inadaptés — non recommandée en prévention primaire systématique selon l'USPSTF et la Endocrine Society (2023). [1][6]

  • Ménopause précoce/insuffisance ovarienne prématurée (avant 50 ans) : bénéfice particulièrement favorable en termes de longévité, justifiant un THM jusqu'à l'âge moyen de la ménopause naturelle. [8]

Ce que le THM n'est pas indiqué pour

Le THM n'a pas d'indication en prévention primaire ou secondaire des maladies cardiovasculaires, du déclin cognitif ou de la démence, conformément aux recommandations de l'USPSTF et aux conclusions de la revue Cochrane 2026. [9]

Principe du "timing hypothesis" et contre-indications

Le rapport bénéfice-risque dépend fortement de l'âge et du délai depuis la ménopause : chez les femmes de moins de 60 ans ou à moins de 10 ans de la ménopause, les bénéfices l'emportent généralement sur les risques, alors qu'au-delà de 60 ans ou de 10 ans post-ménopause, les risques de coronaropathie, d'AVC, de thromboembolie veineuse et de démence augmentent et peuvent dépasser les bénéfices. [4][10-11] Les contre-indications classiques comprennent les antécédents de cancer du sein ou autre cancer hormonosensible, de maladie coronarienne, d'AVC, de thromboembolie veineuse, d'hépatopathie active et les saignements vaginaux inexpliqués. [9][11] Chez les femmes fumeuses actuelles ou ex-fumeuses de longue date à haut risque de cancer pulmonaire, le THM combiné continu augmente le risque de décès par cancer pulmonaire non à petites cellules. [9]

Chez les femmes avec utérus, l'association d'un progestatif (ou du bazédoxifène) à l'œstrogène est impérative pour prévenir l'hyperplasie et le cancer de l'endomètre ; les femmes hystérectomisées reçoivent un œstrogène seul. [1][7] La voie transdermique est associée à un risque moindre de thromboembolie veineuse que la voie orale, et la progestérone micronisée est préférée au MPA pour un meilleur profil de sécurité. [2-3][8]

L'algorithme suivant, issu d'une revue JAMA sur la prise en charge des symptômes ménopausiques, résume l'approche clinique recommandée pour la prescription du THM, intégrant l'évaluation des contre-indications et le choix du traitement selon le statut utérin et le profil de risque.

Figure 1. Suggested Clinical Approach to Prescribing Menopausal Hormone Therapy

Content used under license from the JAMA Network® © American Medical Association

En synthèse, le THM en 2026 garde des indications bien précises et individualisées (symptômes vasomoteurs gênants, syndrome génito-urinaire, prévention de fracture chez certaines femmes à haut risque), avec une fenêtre d'opportunité privilégiée avant 60 ans ou dans les 10 ans suivant la ménopause, une réévaluation régulière du rapport bénéfice-risque, et l'exclusion stricte des indications de prévention cardiovasculaire ou cognitive primaire. [1][4][9)

 REFERENCES

1.
Management of Menopausal Symptoms: A Review.
The Journal of the American Medical Association. 2023. Crandall CJ, Mehta JM, Manson JE.Review
2.
Rethinking Menopausal Hormone Therapy: For Whom, What, When and How long?
Circulation. 2023. Cho L, Kaunitz AM, Faubion SS, et al.Review
3.
Clinical Practice Guideline for Menopause.
Department of Veterans Affairs (2026). 2026. Elizabeth Patton MD MPhil MSc FACOG MSCP, Melissa Shaughnessy DO MSCP, Nancy Roberson Jasper MD FACOG MSCP, et alGuideline
5.
FDA Orange Book.
FDA Orange Book. 2026.
6.
An Empowerment Model for Managing Menopause.
Lancet. 2024. Hickey M, LaCroix AZ, Doust J, et al.Review
7.
Menopausal Hormone Therapy.
The Journal of the American Medical Association. 2019. Shifren JL, Crandall CJ, Manson JE.Review
8.
Hormone Therapy in the Postmenopausal Years: Considering Benefits and Risks in Clinical Practice.
Human Reproduction Update. 2021. Genazzani AR, Monteleone P, Giannini A, Simoncini T.RCT
9.
Long‐term hormone therapy for perimenopausal and postmenopausal women.
Cochrane Database of Systematic Reviews. 2026. Magdalena Bofill Rodriguez, Li Ning Yong, Sanja Mirkov, et al.SR
10.
Hormone Therapy in Menopause: Concepts, Controversies, and Approach to Treatment.
Endocrine Reviews. 2021. Flores VA, Pal L, Manson JE.Review
11.
Menopausal Hormone Therapy in Older Women: Examining the Current Balance of Evidence.
Drugs & Aging. 2023. David PS, Sobel T, Sahni S, Mehta J, Kling JM.Review
 

