affection rénale et réduction du RCV


“Celui qui ne progresse pas chaque jour, recule chaque jour.” Confucius

Erin D. Michos, David Cherney, Pam Kushner,
 Chronic kidney disease screening to reduce cardiovascular risk: a call to action, Dépistage des maladies rénales chroniques pour réduire le risque cardiovasculaire : un appel à l’actionAmerican Journal of Preventive Cardiology, 2025, 101380,
ISSN 2666-6677,https://doi.org/10.1016/j.ajpc.2025.101380.
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2666667725004556
Article en libre accès

L’insuffisance rénale chronique (IRC) est très répandue dans le monde, touchant environ un adulte sur sept aux États-Unis.

Cependant, la plupart des adultes atteints d’IRC ignorent leur maladie.

Le diagnostic et le traitement de l’IRC sont essentiels en raison de la morbidité et de la mortalité accrues qui y sont associées, notamment le risque accru de maladies cardiovasculaires (MCV) et d’insuffisance cardiaque.

Il est important de noter que les personnes atteintes d’IRC ont plus de risques de décéder d’une MCV que d’évoluer vers une insuffisance rénale terminale.

L’évaluation conjointe du débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) et du rapport albuminurie/créatininurie (RAC) est essentielle pour déterminer le niveau de risque et orienter le traitement.

Bien que des anomalies du DFGe et du RAC puissent constituer des facteurs de risque modifiables de progression de l’IRC et d’événements cardiovasculaires indésirables, ce double dépistage est sous-utilisé.

Toutefois, chez les patients chez qui une IRC a été diagnostiquée, une réduction significative du risque cardiorénal peut être obtenue par l’association de traitements appropriés et fondés sur des données probantes. Les approches actuelles de prise en charge de l'insuffisance rénale chronique (IRC) reposent sur le recours à plusieurs thérapies ciblant différentes voies pathologiques afin de réduire le risque cardiorénal. C'est pourquoi nous lançons un appel à l'action pour améliorer

la qualité des soins en matière de diagnostic précoce et de prise en charge de l'IRC, afin de minimiser le risque de progression de la maladie et de complications, de réduire le risque cardiovasculaire et, en définitive, d'améliorer le pronostic des patients.

Aux côtés des médecins généralistes, les cardiologues peuvent également jouer un rôle moteur dans les actions de prévention et la mise en œuvre de traitements conformes aux recommandations, susceptibles de réduire le risque de progression de l'IRC et d'événements cardiovasculaires indésirables.

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Appel à l'action pour le dépistage et le traitement de l'IRC. La grille d'albuminurie et de DFG reflète le risque de progression de l'IRC par l'intensité de la coloration (vert, jaune, orange, rouge et rouge foncé). Les chiffres dans les cases indiquent la fréquence de la surveillance (nombre de fois par an). IEC : inhibiteur de l'enzyme de conversion de l'angiotensine ; RAC : rapport albumine/créatinine ; ARA : antagoniste des récepteurs de l'angiotensine ; IRC : maladie rénale chronique ; MCV : maladie cardiovasculaire ; DM : diabète sucré ; DFG estimé : débit de filtration glomérulaire estimé ; DFGcr : débit de filtration glomérulaire estimé basé sur la créatinine ; IRT : insuffisance rénale terminale ; GLP-1 RA : agoniste des récepteurs du peptide-1 de type glucagon ; nsMRA : antagoniste des récepteurs des minéralocorticoïdes non stéroïdiens ; SGLT2i : inhibiteur du cotransporteur sodium-glucose de type 2 ; DT2 : diabète de type 2. UACR : rapport albumine/créatinine urinaire.

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Fréquence de surveillance du débit de filtration glomérulaire (DFG) et de l'albuminurie chez les personnes atteintes d'insuffisance rénale chronique (IRC) [ 
1 ]. La grille d'albuminurie et de DFG reflète le risque de progression de l'IRC par l'intensité de la coloration (vert, jaune, orange, rouge et rouge foncé). Les chiffres dans les cases indiquent la fréquence de surveillance (nombre de fois par an). ACR : rapport albumine/créatinine ; IRC : insuffisance rénale chronique ; DFGcr : débit de filtration glomérulaire estimé à partir de la créatinine.

