Les propos qui sont tenus ici n’engagent que leur auteur. Les textes sont actualisés régulièrement et corrigés en cas d'erreur. Bonne visite

Mort de CHRISTO

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .



"L'oeuvre d'art, c'est ce qui ne sert à rien." Christo

Le Reichstag emballé par Christo et Jeanne-Claude
#1MASQUEPOURTOUS nous emballe ..... un peu , aussi 

Covid-19 : AVIGAN made in JAPAN

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

"Populisme : promouvoir sa personne sur les problèmes des autres"Guillaume Renoux

“Les statistiques sont vraies quant à la maladie et fausses quant au malade ; elles sont vraies quant aux populations et fausses quant à l'individu "Léon Schwartzenberg

Comme l 'hydroxychloroquine en France, l'Avigan(r)  ( nom commercial du favipiravir.) est présenté par beaucoup de Japonais comme un remède miracle contre le coronavirus, mais les médecins sont divisés.L'Avigan est un médicament antiviral développé par la société japonaise FujiFilm Toyama Chemical, filiale du groupe FujiFilm Holdings, grand nom de la photo en partie reconverti dans la santé. Pas un discours du chef du gouvernement sans que le mot Avigan soit prononcé. Shinzo Abe a même ouvertement incité « les patients japonais à faire la demande pour pouvoir en bénéficier dans le cadre d'essais, sous réserve d'approbation de l'hôpital »

Procédure accélérée :  Le gouvernement japonais a décidé d'investir plus de 120 millions d'euros pour aider FujiFilm à augmenter les stocks d'Avigan à des doses suffisantes pour 2 millions de personnes (contre 700 000 auparavant). Il s'agit également, via un appel aux entreprises volontaires, de produire au Japon (et non plus en Chine) la matière première nécessaire. Toshimitsu Motegi, le ministre des Affaires étrangères, a lui aussi longuement promu devant la presse l'Avigan, précisant que le Japon en offrait à plus de 40 pays à des fins de tests.

MAIS : L'Association des médecins du Japon n'est  pas sur la même ligne. Dans une déclaration brève mais très explicite, elle souligne que la politique ne doit pas se substituer à la science. « Tout le monde peut comprendre qu'il existe des procédures administratives exceptionnelles pour accélérer l'approbation de nouveaux médicaments. Cependant, il est clair que, même en cas d'urgence, un médicament dont les preuves scientifiques sont insuffisantes ne doit pas être approuvé. » Puis un rapport d'étude intermédiaire est tombé qui conclut : « Il est trop tôt pour dire que l'Avigan est efficace. » Le projet du Premier ministre de faire approuver le traitement courant mai est officiellement remis à juin.

Une fois de plus, l'accélération de mise sur le marché d'un médicament "supposé anti COVID-19" sans preuve évidente ,crée la controverse, que ce soit en France ou au Japon ou ailleurs. L'association des médecins japonais est exemplaire, elle alerte  sur la substitution de la science par la politique et demain peut être par la "vox populi". Même démarche, même conséquence. Une fois pour toute le politique même épaulé par un Conseil Scientifique ne doit pas en faire qu'à sa tête, convaincu souvent par celle ou celui qui parle le plus fort .La pharmacopée populiste n'est pas encore référencée .C'est trop facile, c'est dangereux. Je l'ai souligné et ressouligné, derrière tout cela il y a "des êtres humains malades" et non " des souris et des hommes". 
2000.hdsave.p16jokujcjdfefjqmtpelv1m091La morale "récurrente" de cette nouvelle histoire COVID-19 c'est qu'il n' y a qu'un médicament au monde né en 1897  l'aspirine  qui fait consensus. L'aspirine est le médicament dont la production mondiale est la plus importante : avec 2540 cachets par seconde, elle atteint 40 000 tonnes par an, soit 80 milliards de comprimés. Par ses propriétés, et on en découvre encore de nouvelles, elle n'a jamais eu besoin de politiques , uniquement de scientifiques  pour "en faire l'article", c'est le "couteau suisse de la médecine" .Toutes les grandes revues médicales en ont parlé et en parlent encore, sans liens d'intérêt si ce n'est le patient qui doit toujours être au centre de nos préoccupations. "Le patient n'est pas un instrument" et on en fait pas ce que l'ont veut avec lui.
 Les "médecins flous" comme les appellent "Libération" , ils opacifient leurs discours à loisir,  de tout cela, rien n'en ressortira......de valide.
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SOURCE : 

Un grand principe de la Médecine : le fût du canon !

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

"Combien de temps le fût du canon met-il pour refroidir ?  Fernand Raynaud "
 
"Le temps guérit presque tout, alors donne-toi un certain temps." Anonymus
 
Combien de temps le fût du canon met-il pour se refroidir une fois que l'obus ait été tiré?
Dans un sketch célèbre de Fernand Raynaud des années 1950, la réponse à la question précédente n'est pas cinq minutes, ou une demi-heure, ou une heure …  elle est : … un certain temps !