Ménopause, traitement hormonal et risque cardiovasculaire : deux nouvelles publications qui confirment et précisent leurs relations !
https://www.agirpourlecoeurdesfemmes.com/anticiper/gynecologie/Menopause-traitement-hormonal-et-risque-cardio-vasculaire-deux-nouvelles-publications-qui-confirment-et-precisent-leurs-relations-

Le docteur Brigitte Raccah-Tebeka, gynéco-endocrinologue et ambassadrice de notre fondation Agir pour le cœur des femmes a lu pour vous deux nouvelles publications la première sur le lien existant entre le risque de maladie cardio-vasculaire et la survenue de la ménopause ; la seconde sur l’impact du traitement hormonal sur ce risque cardio-vasculaire.

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La ménopause est un phénomène biologique naturel qui marque la fin des années de reproduction de la femme. Les ovaires s’arrêtent de travailler et de produire des hormones essentielles, principalement les œstrogènes. Cette évolution hormonale a de nombreuses conséquences sur la santé en général, en particulier sur la fonction cardio-vasculaire, le métabolisme des graisses, et l’intégrité des vaisseaux. Les estrogènes ont été reconnus de longue date comme cardio-protecteurs avec une moindre incidence des maladies cardiovasculaires chez les femmes par rapport aux hommes avant la ménopause.


Les maladies cardio-vasculaires restent la principale cause de mortalité parmi les femmes ménopausées. La diminution des estrogènes après la ménopause entraîne une augmentation du cholestérol total, une diminution du bon cholestérol (le HDL sur votre bilan), une augmentation du mauvais cholestérol qui s’infiltre dans la paroi de l’artère (le LDL sur votre bilan), une élévation de la pression artérielle et une insulino-résistance. Tous ces facteurs contribuent collectivement à une augmentation du risque de maladie cardio-vasculaire. Malgré l’association bien établie entre la ménopause et les modifications métaboliques, l’impact direct de la ménopause en tant que telle sur le risque cardiovasculaire à long terme reste imprécis.


Une étude vient de paraître dans le journal Maturitas d’octobre 2025 qui cherche à évaluer ce rôle propre du statut ménopausique à partir d’une large cohorte prospective au Royaume-Uni (1). Ainsi, les données de 222 007 femmes ont été analysées concernant de nombreux paramètres et en particulier, leur statut hormonal. Un score de risque cardio-vasculaire élevé était défini par un risque de survenue d’accidents dans les 10 ans supérieur à 7,5 %.


Chez les femmes ménopausées (158 572), ce risque était significativement supérieur comparativement aux femmes non ménopausées (63 435). Après ajustement par rapport aux autres facteurs connus du risque cardio-vasculaire, la ménopause apparaissait comme un facteur de risque indépendant en particulier chez les femmes âgées de moins de 60 ans.


Cette étude semble donc confirmer que la ménopause en tant que telle doit être considérée comme un facteur de risque indépendant sur le plan cardio-vasculaire. Une prise en charge globale est donc essentielle ave notamment révision des règles hygiéno-diététiques et amélioration de l’activité physique.


Une seconde étude a été publiée cet automne dans la revue JAMA Internal Medicine (2) avec une nouvelle analyse de deux essais randomisés évaluant le traitement hormonal de la ménopause chez des femmes âgées de 50 à 79 ans aux États-Unis, souffrant de symptômes vasomoteurs. Dans cette étude, le traitement hormonal associant un estrogène et un progestatif réduit les symptômes vasomoteurs de la ménopause sans affecter le risque cardio-vasculaire chez les femmes âgées de 50 à 59 ans. En revanche, chez les plus de 70 ans, le risque était augmenté dans les deux essais.
Ces données confirment les recommandations actuelles d’initier un traitement hormonal, s’il est nécessaire en raison des symptômes climatériques, chez les femmes récemment ménopausées jusqu’à 10 ans après le début de leur ménopause. En revanche, une initiation plus tardive augmente le risque d’accident cardio-vasculaire et donc n’est pas souhaitable entre 60 et 69 ans et est absolument à éviter après 70 ans. Notons que, dans cette publication américaine, le traitement hormonal utilisé est connu pour être beaucoup plus néfaste sur le plan cardio-vasculaire (voie orale) avec un impact sur le bilan métabolique et la coagulation que le traitement utilisé en France où le traitement hormonal privilégie une association d’estrogènes par voie cutanée et de progestérone naturelle qui a un impact métabolique favorable, un effet neutre sur la pression artérielle et la coagulation donc à moindre risque cardio-vasculaire.
En pratique, il est très intéressant de respecter cette notion de fenêtre d’intervention avant d’initier un traitement hormonal de la ménopause.
Ce traitement est aujourd’hui proposé chez les femmes qui ont des symptômes climatériques invalidants et qui n’ont pas de contre-indication cardio-vasculaire et gynécologique. Le risque cardio-vasculaire doit faire l’objet d’une évaluation précise avant la mise en route du traitement hormonal de la ménopause. D’autres éléments spécifiques à la femme doivent être évalués permettant de s’assurer du bon équilibre de la balance entre les bénéfices attendus et les risques éventuels pour elle. Quand la décision de traitement est validée, il convient d’initier le traitement dans les années qui suivent le début de la ménopause pour limiter les risques d’accident cardio-vasculaire chez une femme, plus âgée, qui aurait déjà développé des plaques d’athérome dans ses artères.



