Les propos qui sont tenus ici n’engagent que leur auteur. Les textes sont actualisés régulièrement et corrigés en cas d'erreur. Bonne visite

La carte des transferts de patients

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

Ces transferts sont nécessaires et justifiés. Demain après la pandémie, la restructuration des hôpitaux  et la carte sanitaire "transformée" tiendront compte de cet épisode afin de ne pas le renouveler : coût, eloignemnt de la famille, mobilisation de beaucoup de personnel médical. On a pas le choix aujourd'hui, demain devra tenircompte des problèmes d'aujourd'hui. Mais c'est un sacré "Barnum" quand même.

Portrait du médecin anti COVID-19

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .



Et c'est pour ça que le gouvernement maintenant  adore les acteurs de santé ! 
 

Déconfinement, le mot qu'il ne fallait pas prononcer !

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

"La contagion des idées et des mots est chez les Français d'une rapidité extraordinaire. Chez un peuple prompt et communicatif, l'idée qui occupe quelques esprits est bientôt l'idée qui les occupe tous : le mot qui est dans quelques bouches est bientôt dans toutes." Citation de Adolphe Thiers

Depuis hier on parle d'un déconfinement à venir, progressif , en plusieurs étapes, là n'est pas le problème. Avoir anticipé de la part d'un gouvernement qui n'est pas le roi de l'anticipation a décomplexé la population. Car pour tout le monde le déconfinement est annoncé, il n'a été retenu dans le discours du Premier Ministre que le mot déconfinement alors que confinement va probablement se prolonger. Résultat on voit plus de voitures, plus de mondes dans les rues. Car chacun a anticipé ce qu'il ne fallait pas anticiper. Un conseil mesdames et messieurs les politiques choisissez le bon mot...surtout en ce moment où les mauvais maux font l'actualité.
 
RAPPEL : nous sommes toujours en période confinement, qu'on se le dire !

EUqftoLUMAAd_Oj.png

Invité le Pr Michel Dauzat : Qui serons-nous, déconfinés ?

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

"Tout être différent, sortant de la norme, est considéré comme fou."Eric Cantona

Partie 1 
A la fin du confinement, nous aurons :

• Les cheveux longs (hormis, hélas, les chauves comme moi) faute d’avoir pu nous rendre chez le coiffeur durant ces longues semaines (ou mois, ou années…)
• Les mollets atrophiés, faute d’avoir pu marcher ou courir pendant tout ce temps
• Les yeux rougis d’avoir trop regardé la télévision à l’affut des rares bonnes nouvelles ou pour nous ébaubir du pitoyable spectacle des gourous de tous poils (et cheveux) qui savent tout, ont tout prévu, et sont plus intelligents que ceux qui préfèrent se taire car ils savent, eux, l’étendue de leur ignorance
• Le ventre rond d’avoir grignoté sans faire autant d’exercice que nécessaire
• Les doigts spatulés d’avoir trop tapoté sur notre téléphone portable

Mais nous aurons appris (j’ose l’espérer) :
Que la santé de tous est l’affaire de chacun, et que la santé de chacun est l’affaire de tous. Laisser certains sans couverture - maladie ou sans accès aux soins – ici ou partout ailleurs dans le monde – compromet la santé de tous, y compris ceux qui s’imaginent être à l’abri « parce qu’ils ont les moyens ».
• Que gouverner, c’est prévoir : Ignorer ou minimiser le risque – qu’il s’agisse du climat ou de la santé – parce que le prendre en compte nuirait aux « affaires » est grave, et tous les groupes de pression et Lobbies portent une lourde responsabilité à cet égard. A ce propos, les armuriers restent ouverts aux USA malgré le confinement car ils vendent des objets « de première nécessité ». Cela en dit long sur l’état de cette société…
Que gouverner, c’est aussi choisir : Lorsque les connaissances sont incomplètes, lorsque les données factuelles disponibles sont limitées ou biaisées, lorsque les avis sont divers, voire contradictoires, les responsables déterminent, en leur âme et conscience, ce qui leur semble dans l’intérêt public. Ceux qui font de la critique et du dénigrement systématique leur fonds de commerce compromettent l’efficacité des choix politiques non pas parce que ces choix sont intrinsèquement mauvais, mais parce qu’ils ne peuvent porter leurs fruits que s’ils sont suivis par tous, sans exception. Une distanciation sociale parfaitement respectée pourrait être très efficace si des « esprits forts » ne s’estimaient plus intelligents que tous, ou mieux prémunis. Il en est de même pour le confinement. Il est vrai que l’intelligence est la chose la mieux répartie dans le monde car chacun pense en avoir plus que son prochain ou, selon les mots de Georges Brassens : « pour reconnaître que l’on n’est pas intelligent, il faudrait l’être ». Il est trop facile d’argumenter, a posteriori, de l’échec d’une politique alors que l’on a délibérément fait obstacle à sa mise en place !
• Qu’il est plus facile d’accuser « l’autre », de trouver un bouc émissaire, de désigner un ennemi, que de changer quoi que ce soit à son propre mode de vie, alors que c’est par les gestes et le comportement de chacun, à son niveau et selon ses responsabilités, que peuvent être surmontées de telles épreuves, qu’il s’agisse de santé publique ou de menaces climatiques.