Cet aphorisme  est utilisé pratiquement chaque jour en médecine.
Quelle que soit l'affection prise ne charge, quelque soit le médicament prescrit, quelle que soit l'hospitalisation, quelle que soit l'intervention chirurgicale, la question récurrente est toujours la même: ça va durer combien de temps Docteur ? Et j'en ai pour combien de temps ?. Une hospitalisation en urgence , même chose, c'est pour combien de temps ?. Attention si vous vous aventurez à préciser une durée en heure, jour , semaine ou mois, plus d'une fois sur deux vous allez faire une erreur. La meilleur réponse : ...un certain temps et pardoxalement cette réponse est comprise . Le temps est une mesure précise, or en médecine il n'est pas toujours possible de définir le temps. Un certain temps, cela va de la seconde à des années. C'est un espace temps large; mais finalement précis et surtout qui a l'agrément du patient. "La perception du temps est quelque chose d'inviduel,chacun a sa propre horloge qui est très sensible et dépendante de notre état émotionnel" nous rappelle Henri Lombard, médecin et philosophe. Et de rajouter " le temps vécu s'accélère ou s'allonge selon les circonstances de la vie. Il est plus qualitatif " que quantitaif, il est subjectif et non objectif. C'est pour cela qu'un certain temps satisfait la majorité et réduit les inquiétudes.Les impatients sont capables de devenir patients. L'écoulement du temps est perçu différemment par les uns et par  les autres et finalement "un certain temps" convient le plus souvent aux patients car ils vont s'accaparer le temps qu'on leur offre d'où une adaptation personnelle qui les rassure. Autre notion, ne jamais dire à un patient le traitement prescrit sera à vie. Il faut plutôt lui dire que l'on part sur 1 an, et chaque année on réévaluera la nécessité ou non de poursuivre le traitement. On est plus dans "un certain temps" mais dans un espace temps qui intégre le suivi médical et qui dédramatise et rassure.
 
Finalement le "un certain temps de Fernand Raynaud" est devenu une expression du langage médical qui est bien accepté et qui convient à la majorité des patients.

Concernant le COVID-19, à quand un vaccin : "un certain temps", à quand un traitement : "un certain temps", le virus va circuler encore combien de temps : "un certain temps" etc..........Le virus "like" "un certain temps".

 #1MASQUEPOURTOUS c'est pour combien de temps ? Un certain temps !

Si vous n'êtes pas convaincus !

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

#1MASQUEPOURTOUS....La SOLUTION ! 

COVID-19 : le lourd ressenti des médecins de première ligne

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

Signé : Dr Robert Dotigny, Médecine Générale, Le Pontet (Vaucluse) 

« Les hommes d'État n'ont ni le temps ni l'habitude de prévoir. Ils vivent au jour le jour, tous les événements les surprennent, et les problèmes qu'ils s'efforcent de résoudre sont ceux de la veille ou de l'avant-veille, qu'ils n'ont d'ailleurs pas encore compris. » René BARJAVEL

« La sagesse, c'est de prévoir les conséquences. » Norman COUSINS

Personne dans notre pays ne peut nier le travail soutenu et intense des équipes médicales et paramédicales hospitalières ,des centres 15 et des SAMU qui ont œuvré sans relâche tout au long de la crise sanitaire .

De même personne ne peut sous estimer l’implication,dès le début de l’épidémie des médecins libéraux et notamment des praticiens généralistes qui se sont vus octroyer l’honorable titre professionnel de « MEDECINS DE PREMIERE LIGNE ».

Je me suis toujours méfié de l’attribution par nos décideurs ,quels qu’ils soient ,de qualificatifs pompeux et flatteurs :ils cachent souvent « quelque chose » qui peut s’appeler ,en la circonstance, mensonge , inconscience ou encore incohérence dangereuse.

Le manque de moyens de protection conformes et adaptés à la situation a été l’équivalent d’une mise en danger pour les généralistes.

Certes, la téléconsultation et la consultation téléphonique ont permis de limiter les risques de contamination mais des actes médicaux présentiels ont été incontournables soit à domicile soit au cabinet du médecin.

La limitation et le mode de ravitaillement en masques (déplacement du praticien dans les officines)et notamment en masques FFP2 est loin d’être en accord avec le terme PREMIERE LIGNE qui pouvait nous faire espérer de petits privilègesI

Le manque de masques FFP2 a été évident dès le début de l’épidémie ; même les infirmiers ,eux aussi en première ligne, ont souffert de recommandations insensées en défaveur du port de masques (plusieurs infirmières me l’ont confirmé ).

Actuellement ,le besoin en masques FFP2 devient moindre mais les généralistes ne sont plus prioritaires,par rapport à d’autre spécialités très exposées pour ce type de masques ;cela se comprend aisément mais toutefois ….les généralistes restent quand même en première ligne pour le dépistage et le suivi des patients Covid positifs

Cela amène une interrogation : une 2ème vague est peu probable mais si elle survient serons- nous prêts à temps en matière de moyens de protection ?