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Bénéfices du traitement combiné par inhibiteur du SGLT2, agoniste du récepteur du GLP-1 et antagoniste des récepteurs minéralocorticoïdes non spécifiques (nsMRA) en association avec un blocage du SRAA chez les patients atteints de diabète de type 2 et d'albuminurie (rapport albumine/créatinine urinaire ≥ 30 mg/g) par rapport au blocage du SRAA seul (traitement conventionnel) [ 46 ]. Augmentation projetée de la survie sans événement (années, IC à 95 %) chez un patient de 50 ans atteint de diabète de type 2 et d'albuminurie débutant un traitement combiné par rapport aux soins standard. La progression de l'IRC est définie par un doublement de la créatinine sérique, une insuffisance rénale ou un décès par celle-ci. IC : intervalle de confiance ; IRC : maladie rénale chronique ; CV : cardiovasculaire ; HIC : hospitalisation pour insuffisance cardiaque ; MACE : événement cardiovasculaire indésirable majeur.


Points clés à retenir


  • Une meilleure reconnaissance de l'IRC en tant que facteur de risque CV modifiable est nécessaire pour lutter contre le fardeau des maladies cardiovasculaires dans la population.

  • Étant donné que la plupart des patients atteints d'IRC décéderont d'une maladie cardiovasculaire avant d'atteindre le stade d'IRCT, la réduction du risque cardiovasculaire doit être une priorité. Cela implique un dépistage et un traitement précoces de l'IRC afin de maximiser le nombre d'années sans progression de la maladie ni complications, notamment en réduisant le risque cardiovasculaire.

  • Bien qu'il n'existe actuellement aucun consensus sur la stratégie de dépistage recommandée, les dernières recommandations de pratique clinique de KDIGO préconisent de cibler les groupes à haut risque, notamment les personnes atteintes de diabète, d'hypertension et de maladies cardiovasculaires. Chez les patients atteints de diabète de type 2, les recommandations conjointes de l'ADA et de KDIGO préconisent un dépistage de l'insuffisance rénale chronique au moment du diagnostic, puis annuellement.

  • L'évaluation des niveaux de DFG et d'UACR est nécessaire pour déterminer le niveau de risque et orienter le traitement approprié.

  • Il est essentiel de maximiser les possibilités de diagnostic et de traitement précoces de l'IRC dans tous les contextes cliniques, y compris en cardiologie, au lieu de les limiter aux soins primaires ou à la néphrologie.

  • Des traitements efficaces permettent de prévenir ou de retarder l'apparition et la progression de l'insuffisance rénale chronique, ainsi que de réduire le risque cardiovasculaire. Il est impératif que les patients reçoivent un traitement approprié le plus tôt possible.

  • Une approche holistique et multidisciplinaire des soins aux personnes atteintes d'insuffisance rénale chronique est essentielle pour garantir la continuité des soins. Cette approche peut impliquer divers cliniciens, notamment des cardiologues, des néphrologues, des endocrinologues et des médecins généralistes.

  • Il est temps de se concentrer sur le diagnostic précoce et la prise en charge de l'IRC afin de prévenir la progression de la maladie et ses complications, de réduire le risque cardiovasculaire et d'améliorer les résultats pour les patients.

    SYNTHÈSE : NOTEBOOK LM

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    Cet article médical souligne le lien étroit entre la maladie rénale chronique (MRC) et l'augmentation des risques cardiovasculaires, rappelant que de nombreux patients succombent à des problèmes cardiaques avant d'atteindre une insuffisance rénale terminale. Les auteurs lancent un appel à l'action pour généraliser le double dépistage systématique, combinant le débit de filtration glomérulaire et le rapport albumine/créatinine urinaire. Bien que des traitements efficaces existent pour ralentir la progression de la maladie, le diagnostic précoce reste insuffisant chez les populations à risque comme les diabétiques ou les hypertendus. Le texte préconise donc une approche multidisciplinaire impliquant cardiologues et médecins généralistes pour améliorer la prise en charge globale. Enfin, l'intégration de nouvelles thérapies combinées est présentée comme une solution majeure pour prolonger l'espérance de vie des patients.

    Commentaire
    L'IRC nécessite un diagnostic précoce afin de limiter le risque cardiovasculaire. Le rein et le cœur sont des organes complémentaires, l'un ne pas pas sans l'autre. Une interrelation à haut risque .Dépister l'IR le plus tôt possible, c'est dépister simultanément le RCV . 



    A LIRE

Risque CV et maladies rénales chroniques 
https://medvasc.info/archives-blog/cardiovasculaire-maladies-r%C3%A9nales-chroniques

Le syndrome CKM
https://medvasc.info/archives-blog/le-syndrome-ckm

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