Que serons les déconfinés ?

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

"L'homme qui a le courage de rire est le maître du monde." Giacomo Leopardi

PARTIE 2

• Que les complotistes et autres extrémistes sont toujours prompts à accuser, soupçonner, insinuer plutôt que de prendre leurs responsabilités. Nul n’est besoin d’être prophète pour comprendre que les décisions prises aujourd’hui ont et auront un coût considérable pour la société dans son ensemble, mais aussi pour de très nombreux commerces, artisanats, industries… Si certains responsables politiques ont eu le courage de prendre de telles décisions, c’est qu’ils ont considéré que les vies humaines avaient plus de prix que les intérêts particuliers. On ne peut donc les accuser de servir des intérêts particuliers. Naturellement, ceux-ci devront, en retour, être pris en compte, équitablement, par la société dans son ensemble. La solidarité ne doit pas être à sens unique, et chacun devra contribuer selon ses moyens.
Qu’une crise comme celle que nous vivons a pour effet remarquable d’accentuer encore, pour le meilleur et pour le pire, les contrastes dans nos sociétés déjà profondément divisées. Hélas, aujourd’hui, le meilleur se tait et le pire vocifère.
Que les « grandes gueules » qui profitent des évènements pour faire briller leur ego démesuré en proposant une croyance en guise d’espoir pour recruter des disciples ne font que diviser un peu plus la société et la mettre en danger. Tel est le cas lorsqu’une solution thérapeutique est proposée sans véritable preuve scientifique.
Que si ces populistes sèment le doute, c’est pour remplacer la réflexion et les nuances par une certitude brute et simpliste. Leur argumentation se résume à une série de syllogismes reposant sur de fausses prémisses. C’est cela-même qui définit une croyance.
Que les loups se déguisent en bergers, les Goliath en David, les richissimes en gens du peuple, pour mieux asservir et exploiter leurs victimes (qu’on appelle aussi leurs électeurs, dans certains pays, et non les moindres).
• Que ces despotes mal déguisés entretiennent l’illusion d’une nécessaire autorité alors que l’adhésion des citoyens à un projet social repose non sur la coercition mais sur la compréhension et l’exemple.
Que le rite ne doit pas prendre le pas sur le fond. Penser que l’on a fait son devoir citoyen parce que l’on a applaudi les soignants à 20h, sur son balcon, alors que l’on continue à se promener, à rencontrer les copains, à descendre acheter une baguette tous les matins, est caractéristique de cette dérive typique de notre époque. La même dérive qui, sur la route, fait ralentir à l’approche d’un radar et accélérer aussitôt après. Celle aussi qui permettait jadis d’obtenir l’absolution pour un Pater et trois Ave sans se soucier des victimes du péché confessé. Celle aussi qui admet de désigner comme mécréant méritant le pire châtiment ceux qui ne confessent pas la seule vraie foi selon le seul rite admissible…
• Que le doute est fondamental. Tous ceux qui vitupèrent contre les médecins et scientifiques, et font obstacle aux progrès les plus essentiels pour la santé publique comme la vaccination, tous ceux qui font la promotion de méthodes ou techniques « alternatives », ne défendent pas autre chose que des croyances. Si chacun est libre de croire ce qu’il veut, il n’a pas pour autant le droit d’imposer de quelque façon que ce soit sa croyance, notamment en prétendant que les dits médecins et scientifiques refusent toute remise en question. Le doute et la remise en question sont le fondement même de la démarche scientifique. Galilée, parmi tant d’autres, pourrait en témoigner.
• Que l’humour, enfin, qui a si bien fleuri dans les échanges par courriel ou téléphone, sur les réseaux sociaux, dans les médias... est un instrument de survie, car qu’est-ce que l’humour sinon la remise en question ?