L’information donnée tout au long de la crise et l’aspect médiatico-politique ont été trop souvent déraisonnables , ne pouvant générer que de l’indignation :alors que par manque de moyens de protection des confrères ont laissé leur vie dans cette crise sanitaire, comment peut- on valider des propos tels que « c’est pas plus qu’une banale grippe » ou « c’est une simple grippette »,ou encore « les masques FFP2 ne font pas plus que les chirurgicaux », « le port de masques n’est pas encore recommandé » ……

En matière de communication ,la recherche du vedettariat a démoli le sérieux des discussions :journalistes qui se sont parés maladroitement du costume de sommités médicales ,qui sont arrivés à faire dire aux interlocuteurs ,et malgré eux ,tout et n’importe quoi ;propos et prises de positions trop empressés et irréfléchis, contradictoires, ont contribué à majorer le stress de nos patients déjà perturbés par le confinement

Tout clinicien digne de ce nom, ressent mal la mise en défaut de l’aspect humain ; l’élaboration de fiches médicales avec des critères de sélection des personnes âgées pour la poursuite ou non des traitements, a bousculé brutalement cette notion d’humanité :même dans un contexte aussi impitoyable que celui du COVID 19 le rôle du praticien ne peut et ne doit pas se limiter à cocher des cases avec un stylo ! «

ALORS ,LE POSITIF DANS TOUT CELA » me direz -vous ?

OUI , il y en a eu et heureusement :la poursuite de notre activité Covid et hors Covid contre vents et marées (nous n’avons pas attendu les directives gouvernementales pour téléphoner à nos patients dans le cadre de la surveillance d’un traitement anticoagulant ,d’un diabète ,d’une hypertension ;nous avons poursuivi nos visites à domicile auprès des patients en grande difficulté…) ;autres éléments positifs :la solidarité intra et interprofessionnelle (avant le confinement ,des chirurgiens dentistes sont venus me ravitailler en masques chirurgicaux ;tout récemment ,je viens de les dépanner en surblouses; les spécialistes se sont toujours tenus à la disposition des généralistes pour les conseiller en cas de souci pour un patient) ;et aussi :la collaboration sereine et très confraternelle avec les équipes des centre 15 ,le soutien et la mise à notre disposition constante des conseillers ordinaux départementaux ,la vigilance des syndicats médicaux et par-dessous tout la reconnaissance des patients « docteur pensez à vous ,j’imagine votre pression en ce moment… » et surtout le soutien de nos familles.

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A ce jour ,les indicateurs sont très favorables ; l’arrivée d’une nouvelle vague est incertaine mais le risque est estimé faible.

Néanmoins les leçons de ce cyclone sanitaire devront être tirées.

Parmi elles ,une est certaine et doit être entendu en haut lieu :si une nouvelle phase épdémique survient ,les médecins de première ligne répondront toujours présents mais si les principes de sécurité et de précaution à leur égard font encore dangereusement défaut , à l’issue de cette deuxième vague ,ils seront certainement nombreux à décrocher !

Et #1MASQUEPOURTOUS; notre credo ! 

La COVID-19 : maladie de la « grande accélération » ou pas ?

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

ANTHROPOCENE (1)

Signé Dr Joelle Laffont, Médecin Vasculaire, Toulouse, (Texte Inspiré d’Emmanuel E. et de Nathanaël Wallenhorst).

« L’anthropocène nous oblige à regarder plus loin que nos frontières et plus loin dans le temps. » (François Gemenne)

La COVID-19 dont la propagation est liée à la façon dont les êtres humains habitent et utilisent la Terre, serait-elle une maladie de l'anthropocène ?

Et d’abord l’Anthropocène c’est quoi !

L'Anthropocène est une ère géologique de l'histoire de la Terre qui est proposée pour caractériser l'ensemble des évènements géologiques visibles, témoins de l'influence globale significative des activités humaines sur l'écosystème terrestre (environnement, climat, biosphère).
L'Anthropocène est un néologisme construit à partir du grec ancien ἄνθρωπος (anthropos, « être humain ») et καινς (kainos, « nouveau », suffixe relatif à une époque géologique), en référence à une nouvelle période durant laquelle l'influence et l’activité de l'être humain sur la biosphère ont atteint un tel niveau qu'elles sont devenues une « force géologique » majeure, dominante devant toutes les autres forces géologiques et naturelles qui avaient prévalu jusque-là.
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Le terme Anthropocène, qui signifie « l'Ère de l'humain », a été popularisé à la fin du XXe siècle par le météorologue et chimiste de l'atmosphère Paul Josef CRUTZEN, prix Nobel de chimie en 1995 et par Eugene STOERMER, biologiste, pour désigner une nouvelle époque géologique, qui aurait débuté selon eux à la fin du XVIIIe siècle avec la révolution industrielle, succédant ainsi à l'Holocène.

L'Anthropocène est un concept développé par les sciences de la Terre puis repris par les sciences humaines et sociales. De plus en plus utilisé dans les médias et la littérature scientifique, il ne fait cependant pas consensus au sein du débat scientifique et de la communauté scientifique géologique – spécifiquement au sein de la commission internationale de stratigraphie de l'Union internationale des sciences géologiques (UISG) – qui détermine les subdivisions de l'échelle des temps géologiques. L’idée générale est que la Terre est actuellement entrée dans une phase d’évolution irrémédiablement déterminée par les activités humaines qui y laissent leurs empreintes dans l’histoire géologique et climatique. La date de son entrée est débattue par les chercheurs : depuis la révolution industrielle ? depuis les premiers essais nucléaires ? depuis que la logique de maximisation des intérêts individuels est un rouleau compresseur qui écrase tout sur son passage ?
Anthro4L'anthropocène est également nommé en géologie, la période de la « grande accélération », car tout s’y accélère, de nombreux indicateurs y présentent des courbes de type exponentiel : la population humaine augmente, doublée d’une accélération de la consommation (Steffen et al., 2015). Depuis 2005, le Group on Earth Observations (GEO), groupe international d'experts scientifiques, a été mis en place pour observer la Terre et mesurer notamment les conséquences des activités humaines. « it’s a pity we’re still officially living in an age called the Holocene. The Anthropocene – human dominance of biological, chemical and geological processes on Earth – is already an undeniable reality” (Paul J. Crutzen).