1. Vallée A. Menopause and risk of atherosclerosis cardiovascular disease : insights from a women’s UK biobank cohort. Maturitas.2025 ;201 :108693
2. Rossouw JE, Aragaki AK, Manson JE et al. Menopausal hormone therapy and cardiovascular diseases in women with vasomotor symptoms : a secondary analysis of the Women’s Health Initiative randomized clinical trials. JAMA intern Med. 2025 sept 15 :e254510



Commentaire


Un sujet qui fait débat, bien que nous soyons de plus en plus dans le vrai , l'incertitude disparait.

Une question non résolue, le dosage de la Lp(a) à la ménopause semble être une indication nécessaire même avant la prise d'une contraception orale.

Le TH en percutané est la référence.




À LIRE

Ménopause : le traitement hormonal substitutif repart à la hausse depuis 2022
https://www.vidal.fr/actualites/37995-menopause-le-traitement-hormonal-substitutif-repart-a-la-hausse-depuis-2022.html



 MENOPAUSE et AVC
https://medvasc.info/archives-blog/menopause-et-avc


MENOPAUSE PRÉCOCE
https://medvasc.info/archives-blog/pr%C3%A9-m%C3%A9nopause


THM : STOP ou ENCORE !

THMovidweb


https://medvasc.info/archives-blog/thm-stop-ou-encore

THM et RISQUE CARDIOVASCULAIRE
https://gemvi.org/wp-content/uploads/2022/06/actu-62-1610615800.pdf

Traitement hormonal de la ménopause et risque cardiovasculaire : le point

https://francais.medscape.com/voirarticle/3611617

Lp(a) et MTEV et HORMONES

7eb038f9 fc20 47ca 94b8 36cd0c8f64c2

https://medvasc.info/archives-blog/lp-a-et-mtev

Ménopause : ELINZANETANT, une bouffée d'espoir
AMM en France , non remboursé , sous le nom de VEOZA, coût de 75 à 90 euros.

https://medvasc.info/archives-blog/m%C3%A9nopause-elinzanetant%2C-une-bouff%C3%A9e-d-espoir


HTA, HORMONES et FEMMES; CONSENSUS
https://sfhta.eu/wp-content/uploads/2018/12/Recommandations_HTA_hormones_femme.pdf


Cœur-Artères-Femmes Un parcours de santé innovant
https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/parcour_coeur_arteres_femmes.pdf


Repérer, dépister et accompagner les femmes aux phases clés hormonales, pour une prévention offensive! Claire Mounier-Véhier
https://www.acca06.fr/media/9359/pr-claire-mounier-vehier.pdf

Repenser la ménopause et l'hormonothérapie de la ménopause comme des opportunités pour un vieillissement en bonne santé

science.aeg5004 f1
 Un aperçu général des facteurs tout au long de la vie à prendre en compte pour comprendre la ménopause.
( A ) Presque tous les principaux organes et systèmes du corps expriment des récepteurs aux œstrogènes et à la progestérone. ( B ) La ménopause est une transition qui affecte l'ensemble du corps et se manifeste par plus de 30 symptômes reconnus. Compte tenu de la large distribution des récepteurs des hormones ovariennes, il n'est pas surprenant que les effets de la ménopause s'étendent au cerveau (mémoire, humeur, pathologies liées à la maladie d'Alzheimer), aux systèmes cardiométabolique, immunitaire et urogénital, et qu'ils entraînent des troubles du sommeil, des dysfonctionnements rénaux et génitaux, ainsi que des altérations des systèmes musculo-squelettique et gastro-intestinal, des muqueuses et de la peau. Ces effets sont indépendants de l'âge chronologique. Cette figure donne un aperçu général du moment d'apparition de ces symptômes ; toutefois, l'apparition, la durée, l'intensité, la fréquence et le type de symptômes varient d'une personne à l'autre. Contrairement à une idée reçue, ces symptômes peuvent persister bien après la ménopause. ( C ) La ménopause ne peut être appréhendée isolément. Il est nécessaire de prendre en compte les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux.
CRÉDIT : A. MASTIN/ SCIENCE
 

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