Michel Dauzat, alias Polyphrène, http://www.polyphrene.fr/

COVID-19 Traitement : mise au point ( signé Pr JF Schved)

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

"La plus grave des décisions à laquelle un chercheur risque de se trouver confronté, c'est d'avoir à acheter la machine mise au point pour le remplacer."Jean Magady Peter

(JF Schved :  je n’ai aucun conflit d’intérêts dans ce domaine)
Deux types de cible : les traitements contre le virus lui-même et ceux contre ses conséquences à différents stades
1 Antiviraux
A – Remdesivir. A ce jour, le candidat le plus sérieux est le Remdesivir c’est un analogue nucléotidique, disons pour faire simple qu’il bloque la réplication du virus. Il a été essayé, sans succès sur EBOLA, mais serait efficace contre une autre maladie à un autre Coronavirus, le SRAS. Il y a plusieurs essais cliniques en cours. On attend la suite.
B - Hydroxychloroquine. Le deuxième candidat intéressant est évidemment la chloroquine ou l’hydroxychloroquine. Dans les modes d’action possible, on retrouve, comme dans le paludisme une concentration très élevée dans les globules rouges et un possible effet sur les acides nucléiques viraux, une modification du pH dans les sites cellulaires où le virus se réplique, qui aurait pour effet de freiner cette réplication et plus spécifiquement un blocage du récepteur cellulaire permettant au virus d’entrer dans les cellules (récepteurs à l’angiotensine II). A ce jour, aucun résultat clinique probant n’a été publié, ce qui ne veut pas dire que ce produit n’est pas efficace : cela veut dire, et tout le monde est d’accord là-dessus à une exception près, que l’on ne sait pas. N’oublions pas que « l’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence. »

Plusieurs essais sont en cours. Entre autres : Discovery, mais qui teste sur des patients graves où l’effet antiviral, s’il existe n’est pas déterminant et un autre qui vient d’être lancé par le CHU d’Angers, baptisé Hycovid dont les résultats dans une quinzaine de jours seront à mon avis peu contestables. Attendons.

C – Ribavirine. La ribavirine est utilisée avec succès dans le traitement de l’hépatite C où est elle associée à l’interféron alpha. Elle inhibe une enzyme nécessaire à la réplication du virus ( virus synthétase). Elle est en cours d’essais cliniques. Aucune donnée à ce jour
D – Association lopinavir/ritonavir. C’est une association utilisée avec succès dans l’infection VIH (lopinavir c’est Kalextra). Est testé dans l’essai Discovery. Au risque de m’avancer, je serais étonné que cela marche. Une étude récemment publiée va dans ce sens.
E – Azithromycine. Utilisé par de rares équipes, sans argument clinique, associée à l’hydroxychloroquine
F – Enfin dans les formes graves quelques équipes injectent du plasma issu de patients guéri de COVID. A été autorisé par la FDA ( agence américaine de santé)

2 Médicaments agissant sur les conséquences
A – Tocilizumab. Probablement le produit le plus intéressant dans les formes avec détresse respiratoire. C’est un anticorps monoclonal (de synthèse donc) dirigé contre les récepteurs à l’interleukine 6 (IL6). L’IL6 est une cytokine, c’est-à-dire une substance élaborée par le système immunitaire qui intervient dans l’inflammation et qui, dans les formes grave (asphyxiques) dépasse son rôle protecteur et au contraire s’avère néfaste. Là encore des essais cliniques sont en cours, mais l’efficacité est reconnue
B – Héparine. L’héparine est un anticoagulant et une étude chinoise vient de montrer qu’elle entraînait une réduction de mortalité chez les patients auxquels elle était administrée. Une des explications est qu’elle empêche l’activation de la coagulation, dont on sait qu’elle entraîne parfois de dangereuses embolies pulmonaires chez les patients Covid. Ce produit est dans la plupart des protocoles de soins
C – Immunoglobulines. Ont été testés avec de bons résultats dans les formes sévères. Problèmes d’approvisionnement à prévoir si l’efficacité était confirmée.
D – Corticoïdes. Sont contre-indiqués chez les patients porteurs du COVID, mais utilisés dans es formes très sévères.

Conclusions : On dispose de traitements intéressants associés à toutes les mesures de réanimation pour les formes sévères, mais aucun traitement n’a démontré son intérêt dans les formes avec peu ou pas de signes cliniques, qui sont la majorité. Rappelons que 80% d’entre eux vont guérir sans complication et quinze pour cent auront des signes plus marqués, mais n’iront pas jusqu’au stade de la réanimation.

Déconfinement programmé : PLANTU

Écrit par Jean Pierre LAROCHE le .

EUlydURUcAIe59l

Statistiques : Aujourd'hui 986 - Hier 1170 - Cette semaine 986 - Ce mois-ci 7031 - Total 652653