Pour ce qui nous préoccupe ces derniers mois, il semble que l’usage du concept d’anthropocène veuille interroger la manière dont les êtres humains aménagent et organisent leurs espaces habités ainsi que les conséquences de leurs activités sur Terre. Au regard des pandémies plus anciennes et de celle à Coronavirus 2019, plusieurs éléments doivent être posés, particulièrement en ce qui concerne les conditions de leurs apparitions et diffusions.

La dynamique générale de la mortalité des populations au niveau mondial n’est pas linéaire dans le temps et selon les lieux mais caractérisée par des phases de rattrapage et de rupture à des rythmes variables. Si l’on note pour la majorité de la population mondiale, une tendance forte à l’augmentation de l’espérance de vie depuis la fin du XIXème siècle, plus encore après la Seconde Guerre Mondiale, on remarquera des ruptures avec l’apparition de nouvelles maladies ou de formes résistantes de maladies déjà connues. La deuxième moitié du XXème siècle a été marquée par une diminution (à des rythmes différents selon les régions du monde) des maladies infectieuses, parasitaires et carentielles. Elle a été marquée par l’apparition et l’identification 1) de nouveaux agents pathogènes (VIH / SIDA, virus à fièvre hémorragique virale comme Ebola…) ; 2) d’anciens agents que l’on croyait avoir fortement limités, voire éradiqués, et qui ont muté (choléra 0139, tuberculose multi-résistante…) et/ou dont l’aire d’expansion s’est fortement modifiée (maladies à virus transmis par des insectes : dengue, fièvre jaune, par exemple).

Les causes de l’émergence ou de la ré-émergence d’agents pathogènes sont multiples (résistances aux antiinfectieux, abandon de programmes sanitaires, diminution de la vaccination, habitudes alimentaires particulières et spécifiques dont la consommation de viande crue, d’animaux du bœuf au serpent ou au chien et pour 2019 le pauvre pangolin …). Celles liés aux transformations et aux aménagements des environnements par l’action humaine sont déterminantes (urbanisation, nouveaux modes d’occupation des sols, déforestation à outrance, actions sur les écosystèmes terrestres et le climat …). Ces changements impliquent d’une part, que les agents pathogènes, leurs hôtes et vecteurs s’adaptent remarquablement à ces nouveaux environnements transformés ou bâtis et d’autre part que les probabilités d’interactions entre les espèces animales sauvages et domestiques, mais aussi avec les humains, puissent être renforcées.

Le rôle de ces transformations dans le passage de la « barrière de l’espèce » par un agent pathogène (de l’animal à l’homme) est central. Mais comment ces agents varient-ils dans le temps ? pourquoi circulent-ils et se diffusent-ils géographiquement ? Par exemple, l’épidémie à fièvre hémorragique Ebola s’est manifestée à partir de 1976 année de son identification, dans une partie de l’Afrique de l’Ouest, de manière brutale, de façon sporadique et irrégulière. Près de 30 années après, soit en décembre 2013, elle se diffuse de manière plus vaste et plus régulièrement dans certaines régions d’Afrique, y compris dans les villes.

Globalement la diffusion des agents pathogènes dépend des possibilités de déplacement des vecteurs et réservoirs qu’ils soient animaux ou humains, ainsi que de leurs interactions. Les moustiques profitent des transports aériens ou maritimes pour s’installer hors de leurs régions d’origine, dans des zones du globe, où en raison du réchauffement climatique, ils peuvent même bénéficier de conditions environnementales favorables à leur installation et leur prolifération.

Pour les maladies dont l’homme est le vecteur (la grippe ou le coronavirus), il est déterminant déterminants d’un point de vue géographique. 1) de comprendre les axes de circulation et ceux qui les utilisent parce que tous deux jouent un rôle pour mettre en relation les lieux. 2) de caractériser la répartition des populations (dispersées ? concentrées ?) 3) d’identifier leurs modes d’organisation (vivent-elles dans de grandes métropoles mondiales ou dans des territoires enclavés ?). Ces facteurs impliquent des différences en termes de densité et de façon de se déplacer (très / peu mobiles ? parcourant de grandes / de petites distances ?), ce qui a des conséquences sur les probabilités d’interaction entre les lieux.

L’un des exemples les plus cités dans la littérature scientifique porte sur l’apparition et la diffusion de la Peste « Noire » en Europe entre 1348 et 1352 car elle illustre les circulations sur les grands axes continentaux du Moyen-Age entre l’Asie et l’Europe (Routes de la Soie), les voies maritimes régionales (Mer Noire et Méditerranée), ainsi que les lignes de forces et pôles de commandement des puissances politiques et économiques de l’époque tels que l’Empire mongol et son rôle dans l’aménagement et la mise en relation de l’Europe avec l’Asie orientale. La seconde pandémie de choléra (1829-1837) partie d’Asie du Sud (région du Bengale) met en valeur l’intensification des interconnexions entre les lieux celles-ci opérées par l’expansion maritime, le développement des réseaux ferroviaires au sein des grands empires coloniaux et les conflits entre ces puissances rivales (Empire Russe, Ottoman, Britannique…) au XIXème siècle ; elle a été introduite via les ports coloniaux, s’est diffusée dans les arrière-pays et a bénéficié de l’accélération de son expansion grâce aux conflits.

Où vient se situer cette pandémie à Coronavirus 2 ? Le virus responsable est nettement identifié et ne parait pas vouloir muter à ce jour mais nous ne savons rien en fait, de ses intentions réelles. En raison des inconnues sur la maladie, il est précipité de vouloir donner une explication définitive dès maintenant : ce serait inutile injuste erroné réducteur. On peut cependant formuler une hypothèse sur les conditions d’introduction du virus. Les potentiels de circulation et de diffusion semblent être plus élevés dans des lieux cumulant haute accessibilité (représente l’offre de mobilité (de transports) qui donnent les possibilités pour se déplacer d’un lieu à l’autre.) et forte connexité (Dans un réseau de transport, les lieux sont bien reliés les uns avec les autres).

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Pour aller dans le sens de cette hypothèse, plusieurs arguments. Le premier est lié aux caractéristiques de la province du Hubei région pilote pour l’économie (programme « Go West » du gouvernement chinois), avec un grand nombre d’entreprises étrangères (automobile, hautes et bio technologies, sidérurgie, chimie…), et sa capitale Wuhan qui est un grand pôle industriel chinois e situé en position intérieure et centrale au sein du triangle Pékin, Shanghai, Canton / Hong-Kong ( plus de 400 millions d’habitants) constitue une plate-forme logistique à l’une des extrémités du grand projet terrestre et maritime des « nouvelles routes de la Soie » porté par des partenariats entre la Chine et plusieurs Etats du continent asiatique. C’est dans un des lieux de ce pôle économique et industriel de dimension internationale, avec un très fort potentiel d’expansion en termes d’aménagements et donc de transformations environnementales que la COVID-19 a été identifiée pour la première fois.

Le second argument est le rôle des liaisons aériennes. Wuhan est une plateforme aéroportuaire importante, directement reliée à plusieurs grandes capitales d’Asie orientale, du Moyen-Orient, d’Europe de l’Ouest et d’Amérique du Nord : leurs régions ont pu constituer les premières portes et leurs aéroports des carrefours pour la circulation du virus.

Le troisième argument est le brassage international professionnel. Parmi les premiers cas dépistés positifs (le « sommet de l’iceberg »), un grand nombre de personnes résident, ont eu des contacts , ou travaillent dans les centres et périphéries de très grandes villes, plus particulièrement dans celles accueillant des lieux et relais d’activités de production globalisée (périphéries de Milan en Italie, de Seattle aux Etats-Unis, de Munich en Allemagne, de Inchon en Corée du Sud, de Mumbai en Inde, de Sidney en Australie, de Durban en Afrique du Sud….), régions qui possèdent un très fort potentiel de développement économique lié aux investissements internationaux. Parmi les premiers cas identifiés, beaucoup d’entre eux étaient très mobiles au niveau international et avaient pu circuler dans des espaces initialement touchés (Hubei en Chine, Lombardie en Italie, Province de Qom en Iran…). Ces individus étaient en outre insérés dans des réseaux de personnes généralement nombreux mais éloignés les uns des autres. S’ils étaient contaminés, ils ont pu contribuer à renforcer une dissémination dans le monde et, dans le même temps faire circuler le virus en multipliant les transmissions au niveau local.

C’est un fait que nous pouvons comprendre, l’interconnexion des espaces au niveau mondial a pu faciliter une circulation du virus, puis une diffusion accélérée au sein de territoires particulièrement bien inter-reliés au niveau régional. Cette diffusion générale a pu être par ailleurs amplifiée par différents évènements [rassemblements religieux (France, Inde, Corée du Sud…) folkloriques (carnaval en Allemagne), politiques (Espagne) ou touristiques (Autriche)] qui ont contribué à accélérer localement la transmission et à disperser le virus dans des lieux éloignés.

La pandémie à COVID-19 met en lumière les interactions complexes des agents pathogènes avec la faune, les changements d’usage des terres, les ressources, activités et mobilités humaines. Pourtant ces transformations ne sont pas spécifiques aux 150 ou 50 dernières années. Pestes, choléra, grippes… ont accompagné et accompagnent l’histoire humaine des échanges même si les transformations environnementales et les vitesses de diffusion des épidémies sont aujourd’hui accélérées.

Faut-il en raison des modifications accélérées du climat, de nos environnements, de nos ressources, en déduire que la fréquence des épidémies va croitre et embellir de manière inévitable ? Il est tentant, raisonnable peut-être, de penser ainsi.

Se demander si la COVID-19 est une maladie de l’anthropocène, ne reviendrait-il pas finalement à interroger les réponses politiques qui seront faites par les gouvernements à la suite de la gestion de la crise sanitaire ? Les mesures liées au développement durable s’effaceront-elles au profit d’une aide économique massive incluant une relance de l’industrie fossile et donc une pression accrue sur les ressources terrestres ? Ces décisions aggraveront-elles les inégalités sociales et géographiques que l’épidémie met et mettra en lumière ? Tout se dessine-t-il déjà dans ce sens ?

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SOURCE : 
#1MASQUEPOURTOUS
                                                                                        A suivre ANTHROPOCENE (2).....
                                                                                                                  

COVID-19 : une pandémie écologique et politique ?

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

ANTHROPOCENE (2) 

Signé Dr Joelle Laffont, Médecin Vasculaire, Toulouse, (Texte Inspiré d’Emmanuel E. et de Nathanaël Wallenhorst).

"En démontrant le télescopage du temps court de l’action humaine et du temps long de la Terre, les sciences du « système Terre » ont également ouvert un nouveau champ d’investigation absolument fondamental au croisement des sciences naturelles et de l’humanité." Christophe Bonneuil

L’Anthropocène s’est installé pour durer au moins quelques milliers d’années. Cette pandémie constituerait-elle un analyseur de cette nouvelle période géologique ? De fait elle nous permet de réaliser une expérience tangible de deux menaces, écologique et politique. Ce que nous vivons actuellement n’est en aucune manière une crise dont la traversée permettrait de retrouver après, l’état antérieur à l’identique.

La gestion de la pandémie nous laisse perplexe. Avons-nous affaire à un retour du politique vrai ? La réponse actuelle ne continuerait-elle pas d’être, au contraire, caractérisée par un déficit du politique ? Est-ce par la prise de décision de façon unilatérale, ou par la mise en circulation de la parole permettant l’émergence de l’action concertée que se définit le politique ? Durant quelques décennies nous avons éprouvé l’absence du politique au profit de l’hégémonie des logiques économiques face auxquelles il ne parvenait pas à animer d’action collective ; il semblerait que nous éprouvions désormais la deuxième composante d’une même absence du politique, avec la prise de décisions de façon autoritaire, le recours au mensonge comme moyen d’encadrement des populations.

La COVID-19 : une maladie écologique de l’Anthropocène ? Notre environnement nous l’avons profondément transformé. Notre climat se réchauffe sans que nous ne parvenions à espérer une stabilisation dont nous ne connaissons d’ailleurs pas le niveau. Nos écosystèmes s’effondrent à une vitesse inégalée en regard de tout ce qui nous est connu de l’histoire de la Terre. Cela fragilise directement notre civilisation qui repose sur notre soi-disant maîtrise de tout (écosystèmes santé éducation culture excédents surplus agricoles ou autres).

N’oublions pas de constater que le forçage anthropique des écosystèmes vient bousculer les équilibres entre les animaux, les végétaux et les agents infectieux. Dans l’Anthropocène, tout s’accélère. Les processus actuels d’emballement relatifs au climat et aux écosystèmes sont la source principale d’angoisse chez les scientifiques : leurs prévisions issues des études prospectives réalisées ces dernières décennies se sont ainsi avérées avoir été dépassées. La pandémie actuelle est à comprendre dans le contexte de l’Anthropocène. Les départs d’épisodes épidémiques s’accélèrent. La COVID-19 est apparue en Chine, au cœur du réacteur de la globalisation économique contemporaine, se disséminant ensuite en quelques semaines dans tous les pays du globe. Parce que l’Anthropocène est aussi un Capitalocène et un Globalocène, dans son origine même la pandémie au plan écologique, semble anthropocénique mais pas que. Faisons confiance aux biologistes virologues épidémiologistes pour nous raconter l’histoire du petit virus qui a mis le monde au tapis.

Plus précisément son histoire environnementale fortement liée pour ce qui nous préoccupe, à un problème de consommation de viande sauvage, de médecine traditionnelle et de défaut d’hygiène. Cette crise n’a rien d’inédit. Ce qui est inédit, c’est qu’on a désormais les moyens techniques de sauver des vies humaines (tests, appareils respiratoires, possibilité de se confiner…) et qu’émerge en conséquence l’impératif de protéger les populations. La COVID-19 est plus grave que la grippe, mais certaines épidémies, y compris récentes, ont quand même fait des ravages : exemple durant l’hiver 1969-70, une grippe venue de Hong-Kong fait 33 000 morts en France, essentiellement des personnes âgées, dans une indifférence totale, comme un phénomène presque naturel. Ce qui est ici inédit et potentiellement « historique », créant ainsi un précédent, c’est que la plupart des gouvernements ont choisi d’arrêter l’économie pour sauver des vies. Excellente nouvelle. Si on a pu arrêter l’économie pour sauver 200 000 personnes en France, pourquoi ne ferait-on pas demain le nécessaire pour prévenir les cancers et les 40 000 morts prématurés par an dues à la pollution ?

La COVID-19 : une maladie politique de l’Anthropocène.

La seconde menace de l’Anthropocène, tapie dans l’ombre des altérations écologiques, est proprement politique. Nous commençons tout juste à en faire l’expérience. Lorsque les « crises » environnementales deviendront trop aiguës (vague de chaleur insupportable, famine menaçant la survie alimentaire, vagues de migrants sans commune mesure avec ce qui a été rencontré jusqu’à présent, ou encore du manque d’eau pour notre survie) la tentation d’un protectionnisme à outrance, d’une fermeture de l’espace public se fera ressentir au profit de décisions politiques autoritaires d’une part, d’autre part la logique principale présidant à la conduite gestionnaire de la crise (et non à une conduite politique) risque d’être la généralisation du mensonge. Cela ne ressemble-t-il pas un peu à ce que nous constatons dans la gestion actuelle de la crise sanitaire. Est-ce qu’on nous a menti ? est ce qu’on nous ment ?

L’autoritarisme gestionnaire comme gangrène du politique ? L’espace public a été fermé jusqu’à nouvel ordre. Il a été fortement conseillé à chacun de rester chez lui « pour sauver des vies » : nous n’avions pas le choix, notre devoir citoyen étant de sauver des vies sans action ni critique. À quoi a ressemblé le quotidien de « sauveur » pendant ces quelques semaines ? L’école a été faite à la maison. Nous avons consulté les sites d’information dix fois par jour ou plus, passé d’innombrables coups de fil pour assurer la « continuité pédagogique » la « continuité des soins » ou la « continuité productive », préparé les repas, visionné films reportages, écouté les dernières informations sur les radios, regardé jusqu’à saturation pour certains malaise et anxiété pour d’autres les chaines d’infos en continu où le tout scientifique est venu parler parler et parler encore. Nous avons aussi nettoyé nos intérieurs au vinaigre blanc (efficace sur le virus ?) ou autre désinfectant « fait maison », trié jeté l’inutile l’encombrant : cela tombait bien, nous étions en plein période de nettoyage de printemps. Nous avons moins consommé parce que pas envie de dépenser puisque rien ne rentrait plus sur les comptes : parfait nous avons économisé, les soldes même différées arriveront un jour.

Certaines lectures ont pu nous sortir de notre torpeur et nous alerter sur les dangers de la réponse gestionnaire actuelle à cette crise sanitaire [L’État d’exception de Giorgio Agamben, Rhinocéros d’Eugène Ionesco, Du mensonge à la violence de Hannah Arendt.]. En effet rien de plus efficace que l’urgence pour nous anesthésier le cerveau, contrôler (réduire) notre capacité à penser.

Des décisions autoritaires, qu’aucune voix politique n’est en mesure de déjouer, sont imposées car personne n’identifie d’alternative. Un tour de force : c’est avec notre plein consentement que nous avons déserté l’espace public. Transgresser cet impératif de confinement relevait de la toute-puissance infantile ne supportant par la frustration ou de la provocation adolescente. Il serait irresponsable de participer à la propagation du virus et aux courbes exponentielles du nombre de morts aux premiers rangs desquels le personnel soignant.

La réponse actuelle, bien que juste d’un point de vue sanitaire n’est peut-être pas politiquement satisfaisante et potentiellement dangereuse. La COVID-19 sera maîtrisée d’ici quelques mois ou années, cela relève de l’espoir commun et de la découverte de traitements efficaces (moultes études sont en cours) et encore mieux du vaccin : les chercheurs s’affairent, les enjeux sont immenses scientifiques financiers et peut-être aussi un peu sanitaires.

Une des menaces de l’Anthropocène est précisément l’appel des citoyens à des pouvoirs forts prenant en charge l’ampleur des risques extérieurs. Dans son expérience politique, la pandémie de COVID-19 est anthropocénique. Aïe !! c’est dit.
ANTY11
Lundi 16 mars Jupiter faisait usage d’une rhétorique scientifique et guerrière pour légitimer des décisions politiques. C’est particulièrement ambivalent. Depuis quelques décennies, les scientifiques n’ont cessé d’interpeller un pouvoir politique sourd en alertant sur les drames du réchauffement climatique, les effondrements des écosystèmes ou le creusement des inégalités de répartition des richesses : résultat, aucun impact sur l’orientation des décisions publiques. Après avoir crié dans le désert, certains de ces scientifiques sont tout à coup, entendus et leurs propos relayés dans un discours politique de premier plan pour légitimer des décisions publiques. La caution scientifique fait son entrée en politique afin de légitimer dans l’urgence, des mesures autoritaires, surement pas pour affermir la vitalité démocratique. Pourtant les études scientifiques ont d’abord vocation à préparer l’avenir et à accompagner la gouvernance politique du long terme (Bourg et Whiteside, 2017), qui n’a rien à voir avec une gestion autoritariste de l’urgence.
 
ANTH8Rhétorique guerrière c’est nul ! Nous ne sommes pas en guerre contre les virus, nous vivons une « guerre » permanente avec eux : ils nous accompagnent toujours tout le temps et nous adoptons un « modus vivendi » vigilant. Les virus sont ce qu’ils sont : il suffit de ne pas baisser la garde. Les virus ne viennent pas seuls pour nous tomber sur la tête mais reconnaissons qu’ils utilisent avec un grand sens de l’efficacité, un remarquable opportunisme les travers de nos sociétés dites avancées ou évoluées : la spéculation, la surconsommation, la course au toujours plus loin et mieux que le voisin.
ant17
Le mensonge gestionnaire comme gangrène du politique. À en croire les discours du gouvernement actuel, l’État nous prend en charge, si nous ne pouvons pas télé-travailler et sommes au chômage technique. Est-ce là un signe du retour de l’État-providence ? Avons-nous affaire à l’acte II, social, du quinquennat actuel ? Pendant 55 jours nous sommes restés coincés, pris dans une nasse. La décision sanitaire s’est imposée à très juste titre. Mais notre liberté d’action, irrigation de nos démocraties fragiles, s’est trouvée rognée davantage jour après jour. Ce qui altère cette liberté fondamentale, en plus de l’obligation de rester chez nous, est le mensonge politique. Et là les questions ne manquent pas. Après que le régime chinois ait fait croire à travers sa propagande qu’il avait réussi à stopper la propagation du coronavirus sur son territoire (83001 cas confirmés ? - 4634 morts officiels là où des experts évoquent la possibilité de 100 000 morts) grâce à l’adoption très rapide de mesures autoritaires, il se positionne comme le modèle politique efficace par excellence : « Si vous voulez traverser les sombres temps qui s’ouvrent à vous, faites comme nous : renoncez à la liberté démocratique au profit de l’encadrement oligarchique des populations ».

Parce que le confinement est certainement la meilleure solution sanitaire, nous emboîtons le pas. Jusqu’où irons-nous dans cette expérience hors du commun de contrôle de nos corps ? « Pas d’inquiétude, nous ne sommes pas en Chine » entendons-nous dire, dénégation désormais devenue à la mode chez nos responsables politiques, alors que les restrictions se sont durcies au fur et à mesure., mettant en évidence combien il était nécessaire de rendre visible le confinement des Français et la force du contrôle des corps. La situation actuelle a fait émerger le retour des corbeaux (pas les volatiles), avec des délations et dénonciations en très forte hausse à Paris, comme en province (Kauffmann, 2020) (comme un arrière-gout amer et honteux d’un passé pas forcément oublié).

Les réseaux sociaux ont abondé de messages en tout genre, mettant en évidence combien la visibilité du confinement semblait importer davantage encore que le respect de la distanciation sociale entravant la propagation virale.

Pourquoi n’avons-nous pas eu d’emblée de masques ni de tests ? Parce que la France, dans son offre de soins, a fait des choix stratégiques dont celui de ne produire ni masques, ni réactifs nécessaires aux tests. Après s’être enfermé des semaines dans un incroyable mensonge, allant jusqu’à minimiser l’importance de ces deux outils de bases dans une lutte contre une pandémie virale, le gouvernement a fait un virage à 180 degrés – çà peut faire mal.

Pourquoi devions-nous rester chez nous pour « sauver des vies » ? Parce que nos hôpitaux étaient déjà à l’agonie avant l’arrivée de ce coronavirus, depuis qu’une folie gestionnaire s’est emparée de la politique de santé relayée au sein de chaque Agence Régionale de Santé. Voici quelques années qu’un virus s’est emparé de nos responsables politiques : celui de la simplification du réel au sein de tableurs Excel donnant l’illusion d’une maîtrise. Aujourd’hui, on anime une démocratie comme on gère une entreprise : en faisant de l’optimisation financière.

Nos hôpitaux ont manqué de lits pour accueillir des patients à l’occasion d’une crise sanitaire comme celle du COVID-19, et comme cela le sera à l’occasion des multiples crises socio-politiques générées par le durcissement des conditions d’habitabilité humaine de la Terre en société. Nous ne sommes qu’au début de notre entrée dans l’Anthropocène : des situations de ce type, inédites et tragiques à l’échelle de la planète, vont devenir notre lot quotidien. Parce que nous entrons de plain-pied dans des décennies qui seront caractérisées par les crises, nous ne pouvons pas renoncer à notre liberté d’action politique dès l’apparition de problématiques sanitaires et humaines globales.

Alors que pouvons-nous faire ? Faudra-t-il sortir dans les rues et crier en nous serrant dans les bras ? Ce n’est pas parce que nous n’avons pas eu d’alternative au confinement et que nous n’en aurons pas si une autre vague de même puissance nous revient, que nous devons renoncer à notre capacité de critique des décisions publiques. Nous renonçons de notre plein gré à notre liberté d’action politique – parce que « ce sera temporaire » nous est-il seriné à longueur de jours –est-ce grave ? Il n’est pas souhaitable/ productif de baisser la garde devant les logiques autoritaires dont l’histoire nous a montré qu’elles peuvent se muer en totalitarisme. Nous pouvons préparer d’autres réponses politiques, préserver la circulation de la parole et de l’action au sein d’institutions justes et non le contrôle collectif des corps nous permettrait de protéger les vies que l’Anthropocène menace.
anth10Vivre une crise inouïe, en sortir grandis ou du moins plus éclairés par l’expérience même douloureuse, et construire un avenir plus cohérent plus respectueux moins destructeur. Nous sommes maintenant déconfinés et presque libres de tout.

Sur quoi se lèvera le rideau du jour d’après ?

Demain est là.

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#1MASQUEPOURTOUS

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